Fiche de révision : Le vivant - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : Le vivant - Philosophie - Terminale S

Voici une fiche de révision sur le vivant, notion au programme de Philosophie de Terminale S.

Cette fiche de révision, rédigée par notre professeur, vous dira les notions à maîtriser sur ce chapitre, ainsi que les philosophes à connaître. Vous verrez aussi certaines citations philosophiques sur le vivant, et des exemples de sujets sur le vivant en philosophie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous cette fiche de révision de Philosophie sur le vivant.

Fiche de révision : Le vivant - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document


Notions à maîtriser 

Le vivant désigne tout ce qui est animé par la vie et qui se distingue de la simple inertie de la matière. L'inertie signifie l'absence de mouvement produit par soi-même. En effet, pour qu'une pierre roule, il faut exercer une action sur elle. Il faut donc une cause extérieure à elle-même pour qu'elle puisse sortir de son inertie. Elle ne possède pas par elle-même le principe de son mouvement. 

Etre en vie est aussi conditionné par un moment de naissance et un moment de mort. Le vivant est périssable : il naît puis se corrompt avec le temps jusqu'à disparaître. Il y a une génération et une corruption du vivant qui marque le cycle de son existence. Le vivant, à la différence d'une simple machine, a une capacité d'autorégulation. Il peut se soigner et se nourrir lui-même, se reproduire et se pérenniser dans le temps. Il s'auto-engendre. Une montre ne produira jamais une autre montre et c'est en ce sens qu'elle est un pur mécanisme : des parties se juxtaposent en elle mais ces dernières n'ont pas la capacité d'influencer l'environnement, de transformer, de s'approprier le milieu ou même de s'adapter. 

Le fonctionnement organique du vivant et non mécanique décrit cette idée selon laquelle le vivant est un tout qui fonctionne dans une interdépendance de ses parties et non une succession de rouages. On sait d'ailleurs que chez les êtres vivants complexes, il y a souvent une vicariance des organes : lorsqu'un organe est défectueux, un autre peut prendre le relai même si, au début, ce n'était pas sa fonction première.

Le vivant est marqué par une évolution, il suit différentes tendances qui ne sont pas prévisibles. La pierre reste une pierre invariablement. Elle ne s'adapte pas à son environnement mais le subit, elle se détériore mais elle n'évolue pas. Le vivant change, les espèces se transforment et se diversifient. Il y a donc un principe de changement qui est propre à la vie et à sa faculté d'adaptation.

Si le vivant semble évoluer, peut-on dire qu'il est orienté vers une fin terminée ? Une réponse positive à la question entraînerait un déterminisme du vivant contraire à sa spontanéité. L'organisation du vivant est-elle déjà pensée en amont ? Même chose, si le vivant est organisé selon un plan, il semblerait difficile qu'il puisse s'adapter à un environnement contingent, c'est-à-dire un environnement imprévisible qui change selon le hasard.

Cerner le principe de vie n'est pas aisé car c'est quelque chose qui échappe en partie à l'intelligence, on a plus de facilité à décrire la matière. Mais c'est d'autant plus important dans délimiter le sens puisqu'il va y avoir des questions d'éthique par rapport à ce vivant. En effet, il faudra se demander quels droits on a sur le vivant en tant qu'êtres doués d'une intelligence, si l'on peut faire disparaître des espèces vivantes du fait de notre activité, si on peut les exploiter, s'il est souhaitable de provoquer de la souffrance chez les animaux... La question de l'éthique du vivant est au cœur des questionnements contemporains et donnent des réponses très contrastées.


Les auteurs à connaître

Aristote, De l'âme

Pour le philosophe, ce qui distingue l'animé de l'inanimé, c'est un principe de vie. Ce principe est l'âme qui va mouvoir un sujet. Il y a trois types d'âme différents : une âme nutritive, une âme sensitive et une âme intellective. Elles peuvent se combiner entre elles. Les végétaux ne possèdent que l'âme nutritive, c'est-à-dire une capacité à se nourrir. Les plantes ont un principe interne qui leur permet de croître et décroître et en cela elles sont animées d'un principe de vie. L'âme sensitive appartient aux animaux. Cette dernière rend possible les plaisirs et les peines ainsi que la faculté désirante. L'âme intellective n'appartient qu'à l'homme, c'est sa capacité au raisonnement. L'âme sensitive présuppose l'âme nutritive et l'âme intellective présuppose l'âme nutritive et l'âme sensitive. Par conséquent, l'humain les possède toutes.


Descartes, Les principes de la philosophie et Lettre au marquis de Newcastle

Dans les principes, Descartes compare les animaux n'ont pas à des êtres pourvus d'un souffle vital qui les animerait mais à des mécanismes basiques. Les corps sont des machines comme celles des artisans. D'ailleurs, on peut faire des automates qui imitent très bien le fonctionnement du corps. Il est important pour Descartes de réduire le corps à une machine car il va pouvoir ensuite distinguer les corps animés d'une âme immortelle, qui sont donc susceptibles d'être élues, des corps périssables. Dans la lettre au Marquis de Newcastle, il fait remarquer que les animaux ne sont que des corps, c'est-à-dire des machines. Comment en pourrait-il être autrement ? S'il n'était pas des machines, alors ils seraient animés d'un principe de vie et d'une âme immortelle : on ne pourrait plus les exploiter et l'on serait obligé d'étendre cette caractéristique y compris aux animaux les plus triviaux pour Descartes : l'éponge, l'huître. La thèse de l'animal-machine est une nécessité pour ne pas compromettre le raisonnement. Il utilise donc un argument apagogique : il montre l'impossibilité du contraire.


