La société et l'Etat - Philosophie - Terminale S

La société et l'Etat - Philosophie - Terminale S

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La société et l'Etat - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document

Dans ce cours sur la société et l’État, il va s’agir tout d’abord de distinguer les deux notions, la première étant beaucoup plus spontanée que la seconde, nous le verrons. L’État en effet étant conçu comme un tiers souverain a besoin de toute une armada de pouvoirs, d’administrations, pour exercer son action. 

La société, elle, est beaucoup plus spontanée et ne nécessite quasi aucun tiers détour. Deux modèles de sociétés s’érigent, qui influent sur le rapport à l’État : si la société est naturelle, pas besoin d’institution étatique, si elle est contrainte, le tiers devient un besoin. 

Néanmoins, une question persiste sur la perméabilité de l’État à la société : alors qu’il paraît détenir tous les pouvoirs sur elle, il semblerait bien qu’elle puisse lui résister. Ce sera le cas de la lutte des classes face à un État aliéné par une société capitaliste, mais aussi le cas de la désobéissance civile, symbole même de la transcendance de la société sur l’État en matière de morale et de justice.

PRÉREQUIS

Aucun prérequis, c’est un cours de débutant en philosophie, aucune crainte ! Il faut juste être vigilant quant aux distinctions conceptuelles employées et au vocabulaire spécifique utilisé.

OBJECTIFS

Les définitions propres de la société et de l’État : la définition de la société comme ensemble d’individus organisé ; La définition de l’État comme pouvoir institutionnalisé dépassant la société ; La société naturelle et l’homme animal politique (Aristote, Platon) ; La société instituée en État par le contrat social (Hobbes, Rousseau) ; État de nature hostile/État social sécuritaire ; L’aliénation de la finalité étatique dans la lutte des classes (Marx) ; Que les sociétés sans État peuvent exister (Clastres) ; La désobéissance civile (Thoreau).

Introduction

A. Définition de la société

Pour en donner une définition univoque, on pourrait dire que la société désigne un groupement d’individus régi par des lois et des intérêts communs.

Elle se distingue ainsi de la notion de communauté qui repose prioritairement sur des valeurs culturelles ou ethniques, et de la notion d’État et de la primordialité politique qu’elle accorde à l’instauration et à l’application des lois.

C’est toutefois en vis-à-vis de cette dernière notion, l’État, que s’instruisent généralement le modèle sociétal et les interrogations philosophiques qui s’y rapportent. Portés à leurs antagonismes ou à leurs corrélations, société et État s’y définissent l’un l’autre, l’un par rapport à l’autre.

B. Définition de l’État

L’État est une institution politique, création de l’homme, responsable du bien public, qui régit la vie commune, sur un territoire donné. L’État donc n’est pas superposable à la société car il existe des sociétés sans État. La particularité de l’État réside donc dans l’instauration d’une instance politique souveraine et distincte de la société civile.

Néanmoins, une fois institué et mis en place, l’État a autorité sur toute la société concernée et dispose de moyens spécifiques pour l’exercer (administration, police, armée, etc.). D’emblée alors l’État semble prendre le dessus sur une société naturelle plus ou moins spontanée. Les individus semblent devoir y obéir et la société avec.

REPÈRE. Il faut bien distinguer l’État, pouvoir institutionnalisé en vue de garantir le bien public, de la société, simple rassemblement conditionné dans un territoire donné, notamment, de citoyens.

C. Problématique

La société et l’État, a priori deux domaines bien distincts, la première étant beaucoup moins institutionnalisée que le second, qui n’existe pas sans toute l’armada officielle qui le constitue et le garantit (les différents pouvoirs, les différents hommes de pouvoirs, les différentes administrations, les différents personnels administratifs, etc.). 

Pour autant, la société peut avoir en son sein une tendance à s’organiser politiquement naturelle, dans ce cas-là, à quoi servirait l’État ? L’État ne s’érige-t-il pas uniquement lorsque s’associer en collectivité, fonder une société, n’a rien de spontané pour les hommes ? Alors l’État serait un tiers garant de la bonne vie commune. 

Reste toutefois à savoir dans quelle mesure la société pourrait encore avoir une existence libre et indépendante, si elle est soumise à un État. L’État est-il à concevoir comme ce monstre que décrivait Hobbes, ce léviathan mythologique tentaculaire qui écrase les individus, ou les sert-il bien plutôt ?

