L'Art - Philosophie - Terminale S

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La Culture

Le contenu du document

Dans ce cours sur l’art, il va s’agir de dessiner les contours de cette notion fondamentale en évitant le plus possible l’abstraction (impossible de penser un thème aussi concret en étant abstrait). 

De grandes questions seront ainsi abordées : le rapport de l’art et du beau, celui de l’art et de la technique, la question de la spécificité de l’artiste, de l’universalité ou non du jugement de goût, le détachement de l’idéal classique vers l’avènement de l’esthétisme qui fait changer l’art de finalité et de nature. 

Des auteurs fondamentaux seront ici abordés qui illustreront les théories basiques sur cette notion.

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

La définition actuelle de l’art par Genette ; La finalité de l’art : du beau à l’esthétique ; La nature de l’esthétique (toucher les sens et non l’esprit) ; Le classicisme et le baroque ; Platon et le beau comme harmonie, proportion ; L’art comme imitation ; L’artiste et le génie ; Le jugement de goût chez Kant comme libre jeu de l’imagination et de l’entendement ; L’éducation à l’art ; L’universalité ou la subjectivité du sentiment de beau.

Introduction

A. L’art et la technique, une longue histoire

Pendant des siècles, l’art avait la même définition que la technique. Tous les deux étaient désignés comme étant un procédé, une manière de faire, un savoir-faire. D’ailleurs, même mot en grec, même étymologie : “technè”. Ainsi dès lors l'art était considéré comme étant artificiel (soit qui n'est pas naturel).

C’est à partir du XVIIème siècle que l'art s'est différencié de la technique. Le technicien a suivi des études alors que l'artisan tient ses techniques des anciennes générations. Le technicien enlève l'unicité de l'objet fabriqué : les résultats sont identiques et sans vie. 

Le technicien utilisera des produits manufacturés tandis que l'artisan utilisera des matériaux naturels. On parle alors de Beaux-Arts, qui incluent d’abord dessin, peinture, sculpture, architecture, musique, poésie, théâtre, danse (cinéma après).

B. La finalité esthétique

L’art se resserre alors sur une dimension esthétique, absente au départ, pour prendre son sens actuel.

Parce qu’il a pour première vocation la recherche de l’esthétique, l’art est parfaitement inutile. Il ne sert à rien en tant que tel, n’a aucune fonction utilitaire. D’ailleurs, les chercheurs ont trouvé une forme d'art dès la préhistoire, certaines pierres étaient taillées et policées au-delà de la simple utilité et c’est bien cette recherche esthétique qui a fait de ces dernières des œuvres d’art, coupées qu’elles étaient de toute utilité concrète.

REPÈRE. Étymologiquement indifférencié de la technique par la même base grecque de technè, l’art pourtant se définit dorénavant comme une activité à part entière et bien spécifique : une activité intentionnelle dont la finalité est de produire une satisfaction esthétique. Il est donc parfaitement inutile, détaché de toute fonction répondant à un besoin utilitaire.

C. Problématique

Ainsi, on peut se poser les questions suivantes : si l’art diffère de la technique, l'artiste est-il forcément celui qui a un don ou une parfaite maîtrise des techniques ? Et puis, à quoi reconnaît-on une œuvre d'art ? Quelles sont les propriétés d’une œuvre ?

I. QU’EST-CE QUI FAIT QU’UN OBJET EST UNE ŒUVRE D’ART ? COMMENT DISTINGUER CETTE DERNIÈRE D’UN OBJET QUELCONQUE ? LE BEAU EST-IL LE CRITÈRE INDISPENSABLE ?

L’art se multiplie et se démocratise, de sorte que sa distinction d’avec d’autres domaines devient de plus en plus floue. En quoi les œuvres d’un Duchamp, par exemple, sont-elles de l’art ? Pourquoi son urinoir est-il considéré comme tel alors que tout un chacun dispose de toilettes chez lui, qui ne sont pas forcément compris comme des hauts lieux artistiques ? 

Avant, l’art se cataloguait en six beaux-arts : musique, peinture, sculpture, littérature, architecture, danse. Puis il y eut le septième art : le cinéma. Et d’autres viennent encore candidater au rang d’art comme la photo, les jeux vidéos, le body art, etc. Mais qu’est-ce qui fait qu’un objet est une œuvre d’art ? Il semblerait, avec l’art moderne, que le beau ne soit plus le critère indispensable de ce dernier, loin de là...

