Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Washington 2016

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Découvrez le corrigé du sujet 2 de philosophie du Bac S de Washington 2016.

"Peut-on ne pas admettre la vérité ?" est le deuxième sujet de l'épreuve de philo du Bac S de Washington 2016. Notre professeur de philosophie a rédigé pour vous la correction complète afin que vous puissiez bien comprendre ce qui était attendu de vous pour cette épreuve.

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SUJET 2 : PEUT-ON NE PAS ADMETTRE LA VERITE ?

INTRODUCTION

La vérité est très tôt apparue à l’homme comme un but à atteindre. Fruit de l’activité logique de la raison, elle s’accompagne d’une prétention à l’authenticité que ne possèdent pas les autres formes de connaissances que sont les croyances, les préjugés où les opinions. Mais surtout, la vérité s’inscrit dans un système de lecture du monde à travers lequel elle se justifie elle-même, et par conséquent, ne supporte pas l’incertitude ou l’hésitation. De sorte qu’il est a priori impensable de ne pas l’accepter. 

Pourtant, tout en prétendant, tout au long de son histoire, à la vérité, l’homme ne peut que constater la relativité de ses connaissances, sans cesse remises en question, une vérité faisant place à une autre. 

Alors peut-on refuser la vérité ? Peut-on s’en détourner, notamment lorsqu’elle apparaît comme l’évidence même ? Surtout, le fait de refuser la vérité implique-t-il nécessairement de se tourner vers le mensonge et l’illusion ? 

Pour répondre à cette question, nous verrons d’abord que tout nous incite à accepter la vérité lorsqu’elle se présente. Ensuite, en nous intéressant aux conditions d’accès à ce que nous considérons comme vrai, nous montrerons que les choses ne sont pas aussi simples. Enfin, et par conséquent, nous essaierons de déterminer en quoi la prudence et le doute vis-à-vis de la vérité présumée est peut-être la meilleure attitude à adopter pour l’atteindre. 


PREMIERE PARTIE

• On a coutume d’opposer le vrai à la croyance et aux opinions. Non pas parce que ces dernières sont nécessairement fausses (elles ne le sont pas par nature), mais parce que la preuve de leur véracité n’existe pas. On peut douter d’une croyance ou d’une opinion, du fait de leurs caractères subjectif, sentimentaux, etc. : il est plus difficile, voire impossible, de remettre en cause une vérité démontrée, dont la connaissance se construit elle-même dans un raisonnement objectif et rationnel – autrement dit dont les critères, qui sont ceux de l’esprit, sont universels. Je peux douter de l’opinion d’autrui, car ses motivations ou ses intentions lui sont propres, mais dans le cas d’une vérité, celles-ci nous seront communes. 

• L’engagement de la vérité réside, comme l’explique Aristote, dans une volonté de faire se confondre la pensée et les choses telles qu’elles sont. La vérité prétend à donner une image fidèle de la réalité. Une fois de plus, si notre rapport au monde est subjectif, le monde lui-même est le même pour tous. Et si les principes d’accès à la vérité sont universels (ceux de la raison), alors on ne peut douter de la vérité.

• La vérité n’a pas qu’une portée théorique. Connaître la vérité, c’est-à-dire connaître le réel, permet d’agir sur le monde de manière plus sûre : ne pas faire d’erreur, savoir anticiper les évènements, les phénomènes avec plus de pertinence. Bergson explique que si la vérité n’est pas telle qu’elle une copie ou une reproduction de la réalité, elle permet cependant d’optimiser nos actions dans le monde. 


Transition : mais si la vérité repose sur les principes de la raison, peut-on considérer que ceux-ci sont sans failles ? 


DEUXIEME PARTIE

• Si nous ne doutons pas de nos raisonnements rationnels, c’est en premier lieu parce qu’ils prennent place dans un système de réflexion logique fermé. C’est au fond tout le problème de la démonstration : le raisonnement peut-être certes juste et vrai, mais ses conclusions, d’un point de vue, précisément, du rapport au réel, ne le sont pas toujours. C’est le cas de certains syllogismes. Zénon D’Élée prouve ainsi que l’on peut démontrer des choses absurdes et contradictoires. 

• En outre, tout le problème de la démonstration réside dans le fait qu’elle ne peut pas partir de zéro, et qu’elle se doit de supposer vrais ses axiomes de départ. Ils ne possèdent donc pas la légitimité du vrai. Pour Pascal, le cœur et l’esprit sont deux modes d’accès à la connaissance qui se complètent : le cœur permet de sentir immédiatement, sans raisonnement, les vérités primordiales sur lesquelles la raison construira ses démonstrations. Mais précisément, les données du cœur, indépendantes de l’esprit, ne sont en aucun cas prouvables : elles se révèlent d’elles-mêmes. 


Transition : la vérité repose donc sur une base qui échappe à ses critères. Il est donc raisonnable de ne pas admettre aveuglément la vérité. Mais il faut reconnaitre que cela nous plonge dans une situation problématique : doit-on douter de tout ? Et le cas échéant, que faire de ce doute ? 


TROISIEME PARTIE

• Lorsque Descartes, à son époque, s’emploie à refonder l’ensemble des connaissances, il les remet toutes en doute. C’est qu’il suppose que ses connaissances, qui ont de nombreuses origines (expériences, culture, lectures, opinions, préjugés, etc.), forment des agrégats de données si complexes qu’il est difficile de départager le vrai du faux. Alors le doute se généralise et devient une méthode de travail (doute méthodologique). Autrement dit, Descartes nous montre qu’il y a un potentiel dans l’acte de douter qui participe à la prétention au vrai. 

• Le fait est que l’histoire des connaissances est aussi l’histoire des vérités, davantage que celle de la vérité. Il n’est pas rare, dans l’évolution, qu’avec le progrès des sciences, des vérités présumées soient remplacées par des vérités nouvelles (cf. le cas mémorable de Galilée en astronomie). Il est plus que probable que plus on avance, plus nos connaissances s’affinent et tendent vers le vrai. Peut-être, aussi, que la Vérité est un idéal inaccessible (cf. les relativistes et les sceptiques), mais après tout peu importe. Quoi qu’il en soit, il semble que la fonction de la vérité soit de mettre de l’ordre dans la conception que l’on se fait du monde. Cet ordre peut s’avérer éphémère : cela n’empêche pas l’homme de vivre. Ainsi, si admettre la vérité doit être nécessaire, le contraire l’est aussi : c’est à la fois et successivement par l’adhésion et par le doute que se constitue l’ensemble de nos connaissances. 


CONCLUSION

La vérité, par principe, prend racine dans le doute formulé à l’encontre de préjugés, de croyances et d’opinions qui par leur statut, invitent à la prudence. Cependant, la vérité elle-même, du fait de ses conditions d’accès, peut générer à son tour une certaine forme d’incertitude. 

Aussi peut-on voir le rapport au vrai comme un cercle : le doute pousse à l’investigation, l’investigation apporte une part de vérité, qui sera elle-même remise en doute ; et ainsi de suite. 

Mais ce cercle ne tourne pas en rond. Au contraire, il permet, à chaque fois, de se rapprocher un peu plus de la réalité. Ne pas admettre la vérité apparaît comme une condition même de sa possibilité. 

Fin de l'extrait

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