Fiche de révision : La liberté - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : La liberté - Philosophie - Terminale S

Consultez gratuitement cette fiche de révision sur la liberté, au programme de Philosophie de Terminale S.

Dans cette fiche de révision, notre professeur vous donne les notions à maîtriser, ainsi que les philosophes à connaître. Vous verrez également quelques citations à connaître sur la liberté, puis des exemples de sujets sur la liberté.

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Fiche de révision : La liberté - Philosophie - Terminale S

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Notions à maîtriser

La définition que l'on a spontanément de la liberté est l'idée de faire tout ce que l'on veut mais on se rend vite compte que ça ne fonctionne pas. Si l'on fait tout ce que l'on veut, sans limite, on peut nuire aux autres qui, eux-mêmes, ne pourront pas faire tout ce qu'ils veulent, et ainsi de suite ... 

La liberté n'est donc pas indifférente, au sens où elle permettrait de prendre des chemins différents avec une égale détermination. C'est le fameux âne de Buridan qui a également faim et soif, mais pas un petit peu plus l'un que l'autre. Qu'est-ce qui lui arrive ? Il ne peut pas choisir, il meurt de faim et de soif. Le choix n'est donc pas un absolu, il a besoin d'être orienté, d'être motivé. 

C'est là que l'on risque la contradiction : il faudrait déterminer son choix. Or, le mot détermination semble faire mauvais ménage avec celui de liberté. L'acte gratuit serait l'incarnation même de l'acte libre : un acte sans aucun but et sans aucune motivation. Lafcadio, le personnage des Caves du Vatican de Gide, s'est essayé à cette entreprise, sans succès. Alors qu'il décide de tuer quelqu'un dans le wagon d'un train en le jetant à l'extérieur du train en marche, sans aucune motivation apparente si ce n'est de se prouver l'existence d'un acte gratuit (ce qui est déjà une motivation !), il ne pourra pas prendre une décision seul, il lui faudra s'en remettre à un élément extérieur qui pourra conditionner le passage à l'acte : l'apparition d'un feu dans la nuit. 

L'expérience est claire : l'acte pur n'est pas possible, il faut des motivations pour agir mais ces motivations nous appartiennent plus ou moins, elles dépendant plus ou moins de notre volonté.

S'il n'y a pas d'actes ou de choix sans contraintes, tout n'est pas soumis à une pure nécessité extérieure. On peut être à l'origine de ce qui va conditionner la volonté et le choix et être le principe interne de la nécessité. Ce qui veut dire que tout n'est pas déterminé de manière extérieure à notre volonté mais que l'on peut influencer le cours du monde et des choses. Cela est possible dans le mesure où l'humain est inscrit dans un monde de contingence justement : c'est-à-dire un monde dans lequel une chose peut arriver ou ne pas arriver, tout dépendra des décisions prises ou du hasard de la convergence des causes vers cet événement. Si l'on part du principe que tout est absolument déterminé et qu'il n'y a pas de contingence dans le monde, alors on prend le risque de tomber dans « l'argument paresseux » : tout est déjà écrit, je n'ai donc rien à choisir et je laisse faire les choses telles qu'elles sont.

A côté d'une définition métaphysique de la liberté qui serait un absolu inconditionné, il existe une liberté morale et politique qui peut organiser le vivre ensemble selon le principe de l'autonomie. Si l'humain est capable de se donner la règle qui le fera agir, il ne sera pas seulement indépendant, il se donnera son propre principe d'existence. Il aura donc une liberté au sens fort d'être la cause de soi-même. Il y a donc bien une détermination mais cette dernière est produite par soi-même. Il va donc devoir trouver les règles qui vont guider son comportement de telle sorte que ce soit compatible avec les autres et ainsi édicter des lois qui vont garantir cette liberté politique. Les lois ne sont donc plus une entrave à la liberté (qui est en fait indépendance) mais elles deviennent la garantie de la liberté.

La liberté est aussi la condition de toute responsabilité. En qualité d'être raisonnable, l'humain a le pouvoir d'effectuer des choix dont il est le seul principe et, en cela, il doit en assumer les conséquences. Cette responsabilité peut être nuancée selon les situations et les profils. C'est le rôle du tribunal d'en définir les limites.


Les auteurs à connaître 

Epictète, Manuel

Pour être libre selon le philosophe, il faut savoir distinguer correctement ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. On perdrait son temps à vouloir influencer la météo ou l'héritage que l'on va recevoir de notre famille : il n'y a aucune prise sur ces éléments extérieurs à la volonté. En revanche, on a toute latitude d'agir sur les choses qui dépendent de nous et c'est ici que se situe notre potentielle liberté et, par suite, notre bonheur. Il y a des décisions qui ne relèvent que de soi, ce sont ces décisions qu'il faut influencer.


Descartes, Discours de la méthode

Descartes distingue plusieurs degrés de liberté. Pour lui, la liberté d'indifférence est le plus bas degré de la liberté (je suis également déterminé vers une chose et vers une autre : l'âne de Buridan). La liberté d'indifférence est le libre déploiement de la volonté, sans aucune limite. En effet, la volonté est infinie mais elle présente peu d'intérêt comme telle.

