Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Liban 2016

Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Liban 2016

Voici le corrigé du sujet 3 de Philosophie du Bac S du Liban 2016.

Le sujet 3 de l'épreuve de Philosophie du Bac S du Liban 2016 est une explication de texte de MILL, De la liberté (1959). Notre professeur de philo a rédigé en détails cette explication de texte de philosophie.

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Corrigé Sujet 3 Philosophie - Bac S Liban 2016

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SUJET N°3 : EXPLICATION DE TEXTE

PRESENTATION

Texte de John Stuart Mill, philosophe anglais du XIXe siècle spécialisé dans les questions politiques. 

Cet extrait regroupe les principales notions relatives au problème que pose le fait, pour les individus, de vivre ensemble : autorité, liberté, individualité, collectivité, loi, opinion, etc. 

Il ne s’agit pas d’un texte complexe à comprendre, et sa seule difficulté peut venir de sa structure qui ne présente pas de plan clairement définit. 


INTRODUCTION

Dans ce texte, extrait de l’essai De la liberté, le philosophe John Stuart Mill aborde le problème des conditions de mise en place des règles de vie en société, dont la détermination doit relever, selon l’auteur, de la priorité chez l’homme. 

Mill explique que si nous n’avons pas trouvé de solution à ce problème essentiel, c’est principalement parce que l’organisation de notre manière de vivre ensemble reste lourdement déterminée par la coutume qui, bien que nous apparaissant souvent comme naturelle, non seulement ne l’est pas nécessairement, mais d’autre part nous empêche d’envisager les choses différemment. 

C’est sur ce dernier point que la thèse de Mill prend toute son importance. En effet la coutume se constitue, par principe, d’habitudes générales, collectives. Elle s’oppose en ce sens à la liberté individuelle.  Or, pour un penseur comme Mill, qui défend un libéralisme radical, l’illusion de l’autorité collective, ou de la majorité, est un problème crucial. 

Pour construire son raisonnement, l’auteur procède en trois temps. Il s’agit d’abord de signaler l’importance de la question des règles en société et l’absence de réponse claire à ce sujet. Ensuite, de montrer que la diversité et la relativité des réponses trouvées jusque-là relèvent d’un impensé dont la cause revient à la coutume. Enfin, de signifier que l’autorité de la coutume réduit à néant toute possibilité d’opposition et de critique. 


PREMIERE PARTIE

« Tout ce qui donne sa valeur à notre existence repose sur les restrictions posées aux actions d’autrui. »

La priorité pour les hommes qui se rassemblent en société est de déterminer l’ensemble des règles auxquelles ils doivent se plier. La formulation employée par Mill met particulièrement l’accent sur l’individualité et la liberté individuelle. Le point de vue adopté n’est pas celui, général, du collectif, mais bien celui de l’individu dans le collectif : mon existence prend son existence à travers les restrictions d’autrui. 


« Il est donc nécessaire d’imposer certaines règles de conduite, par la loi d’abord ; puis, pour les nombreuses questions qui ne sont pas de son ressort, par l’opinion. »

Mill distingue ici deux manières de formuler les règles de vie communes. La première va de soi, appartient au domaine juridique, et par conséquent se rattache à l’autorité de l’Etat. La seconde nous intéresse davantage, puisqu’elle fait intervenir le rôle de l’opinion, qui renvoie dès lors non plus à l’Etat, mais à l’individu : l’individu avec sa liberté individuelle et sa liberté d’opinion. Mill précise bien ici que le champ d’action du juridique ne couvre pas l’ensemble du champ social, d’où la nécessité de l’expression des individualités. 


« Ce que doivent être ces règles est le problème majeur des sociétés humaines. C’est un problème qui n’a pas encore trouvé de solution véritable. »

C’est l’annonce du grand thème du texte, qui amorce la problématique : si l’on considère que les règles de vie en communauté représentent la priorité des sociétés humaines, qu’est-ce qui peut expliquer que l’homme n’ait pas encore trouvé une manière adéquate de les déterminer ? C’est à cette question que Mill tente de répondre dans la deuxième partie. 


