Le vivant - Philosophie - Terminale S

Le vivant - Philosophie - Terminale S

Notre professeur a rédigé ce cours de Philosophie niveau Terminale S sur le chapitre "Le vivant".

Ce cours de Philosophie s'articule autour de trois axes : le premier concerne les dimensions organiques et empiriques du vivant; le second met l'accent sur la dimension spirituelle de l'être vivant; enfin le troisième axe s'interroge plus globablement sur le sens de la vie.

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I. Introduction

La question du vivant en philosophie couvre un large champ d’investigation. Ainsi est-il plus commode de la répartir en trois axes principaux :

  • Le premier axe concerne ainsi les dimensions organiques et empiriques du vivant. On pourrait, bien que ce terme soit relativement récent, dire qu’il s’agit là de traiter de la biologie. La biologie étant entendue dans son sens général de science et d’histoires naturelles du vivant.
  • Le deuxième axe se saisit à l’aune de l’antagonisme qu’il entretient avec le premier. Ainsi met-on ici l’accent sur la dimension spirituelle de l’être vivant, ne voulant pas le réduire à ses attributs, ses mécanismes et ses développements biologiques et physiques.
  • Le troisième axe, traitant indifféremment des deux précédents, s’interroge plus globalement sur le sens de la vie. Il est alors question d’éthique, de valeur morale et de liberté.

C’est tout naturellement que nous organiserons notre fiche de révision autour de ces trois axes de recherche.

II. Les théories empiriques du vivant

Dans les théories empiriques du vivant les plus affirmées l’homme ne se distingue pas essentiellement d’un animal, d’une plante ou d’une machine. Dans ces théories la dimension spirituelle de l’homme est réduite à portion congrue.

1. La Mettrie

Julien Jean Offray de La Mettrie (1709-1751) fut l’un des théoriciens à défendre le plus vivement la théorie du mécanisme. Dans la radicalité de l’approche de La Mettrie, Celle-ci peut être succinctement abordée autour de deux points :

  • La théorie du mécanisme repose sur le principe du causalisme, des liens de cause à effet, rapportés à l’existence du vivant. De ce point de vue le vivant ne se distinguerait ainsi en rien de l’objet animé.
  • La théorie du mécanisme réfute absolument toute investigation téléologique du vivant, c’est-à-dire que le causalisme qui régit l’existence du vivant ne poursuit aucun but déterminé, aucune fin.

Les titres des principaux ouvrages, L’histoire naturelle de l’âme (1745) et L’homme-machine (1747), de La Mettrie ne laissent guère de doute quant à la position de ce dernier à l’égard du vivant.

L’homme n’est ici qu’un animal supérieur. Sa supériorité lui vient sans doute de son cerveau mais celui-ci ne serait en définitive qu’une plus subtile organisation organique de la matière.

Citation : « Qu'on m'accorde seulement que la matière organisée est douée d'un principe moteur, qui seul la différencie de celle qui ne l'est pas […] et que tout dépend dans les animaux de la diversité de cette organisation, comme je l'ai assez prouvé ; c'en est assez pour deviner l'énigme des substances et celle de l'homme. […] le corps humain est une horloge, mais immense, et construite avec tant d'artifice et d'habilité, que si la roue qui sert à marquer les secondes, vient à s'arrêter ; celle des minutes tourne et va toujours son train ». Julien Jean Offray de La Mettrie, L’homme machine.

2. Darwin

Charles Darwin (1809-1882) est probablement l’un des théoriciens ayant le plus œuvré à une définition empirique du vivant. Il fut un ardent défenseur de l’évolutionnisme biologique, c’est-à-dire de la théorie selon laquelle les espèces vivantes se transforment génétiquement et morphologiquement au cours des générations.

La théorie de Darwin ne se contente pas de constater ces transformations, elle affirme également que celles-ci opèrent selon les lois naturelles de la préservation et de l’adaptabilité des espèces.

Ainsi les espèces se modifient dans le temps en fonction des interactions qu’elles entretiennent avec leur milieu environnant, et seules les espèces les plus évoluées survivent aux changements de l’écosystème.

Notons de plus que, selon Darwin, dans ce principe dit de sélection naturelle le hasard est également un facteur à prendre en compte. Les espèces voient apparaître au cours des générations des modifications en leur sein qui se révéleront bénéfiques ou non pour leur conservation.

