Fiche de révision : Le devoir - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : Le devoir - Philosophie - Terminale S

Nous mettons à votre disposition cette fiche de révision de Philosophie sur le devoir.

Vous verrez tout d'abord les notions essentielles à maîtriser, puis les philosophes à connaître. Vous découvrirez également quelques citations philosophies sur le devoir, puis des exemples de sujets sur le devoir en philosophie.

Téléchargez gratuitement ci-dessous cette fiche de révision sur le bonheur en philosophie pour le Bac S.

Document rédigé par un prof Fiche de révision : Le devoir - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document


Notions à maîtriser 

Le devoir naît de la volonté qui se représente ce qu'elle a à faire si elle souhaite être en accord avec sa conscience morale, c'est-à-dire la représentation de ce qui est bon. Ce devoir est un impératif qui va guider les choix et les actions. La conscience morale naît de la raison qui se formule le bien à atteindre et les exigences auxquelles la volonté a à se référer pour guider l'existence terrestre. Il s'agit donc d'une injonction : tu dois ! Mais la raison peut se représenter cette injonction sans que la volonté ne s'y soumette, elle peut refuser le devoir. 

Par exemple, je peux très bien savoir que je ne dois pas faire souffrir mon prochain mais ma volonté peut me conduire à le faire souffrir. Les règles du devoir sont des impératifs qui guident le choix : je ne peux pas faire autrement si je souhaite suivre la logique de mon raisonnement. L'impératif se décline en maximes : la formulation de préceptes de l'action qui permet à la volonté de se représenter ce qu'il faut faire pour être en adéquation avec la conscience morale. Par exemple, je peux suivre le précepte ou la maxime selon lesquels je dois agir de telle sorte que je produise le moins de souffrances possibles.

En outre, l'accomplissement du devoir peut avoir plusieurs raisons ou sources, ce qui signifie que les motivations pour suivre les règles de la conscience morale sont multiples. Je peux choisir d'accomplir mon devoir parce que je sais que je vais en retirer un intérêt personnel. En effet, si je fais preuve de générosité envers les autres parce que j'attends de la générosité en retour, j'applique mon devoir de manière intéressée. De la même manière, si je refuse le crime parce que j'ai peur du châtiment, ma volonté n'est pas conditionnée par le devoir lui-même mais par la crainte que j'ai de ne pas le suivre. Il y a donc deux façons d'accomplir le devoir : conformément au devoir (j'accomplis le devoir en apparence mais ce n'est pas le devoir qui motive ma volonté mais l'intérêt que je me représente à l'idée de le suivre) ou par devoir (dans ce cas, je suis le devoir seulement parce qu'il est bon de le suivre et pour aucune autre raison). Ces raisons qui poussent à accomplir le devoir sont des mobiles de ma volonté : le mobile peut être pur (pour lui-même) ou intéressé (pour une raison extérieure au devoir).

La possibilité pour l'humain de suivre son devoir s'accompagne d'une responsabilité de son action. Comme il peut choisir ou non d'agir selon le devoir, il peut être coupable d'avoir agi contre le devoir. Cette culpabilité entraîne donc la faute et la possible sanction. C'est parce que le devoir n'est pas une nécessité mais qu'il relève d'une libre adhésion de la volonté que l'on est responsable de la qualité de nos actions.

Les devoirs sont généralement associés à des droits. On ne peut appliquer correctement son devoir que si l'on est protégé par des droits. Pour pouvoir librement faire le choix du bien, il faut que les conditions soient réunies pour que je puisse être en accord avec le devoir. Ces conditions sont à la fois politiques et juridiques : les lois doivent assurer la possibilité du devoir en ne faisant pas d’injonctions contradictoires avec ce dernier.

En fait, il est toujours difficile d'accomplir son devoir car il y a de nombreuses entraves à la volonté : l'intérêt, le régime politique en place, l'action des autres... Mais en droit, il faut se représenter le devoir comme possible sinon la morale est ruinée et la vie collective rendue difficile.


Les auteurs à connaître 

Pascal, Trois discours sur la condition des grands

Selon Pascal faire preuve de justice et accomplir son devoir, c'est être capable de respecter un ordre établi et de ne pas mêler les différentes grandeurs. En effet, Il existe deux types de grandeur selon l'auteur :  la grandeur naturelle qui est une qualité réelle de la personne en dehors de sa position sociale et la grandeur d'établissement qui est liée au statut social de la personne. Faire son devoir signifie respecter les codes à utiliser devant les grandeurs d'établissement (saluer par exemple) mais ce respect n'inclut pas un devoir d'estime. Le devoir d'estime doit être réservé à la grandeur naturelle qui fait référence aux qualités réelles. L'injustice consiste à inverser les valeurs : estimer la grandeur d'établissement par exemple.