DEUXIEME PARTIE

« Il n’y a pas deux époques, voire deux pays, qui l’aient tranché de la même façon ; et la solution adoptée par une époque ou un pays donné a toujours été une source d’étonnement pour les autres. »

Historiquement, on peut se rendre compte qu’il n’existe pas (ou que l’on a pas encore trouvé) de solution unique et pertinente au problème que pose l’établissement de règles de vie en communauté. Ainsi on constate une diversité de modèles et de pratiques dont le degré de différence va jusqu’à provoquer l’incompréhension des individus concernés. La question qui se pose est la suivante : si l’on considère une certaine régularité dans l’espèce humaine, comment se fait-il que demeure une telle relativité dans les règles de conduite ?  


« Pourtant, l’humanité n’a jamais accordé́ à ce problème qu’une attention limitée, comme s’il y avait toujours eu consensus sur la question. »

Pire encore, donc, du fait du caractère primordial du problème, il semble que celui-ci ne se soit jamais véritablement posé : le consensus renvoie à un accord implicite, comme allant de soi mais informulé, voire même impensé. C’est ce qu’il explique dans la phrase suivante : 


« Les règles qui ont cours dans les différents pays sont si évidentes pour leurs habitants qu’elles semblent naturelles. »

Les règles semblent si naturelles aux hommes qu’aucune prise de recul ne paraît possible. Mais, en même temps, il y a ici un paradoxe. En effet, si ces règles sont effectivement naturelles, elles devraient a priori être les mêmes pour tous et partout ; ce qui, si l’on se rapporte à ce qu’écrit Mill plus haut, n’est vraisemblablement pas le cas. Le caractère naturel, inné, relève donc d’une illusion : 


« Cette illusion universelle […] »

Mais qu’est-ce qui est à l’origine de cette illusion ? 


« […] est un exemple de l’influence magique de l’habitude qui (...), non seulement devient une seconde nature, mais se confond constamment avec la première. »

On en vient alors à la thèse de Mill. Si les règles sont partout différentes tout en apparaissant comme naturelles, c’est précisément parce que l’habitude les rend naturelles et font oublier leurs possibles origines. L’artificialité des habitudes, qui recouvre les comportements innés ou prédispositions naturelles des individus va, avec le temps et la répétition, se constituer en nature – mais en tant qu’illusion. Mill a répondu à la question. Ce n’est cependant que dans la troisième partie qu’il va véritablement en soulever les conséquences. 


TROISIEME PARTIE

Dans cette partie, relativement courte (une seule phrase), il s’agit alors de réfléchir à l’influence des habitudes. 

« La coutume, qui neutralise toute critique éventuelle des règles de conduite que l’humanité s’impose à elle-même, est une arme d’autant plus efficace que nul n’éprouve généralement le besoin de la remettre en question, que ce soit collectivement ou individuellement. »

A travers son autorité naturelle, la sommes des habitudes, qui se constitue en coutume, acquiert un aspect universel et immuable : s’il en est ainsi, si l’on à toujours fonctionné comme cela, pourquoi faire autrement ? Pire encore, précise Mill, la question ne se pose même pas, et toute discordance est comme neutralisé dans l’œuf. C’est la raison pour laquelle, finalement, les règles, déléguées ou diluées dans les habitudes, restent de l’ordre de l’impensé : pour prendre la responsabilité de les changer, il faut d’abord commencer par prendre conscience qu’un ordre différent est possible, et donc dépasser l’immuabilité des pratiques. 

Le problème que cela pose est le suivant : la coutume est un instrument collectif ; autrement dit elle est l’expression d’une volonté collective. Mais le collectif, tout particulièrement chez Mill, penseur du libéralisme, s’oppose à la liberté individuelle. Alors non seulement il ne peut y avoir de liberté dans la coutume, dans le sens où elle demande simplement de suivre des habitudes prédéterminées, mais surtout, la coutume n’autorise aucune critique, et donc annule toute possibilité de changement. 

Pour Mill, le dévoilement de l’illusion des habitudes est donc essentiel : la déconstruction du mythe de règles de vie immuables est la condition première à l’expression des libertés individuelles ; liberté à travers laquelle une société, qui n’est pas seulement un ensemble mais une multiplicité d’individualités, pourra assurer son évolution. 

Fin de l'extrait

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