Fiche de révision : la Justice et le Droit - Philosophie - Terminale S

Fiche de révision : la Justice et le Droit - Philosophie - Terminale S

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Fiche de révision : la Justice et le Droit - Philosophie - Terminale S

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Notions à maîtriser 

La justice est d'abord un sentiment subjectif qui évalue le caractère légitime ou non d'un événement. Cette justice spontanée est précaire et elle peut varier d'un individu à l'autre, d'une culture à l'autre. Pour fonder la justice, la rendre plus objective, il faut l'assoir sur un ensemble de droits qui sont conférés aux individus dans une société et, s'ils sont bafoués, traduisent une situation objective d'injustice (par rapport à cette norme du droit). La justice a donc un référentiel et peut s'interpréter de manière plus sûre qu'un simple sentiment d'injustice. La justice ne possède pas de force en elle-même, elle n'est pas immédiatement contraignante puisqu'elle n'est qu'un étalon. Elle a donc besoin de l'appui de la force. Pourtant, la force, laissée à elle-même, est parfaitement arbitraire. Elle agit aveuglément tant qu'elle domine. Il faut donc que cette force soit au service de la seule justice. Les lois, et le système de sanction coercitivequi les accompagnent, apporteront la force nécessaire à une effectivité (une existence dans la réalité) de la justice.

Si la justice a comme étalon le droit et comme force la loi, il faut se demander ce qui est à la source du droit et ce qui en légitime à la possession. C'est une façon de déterminer quels sont les droits légitimes et quels sont ceux qui sont possiblement nuisibles pour la société. Soit on pense que les droits sont définis par ce que la loi autorise ou non dans une société et dans ce cas-là ils sont variables selon les pays et les systèmes politiques. Dans ce cas, le droit est de source positive : ce que la loi permet. Soit on pense qu'il existe des droits universels qui peuvent valoir pour tous et qui s'imposent à l'ensemble de l'humanité : c'est l'ambition de la déclaration universelle des droits de l'homme. Dans ce cas, les droits sont inscrits dans la nature humaine et leur source est naturelle, elle précède toute société et tout système politique. Selon ces deux perspectives, on pourra affirmer soit que la justice est une justice d'institution et qu'elle correspond à l'application correcte de la loi, soit que la justice est naturelle et qu'elle est la capacité des lois à traduire des droits inscrits en chaque humain. Il peut donc y avoir une continuité ou une rupture entre les droits naturels et les droits positifs (institués). Dans cette perspective, la légalité n'est pas toujours en accord avec le droit. Ce qui signifie que les lois peuvent aller à l'encontre des droits naturels. Dans ce cas, la question est de savoir si l'on peut légitimer un droit de résistance, et ainsi, entrer en opposition avec l'organe censé faire régner la justice. Si le droit, c'est la loi alors il y a une contradiction dans le droit de résistance. En revanche, si le droit c'est la justice naturelle alors il existe un repère qui permet d'évaluer les lois et de ne refuser de s'y soumettre si elles sont en contradiction avec les droits naturels.

 

La question de la justice sociale est aussi marquée par ce débat entre droits naturels et droits positifs. Elle s'interroge sur l'équité. Quelle juste répartition des biens et des honneurs peut-on faire dans une société ? Est-ce que tout le monde doit avoir la même chose ? Est-ce que chacun doit avoir son dû ? Est-ce que l'égalité des chances au départ est assurée ? Qui a droit à quoi ?

 

Le droit de vengeance est une contradiction dans les termes : sous couvert de vouloir se faire soi-même justice, les règles sont bafouées et le règne de la subjectivité vient rendre encore plus incertaines les relations. Il faut un référent objectif pour évaluer un délit ou un crime et en mesurer la peine pour que l'injustice ne se perpétue pas indéfiniment. 

 

Les philosophes à connaître 

Platon, Gorgias

Platon se pose la question suivante : qu'est-ce qui est préférable entre commettre la justice ou la subir ? Généralement, on a tendance à penser que l’homme qui fait tout ce qu’il désire ne peut être qu’heureux Au contraire, Socrate va soutenir que commettre l’injustice, ce n’est pas seulement nuire à autrui, c’est se nuire à soi-même. Et il n’y a pas de pire mal que celui qu’on fait à son âme.

Pour Calliclès, la vraie justice est la loi du plus fort.  La justice des lois n’est pour lui qu’une convention sociale contre nature, inventée par les faibles pour soumettre les forts. Socrate, lui, soutient que la justice, fondée sur la raison, est un principe d’ordre et d’harmonie. Elle exige que chacun soit à sa place, accomplisse la tâche qui lui est propre, afin de participer au bien du tout. L’homme juste n’est donc pas celui qui écrase les autres pour satisfaire ses désirs, mais celui en qui la raison contrôle les passions et qui agit en vue de l’intérêt commun.