A. La finalité esthétique

On l’a dit en introduction et on le répète, car c’est fondamental, c’est la finalité esthétique qui fait qu’une chose entre dans le domaine de l’art. L’urinoir de Duchamp est une œuvre d’art parce qu’il est exposé et dépend d’un projet autre que technique : il ne sert pas à uriner, il est là pour être vu et dire quelque chose. Tout ceci vaut pour toute œuvre d’art. 

Genette le disait parfaitement bien dans L’œuvre de l’art, il s’agit d’une « activité intentionnelle dont la finalité est de produire une satisfaction esthétique ». 

Autrement dit, l’art se définit comme cette production d’œuvres ayant pour but de “parler” à la sensibilité (en grec “aisthesis” veut dire cela), de toucher, d’affecter, de faire réagir. C’est pourquoi une œuvre d’art ne peut pas être seulement conceptuelle : si elle ne parle qu’à l’esprit et non aux sens, au corps, il n’y a plus art. 

C’est ce que Kant explique parfaitement bien dans la Critique de la faculté de juger

Selon lui, il y a art quand précisément un jugement conceptuel ne parvient pas à se faire comme tel, quand ce jugement n’est pas que logique, qu’un concept n’arrive pas à sortir d’une intuition, mais en appelle à l’imagination : pour telle chose, il n’y a pas de catégorie fixe (un concept), l’esprit se perd dans la sensibilité, ne parvient pas à catégoriser les choses, mais est en “roues libres”. C’est ce que Kant appelle « le libre jeu de l’imagination et de l’entendement ». 

D’ailleurs, force est de constater que tout cela est vrai : une musique me touche par sa mélodie, son harmonie, tel poème me parle au-delà du sens figé des phrases (d’où le jeu des sons si important en poésie), un film me brusque ou me plaît, tel tableau me dérange ou m’enchante, cette sculpture me laisse de marbre ou me transporte. On le voit dans le lexique employé, c’est bien notre sensibilité qui est en jeu dans l’art, et non notre logique ou notre rationalité.

B. Et le beau dans tout ça ?

Le beau a longtemps été un critère de l’art, car l’art a longtemps eu pour vocation d’imiter la perfection, comme s’il s’agissait de recréer humainement des choses n’existant que pour des Dieux : la perfection de la nature, la perfection d’une idée. 

C’est ainsi que pour Platon par exemple, philosophe antique, l’art n’était bon que s’il était une haute image des réalités supérieures. Alors l’art devait révéler une vérité, ou une proportion absolue. 

L’idéal du beau en art est toute l’origine du classicisme, en quête perpétuelle de formes abouties, d’harmonie totale : une œuvre de musique classique (Chopin, Mozart, Bach) est un exemple même de juste mesure dans le rythme et le son, tout s’accorde, rien ne se dérobe à la règle.

De même en peinture, avec la règle des proportions, de l’accord des couleurs : regardons un Raphaël, par exemple, qui peint dans l’optique que tout soit harmonieux. De même, malheureusement, on a tendance à considérer la femme comme une œuvre d’art lorsqu’elle est parfaitement proportionnée : il suffit de regarder les défilés de miss France chaque année, où hormis des traits de visages particuliers, les corps se ressemblent dans leurs proportions longilignes idéales à notre époque. 

Hegel, dans l’Esthétique, reproche à la théorie de Platon que l’imitation est un travail superflu car on a dans la nature un modèle bien plus grand, bien plus riche. L’art est alors limité. 

Selon Hegel, l’art « ressemble à un ver qui s'efforce en rampant, d’imiter un éléphant », il montre que l'art suppose un travail sur les apparences. Le but est d’épurer les apparences en enlevant toutes charges affectives, émotionnelles. L’artiste doit être capable de faire passer une idée que l’on n’arriverait pas à penser.

Cette affaire de beau et de proportion provient de l’Antiquité et du nombre d’or développé par Phidias. Le nombre d’or, c’est une équation parfaite se retrouvant dans la nature et étant la marque de la création divine de ce qui est. 

