Fiche de révision : L'État - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : L'État - Philosophie - Terminale S

Nous vous invitons à consulter cette fiche de révision sur l'État, au programme de Philosophie de Terminale S.

Vous verrez tout d'abord les notions essentielles à maîtriser, avant de vous intéresser aux philosophes à connaître. Vous aurez également quelques citations philosophiques sur l'État, mais aussi quelques idées de sujetssur ce chapître.

Téléchargez gratuitement ci-dessous cette fiche de révision de Philosophie sur l'État pour le Bac S !

Fiche de révision : L'État - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document

 

I. Notions à maîtriser

L'Etat désigne un organe d'administration auquel des pouvoirs ont été conférés pour organiser la vie publique. Il peut être entendu en un double sens : au sens factuel, il est l'appareil de conduite d'un pays avec ses dirigeants, quelle qu'en soit sa nature. Au sens idéal, il peut correspondre à une certaine idée du transfert de pouvoir d'un peuple pour assurer sa conservation et son bien-être. On peut donc soit analyser le fonctionnement des différents Etats et soit s'interroger sur ce que c'est l'Etat. La philosophie s'intéresse tout particulièrement à la deuxième partie de l'alternative.

L'Etat se distingue de la société civile. Les individus réunis en société ne constituent pas un Etat, il manque une force au-dessus d'eux qui règlemente leurs relations et impose des règles. Lorsqu'il y a un Etat, il y a un transfert de la puissance des individus vers l'Etat qui représentera leur intérêt. Les individus ne seront donc plus directement producteurs de règles et de leur respect. Par exemple, au travail, ils n'auront plus à se défendre seul contre l'exploitation patronale, c'est l'Etat qui organisera un contrôle du respect des droits du travail. La particularité d'un Etat, ce qui fait aussi sa puissance, est qu'il possède une force coercitive. Cela veut dire qu'il peut contraindre les individus à respecter les règles. Cette contrainte s'incarne dans le monopole de la violence légitime. L'Etat a le droit de contraindre les corps et même de les violenter si la loi est bafouée (police, prison).

L'Etat est souverain sur un territoire donné et par rapport à un peuple précis. Ce qui veut dire qu'il est premier et qu'il s'impose à tous. Il est le plus haut du point de vue du pouvoir.

Cette souveraineté peut avoir plusieurs sources. Dans le cas d'une démocratie, elle correspond au peuple et défend la volonté générale. En revanche, dans une aristocratie, elle ne défendra que les intérêts d'une partie du peuple (ceux qui sont considérés comme les meilleurs). Et dans un régime despotique, cette souveraineté correspond au seul caprice du despote.

L'Etat organise trois pouvoirs de manière plus ou moins séparée selon le modèle politique considéré ; le pouvoir législatif qui lui donne la possibilité d'émettre des règles en accord avec sa constitution (socle de valeurs sur lequel il est assis), le pouvoir exécutif qui traduit la souveraineté et assure la diffusion des règles édictées pour ordonnancer la société civile (différents services de l'Etat). Et enfin, le pouvoir judiciaire qui contrôle la bonne application de la loi et sanctionne son non-respect. Ces trois pouvoirs assoient l’autorité de l'Etat. Cette autorité peut avoir différentes sources : la volonté générale ou le charisme du dirigeant ou la tradition...

On peut être sujet d'un Etat, ce qui équivaut à être soumis à ses lois sans y participer directement mais l'on peut aussi être citoyen d'un Etat (dans le cas d'une démocratie) et, en ce cas, on participe activement à la forme que prend l'Etat en étant la base de toute décision (en ce qui concerne les démocraties occidentales, cette décision se fait toujours via des représentants, elle est donc indirecte.). Dans tous les cas, on doit se soumettre aux lois, cela peut donc sembler contraire au principe de liberté. Tout dépend si ces lois visent à assurer la liberté et la conservation de tous ou si elles ne défendent qu'une partie du peuple.

On peut distinguer l'Etat et la nation. En effet, la nation a une dimension plus affective et historique. Elle reflète l'unité d'un peuple partageant un même territoire, des valeurs communes, une même langue... Des règles qui peuvent s'appliquer de manière informelle sans l'intervention d'un Etat. L'Etat est une réalité plus objective, plus instituée qui peut d'ailleurs excéder les contours de la nation.


II. Les philosophes à connaître

MachiavelLe Prince

Pour le philosophe, il est essentiel d'assurer l'autorité du Prince. Pour des raisons de maintien de l'Etat et de conservation du peuple, il peut prendre des décisions qui semblent aller à l'encontre des règles de la bonne morale mais il est le seul à pouvoir juger de ce qui est décisif pour l'avenir du pays. Le Prince, qui est le souverain dans un Etat, est quelqu'un de rusé (le renard) qui sait user de stratégie et quelqu'un qui doit faire preuve de force (le lion). Aussi, pour maintenir son autorité auprès du peuple, il doit à la fois se faire craindre et se faire aimer. Pour être respecté, il doit d'abord se faire craindre. C'est dans cette habileté qu'il pourra conduire l'Etat vers son unité et son maintien.


