Fiche de révision : Le bonheur - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : Le bonheur - Philosophie - Terminale S

Découvrez cette fiche de révision sur le bonheur, rédigée par notre professeur, au programme de Philosophie de Terminale S.

Vous verrez tout d'abord les notions, puis les auteurs à connaître, ainsi que quelques citations sur le bonheur. Vous étudierez également les problématiques sur le bonheur en philosophie et les sujets types qui peuvent tomber.

Téléchargez gratuitement cette fiche de révision sur le bonheur, chapitre important de philo pour le Bac S !

Fiche de révision : Le bonheur - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document

 

Notions à maîtriser

Le bonheur définit une situation de satisfaction complète et durable, une forme de complétude due à l'absence de manque notable ou de douleurs manifestes. On peut l'associer à une forme de contentement : il fait disparaître le manque, l'envie, la souffrance et toutes les passions négatives. C'est un état de profonde tranquillité. Il y a aussi dans ce nom, l'idée d'une bonne disposition liée au hasard : ce qui arrive est bon. Ce qu'il faut savoir c'est si le bonheur est un état de fait ou s'il est une quête permanente. S'il est le fruit du hasard ou s'il est le résultat d'un choix.

 

De plus, le bonheur est-il nécessairement accompagné de plaisir ? Faut-il être vertueux pour atteindre le bonheur ou une vie de plaisirs débridés est-elle plus appropriée ?

 

La philosophie pratique cherche à définir quels sont les critères d'accès au bonheur mais elle essaie aussi de définir ce qu'est le bonheur en le distinguant du plaisir notamment (plus éphémère, plus précaire).  Le bonheur peut dépendre de la vertu de la personne : sa capacité à faire les bons choix, à maîtriser ses passions, mais il est aussi conditionné par le hasard : hasard de la naissance, hasard des événements. Il y a de plus chanceux que d'autres. La fortune (le hasard) est donc importante dans la description du bonheur. Ensuite, le bonheur peut être présenté comme une quête indéfinie, l'horizon de toute vie sur terre. Quand on pense l'approchait, il s'éloigne et inversement. Ou alors, le bonheur est-il un état dans lequel on peut se loger et vivre en parfaite harmonie à la manière des sages ?  Lorsque le bonheur est un horizon, on peut dire qu'il est en puissance (c'est une possibilité, quelque chose qui peut arriver), lorsqu'on est logé à l'intérieur, il est en acte : il existe dans les faits.

 

Le bonheur est-il accompagné de plaisir ? Le problème du plaisir est dans le manque, le besoin qui se trouve à sa source. Ce manque peut créer une douleur liée à la frustration et à l'attente déçue. Il est donc susceptible de créer des troubles qui sont peu compatibles avec la stabilité du bonheur. Il est donc nécessaire de repenser la place et la nature du plaisir par rapport au bonheur : il n'est pas son principe mais son résultat, il n'est pas plaisir sensible et instable mais recherche de plaisirs purs. Pour pouvoir maîtriser les différentes passions auxquelles il est soumis et trouver cette tempérance inhérente au bonheur, l'humain doit être capable de vertu : il doit suivre des règles qui garantissent la stabilité des émotions intérieures. Certaines philosophies définissent le bonheur comme une ataraxie, c'est-à-dire une absence de troubles. Mais ataraxie veut-elle dire apathie (ne rien ressentir, n'avoir aucune émotion) ?

 

Le bonheur permet-il d'atteindre le souverain bien ? Autrement dit, si l'on est heureux peut-on dire que l'on agit en faveur du bien le plus haut et le plus inconditionné ?

 

De nombreuses philosophies défendent un eudémonisme : l'action morale effective conduit au bonheur qui en est le moteur principal. Pour d'autres, le souverain bien n'est pas lié au bonheur et la vertu ne saurait se laisser influencer par cette quête personnelle.

La question est aussi de savoir si le bonheur peut être défini objectivement ou s'il n'est que le vécu subjectif d'un état ressenti comme tel. Est-ce qu'il y a une norme du bonheur ?  Un critère de reconnaissance ?

 

Les auteurs à connaître 

Epicure, Lettre à Ménecée

Le bonheur pour Epicure est le signe d'une sagesse atteinte. Il se reconnaît au plaisir ressenti.  Aucun plaisir n'est néfaste mais le bonheur durable se trouve dans une forme d'ataraxie (absence de troubles de l'âme), c'est la raison pour laquelle Epicure préconise la poursuite de plaisirs purs et la tempérance dans les plaisirs en mouvement (qui suivent la satisfaction d'une envie, d'un désir).

La quête du bonheur suppose la capacité à ne pas craindre la mort : pour le philosophe, elle n'est pas à craindre car elle n'a rien à voir avec la vie, mais aussi à ne pas craindre les Dieux, à se convaincre que l'on peut supporter la douleur et à savoir que le bonheur est à la portée de tous.

 

Aristote, Ethique à Nicomaque

Chez Aristote, le bonheur est lié à la sagesse. Il est ce qui se suffit à soi-même et qui n'a besoin de rien d'autre pour exister. Le sage a une activité de « prudent », ce qui veut dire qu'il est capable de faire preuve de mesure dans ses choix (médiété). Pour être sage et atteindre le bonheur, il faut une bonne capacité de délibération : prendre les bonnes décisions et agir en conséquence selon les contextes dans lesquels on se trouve. C'est ce que le philosophe appelle l'exercice de la vertu.  La sagesse ultime se trouve dans une vie contemplative débarrassée des contingences du monde matériel.

