Dissertation de Philosophie, Le vivant - Philosophie - Terminale S

Dissertation de Philosophie, Le vivant - Philosophie - Terminale S

Voici un exemple de dissertation de Philosophie sur le thème du vivant, pour le Bac S.

Le sujet est : "L'être humain est-il un animal comme les autres ?". Entrainez-vous pour le Bac de Philosophie !

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Dissertation de Philosophie, Le vivant - Philosophie - Terminale S

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SUJET : L’ETRE HUMAIN EST-IL UN ANIMAL COMME LES AUTRES?

 

L’homme est un être doué de raison, de facultés intellectuelles particulièrement développé, c’est ce qui le distinguerait essentiellement de l’animal voué à ses instincts et aux seuls lois de la nature.

D’une certaine manière toute l’histoire culturelle des peuples et des civilisations peut s’envisager comme la volonté de vérifier cette assertion. Pourtant au sein même de cette histoire certaines voies se sont fait entendre afin de s’opposer à une telle propension des hommes à s’enorgueillir des leurs dispositions mentales.

Il ne s’agit pas tant ici de discuter de la potentielle raison de la race animale que de rattacher la race humaine aux caractères primitifs dont on revêt communément la première.

Sous le fatras culturel, l’intelligence et l’évolution de l’humain, comme celles de n’importe quel animal, trouveraient leurs racines dans leur nature biologique. 

Les enjeux de la problématique d’une assimilation de l’être humain à l’animal seront ainsi de trois ordres :

- Considérer de plus près les mécanismes de la pensée humaine et juger de leurs corrélations avec l’organisme du vivant.

 

- Voir dans quelles mesures les prédicats de l’âme ou encore de l’essence divine sont susceptibles d’échapper aux catégories proprement animales de l’être humain.

 

- Envisager que c’est précisément à travers les dominations primitives de l’être, telles que les pulsions, que l’homme est destiné à embrasser sa condition animale tout autant qu’à la dépasser.

 

A travers son étude biologique l’être humain est renvoyé à des considérations purement organiques et empiriques. Saisis dans la radicalité de ces acceptions, ses comportements et ses attitudes prennent alors l’apparence d’automatisme et de mécanismes. Et la qualification de sa spiritualité confine alors à un aspect illusoire de sa constitution.

Dans cette perspective les processus de réflexion sont rabattus sur le mécanisme de causalité de l’organisme. Une pensée se développerait sur le principe de la relation de cause à effet ou conséquence. Les informations qu’elle articule ne diffèrent pas de celles que traite, par exemple, une main brulée qui exprime un mouvement de recul et cherche ensuite à se réfugier sous une eau apaisante.  

La culture voudrait ainsi affubler de diverses subtilités et complexités un mouvement de pensée par nature des plus primitifs. La raison humaine ne poursuit donc aucune autre fin que celle de la préservation de l’espèce et de son interaction avec l’écosystème qui l’entoure. 

Pour Julien Jean Offray de La Mettrie l’homme ne serait ainsi qu’un animal, supérieur sans doute, et la pensée le produit d’un organe, le cerveau, qui ne se distingue des autres que par la diversité de son organisation. 

La Mettrie pousse même l’analogie jusqu’à la machine : « le corps humain est une horloge, mais immense, et construite avec tant d'artifice et d'habilité, que si la roue qui sert à marquer les secondes, vient à s'arrêter ; celle des minutes tourne et va toujours son train ». On peut donc penser, dans la continuité de LaMettrie, que si une supériorité de l’homme est encore être posée celle-ci ne provient somme toute que d’une mécanique de substitution organique. Chez l’homme, le cerveau prend le relais d’autres organes peu ou prou en proie à des déficiences. 

Plus en avant encore, avec Charles Darwin et sa théorie de l’évolution, l’intelligence humaine perd même d’une certaine manière son statut de supériorité organique. Etudiant les transformations génétiques et morphologiques de différentes espèces animales dans le temps, Darwin entend dire que celles ne sont le fait que d’une « sélection naturelle » dont n’est pas exempt le hasard. 

Dans cette configuration l’homme aurait ainsi développé des caractéristiques qui se révèlent pour l’heure bénéfiques à sa conservation. On peut alors émettre l’hypothèse, dans la continuité du propos de Darwin, que le cerveau n’est que l’une de ces propriétés naturelles que l’espèce maintient «  pour peu qu’elles soient à quelques degrés utiles et avantageuses à ces membres». L’intelligence de l’humain n’est alors peut-être que l’instrument temporaire de son adaptabilité et de sa conservation, et n’augure donc en rien de sa supériorité en soi.

Il est de notoriété publique que la théorie évolutionniste de Darwin est de plus en plus remise en question par les scientifiques contemporains. Mais déjà, dans le champ de la philosophie, se dessine certaines conceptions de l’homme qui se refusent à réduire celui-ci à ses seuls attributs biologiques quand bien même ceux-ci incluraient les mécanismes du cerveau. 

 

La notion d’âme ne relève pas uniquement de la terminologie religieuse. Dès les philosophes de la Grèce antique la question du vivant se pense au voisinage de celle-ci

Aristote, par exemple, s’intéressait de près au corps humain à travers des études que l’on pourrait assimiler aux prémisses de la discipline scientifique de la biologie. Sans se rapporter expressément à la croyance en une essence divine, Aristote percevait une connaissance de l’âme au cœur même de l’organisation et des mécanismes du corps humain. 