Une fleur sera belle dans sa proportion, jusqu’à aujourd’hui, le visage d’Angelina Jolie, que nombre de cabinets de chirurgie esthétique utilisent pour y trouver le nombre d’or... Ce pourquoi des milliers de peintres comme Botticelli et sa Vénus, ou encore Dürer avec Adam et Eve, construisent leurs tableaux autour de ce nombre d’or et de la juste proportion. D’où l’anecdote aussi des raisins de Zeuxis, qui a fait un tableau si réaliste selon la légende que les oiseaux tentaient de venir y picorer...

Mais l’art s’est petit à petit détaché du beau au fur et à mesure que l’homme a accepté d’avoir un corps et une sensibilité, et d’exister pour autre chose que pour son esprit. 

Le baroque, ce courant artistique qui défie les règles, se joue des normes, des dissonances et de l’illogisme, le prouve. L’art moderne aussi, qui se moque d’ailleurs du beau en prônant parfois même la laideur. 

Le critère de l’art, au cours de l’histoire, a changé. Depuis le XVIIIème siècle avec Baumgarten, fondateur de l’idée d’esthétique, suivi de Kant, le critère de l’art est passé du beau au sensible.

REPÈRE. Avant, le critère de l’art, classique, était le beau, parce que l’humain ne trouvait son humanité que dans l’esprit et l’imitation de la perfection. Depuis le XVIIIème siècle, le critère de l’art est esthétique et se trouve dans la sensibilité : une œuvre, peu importe qu’elle soit belle, doit toucher avant tout.

II. QU’EST-CE QU’UN ARTISTE ? DISPOSE-T-IL D’UN SAVOIR-FAIRE PARTICULIER OU D’UN DON ? EST-CE UN GÉNIE ?

A. Une technique hors norme

Qu’est-ce qui fait l’artiste ? Est-ce un don naturel ? Un travail intense et forcené ? Un mixte des deux ? Tout le monde est-il apte à devenir un artiste ? Non. Pourquoi ? Parce qu’il faut malgré tout une maîtrise certaine de l’art en question.

Pas de grand pianiste qui n’ait fait ses gammes, de cantatrice qui n’ait appris à respirer ou poser sa voix, de danseur étoile, si gracieux, qui n’ait effectué de lourds et éreintants entraînements. 

Comme le dit Fournel, dans Les athlètes dans leur tête, le sprinter que l’on voit si aérien et à la gestuelle si parfaite, qui entraîne l’admiration et pour qui tout a l’air si évident, n’est qu’un illusionniste qui fait certes sensation en dix secondes, mais dont la course condense en réalité des milliers d’autres et suppose des heures et des heures de travail. 

Tout se passe donc comme si l’artiste était celui qui maîtrisait absolument son affaire, connaissant les moindres secrets de son art.

Si donc l’art diffère certes de la technique, dans la mise en œuvre et dans la finalité du geste, il n’y a pourtant pas d’artiste sans un certain apprentissage et sans travail. Voyons à cet égard Rodin et sa maîtrise exceptionnelle du marbre... 

Mais il ne suffit sans doute pas de travailler, ni de technique, des dispositions sont de mise. Car avoir la technique sans avoir l’intuition ou l’inspiration ne fait pas de l’art. 

Pourquoi donc l’artiste seul, contrairement à l’artisan, ne fait pas que fabriquer des objets ? Pourquoi est-il un artiste et pas un simple technicien ? Parce qu’il y a une part de génie en lui.

B. L’artiste et le génie / l’artiste est-il nécessairement un génie ?

Le génie n’est pas forcément l’auteur d’œuvres que l’on considérerait comme parfaites. Car déjà les œuvres parfaites n’existent sûrement pas, mais en plus certaines œuvres imparfaites sont géniales. Notons à cet égard la Symphonie inachevée de Schubert.

Force est de constater qu’on ne sait pas pourquoi on dit de tel ou tel artiste qu’il est un génie. On le reconnaît comme tel, mais sans avoir véritablement de raisons. Ce qui est logique, puisque le génie est bien celui qui échappe à toute sorte de compréhension possible, puisqu’il s’en veut littéralement la subversion.

Pour Kant, dans la Critique de la faculté de juger, le génie est au principe de l’art. Il confond donc les deux. Pour lui, le vrai artiste est toujours génial. 

A-t-il tort ? Goldman, auteur compositeur interprète, semble par certains aspects génial : il transmet sa musique, compose pour d’autres, ouvre un véritable monde via sa manière de faire si particulière. 