 

Pascal, Pensées

La force est aveugle, elle n'a pas de référence idéale. Elle l'emporte tant qu'elle ne trouve pas une force plus importante. C'est donc elle qui conduit la logique du tyran. La justice, au contraire, a un horizon idéal : faire vivre le juste mais cet objectif n'a aucune capacité de contrainte. Ce qui signifie que sans la force, la justice est impuissante. Elle a besoin d'une force coercitive pour s'imposer. La force elle, pour sortir de sa tyrannie, doit se référer à la justice. Les sociétés ont échoué dans l'entreprise de rendre la justice plus forte, il est plus aisé de rendre la force juste mais c'est une inversion de valeurs.

 

Rousseau, Du contrat social

La force n'est pas un bon principe de gouvernance puisqu'on peut toujours trouver plus fort que soi. Celui qui se fait obéir seulement par la crainte qu'il impose du fait de sa force, cessera d'être obéi dès que l'autre se montrera plus fort. Dans un état civil, il faut donc opérer une conversion. La force devient un droit, ce qui signifie que le souverain va garantir à chacun une certaine protection et, l'obéissance devient un devoir, ce qui veut dire que les citoyens vont accepter la contrainte non pas par crainte mais par reconnaissance d'un intérêt commun : la jouissance des droits. C'est ce qui constitue la justice du système social.

 

Hegel, Principes de la philosophie du droit

A la question de savoir si la vengeance est un droit, Hegel répond de manière négative. En effet, la vengeance fait référence à une forme de justice selon laquelle on va obtenir réparation en équilibrant la situation. C'est la fameuse loi du Talion « Œil pour œil, dent pour dent. »  Or, les représailles utilisées pour opérer cette vengeance sont l'action d'une volonté subjective et elles n'expriment pas la volonté universelle d'un tribunal. L'absence de bonne mesure dans les représailles peut mener à une nouvelle violation du droit, c'est pour cette raison qu'elles risquent d'entraîner une nouvelle vengeance. Le crime doit être puni comme une violation du droit en général par un tribunal qui applique le droit et non comme une atteinte à une personne ou un groupe en particulier réglée de manière subjective et hasardeuse.

 

Rawls, Théorie de la justice

Le philosophe tente de mettre en place une théorie de la justice comme équité. Pour cela, il fait émerger deux principes fondamentaux qui doivent réussir à faire coexister à la fois un esprit de liberté important mais aussi la possibilité pour chacun d'accéder à des places sociales variées quel que soit le milieu social d'où il provient. Ces deux principes sont les suivants : tout d'abord, il faut favoriser un maximum de libertés compatibles avec les libertés d'autrui. Ensuite, on ne peut pas éradiquer les inégalités sociales mais on peut faire en sorte de les organiser de manière équitable :  elles doivent être à l'avantage de chacun (le moins bien placé socialement est dans une meilleure situation que dans tout autre système possible) et les positions sociales doivent être ouvertes (je peux changer de milieu social).

 

Citations

Platon, Gorgias

« La justice consiste en ce que le meilleur ait plus que le moins bon et le plus fort plus que le moins fort. »

 

Pascal, Pensées

« Il est juste que ce qui est juste soit suivi ; il est nécessaire que ce qui est plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. »

 

Rousseau, Du contrat social

« Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. »

 

Hegel, Principes de la philosophie du droit

« La force et la violence sont d'autant plus menaçantes qu'elles s'appuient sur la passion spontanée de justice. Tel est le cas du sentiment de vengeance qui, même quand il se donne l'allure de la justice (œil pour œil, dent pour dent) est, dans sa logique, négation de la justice. »

 

Alain, Quatre vingt un chapitres

« Rendre justice, c'est juger.  Peser des raisons, non des forces. La première justice est donc une investigation d'esprit et un examen des raisons. »

 

Les couples de notion qui peuvent servir à constuire les problématiques 

Droit naturel / droit civil

Droit / force

Légalité / légitimité

Droit / loi  

Vengeance / punition

Justice / équité

Subjectivité de la justice / objectivité du droit

 

Sujets possibles 

Vaut-il mieux subir l'injustice plutôt que la commettre ?

Faut-il obéir à une loi injustice ?

La vengeance est-elle un droit ?

Suffit-il d'obéir à la loi pour être juste ?

Fin de l'extrait

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