Citation : « Tous ces résultats […] sont la conséquence de la lutte pour l’existence. C’est grâce à cette lutte que les variations, si minimes qu’elles soient par ailleurs, et quelle qu’en soit la cause déterminante, tendent à assurer la conservation des individus qui les présentent, et les transmettent à leurs descendants, pour peu qu’elles soient à quelques degrés utiles et avantageuses à ces membres de l’espèce, dans leurs rapports si complexes avec les autres êtres organisés, et les conditions physiques dans lesquelles ils se trouvent. Leur descendance aura ainsi plus de chances de réussite ; car, sur la quantité d’individus d’une espèce quelconque qui naissent périodiquement, il n’en est qu’un petit nombre qui puissent survivre. J’ai donné à ce principe, en vertu duquel toute variation avantageuse tend à être conservée, le nom de sélection naturelle, pour indiquer ses rapports avec la sélection appliquée à l’homme. » Charles Darwin, L’origine des espèces.

III. Les théories spiritualistes du vivant

Il n’y a pas à proprement parler de théorie idéaliste du vivant, étant entendu que la question du vivant inclut d’emblée les paramètres de l’organique et du sensible. Toutefois, certains penseurs ont voulu insister, tout en traitant de cette thématique, sur la dimension spirituelle de l’être.

1. Aristote

Aristote (384 av. J.-C – 322 av. J.-C) fut d’une certaine manière le premier à faire œuvre de biologie dans l’étude de l’être. Il a ainsi procédé à une importante classification des espèces dans ces travaux.

Pourtant, toute cette imposante compilation des espèces ne se comprend véritablement que dans le cadre d’une philosophie de l’âme.

En effet le corps n’est en définitive qu’en tant qu’il est animé, c’est-à-dire qu’en tant qu’une âme en instruit l’organisation et les actes.

En outre, chez Aristote bien que le vivant subisse quelques modifications au cours des générations il demeure une constante dans la perpétuation des espèces. Ainsi la nature ne répondrait pas tant à ses propres contingences sensibles qu’aux injonctions d’un ordre idéal.

Citation : « Il faut donc nécessairement que l’âme soit substance comme forme d’un corps naturel qui a potentiellement la vie. Or, cette substance est réalisation. Donc, elle est la réalisation d’un tel corps. […] Et si l’on a besoin d’une formule qui s’applique en commun à toute âme, ce sera : la réalisation première d’un corps naturel pourvu d’organes. » Aristote, De l’âme.

2. Teilhard de Chardin

Jésuite, Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) a entrepris divers travaux innovants en mêlant théologie et science du vivant.

Sa démarche demeure toutefois elle-aussi profondément ancrée dans la spiritualité. Le vivant ne peut chez lui se réduire aux dispositifs de la matière.

Le vivant se distingue ainsi essentiellement de l’objet animé en ce qu’il détient de lui-même les modalités et les conditions de son mouvement. Le vivant est animé de l’intérieur par une énergie vitale qui relève, chez Teilhard de Chardin, du plan divin.

Citation : « Quand pour la première fois, dans un vivant, l'instinct s'est aperçu au miroir de lui-même, c'est le Monde tout entier qui a fait un pas ». Pierre Teilhard de Chardin, Le Phénomène humain.

IV. Ambivalence de l’empirique et du spirituel du vivant

Dépassant la dualité de l’empirisme et de l’idéalisme, certains penseurs travaillent à leurs compénétrations. Chez eux l’organique se fait toujours spirituel et l’esprit s’incarne. Plutôt que de savoir ce qui fonde le vivant, ils se demandent vers quoi il tend.

1. Bernard

Il y a dans les travaux du médecin et physiologiste français Claude Bernard (1813-1878) une portée à consonance philosophique.

Exposons dans un premier temps les fondements de la discipline qu’il a forgée, à savoir la médecine expérimentale :

  • L’observation : cette étape de la méthode expérimentale insiste sur l’attention portée à l’apparition du nouveau dans les phénomènes.
  • L’hypothèse : cette seconde étape entend énoncer de potentielles causes à ces phénomènes nouvellement observés.
  • L’expérimentation : cette étape se présente comme un retour au sensible, elle vient infirmer ou confirmer la thèse rationaliste de la seconde étape.

