Fiche de révision : La vérité - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : La vérité - Philosophie - Terminale S

digiSchool Bac S vous propose cette fiche de révision sur la vérité, rédigée par notre professeur, chapitre au programme de philosophie de Terminale S.

Dans cette fiche de révision de philosophie sur la vérité, notre professeur vous explique les notions à connaître sur la vérité, ainsi que les philosophes à retenir. Vous verrez également quelques citations philosophiques sur la vérité et des exemples de sujets sur la vérité.

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Fiche de révision : La vérité - Philosophie - Terminale S

Le contenu du document

 

NOTIONS A  MAITRISER SUR LA VERITE

La vérité peut être définie par un contenu propositionnel (une loi, une affirmation) qui a la caractéristique d'être universelle (elle vaut en tout temps et en tout lieu), nécessaire (elle ne peut pas ne pas être ou être autrement), absolu (elle n'a aucune condition, elle existe pour elle-même) et objectif (elle existe en soi et non pas pour un point de vue particulier). Ce contenu doit, en outre, correspondre à une chose. 

 

Mais où se trouve cette vérité ? Comment peut-on l'atteindre ? La vérité peut se loger à l'intérieur des choses : leur substance même, ce qui fait qu'elles sont ce qu'elles sont (qui les définit en propre). Elle peut aussi se trouver dans le jugement humain qui fait des liens entre les choses. La vérité serait donc la concordance entre elles des propositions faites sur le monde et la réalité du monde elle-même.

 

On remarque que l'esprit humain se trompe souvent : il se laisse abuser par les apparences, est victime d'illusions et reste parfois prisonnier de l'erreur. Ex : Les sciences elles-mêmes ont produit des connaissances fausses : le géocentrisme (théorie qui dit que la terre est au centre de l'univers). Comment peut-il sortir de cet état ? Qu'est-ce qui peut lui servir de critère ?

 

Il y a deux voies pour répondre : soit on admet qu'il existe des idées  innées dans l'esprit et que, grâce à ces dernières qui sont immédiatement vraies, on peut fonder une connaissance vraie et certaine qui s'applique au monde. En effet, les idées innées assurent, a priori (= avant l'expérience) la correspondance avec le réel. La déduction permettra ensuite de produire une connaissance vraie à condition que l'on suive une méthode rigoureuse. Soit, on pense qu'il n'y a pas d'idées innées et que toutes les idées du monde proviennent de l'expérience et, dans ce cas, on sera obligés d'accepter la limitation de notre connaissance du monde et l'accès à une vérité moins absolue puisque la connaissance produite sera limitée par une appréhension du monde qui est toujours partielle même si notre esprit va tâcher de mettre en forme et d'organiser ce contenu. 

Aussi, soit la vérité est comprise comme une adéquation entre l'être de la chose et l'idée, soit elle est pensée comme une correspondance entre la chose qui apparaît dans l'expérience et les idées présentes dans l'esprit .

La vérité demande des preuves, on parle d'établir la vérité. Ces preuves peuvent être issues de la raison ( l'évidence des premiers principes) ou être des preuves de l'expérience. Les preuves de l'expérience sont plus fragiles car des contre-preuves peuvent les invalider. Les preuves de la raison sont postulées mais indémontrables car il faudrait leur trouver une autre preuve, et ainsi de suite, de manière infinie.

 

La vérité s'oppose à l'erreur : c'est-à-dire ce qui peut être remis en question, qui a fait l'épreuve d'une contre-preuve. On l'oppose aussi au mensonge. La vérité peut donc revêtir un sens plus moral : dire ce qui a eu lieu. Il y a une différence entre savoir la vérité (au sens d'atteindre une connaissance universelle, nécessaire, objective et absolue) et dire la vérité qui signifie rapporter ce que l'on sait ( qui peut être erroné d'ailleurs). Le mensonge n'est pas l'erreur, il désigne la volonté délibérée de dire quelque chose qui n'est pas en accord avec les faits passés (vérité phénoménale) et c'est en ce sens qu'il est condamnable.