Le libre-arbitre au contraire, est la capacité à limiter sa volonté et à la contenir dans les limites des connaissances que l'on possède (qui, elles, sont toujours limitées), un choix libre selon le philosophe est un choix éclairé, c'est la capacité à prendre une décision en l'état des connaissances que l'on possède.


Rousseau, Contrat social

L'obéissance n'est pas en contradiction avec la liberté. Dans le domaine politique, ce qui est important c'est qu'un peuple obéisse à une loi qui exprime la volonté générale et non la volonté de chacun de ses membres. La volonté générale est ce qui pourrait s'exprimer en chacun en accord avec les autres, ce qui délimiterait une liberté en faveur de tous. La volonté générale est donc le gage de la liberté, elle définit une forme d'autonomie possible. C'est bien parce que l'on obéit à la loi qu'on s'est donné en obéissant aux lois issues du contrat social que l'on peut dire que l'on est libres sous la coupe de la loi. C'est une libre détermination, on est à l'origine même de la règle que l'on s'impose. C'est précisément la vocation de la démocratie.


Kant, Critique de la raison pratique

L'indépendance est une définition faible de la liberté. Kant suit Rousseau dans l'idée que l'autonomie a un sens plus fort : elle permet l'inconditionnement. Comme je suis conditionné par moi-même, je n'ai aucun principe extérieur à moi. Dans le domaine de la morale, il faut donc trouver en soi un principe qui puisse conditionner mon action sans élément extérieur.  Kant trouve dans la loi morale ce principe de libre détermination. Cette dernière est inscrite dans la raison humaine et elle lui dicte un agir qui est universel, en cela il est compatible avec toute volonté. Aussi, l'autonomie morale consiste à suivre la loi morale qui est la condition de la liberté.


Bergson, Essais sur les données immédiates de la conscience

Bergson s'interroge sur la place de la liberté dans la succession temporelle. Une cause entraîne une autre cause et cette linéarité du devenir rend difficile l'inscription d'un acte libre dans le monde tel qu'il est généralement pensé. On peut difficilement sortir de la série des causes. Pour pouvoir saisir le sens d'un acte libre selon Bergson, il faut sortir de la succession temporelle et considérer son moi propre, ce qui fait ce que l'on est non pas instant après instant mais dans toute son expression. Malgré le temps et les changements, ce moi ne cesse de nous appartenir en entier, et ce sont les actes qui émanent de ce moi, qui nous appartient toujours en entier en dehors de la succession temporelle, qui sont proprement libres. L'acte qui porte la marque de notre personne est véritablement libre car notre moi seul peut en revendiquer la paternité.


Sartre, L'Être et le néant

La liberté est un fardeau selon Sartre, on est obligés d'être libre, on n'a pas le choix. Certains se défilent et font comme s'ils subissaient les choses mais ils se mentent à eux-mêmes. Je suis responsable de tout ce qui m'arrive malgré moi au sens où personne n'a décidé à ma place ce que je ressens, ce que je vis et ce que je suis. C'est en ce sens que Sartre utilise l'antithèse suivante : « L’homme est condamné à être libre ». C'est un fait et non un horizon à atteindre.


Citations

Epictète, Manuel

« Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres, sans empêchement, sans entrave ; celles qui ne dépendent pas de nous sont fragiles, serves, facilement empêchées, propres à autrui. »


Spinoza, Lettre VII

« Cette chose est libre qui existe et agit par la seule nécessité de sa nature, et contrainte, cette chose qui est déterminée par une autre à exister et à agir selon une modalité précisée et déterminée. »


Rousseau, Du contrat social, I,4

« Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs. Il n'y a nul dédommagement possible pour qui renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l'homme, et c'est ôter toute moralité à ses actions que d'ôter toute liberté à sa volonté. »


Lettres écrites de la montagne, 8ème lettre

« Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d'autres, et cela ne s'appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à n'être pas soumis à celle d'autrui. »


Nietzsche, Le crépuscule des idôles

« Les hommes n'ont été présentés comme « libres » que pour pouvoir être jugés, punis, pour pouvoir être coupables : il était donc indispensable de concevoir toute action comme voulue et de concevoir toute action comme prenant son origine dans la conscience. »


Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience

« Nous sommes libres quand nos actes émanent de notre personnalité entière, quand ils l'expriment, quand ils ont avec elle cette indéfinissable ressemblance qu'on trouve parfois entre l'œuvre et l'artiste. »


Sartre, L'Être et le néant

« L'homme, étant condamné à être libre, porte le poids du monde tout entier sur les épaules : il est responsable du monde et de lui-même en tant que manière d'être. »


Les couples de notions qui peuvent servir à construire les problématiques 

Nécessité / contingence

Libre-arbitre / déterminisme

Responsabilité / innocence

Indépendance / autonomie

Libre-détermination / fatalité

Libération / aliénation

Choix / contrainte


Sujets possibles 

Être libre est-ce faire ce que l'on veut ?

Ma liberté s'arrête-t-elle là où commence celle d'autrui ?

Peut-on perdre sa liberté ?

Obéir, est-ce renoncer à sa liberté ?

Fin de l'extrait

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