Le plaisir n'est pas une condition du bonheur mais une fois atteint le bonheur apporte du plaisir.

 

Descartes, Traité des passions de l'âme

Descartes ne voit pas les passions d'un mauvais œil, elles ne sont pas nécessairement contradictoires avec le bonheur. Sa philosophie est un eudémonisme comme celles d'Epicure et d'Aristote, ce qui signifie que la sagesse correspond au bonheur. Les passions meuvent l'esprit humain de manière nécessaire, on ne peut pas les éviter. Ce qui est important selon le philosophe, c'est de savoir s'en rendre maître. La sagesse est la capacité à maîtriser ses passions et à opérer des conversions : transformer les passions négatives en émotions positives. Il faut savoir regarder le cours des choses d'un biais favorable et faire preuve de détermination et de résolution dans les choix effectués dans ce monde y compris, et surtout, lorsqu'on manque de connaissances pour bien juger. Le sage atteint le bonheur parce qu'il sait maîtriser ses passions, il en ressent du contentement, ce qui signifie qu'il sait se satisfaire de sa propre vertu.

 

Pascal, Pensées

Le principal problème des humains est de ne pas savoir rester en repos dans leur chambre, ne pas supporter l'ennui. De quoi est-ce le symptôme ? De l'incapacité pour eux à regarder et accepter leur condition : la mort prochaine. Pour trouver la joie, les humains préfèrent donc s'affairer de toute part et ne pas penser à ce qui les détermine. Ils sont conduits par le divertissement : tout ce qui peut les détourner d'eux-mêmes et les empêcher de ressentir l'angoisse. C'est la condition de la joie sur terre. Mais leur réelle vocation est ailleurs et, en cherchant la joie, ils perdent de vue l'essentiel : le Salut.

 

Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs

Kant souhaite fonder une morale universelle qui ne repose pas sur un intérêt caché (mobile pathologique) mais qui trouve sa source dans la raison du fait d'une nécessité logique (mobile pur). Il espère ainsi proposer une formule de la morale qui définisse avec certitude les actions bonnes. Le bonheur est une quête naturelle de l'homme mais il n'a rien à voir avec la morale car on ne peut pas chercher à suivre les préceptes de la morale simplement parce qu'on souhaite être heureux, c'est un mobile pathologique. Le bonheur a sa place en politique, il est même une conséquence de la morale mais il ne peut pas constituer un mobile de l'action morale. En effet, cette dernière ne doit être motivée que par elle-même et non par un espoir de récompense. La philosophie morale de Kant est anti-eudémonisme.

 

Stuart Mill, L'utilitarisme

Pour le philosophe anglais, le but de la morale est le bonheur et son critère pour déterminer l'action bonne est un calcul des plaisirs et des peines. Ce qui est important dans l'action humaine, c'est ce qu'elle produit sur les êtres doués de sensibilité. Pour faire un choix, il faut comparer plaisirs et peines, et ainsi trancher en faveur d'un maximum de plaisirs. Le but de la morale est le bonheur du plus grand nombre, non pas le bonheur de tous qui est impossible et empêcherait d'agir, mais le choix d'actions qui puissent apporter le plus de plaisir et profiter au plus d'individus possible.

 

Citations sur le bonheur

Epicure, Lettre à Ménécée

« C'est en effet quand nous souffrons de l'absence de plaisir que nous avons besoin du plaisir ; mais quand nous ne souffrons pas, nous n'avons pas besoin du plaisir. Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est principe et fin de la vie bienheureuse. »

 

Aristote, Ethique à Nicomaque

« La vie des gens de bien n'a nullement besoin que le plaisir vienne s'y ajouter comme un surcroît, mais elle a son plaisir en elle-même. (…) on n'est pas un véritable homme de bien quand on n'éprouve aucun plaisir dans la pratique de bonnes actions. (…) ainsi donc le bonheur est en même temps ce qu'il y a de meilleur, de plus beau et de plus agréable. »

 

Descartes, Traité des passions de l'âme

« Elle (la sagesse) apprend à s'en rendre tellement maître et à les ménager avec tant d'adresse que les maux qu'elles (les passions) causent sont fort supportables et même qu'on en tire de la joie de tous. »

 

Pascal, Pensées

« Quand j'ai pensé de plus près et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs ( de ne pas accepter l'ennui, de se divertir), j'ai voulu en découvrir les raisons, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle et si misérable que rien ne peut nous consoler lorsque nous y pensons de près. »

 

Stuart Mill, L'utilitarisme

« La doctrine qui donne comme fondement à la morale de l'utilité ou le principe du plus grand nombre, affirme que les actions sont bonnes ou sont mauvaises dans la mesure où elles tendent à accroître le bonheur, ou à produire le contraire du bonheur. »

 

Les couples de notions qui peuvent servir à construire les problématiques sur le bonheur

Fortune / détermination

Bonheur / plaisir

Désir / satisfaction

Passion / contentement

En acte / en puissance

Hasard / nécessité

Vertu / plaisir

But à atteindre / effectivité

Bien / bonheur

 

Sujets possibles sur le bonheur en philosophie

Le bonheur dépend-il de nous ?

Le bonheur n'est-il qu'une illusion ?

Peut-on être heureux avec les autres ?

Le bonheur est-il compatible avec les passions ?

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?