 

LES PHILOSOPHES A CONNAITRE SUR LA VERITE

Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes

L'existence de la vérité est un présupposé. Il faut d'abord prouver qu'elle existe avant de se demander où elle se trouve ou si elle atteignable. Il y a un débat sans fin entre ceux qui pensent que l'on peut atteindre la vérité et ceux qui pensent que c'est impossible. Ces deux positions sont intenables. Ceux qui veulent démontrer le vrai doivent à chaque fois démontrer le principe sur lequel ils se fondent, et ce, à l'infini. Ils n'y arrivent donc jamais. Ceux qui pensent que le vrai n'existe pas et que tout est faux, ne peuvent rien affirmer car alors leur affirmation elle-même est fausse. Par conséquent, les deux positions mènent à une impasse.

 

Platon, Ménon

D'où vient le savoir ? Selon Platon, l'humain est plongé dans un monde des apparences qui n'est qu'une pâle copie de la vérité (les Idées), il ne peut donc pas retrouver la vérité des choses dans la simple observation du monde. S'il n'a pas déjà un peu de vérité en lui alors il doit abandonner tout critère du vrai. En fait, selon l'auteur, l'humain est pourvu d'une âme qui quitte le corps à sa mort pour en rejoindre un autre (transmigration ou métempsycose). Lors de cette migration des âmes, et une fois déchargées du poids de la matérialité du corps qui les enchaîne au monde sensible, elles peuvent apercevoir le vrai. Elle en ont une trace au fond d'elle. C'est cette trace que la pratique du dialogue permet de remettre à jour. Cette réminiscence des Formes (= Idées) correspondent à des idées innées. Le chemin vers la vérité est celui qui conduit en dehors des apparences liées au corps et qui permet de hisser vers le soleil des Idées ( métaphore de la caverne) soit au moment du dialogue, soit à la mort du corps.

 

Descartes , Discours de la méthode

Il y a une lumière naturelle en chaque homme selon le philosophe. Si on lui prête attention , on peut retrouver les premiers principes grâce à l'évidence de leur présence en nous. Pour cela, il faut inspecter les préjugés dans lesquels l'esprit est plongé et revenir à la base : les idées innées. La vérité est le résultat d'un double mouvement : la déconstruction des connaissances par le doute méthodique pour en extraire les premiers principes grâce à l'évidence ( il s'agit donc d'une intuition) et la reconstruction du savoir en s'appuyant sur ces premiers principes vrais en utilisant une déduction rigoureuse ( selon les quatre règles de la méthode) et en s'assurant du lien nécessaire entre les savoirs développés.

 

Pascal, Préface au traité du vide

Il existe deux formes de vérité. La vérité au sens faible qui est la vérité phénoménale : cette dernière est  proposée par les sciences ou par les témoins. Dans les sciences, on met à l'épreuve des axiomes qui sont construits à partir d'accord de langage. Par ex : On définit le vide et on se demande si, ainsi défini, il existe ou non.  Les témoins, eux, mettent en évidence la vérité des faits historiques passés dont la seule trace que nous avons est leur témoignage. Ainsi, on doit s'en remettre à leur autorité. Ex : on sait que le premier roi de France a été Clovis parce qu'il en reste des témoignages. Cette vérité phénoménale dépend de l'usage de la raison qui organise les propositions du langage en lien avec  les preuves factuelles. Elle est donc discursive. Il existe aussi une vérité du coeur qui est la vérité essentielle selon l'auteur, elle permet d'atteindre la nature des choses. Cette vérité est celle de la révélation du christianisme et de la connaissance des premiers principes. Elle est intuitive et ne peut pas faire l'objet d'une démonstration.