En bref, quels sont les rapports en la société et l’État ?

I. L’ANTAGONISME DE DEUX MODÈLES SOCIÉTAUX : UNE SOCIÉTÉ NATURELLE QUI N’A PAS BESOIN D’ÊTRE INSTITUÉE EN ÉTAT, UNE SOCIÉTÉ AU CONTRAIRE ÉTATISÉE

C’est selon deux grands axes que le modèle sociétal se pense :

  • La société naturelle entend dire qu’il est dans la nature même de l’homme de vivre en sociétés, et que dès lors c’est de ces dispositions que découle l’institution de l’État et de ses lois, l’État étant ici la continuité directe de la société, qu’il conforte et poursuit.
  • L’État souverain qui contredit à la lettre la société naturelle en affirmant que les hommes ne peuvent se constituer en société que sous la contrainte d’un tiers qui les gouverne, ici pas de société à proprement parler sans institution étatique.

A. La société naturelle qui n’a pas besoin d’être institutionnalisée

On peut bien penser l’homme, à l’instar d’Aristote dans La politique, comme un animal politique. Cela signifie ni plus ni moins que c’est dans sa nature même d’être sociable et de se rassembler avec ses pairs en un groupe organisé, ce qu’il appelle la Cité, autre nom pour une société qui s’assimile presque d’emblée à un État puisqu’elle est organisée. 

À cet égard Aristote enjoint à considérer l’organisation d’une société sur le modèle de la hiérarchisation de la famille ou encore sur celui de l’équilibre organique et spirituel de l’être. Il précise que « toute cité est un fait de nature, s’il est vrai que les premières communautés le sont elles-mêmes. 

Car la cité est la fin de celles-ci, et la nature d’une chose est sa fin. Ces considérations montrent donc que la cité est au nombre des réalités qui existent naturellement » (Les politiques).

REPÈRE. « L’homme est un animal politique », la formule est d’Aristote et elle signifie que l’homme a pour spécificité de se rassembler avec d’autres en une communauté politique pour exister pleinement et réaliser son essence humaine. Il est de sa nature, de sa définition, d’avoir une dimension politique.

Aristote emboite ainsi le pas à un autre philosophe de l’Antiquité, en la personne de Platon. Chez Platon, il y a la nécessité pour l’homme de se constituer en société s’il aspire à dépasser le monde sensible et trouble des affects pour rejoindre celui des Idées, c’est-à-dire celui de la quiétude de l’âme et des vérités immuables et universelles. 

L’être humain là encore est un être social par définition, qui ne réalise son humanité qu’en harmonie dans la Cité. Platon le précise dans la République, l’individu humain se réalise pleinement quand il réalise sa fonction propre, son excellence, ce pour quoi il est fait au sein de la cité. 

De même, chez Platon, la Cité idéale est tellement organisée qu’elle s’assimile elle aussi à un État : il y a trois classes sociales correspondant à des pouvoirs bien délimités : les dirigeants, les soldats, les artisans.

Dans l’Antiquité, nous avions un point de vue holiste sur les choses : l’individu n’existait qu’au sein d’un tout et pas individuellement, ce qui coupe court à l’individualisme moderne occidental. Il ne trouve sa place qu’en société, que dans un ensemble politique. 

Il est « animal politique », il ne peut pas être autrement, à moins d’être considéré comme un « parasite » (Marc Aurèle, Pensées pour moi-même), ce pourquoi il est alors juste de parler de société naturelle, l’homme étant sociable par nature, il se regroupe et s’organise en communautés politiques spontanément. Nul besoin d’institutionnaliser la société ici.

DÉFINITION : Holisme. Théorie selon laquelle le tout l’emporte sur les parties. En politique, le point de vue holiste explique que l’ensemble, le groupe, prime sur l’individu qui ne trouve sa réalisation que dans le collectif. Par là même cela s’oppose à l’individualisme.