Rousseau, Du contrat social

Sortir de l'état de nature et entrer dans une société marquée par le contrat social signifie, pour Rousseau, échapper à la loi du plus fort. Cette loi est trop précaire et n'assure pas indéfiniment le respect de la règle. En effet, tant que la règle est respectée par crainte et non par adhésion, celui qui n'aura pas peur, ne respectera pas la règle. Et il y a toujours plus fort que soi. Aussi, dans une démocratie, il faut que la loi soit respectée par devoir et non par crainte du châtiment. Il ne s'agit donc plus d'obéissance selon Rousseau mais d'un accord de la volonté qui reconnaît qu'il faut respecter la loi.


Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

Le devoir est au cœur de la morale kantienne, c'est lui qui va pousser la volonté à adhérer à l'impératif catégorique et à suivre les règles de la morale. La volonté sera conditionnée à suivre la loi morale, une loi qui est définie pour valoir universellement et grâce à laquelle Kant formule l'impératif catégorique : un impératif dont la nécessité est logique et ne trouve pas sa source dans un objectif extérieur comme le plaisir ou le bonheur. Son seul but est la morale. Le devoir consiste donc à se référer à cet impératif catégorique. Mais il y a deux manières selon Kant d'accomplir son devoir : on peut agir par devoir ou conformément au devoir. L'action morale agit par devoir au sens où elle n'a pas seulement l'apparence du devoir mais où son mobile n'a pas d'autres motivations que la morale elle-même. Le marchand qui ne trompe pas ses clients parce qu'il souhaite fidéliser sa clientèle n'agit pas par devoir mais conformément au devoir.


Nietzsche, Généalogie de la morale

La source de la morale et du devoir est judéo-chrétienne. C'est une longue histoire de ressentiment, de culpabilisation et de mise en faut. Le devoir selon Nieztsche correspond à cette lourde tradition de mise en faute qui produit une conscience morale malade, froide et destructrice. Il y a un fond de cruauté à l'origine de toute morale. La souffrance que s'impose la conscience morale (qui reconnaît sa faute, sa culpabilité) a pour rôle de compenser une hypothétique dette. Elle est une force de régression et empêche une dynamique positive de l'humain.


Jonas, Le principe responsabilité

Dans un monde nouveau, où la technique s'est fortement développée et où elle surpasse le pouvoir de contrôle de l'humain, il est nécessaire de repenser la morale et le devoir. En effet, l'humain a une possibilité hors du commun : il peut détruire le bien commun qu'est la Terre et empêcher les générations futures de mener une existence souhaitable. Il peut compromettre la vie sur terre. Il faut donc formuler un devoir d'une nature toute spéciale qui est le devoir envers les générations futures c'est-à-dire faire le pari que notre action peut avoir un effet sur ce qui n'est pas encore et que nous ne pouvons pas continuer ainsi du fait de l'appel de notre conscience morale. Il faut donc respecter un nouvel impératif qui prend en compte les générations futures et la pérennisation de la vie sur terre. Cela entraîne donc à un contrôle de la technique et à une précaution par rapport à son utilisation. S'il y a un doute alors il faut se raviser.


Citations

Rousseau, Du contrat social

"Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir."


Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

"Le devoir est la nécessité d’accomplir une action par respect pour la loi."


Nietzsche, Généalogie de la morale

« C'est dans cette sphère, celle du droit d'obligation, que le monde des notions morales comme « faute », « conscience », « devoir », « sainteté du devoir » trouve son foyer de naissance ; son commencement, comme celui de tout ce qui est grand sur terre, a longtemps et abondamment été arrosé de sang »


Stuart Mill, L'utilitarisme  

« Entre son propre bonheur et celui des autres, l'utilitariste exige de l'individu qu'il soit aussi rigoureusement impartial qu'un spectateur désintéressé et bienveillant. »


Les couples de notions qui peuvent servir à construire les problématiques 

Par devoir / conformément au devoir

Devoir / obligation

Conscience morale / faute

Nécessité / possibilité

Droit / devoir

En fait / en droit

Devoir moral / devoir juridique

Culpabilité / responsabilité

Devoir / désir


Sujets possibles

Les passions nous empêchent-elles de suivre notre devoir ?

Est-ce un devoir de rechercher le bonheur ?

La recherche du plaisir est-elle contraire au devoir ?

Faire son devoir est-ce un choix ?

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?