Au révélateur de ces fondamentaux de la pratique médicale de Bernard, ces derniers apparaissent comme un consensus entre une approche matérialiste du vivant et une approche spirituelle de celui-ci.

Par les procédures d’observation et d’expérimentation Bernard accorde une importance primordiale au caractère sensible du vivant, mais par la procédure de l’hypothèse il entend bien dire que tout phénomène porte en lui la possibilité d’une idéalité, une idéalité qui est en l’occurrence celle de l’observateur lui-même, être vivant par excellence.

Ainsi, la démarche de Bernard, dans sa dimension philosophique, procède d’une éthique de l’épistémologie scientifique. Autrement dit, l’étude du vivant ne peut d’emblée inscrire celui-ci dans l’ordre de l’empirique ou dans l’ordre du rationnel, il faut sans cesse que l’une et l’autre de ces dimensions s’éprouvent au voisinage de l’autre. 

Citation : « Les hommes qui ont le pressentiment des vérités nouvelles sont rares ; dans toutes les sciences, le plus grand nombre des hommes développe et poursuit les idées d’un petit nombre d’autres. Ceux qui font des découvertes sont les promoteurs d’idées neuves et fécondes. On donne généralement le nom de découverte à la connaissance d’un fait nouveau ; mais je pense que c’est l’idée qui se rattache au fait découvert qui constitue en réalité la découverte ». Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale.

2. Nietzsche

L’apport de Friedrich Nietzsche (1844-1900) à la question du vivant peut s’envisager dans son rapport antagoniste aux théories darwiniennes de l’évolutionnisme.

Chez l’un et l’autre de ces penseurs il est bien question du droit du plus fort, mais chacun d’eux entend cette sentence dans une perspective différente.

Ainsi, travers notamment la notion de volonté de puissance Nietzsche renverse la relation que Darwin tisse entre l’être vivant et son environnement. Pour Nietzsche le vivant ne s’adapte pas au monde extérieur, mais bien au contraire il le soumet à sa volonté.

De plus cette conquête du monde extérieur par le vivant n’est assujettie à aucune évolution, il n’y a pas de devenir déterminé de l’être. Celui-ci n’est contraint à aucune adaptabilité empirique, pas plus qu’il n’est contraint d’atteindre à une exigence morale. La volonté de puissance est souveraine et indocile.

Ainsi chez Nietzsche les considérations purement empiriques du vivant ont à cohabiter avec les élans de vitalité de l’être.

Citation : « La vie même est essentiellement appropriation, atteinte, conquête de ce qui est étranger et plus faible, oppression, dureté, imposition de ses formes propres, incorporation à tout le moins, dans les cas les plus tempérés, exploitation, - mais pourquoi toujours employer ces mots, empreints depuis des temps immémoriaux d’une intention de calomnier ? […] L’exploitation n’appartient pas en propre à une société pervertie ou imparfaite et primitive : elle appartient en propre à l’essence du vivant, en tant que fonction organique fondamentale, elle est une conséquence de la volonté de puissance authentique, qui est justement volonté de vie». Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal.

V. Conclusion

Dès l’Antiquité la question du vivant a fait se côtoyer considérations biologiques et ambitions spirituelles. Les théories matérialistes qui rencontrent leur apogée à partir du XVIIIème n’ont eu cesse de provoquer la polémique par leur propension à ne réduire l’homme qu’à ces mécanismes organiques. Tantôt discutées, tantôt vilipendées, tantôt modérées, elles n’ont pu à elles seules régler et clore la question du vivant.

Peut-être doit-on considérer que tant qu’il y aura des réflexions et des entreprises visant à proposer une vision déterministe et déterminée de la question du vivant, celle-ci demeurera paradoxalement toujours plus féconde.

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Les avis sur ce document

diotime
5 5 0
20/20

Manque de rigueur dans le cours, par ex Darwin n'a pu se baser sur la génétique celle-ci n'ayant encore pas été découverte!

par - le 12/05/2015
SwordLord
5 5 0
20/20

C'est un cours que je trouve bien construit et relativement précis. merci

par - le 23/01/2015

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