B. Que la société doit plutôt être instituée : la constitution de la société en État

Contre l’idée d’un homme par nature sociable et donc social, il y a celle qu’à l’état de nature, « l’homme est un loup pour l’homme », « les hommes sont en guerre tous contre tous », ainsi que le dit Hobbes dans le Léviathan

Qu’est-ce à dire ? Que par nature, les hommes sont enclins à des passions guerrières et meurtrières où ils ne se respectent pas du tout les uns les autres, chacun agissant selon son intérêt propre, ses tendances égoïstes. Il faut alors que la société prenne les traits d’un État souverain par lequel seront tempérés les instincts naturellement mauvais des individus. 

Ainsi écrit-il que  « la cause finale, le but, le dessein, que poursuivirent les hommes, eux qui par nature aiment la liberté et l’empire exercé sur autrui ; lorsqu’ils se sont imposé des restrictions au sein desquelles on les voit vivre dans les Républiques, c’est le souci de pourvoir à leur propre préservation et de vivre plus heureusement par ce moyen : autrement dit, de s’arracher à ce misérable état de guerre qui est, je l’ai montré, la conséquence nécessaire des passions naturelles des hommes, quand il n’existe pas de pouvoir visible pour les tenir en respect, et de les lier, par la crainte des châtiments, tant à l’exécution de leurs conventions qu’à l’observation des lois de nature ». 

Cette espèce de consensus social est réalisable du fait que chaque membre de la société veut pouvoir compter sur un tiers souverain qui assure ses intérêts et le protège des exactions d’autrui. C’est là le contrat social : on décide par intérêt de sortir de l’état de nature et de respecter ses prochains, pour qu’eux-mêmes nous respectent. 

Ce besoin impérieux de préservation de son entité et de ses biens explique le fait que l’individu soit prêt à céder un pan de sa liberté sous la législation d’une instance régulatrice et salvatrice.

REPÈRE. Bien distinguer l’état de nature, où l’homme est un loup pour l’homme, mû par ses pulsions et ses instincts, de l’état de droit, qui institue l’État souverain, où l’homme et la société se remettent aux mains d’un tiers pour apprendre leurs droits et devoirs, via le détour politique et ses administrations légales et souveraines qui décident pour eux de ce qu’il se doit de faire.

Le fondateur du contrat social, c’est Rousseau. Partant de considérations selon lesquelles l’homme serait naturellement bon, Rousseau convient lui aussi de la nécessité de la constitution de la société en État, de ce contrat social, donc. Celui-ci, du fait même de la bonté de l’individu (Rousseau est moins négatif que Hobbes), ne s’érige pas en contrainte mais en garant des libertés d’agir de chacun.

Par ailleurs, Rousseau se défend de toute naïveté quant à la nature réelle de l’homme. Il estime que l’atteinte à autrui est effectivement l’un des potentiels désirs de l’individu lorsque ses besoins ne lui semblent plus satisfaits, mais que l’on aurait tort d’y voir là l’essence même de l’homme. 

Si une telle méprise a cours dans la restitution de l’histoire de l’homme, c’est tout simplement parce que l’histoire ne retient que les événements qui la troublent. 

Les révolutions, les catastrophes et les guerres font plus grand bruit que la passibilité entretenue d’une société d’hommes libres. Pour Rousseau, le contrat social intervient alors non pas comme la fin d’une guerre de tous contre tous à l’état de nature, mais comme la garantie des droits privés (sécurité, propriété, etc.).

REPÈRE. Le contrat social est une théorie fictive provenant de Rousseau, qui rassemble l’idée qu’à l’état de nature, les droits des hommes ne sont pas garantis puisque chacun peut agir passionnément et égoïstement à l’encontre de ses pairs, mais que l’entrée en société se fait par un intérêt commun : je respecte les lois et les autres pour acquérir en retour la garantie que mes pairs me respecteront toujours, soit la garantie de mes droits fondamentaux. Pour les fondateurs du contrat social, la société doit être institutionnalisée en État pour que les individus se respectent les uns les autres.

II. LES LIMITES QUE LA SOCIÉTÉ PEUT IMPOSER À L’ÉTAT JUSQU’À LA PROHIBITION DE CE DERNIER

A. La lutte des classes

Si l’État souverain est censé avoir tous les pouvoirs y compris les pouvoirs économiques, dans une société capitaliste et pragmatique, c’est alors tout naturellement qu’il se range auprès de la classe susceptible de les lui accorder. La société alors aliène ni plus ni moins que la finalité première de l’État, censé harmoniser la vie commune. 