Mais un chanteur ponctuel de téléréalité ne transmettra rien, n’aura pas d’héritage artistique, ni de monde à lui dans lequel faire venir les autres. Il lui manquera ce vrai coté artiste, ce côté génial.

 Kant va plus loin et précise que « le génie est la disposition innée de l’esprit par laquelle la nature donne les règles à l’art ». On comprend à travers ces lignes que le génie est comme un être inspiré, comme un ventriloque d’une force lui échappant, inexplicable. 

Ce qui renvoie d’ailleurs à l’image que Platon donnait du poète, dans L’Ion, où il explique que l’artiste poète ne dispose pas d’un savoir-faire particulier, d’une technique aboutie, mais qu’il est inspiré, comme s’il était saisi par un Dieu ! Quelque chose donc d’inexplicable et d’immense, d’inouï. Pour autant, Kant définit le génie par quatre critères, très convaincants :

  • L’inexplicable, ce que l’on vient de voir. Le génie ne peut expliquer comment il produit ce qu’il fait, et les autres, de même, ont du mal à comprendre rationnellement ses œuvres : « il n’est en son pouvoir ni de concevoir à volonté ou suivant un plan de telles idées ni de les communiquer aux autres dans des préceptes qui les mettraient à même de réaliser des produits semblables ». Cela signifie que son élan est davantage instinctif que calculé, imprévisible et indéfinissable. Ce pourquoi il n’y a de génies qu’en art et aucunement dans les sciences :

« On peut bien apprendre tout ce que Newton a exposé dans son œuvre immortelle. Si puissant qu’ait dû être le cerveau nécessaire pour ces découvertes ; en revanche, on ne peut apprendre à composer des poèmes d’une manière pleine d’esprit, si précis que puissent être tous les préceptes pour l’art poétique et si excellents qu’en soient les modèles.   »

  • L’expression de la nature. Par le génie, on l’a vu, la nature prescrit des règles à l’art. Cela veut donc dire qu’à travers lui, l’art et la nature sont indissociables. Il y a une sorte d’instinct, de “truc” naturel dans l’esprit du génie, qui motive ses gestes.
  • L’originalité. L’art du génie n’est pas un savoir-faire ou une technique acquise par l’habitude. Il s’agit au contraire d’« un talent qui consiste à produire ce dont on ne saurait donner aucune règle déterminée. ». Du coup, le travail du génie est toujours original, premier, jamais vu ni balisé. Il déroute et innove.
  • L’exemplarité. Les œuvres du génie sont exemplaires, c’est-à-dire qu’elles servent de règles et de modèles pour les autres, bien que le génie ne connaisse pas ses propres règles. Le génie en effet va ouvrir un monde, va avoir des héritiers, va être imité... (cf. l’exemple de Goldman).

III. LE JUGEMENT ESTHÉTIQUE, ENTRE SUBJECTIVITÉ ET UNIVERSALITÉ, PEUT-IL S’APPRENDRE, S’ÉDUQUER ? L’ART ET L’ÉDUCATION ESTHÉTIQUE.

Quelle est la particularité du jugement esthétique envers l’art ? Quel est-il ? Comment fonctionne-t-il ? Est-il forcément subjectif ou ne détient-il pas une once d’universalité ? Le jugement esthétique s’éduque-t-il, s’apprivoise-t-il, ou est-ce quelque chose d’inné en nous ? Peut-on apprendre à être réceptif à l’art ?

A. Le jugement de goût est subjectif, affaire particulière, et pourtant profondément objectif

Le jugement de goût est subjectif car la puissance d’une œuvre n’est pas la même pour tous : je peux juger telle œuvre puissante quand elle va laisser d’autres complètement indifférents, une autre belle quand mon avis ne sera pas partagé. À chacun sa manière de juger, aucune universalité ici dans les faits, « des goûts et des couleurs, on ne discute pas », n’est-ce pas ?

Et pourtant, le jugement de goût est universel au sens où il agit toujours de la même manière chez les individus. Kant le dit, « le beau plaît universellement sans concept ». Si on comprend bien ce que veut dire « sans concept », puisque comme expliqué plus haut, le jugement de goût se fait sans concept, par libre jeu de l’imagination et de l’entendement), à partir d’une sensation qui précisément ne saurait se soumettre dans une catégorie ou un concept, ici le mot « universel » peut laisser dubitatif. Comment le beau pourrait être ce qui « plaît universellement » alors que chacun a ses propres goûts ?