Kant, Critique de la faculté de juger

La thèse de l'animal-machine est souvent comprise de manière un peu caricaturale. Ce qui est sûr, c'est que Kant ne la trouve pas pertinente. Il utilise donc une distinction   intéressante entre force motrice et force formatrice. La force motrice caractérise la machine, elle donne l'impulsion à un mouvement, elle met en route des rouages qui s'autoalimentent.  L'être organisé, c'est-à-dire pour Kant, l'être vivant, n'est pas seulement dans cette mécanique passive, il a une capacité d'organisation propre. C'est le vivant lui-même qui alimente ses différentes parties, se reproduit et se répare. Il n'a pas besoin d'une intervention extérieure comme l'artisan pourrait réparer une montre qui ne fonctionne plus. Le vivant se fait exister et persévérer dans l'existence sans l'appui d'une force extérieure, c'est ce qui le distingue radicalement de la machine.


Darwin, L'origine des Espèces

Le vivant est caractérisé par des modifications au cours du temps. Les espèces ne sont plus les mêmes, certaines semblent disparaître, d'autres se transformer. Darwin fait le constat de la variété des espèces et l'hypothèse d'une origine commune à partir de laquelle des évolutions dues à une adaptation au milieu auraient favorisé la diversité. Il s'oppose donc à une vision créationniste selon laquelle les espèces ont été créées par Dieu de toute éternité et ces dernières ne changent pas, elles disparaissent tout au plus. Cette hypothèse est fixiste. Darwin se distingue aussi de l'hypothèse transformiste de Lamarck selon laquelle, les espèces se sont progressivement transformées par adaptation au milieu. La girafe a développé un grand cou parce qu'elle a dû se nourrir d'arbre de plus en plus hauts.  Pour Darwin, l'évolution des espèces tient à une sélection des individus les plus adaptés. Dans un milieu donné, les conditions de survie vont permettre aux individus d'une espèce, possédant de manière plus marquée une des qualités qui leur permet de mieux répondre aux contraintes auxquelles ils sont exposés, de survivre et de s'adapter. Le cou de la girafe ne s'est pas agrandi au fur et à mesure de son évolution, ce sont les girafes aux plus longs cous qui ont pu survivre et se reproduire, raison pour laquelle les individus aux longs cous sont devenus majoritaires du fait de l'hérédité des caractères.


Bergson, L'élan vital

Le vivant est caractérisé par une énergie qui le fait se déployer librement. L'idée de Bergson est assez proche de celle des stoïciens qui décrivaient le principe de vie comme un « pneuma », un souffle.  La vie est ce souffle qui anime les êtres vivants. Pour autant, on ne peut pas dire que la vie est orientée vers une fin déterminée, comme si un plan était programmé.  Dans ce cas, il y aurait un absolu déterminisme dans le vivant et le libre déploiement des tendances y serait impossible. Les choses seraient déjà toutes prévues.  La vie ne procède pas comme l'intelligence qui fige la pensée, l'organise et la met dans des cases. Elle est inattendue, insaisissable. L'intelligence observe le phénomène de la vie et, après coup, essaie de montrer qu'il y avait un but à atteindre parce qu'elle a besoin de modéliser les phénomènes. Cette vision de l'intelligence d'un but à atteindre est le finalisme. Il décrit l'incapacité de l'intelligence à comprendre le phénomène de la vie.


Citations

Aristote, De l'âme 

« Parmi les corps naturels, les uns ont la vie, cependant que les autres ne l'ont pas ; et par vie, nous voulons dire la propriété de par soi-même, se nourrir, croître et dépérir. »


Kant, Critique de la faculté de juger

 « Un être organisé n'est pas simplement machine, car la machine possède uniquement une force motrice ; mais l'être organisé possède en soi une force formatrice, qu'il communique aux matériaux qui ne la possèdent pas (il les organise) : il 'agit ainsi d'une force formatrice qui se propage et qui ne peut pas être expliquée par la seule faculté de mouvoir (le mécanisme). »


Darwin, De l'origine des espèces

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. »


Claude Bernard, Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux

« Nous ne pouvons connaître que les conditions matérielles et non la nature intime des phénomènes de la vie. Dès lors, nous n'avons affaire qu'à la matière, et non aux causes premières ou à la force vitale directrice qui en dérive. Ces causes nous sont inaccessibles. »


Bergson, L'élan vital

« La vie, depuis ses origines, est la continuation d'un seul et même élan qui s'est partagé entre des lignes d'évolution divergentes. Quelque chose a grandi, quelque chose s'est développé par une série d'additions qui ont été autant de créations. »


François Jacob, La logique du vivant

« Tout organisme, quel qu'il soit, se trouve alors indissolublement lié, non seulement à l'espace qui l'entoure, mais encore au temps qui l'a conduit là et lui donne comme une quatrième dimension. »


André Pichot, Histoire de la notion de vie

« Par rapport aux objets inanimés, les caractères des êtres vivants sont : 1) l’individualité ; 2) l'hétérogénéité de composition ; 3) l'impossibilité d'être parfaitement solide ; 4) la forme ; 5) l'interdépendance des parties ; 6) le « mouvement » des parties les unes par rapport aux autres ; 7) Une croissance par assimilation, et non par simple juxtaposition ; 8) La nutrition ; 9) La naissance et non une apparition « accidentelle » ; 10) La mort. »


Les couples de notions qui peuvent servir à construire les problématiques

Vivant / matière

Ordre / désordre

Elan vital / inertie

Vie / mort

Fixisme- créationnisme / évolutionnisme

En acte / en puissance

Finalisme / mécanisme

Hasard-contingence / nécessité


Sujets possibles

Un être vivant peut-il être assimilé à une machine ?

Doit-on le respect aux êtres vivants ?

Le vivant est-il entièrement connaissable ?

Qu'est-ce qu'un être vivant ?

Fin de l'extrait

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