 Ainsi disait t-il, « si l’on a besoin d’une formule qui s’applique en commun à toute âme, ce sera : la réalisation première d’un corps naturel pourvu d’organes ». Ce que pressent Aristote c’est l’existence d’une substance qui anime le corps humain, et qui est la vie elle-même. 

Une « substance qui anime », c’est là l’étymologie même du mot « âme » qui provient du latin « ănÄ­ma » et qui signifie « souffle vital ». Le corps naturel n’est pas une simple mécanique ; ce qui le meut et l’anime ce n’est pas la simple réaction organique à des stimuli de l’écosystème, c’est cette « réalisation première » qu’est l’expérience de la vie elle-même.

Que l’on en pourvoit ou non le genre animal, l’expérience de notre corps d’humain révèle la présence en son sein de cet ordre qui ne répond pas seulement aux injonctions des contingences organiques. 

Cet ordre, qu’on le nomme raison, intelligence, âme, ou encore essence divine, ne se réduit pas aux opérations psychiques de notre cerveau ou de tous les autres organes de notre corps. Il est une puissance vers laquelle ceux-là tendent ; il est cette force d’arrachement de notre être à sa dimension purement biologique. 

L’homme n’est pas un animal comme les autres, non pas du fait d’une intelligence supérieure, ou prétendument supérieure, mais par la conscience qu’il a de lui-même, par la conscience qu’il a des conditions de son existence. 

Comme les autres animaux il procède par opérations intelligibles, par pulsions et par instincts dans son interrelation au monde, mais chez lui c’est ceux-là même qui finissent par faire l’objet de préoccupations vitales. Plus que la réflexion, c’est l’interrogation qui fait l’essence de l’être humain, et par ailleurs l’ambition de l’investigation philosophique. 

Pierre Teilhard de Chardin disait à ce propos que « quand pour la première fois, dans un vivant, l'instinct s'est aperçu au miroir de lui-même, c'est le Monde tout entier qui a fait un pas ». Autrement dit l’instinct premier de l’homme, s’il est permis de le nommer ainsi, c’est de faire retour, de percevoir, d’interroger, ses instincts. 

 

Ainsi se fait jour l’idée selon laquelle si l’homme n’est pas un animal comme les autres c’est paradoxalement par le biais de dispositions naturelles qui le ramènent à sa condition d’animal. L’homme serait un animal, mais pas comme les autres.

C’est ce caractère d’indétermination de la nature humaine qui est au principe des travaux du physiologiste Claude Bernard. En effet les procédures de la médecine expérimentale qu’il a fondé retracent, dans leur portée philosophique, la dialectique de l’âme et du corps, de l’esprit et du sensible, de l’intelligence et de l’instinct, qui tiraille la nature humaine.

Bernard travaille, de par sa fonction, sur la biologie du corps humain, mais plutôt que d’en penser la dimension mécanique il guette en son sein l’apparition du nouveau. Le principe de la relation de la cause à l’effet n’y est plus le tout du fonctionnement de l’être humain, il se fait simplement procédé expérimental. 

Par l’hypothèse, notion centrale de ses expériences, Bernard n’entreprend que de donner de potentielles causes et effets à partir desquels travailler. Une telle démarche laisse entendre qu’il pourrait exister un ordre transcendant des phénomènes qui ne réponde pas nécessairement aux lois naturelles jusqu’ici répertoriées. L’hypothèse c’est en quelque sorte, pour rester dans la problématique du sujet,  la recherche de l’ ănÄ­ma, du souffle vital, d’une raison supérieure.

Mais loin de souscrire par ses études à un paradigme idéaliste, Bernard ne cesse de réinscrire lesdites hypothèses dans l’expérimentation empirique. Il alterne ainsi entre sensible et rationalité de la nature du vivant. Avec lui l’organique n’est jamais tout à fait désengagé du spirituel, et la raison ne vaut qu’en tant qu’elle puisse s’incarner.

Il était intéressant de se rapporter à un scientifique afin de comprendre comment la dimension biologique même de l’homme n’exclut pas d’emblée sa dimension spiritualiste. Ce n’est pas qu’à travers le champ propre de la philosophie et de sa notion d’âme qu’il est possible d’en attenter à ce dualisme de l’homme et de l’animal. 

La biologie de Bernard a pour elle de traiter, pour ainsi dire, de l’animalité de l’homme en tenant compte de l’observateur même de celle-ci, c’est-à-dire de l’homme spirituel. C’est là l’un des sens possibles de l’étape de l’hypothèse chez Bernard.  

Autrement dit Bernard réalise par la science cet instinct qui s’aperçoit « au miroir de lui-même » dont parlait Teilhard de Chardin. Et si l’on estime spécieuse une interprétation de la médecine expérimentale comme mise en abyme des conditions de celle-ci, on se rappellera alors ces mots de Bernard : « on donne généralement le nom de découverte à la connaissance d’un fait nouveau ; mais je pense que c’est l’idée qui se rattache au fait découvert qui constitue en réalité la découverte ».

 

L’homme est un animal parce que l’essentiel de son existence est régi par le dispositif organique de sa nature.

L’homme est un animal parce que son intelligence n’est que le fruit de la complexité des articulations dudit dispositif, et tout particulièrement de l’organe du cerveau. 

L’homme est un animal parce que le souffle vital qui l’anime ne semble pas nécessairement faire défaut à l’animal.

L’homme est un animal mais un animal pas comme les autres parce qu’il a une conscience, parce qu’il se fait l’observateur de son dispositif organique autant qu’il en est le possesseur. C’est cette propension de l’homme à faire retour sur l’expérience même de son existence qui fait sans doute toute la richesse et la diversité de sa culture.  

Fin de l'extrait

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