 Kant veut dire par là que quand nous ressentons le sentiment de beau, ce sentiment en droit peut être partagé par tous, tant il est puissant. Et en effet, on n’image pas que le beau ne puisse l’être que pour soi, on a vraiment un sentiment d’universalité devant lui et du mal à comprendre que d’autres ne partagent pas notre avis. 

De sorte que le beau a toujours en lui une prétention universelle, une exigence d’universalité. Il est donc universel en droit, par principe, même si dans les faits les avis peuvent diverger. Reste que le jugement esthétique fonctionne de la même manière pour tous, quand bien même il se différencie dans ses applications concrètes.

B. Le jugement de goût s’apprend-il, s’éduque-t-il ?

Sommes-nous tous égaux devant une œuvre d’art ? Avons-nous tous les mêmes moyens de comprendre l’art et d’avoir accès à ce dernier ? L’appréhension de l’art peut-elle s’apprendre ou est-elle de l’ordre de l’acquis ? La sociologie a tendance à penser que la pratique culturelle est une marque de distinction, quelque chose qui sert à distinguer les différentes classes sociales. 

Autrement dit l’art serait réservé à une classe supérieure tandis que les autres y auraient peu accès. Une telle vision est assez méprisante de la réalité sociale car il y a bien des arts pour toutes les classes, et pas de classes dénuées de jugement esthétique évidemment ! 

Par contre il est vrai que les classes sociales ont tendance à se cantonner dans des domaines artistiques qui leur sont spécifiques (stéréotype rap versus opéra, par exemple)… Alors le bon goût deviendrait assez vite une affaire de classe sociale et certains individus pourraient bien ne pas avoir accès à ces arts qui leur semblent étrangers. 

Qui ne s’est jamais dit devant telle ou telle œuvre, que ce soit une danse, un tableau, une musique, qu’il n’y comprenait rien ? Comme si finalement, une certaine culture était de mise pour pouvoir appréhender justement l’art en question. 

Force est alors de constater que notre jugement de goût s’affine et se développe d’autant plus qu’on fréquente des œuvres et qu’on exerce sa sensibilité, son ouïe, son regard. Le jugement de goût, donc, peut se perfectionner, s’apprendre, et donc dans une certaine mesure s’éduquer...

Conclusion

Finalement, rien de plus riche et paradoxale que cette notion de l’art : à la fois subjective (telle œuvre me plaît mais pas à d’autres) et universelle (prétention absolue de l’art à convaincre tout un chacun), relié au beau avant tout ou à n’importe quelle appréhension esthétique, art grandiose ou art minimaliste, classicisme ou baroque, génie ou imitateur. Il s’agit donc ici de penser les choses de manière non figée, avec nuance.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Lorsque vous dissertez sur l’art, vous ne pouvez pas rester abstrait. Il faut donc vous faire une petite fiche d’œuvres artistiques un peu personnelle, qui sortent des œuvres terriblement bateau que le prof de philo va lire dans 90% des copies. 

Il faut aussi diversifier ces œuvres selon les types d’art : peinture, musique, poésie, photo, sculpture, architecture, etc.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Parcourir la bible sur cette notion, L’histoire de l’art de Gombrich, un grand tome illustré qui vous aidera à mieux comprendre l’histoire de l’esthétique et où vous pourrez puiser divers exemples bien précis !

PROGRAMME COMPLET DE PHILOSOPHIE

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  1. La conscience
  2. L'inconscient 
  3. Le désir
  4. L'art
  5. Le travail et la technique 
  6. La religion 
  7. La démonstration 
  8. Le vivant 
  9. La matière et l'esprit 
  10. La vérité
  11. La société et l'État
  12. La justice et le droit 
  13. La liberté 
  14. Le devoir
  15. Le bonheur (1/2)
  16. Le bonheur (2/2)

 

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Les avis sur ce document

gillesdiallo
5 5 0
20/20

merci pour la rédaction. c'est l'essentiel malgré que c'est raccourci. bonne journée

par - le 07/09/2017
lilixian
5 5 0
20/20

Le texte est de style concis,même si il ne contient que 4 pages, mais il résume toutes les conceptions importante. 20/20!

par - le 03/06/2017

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