 

Locke, Essai sur l'entendement humain

Pour l'auteur, il y a une connaissance possible mais celle-ci doit être limitée aux idées que nous possédons sur le monde. Le monde est pourvu de qualités primaires et secondaires. Les qualités primaires définissent la substance des choses en dehors de l'expérience que nous en faisons, elles sont donc hors de notre portée. Ce sont les qualités secondaires qui produisent des idées de sensation dans l'esprit. Ces idées se combinent entre elles et avec des idées de réflexion qui existent hors de l'expérience ( tout changement a une cause). La connaissance est la capacité de combiner les idées entre elles et de les faire concorder entre elles et, en même temps, de les mettre en lien avec la réalité des choses (les qualités secondaires). Une connaissance vraie est possible même si elle est limitée à nos idées et qu'elle ne rend pas compte des choses elles-mêmes dans leurs qualités primaires puisqu'elles sont inaccessibles à la perception et que le matériau de la connaissance est donnée par la perception.

 

Kant, Critique de la raison pure

La raison connaît une dialectique (= une opposition) sans fin qui oppose les partisans d'un empirisme sceptique selon lesquels on ne peut rien connaître et les partisans d'une connaissance des choses en elles-mêmes grâce aux idées innées présentes dans l'esprit, les dogmatiques.  Pour sortir de ce conflit intérieur, il faut proposer une troisième voie. Kant l'appelle la philosophie transcendantale. Certes, on ne peut pas connaître la chose en soi (c'est une illusion transcendantale) car à partir de l'apparence, on ne peut pas retrouver l'essence d'une chose. Kant reconstruit l'objectivité grâce à la combinaison du concept et de la matière sensible (résultat de notre expérience) que le concept va informer  = mettre en forme).

Le philosophe cherche à limiter le champ possible de la raison : elle peut appréhender les phénomènes (qui sont issus de la sensibilité) mais elle ne peut pas atteindre les noumènes (= choses en soi, en dehors des conditions de la sensibilité). C'est à partir des phénomènes qu'elle pourra construire une connaissance. La philosophie va définir les concepts. Cette connaissance n'est pas la vérité en soi mais une tension asymptotique vers ( qui tend indéfiniment vers) la vérité au sens absolu. La philosophie ne connait pas son objet au sens fort mais elle le pense en le décrivant de la manière la plus complète possible.

 

CITATIONS PHILOSOPHIQUES SUR LA VERITE

Pascal, Pensées

« Nous connaissons la vérité non seulement par la raison mais encore par le coeur. C'est de cette dernière sorte que nous connaissons les premiers principes et c'est en vain que le raisonnement, qui n'y a point part, essaie de les combattre. »

 

Russel, Problèmes de philosophie

« Dans un monde purement matériel qui ne contiendrait ni croyance, ni affirmation, il n'y aurait place ni pour le vrai, ni pour le faux. »

Le vrai et le faux sont les corrélatifs (ils existent en relation avec) les croyances. La vérité désigne la conformité d'une croyance ou d'une affirmation avec les faits. La vérité n'existe pas en soi.

 

Locke, Essai sur l'entendement humain

« Partout où l'on perçoit la concordance ou la discordance de certaines idées il y a connaissance certaine, et partout où l'on est sûr que ces idées sont en concordance avec la réalité des choses, il y a connaissance certaine réelle. »

 

LES COUPLES DE NOTION QUI PEUVENT SERVIR A CONSTRUIRE LES PROBLEMATIQUES

Vérité / erreur

Vérité / mensonge

Chose en soi / phénomène

Universel / singulier

Absolu / relatif

Nécessaire / contingent

Certitude / doute

Opinion / savoir

Intuition / déduction

Inné / acquis

 

SUJETS POSSIBLES SUR LA VERITE

Peut-on atteindre la vérité ?

La vérité dépend-elle des idées innées ?

Y a-t-il un chemin de la vérité ?

La science dit-elle la vérité ?

Fin de l'extrait

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