HobbesLéviathan

L'état de nature selon Hobbes est un état de parfaite liberté, et pour cette raison, il traduit un état de guerre de chacun contre chacun. Il y règne l'insécurité la plus radicale. On risque pour sa vie à chaque moment. Les hommes choisissent donc de se réunir en société et de former un Etat vers lequel ils transfèrent l'ensemble de leurs pouvoirs. Le but de cet Etat est exclusivement d'assurer la conservation de chacun. Une fois dépouillé de ses pouvoirs, et principalement de la liberté absolue qu'il possède à l'état de nature, le peuple est sous le joug d'un souverain dont il ne peut plus remettre en question les décisions et les règles. Le souverain, lui, reste dans l'état de nature, il a une liberté absolue d'agir dans la perspective de la conservation du peuple.


Locke, Second traité du gouvernement civil

L'état de nature selon Locke est un état de paix et d'harmonie à la différence de Hobbes. L'individu possède trois pouvoirs fondamentaux ; celui de pouvoir assurer sa propre sécurité, celui de punir celui qui menace sa vie, et enfin, le pouvoir de s'approprier ce qui est nécessaire à sa conservation (mais pas plus). Le passage à l'état civil est motivé par un besoin de garantir de manière plus certaine les droits de sécurité et de propriété qui sont trop instables à l'état de nature.

Les individus abandonnent donc leurs pouvoirs mais sous condition. Le souverain doit assurer leur conservation, leur liberté et leurs biens. S'il abuse de la confiance offerte par le peuple, alors ce dernier peut lui opposer un droit de résistance et le renverser.


RousseauDu contrat social

Rousseau, comme Hobbes et Locke, est un contractualiste. Il imagine la création de l'Etat à partir du passage d'un état de nature à un état civil incarné par un contrat passé entre les différents individus.

L'état de nature selon le philosophe est un état de parfaite égalité, où chacun vit son existence sans se soucier des autres mais il règne la loi du plus fort. Le passage à l'état civil est motivé par le premier acte d'appropriation d'un lieu. C'est la propriété, et son difficile maintien, qui va motiver les individus à fonder un Etat dont le seul objectif est de préserver cette propriété. Ce premier contrat laisse place au vrai contrat, celui qui peut assurer la pérennité d'un peuple et la justice de ses lois : un contrat qui est marqué par la volonté générale. Cette volonté générale assure une soumission consentie à la loi car le peuple éprouve l'autonomie : il se donne à lui-même sa règle. L'Etat est donc l'incarnation de la souveraineté populaire, il ne fait que traduire l'intérêt collectif.


MarxL'idéologie allemande

Pour Marx, l'Etat n'est pas neutre. En effet, dans une société marquée par la lutte des classes (prolétariat qui correspond aux travailleurs et bourgeoisie qui correspond aux propriétaires des moyens de production ou du capital), l'Etat n'est qu'un organe de régulation de cette lutte. Dans la société capitaliste, il est le moyen pour la bourgeoisie de défendre ses propres intérêts et de maintenir sa domination sur le prolétariat. C'est la raison pour laquelle l'acheminement vers une société communiste (où l'Etat a disparu d'ailleurs) passe par le renversement de l'Etat bourgeois et la mise en place d'un organe de décision provisoire qui assure la transition vers la stricte égalité. Cet organe de décision provisoire, Marx l'appelle la dictature du prolétariat. Il veut dire par là qu'il y a un reversement du rôle de l'Etat, au lieu de traduire le seul intérêt bourgeois, il va défendre le seul point de vue prolétaire. Donc l'Etat n'est pas neutre, il n'est pas l'expression d'une volonté générale, il est un organe de domination et de pouvoir au service des intérêts de ceux qui dominent.


III. Citations

HobbesLéviathan

« La seule façon d'ériger un tel pouvoir, apte à défendre les gens de l'attaque des étrangers, et des torts qu'ils pourraient se faire les uns aux autres (…), c'est de confier tout leur pouvoir et toute leur force en un seul homme, ou à une seule assemblée, qui puisse réduire toutes leurs volontés, par la règle de la majorité, en une seule volonté. »


Max Weber, Le savant et le politique

« Il faut concevoir l'Etat contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé (…) revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime. »


Rousseau, Du contrat social

Le pacte social : « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale, et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. »


MachiavelLe Prince

« Un prince ne peut observer toutes ces choses pour lesquelles les hommes sont tenus pour bons, étant souvent contraint, pour maintenir l'Etat, d'agir contre la foi, contre la charité, contre l'humanité, contre la religion. Aussi faut-il qu'il ait l'esprit disposé à tourner selon que les vents de la Fortune et les variations des choses le lui commandent. »


LockeSecond traité du gouvernement civil

« Quiconque détient le pouvoir législatif ou le pouvoir suprême de la république est tenu de gouverner selon des lois fixes et établies (…). Tout ceci ne doit être dirigé vers aucune autre fin que la paix, la sûreté et le bien public du peuple. »


IV. Les couples de notions qui peuvent servir à construire les problématiques 

Etat / société civile

Etat / droit

Obligation / contrainte

Autorité / souveraineté

Pouvoir / puissance

Etat / nation

Intérêt général / intérêt particulier

Citoyen / sujet


V. Sujets possibles 

Peut-on se passer de l'Etat ?

L'Etat est-il le seul à posséder le pouvoir politique ?

L'Etat est-il le garant de la volonté générale ?

L'Etat est-il l'adversaire de la liberté ?

Fin de l'extrait

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