L’État ne servirait alors plus du tout l’intérêt commun, mais seulement des intérêts bien particuliers... Son objectif, sa finalité, seraient détournés par la société capitaliste.

Telle est l’idée défendue par Marx dans Le Capital. Au titre de sa souveraineté, et de la justice et de l’équité envers son peuple qu’elle suppose, l’État légitimerait toutes les injustices sociales qu’il engendrerait. C’est dans le développement général de ses travaux sur la lutte des classes que Karl Marx laisse entendre son opinion sur l’État souverain qui trouve là des limites de taille. 

La lutte des classes correspond sommairement aux inégalités constatées entre la bourgeoisie et le prolétariat, à la spoliation de la classe économiquement inférieure par la classe économiquement supérieure.

L’État n’est de ce fait un ersatz de pouvoir et de souveraineté, dans lequel l’intérêt collectif, celui d’une nation économiquement forte, prend le pas sur les intérêts des particuliers. C’est en réalité tout à fait l’inverse qu’il se passe.

Ainsi Marx, dans L’idéologie allemande, écrit-il que « c’est justement cette contradiction entre l’intérêt particulier et l’intérêt collectif qui amène l’intérêt collectif à prendre en qualité d’État une forme indépendante, séparée des intérêts réels de l’individu et de l’ensemble et à faire en même temps figure de communauté illusoire, mais toujours sur la base concrète des liens dans chaque conglomérat de famille et de tribu, tels que liens existants du sang, langage, division du travail à une vaste échelle et autres intérêts ; et parmi ces intérêts nous trouvons en particulier, comme nous le développerons plus loin, les intérêts des classes déjà conditionnées par la division du travail, qui se différencient dans tout groupement de ce genre et dont l’une domine l’autre ». 

La société ici impose ses limites à l’État, au sens où l’État perd sa fonction première s’il est associé à une société libérale ou capitaliste.

REPÈRE. La lutte des classes est une notion inventée par Marx pour dénoncer les tenants et aboutissants d’un État souverain associé à une société capitaliste. Possédant les pouvoirs économiques, son intérêt est de servir ceux de la classe bourgeoise et ainsi de déséquilibrer les rapports entre classes, et notamment de desservir le prolétariat.

B. Le cas de la désobéissance civile

Hormis dans les États de type totalitaire qui impose à la société et aux citoyens qui la composent des actions bien précises et interdisent rébellions, révoltes, et même esprit critique en tout genre, dans un État légitime, digne de ce nom et quelque peu démocratique, la société exerce toujours un contrôle sur ce dernier. 

C’est ainsi que dans une vraie démocratie, en général une nouvelle loi passe par le dialogue social. En France par exemple, il est strictement impossible de modifier la constitution sans l’aval du peuple. 

Et puis dans certaines circonstances, la société civile, c’est-à-dire le peuple, peut tout à fait désobéir aux directives de l’État si tant est que celui-ci ne respecte pas les droits fondamentaux ou contrevienne aux principes éthiques de base. Alors la société civile et les citoyens peuvent désobéir à l’État par morale, par civisme, pour défendre une justice qui serait mise à mal.

C’est là le principe de désobéissance civile théorisé par Thoreau au XIXème siècle. D’où cela vient-il ? D’une décision que d’aucuns considéraient comme arbitraire venant du pouvoir exécutif des États-Unis, l’augmentation des impôts destinée à financer une guerre impérialiste contre les Mexicains. 

Thoreau refusa de payer cet impôt, et de là naquit le concept de désobéissance civile. Légalement, la désobéissance civile est considérée comme un droit du peuple, quelque chose de démocratique à condition que ce ne soit pas pour des intérêts propres et particuliers que l’on désobéit, mais pour un intérêt supérieur, celui de la morale et de la justice.

Par la désobéissance civile, la société peut ainsi imposer des limites aux directives et à l’action de l’État.

REPÈRE. La désobéissance civile est un concept inventé par Thoreau. Il signifie la transcendance de la société sur l’État dans des cas de figure exceptionnels, c’est-à-dire lorsque l’État ne respecte plus les droits fondamentaux. Alors la société civile a le droit de désobéir pour garantir la justice et la morale.

