Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Métropole 2016

Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Métropole 2016

Nous vous proposons le corrigé du sujet 3 de Philosophie du Bac S 2016.

Notre professeur de philo a rédigé pour vous la correction de l'explication de texte de Machiavel, 3ème sujet de l'épreuve de Philosophie du Bac S 2016. Vous pourrez ainsi facilement comprendre ce qui était attendu de vous.

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Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Métropole 2016

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SUJET 3 : TEXTE DE MACHIAVEL

PRESENTATION GENERALE/ ENJEUX

Ce texte de Machiavel s'intéresse à la vie collective dans une Cité et aux pouvoirs des humains sur leur destinée. Il fait donc référence au chapitre sur la politique et à la question de la liberté mais aussi à la possibilité de s'organiser en société pour s'assurer sa conservation.

Il questionne la Fortune qui définit ce qui ne dépend pas de nous et sur laquelle, a priori, nous n'avons pas de pouvoir et en tire deux voies de réflexion : est-ce qu'on a un pouvoir sur la Fortune ? Et est-ce que la Fortune gouverne l'ensemble des actions des humains ? C'est dans le libre arbitre qu'il trouve la solution : tout d'abord, la fortune ne gouverne que la moitié de nos actions et tout le reste est en notre pouvoir. Et ensuite, et c'est là toute l'originalité de la pensée de Machiavel, nous avons un pouvoir sur la Fortune si nous sommes capables de l'anticiper et de la faire tourner en notre faveur.


INTRODUCTION

Ce texte est extrait du Prince de Machiavel. Il s'interroge sur la vie en société et sur les conditions pour assurer la conservation d'un peuple. Il constate qu'il y a des événements sur lesquels les humains n'ont pas de pouvoir : ce qui ne dépend par d'eux et il les oppose à ce qui en dépend. Il y a donc deux réflexions à envisager : comment réagir face à ce qui ne dépend pas de nous ? ( la nécessité extérieure) et comment agir sur ce qui dépend de nous ( la nécessité intérieure). Il y a deux moyens d'action collective qui correspondent à deux façons de conduire la politique qui gouverne une société.

En ce sens, la problématique du texte est la suivante : En quoi notre libre arbitre peut-il décider dans le sens de notre conservation y compris quand son objet ne dépend pas de lui mais de la nécessité extérieure ?

On peut découper ce texte en trois temps qui correspondent aux paragraphes. Tout d'abord, Machiavel rappelle qu'il y a des événements qui ne dépendent pas de nous et que nous subissons mais face auxquels on n'est pourtant pas impuissants. Ensuite, Il montre que le libre-arbitre a toute latitude sur les choses qui dépendent de lui et que, en dehors de la Fortune, il peut agir. Enfin, il affirme que le libre-arbitre a même un certain pouvoir sur la Fortune, il est capable de l'anticiper et, par là-même, d'en minimiser les effets.


DEVELOPPEMENT

I. La fortune définit une forme de fatum pour l'humain mais elle a trop souvent faire croire à ces derniers qu'ils étaient impuissants

  • Constat de départ : on ne peut pas ignorer que certaines choses ne dépendent pas de nous et que nous sommes impuissants pour les faire advenir ou non. Tous les efforts de connaissance et tous les savoirs possédés ne suffiraient pas à les maîtriser. Exemple : on ne peut pas empêcher un tremblement de terre et les dégâts qu'il provoque.

  • Ce constat entraîne à penser que l'on est parfaitement impuissant face à certains événements et que l'on ne peut que les constater passivement et en subir fatalement les conséquences. C'est l'argument stoïcien du « Fatum » ( le destin ) ou argument paresseux. Comme cela ne dépend pas de nous, on ne peut rien faire et l'on ne peut que subir.

 


II) Le libre-arbitre peut déterminer au moins la moitié de nos actions, en dehors de la Fortune il y a donc une grande capacité d'action et de changement

  • Si tout était conditionné par ce fatum, dans l'hypothèse d'un déterminisme absolu, alors il n'y aurait plus de libre-arbitre. C'est l'écueil qu'a mis en évidence St Augustin dans La Cité de Dieu. Pour sauver le libre-arbitre, il est nécessaire de montrer qu'il y a des choses sur lesquelles l'humain a un pouvoir et pour lequel ses choix auront un impact. Il faut donc le ramener à sa responsabilité dans la conduite de sa vie individuelle et collective. Pour sauver le libre-arbitre, Machiavel postule ( de manière arbitraire d'ailleurs) qu'il y a au moins la moitié de nos actions qui sont en notre pouvoir et pour lesquelles nous pouvons en orienter significativement les retombées.

  • Il reprend ainsi l'idée d'Epictète dans son Manuel qui délimite les choses sur lesquelles on peut agir ( ce qui dépend de nous) et qui sont en notre pouvoir pour atteindre le bonheur, et celles sur lesquelles nous n'avons pas la possibilité d'agir ( qui ne dépendent pas de nous).

  • Machiavel utilise une métaphore pour décrire la Fortune. Finalement, ce qu'il y a de pire dans cette dernière, c'est la crainte qu'elle suscite chez les humains et l'immobilisme qu'elle parvient à forcer. Si la Fortune, une fois qu'elle s'abat sur les humains, est presque incontrôlable, on peut cependant en limiter les effets en préparant sa venue. Il y a donc une possible anticipation des dégâts qu'elle peut causer et, de ce fait, elle peut être moins puissante que si les humains n'avaient rien fait. Ces derniers ont donc un rôle à jouer dans le cours des choses y compris dans ce qui ne dépend pas entièrement d'eux.

 


III) La Fortune est d'autant plus forte et ravageuse qu'on la laisse s'épanouir sans réaction

  • A partir du moment où les humains sont passifs face aux nécessités extérieures, ils prennent le risque de subir les événements de plein fouet.

  • La Fortune laissée à elle-même est encore plus forte car elle n'a aucun obstacle pour la contenir

  • Machiavel introduit dans ce dernier temps une des notions clefs de sa philosophie politique : la vertu. Cette attribut politique est précisément la capacité de ceux qui gouvernent et, plus précisément ici du Prince, pour anticiper la Fortune, ne pas rester impuissant face au cours des choses, mais bien plutôt en orienter le sens, en anticiper les risques et mettre en place tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser les dégâts.

 


CONCLUSION

Dans ce texte, Machiavel introduit sa notion clef de vertu qu'il attribuera ensuite au Prince. Certes, il faut distinguer les choses qui dépendent de nous de celles qui n'en dépendent pas dans l'action politique mais il ne faut pas rester impuissant et passif face au cours de choses. Le bon prince est justement celui qui tente de changer le cours de choses et de faire nécessité vertu. Il peut donc grâce à une certaine habilité ménager les pires catastrophes et en limiter le pouvoir destructeur. Par conséquent, le Prince a deux moyens d'action pour assurer la conservation de son peuple : pour la moitié des événements, il peut en déterminer les causes et pour l'autre moitié, grâce à la vertu, il parvient à en minimiser les effets négatifs. Le meilleure Prince est d'abord celui qui sait ménager ce qui ne dépend pas de lui : la menace extérieure, tout en sachant combiner ses stratégies avec de bons choix concernant ce qui dépend de lui. Le bon Prince est celui qui use bien de son libre-arbitre grâce à la possession de la vertu : il sait où agir pour que les choses restent, en partie au moins, sous son contrôle.

Fin de l'extrait

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