C. Les sociétés sans États

La question de la nécessité absolue d’un État, et de la disposition naturelle de l’homme à entrer dans une société qui institutionnalise un État de droit, ne va pas forcément de soi, car certaines sociétés montrent qu’elles peuvent contredire l’idée même de l’existence d’un État en leur sein. 

Ainsi, dans certaines sociétés primitives, la constitution d’un État souverain, de quelque nature qu’il soit, est fortement proscrite. Le principe d’égalité et de justice est en effet à ce point développé dans ces sociétés qu’aucun de leurs membres ne doit être amené à exercer un pouvoir hiérarchique sur l’ensemble de la communauté, cela est formellement banni. 

C’est ce que l’anthropologue Clastres a montré, dans un ouvrage au titre éloquent : La société contre l’État. Il montre que dans ces sociétés, les hommes ne sont pas du tout naturellement, comme dans l’Antiquité, ou volontairement, comme dans la période moderne, enclins à se constituer en État et à se regrouper, et certaines guerres tribales visent justement à lutter contre une quelconque alliance qui conduirait à instruire des classes dirigeantes. 

Ainsi Clastres écrit-il que la propriété essentielle – c’est-à-dire qui touche à l’essence – de la société primitive, c’est d’exercer un pouvoir absolu et complet sur tout ce qui la compose, c’est d’interdire l’autonomie de l’un quelconque des sous-ensembles qui la constituent, c’est de maintenir tous les mouvements internes, conscients et inconscients, qui nourrissent la vie sociale, dans les limites et dans la direction voulues par la société. 

Et Clastres d’ajouter que la tribu manifeste entre autres (et par la violence s’il le faut) sa volonté de préserver cet ordre social primitif en interdisant l’émergence d’un pouvoir individuel, central et séparé.

Ici la société va jusqu’à prohiber l’existence même de l’État.

Conclusion

La philosophie ne s’intéresse pas tant à la question de l’État pour en étudier les rouages politiques, économiques et sociaux, ce serait là le domaine des sciences politiques, que pour en penser le bien-fondé quant à la société et aux individus citoyens qu’il a sous son emprise.

L’État doit trouver sa raison d’être dans l’aspiration de l’homme à faire montre de raison, dans la volonté qu’il a à vivre en communauté, ou dans celle de préserver son existence en se prêtant à des consensus avec autrui. 

Mais l’État n’est une nécessité, un besoin, que pour des sociétés qui ne sont pas vues comme naturellement politisées, qui auraient donc besoin d’un tiers, d’une souveraineté les dépassant, pour ne pas risquer de désobéir.

Mais peut-être alors que cette aspiration et ces volontés ne trouvent pas dans l’État la voie adéquate à leurs réalisations, mais bien au contraire celle de leur perdition. Il faut donc se demander si l’État permet plus que ce qu’il défait, s’il est libérateur ou liberticide. 

Un État qui prendrait trop le dessus sur la société en viendrait à ne plus être démocratique et à oublier ses principes premiers : être là dans l’unique finalité de servir les citoyens, de garantir leurs intérêts.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Lorsque tu dissertes sur la société et l’État, il faut être particulièrement clair sur la distinction conceptuelle qui existe entre les deux. Une société n’est étatisée qu’à différentes conditions, celle par exemple où l’homme n’est pas spontanément politisé. 

Une société n’a pas de lien avec l’État lorsqu’elle se suffit à elle-même. Enfin, société et État peuvent entrer en conflit, c’est le cas lors de la désobéissance civile, ou encore dans les sociétés primitives.

POUR ALLER PLUS LOIN …

Lire le tout petit traité de Thoreau, De la désobéissance civile, extrêmement concret quant à cette notion, et qui fournira un exemple tout à fait réel de désobéissance civile. Dans le même genre d’ouvrages, il y a le plus récent Indignez-vous, d’Hessel, qui en est une résurgence contemporaine.

PROGRAMME COMPLET DE PHILOSOPHIE

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  1. La conscience
  2. L'inconscient 
  3. Le désir
  4. L'art
  5. Le travail et la technique 
  6. La religion 
  7. La démonstration 
  8. Le vivant 
  9. La matière et l'esprit 
  10. La vérité
  11. La société et l'État
  12. La justice et le droit 
  13. La liberté 
  14. Le devoir
  15. Le bonheur (1/2)
  16. Le bonheur (2/2)

 

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