Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Polynésie 2016

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Polynésie 2016

Voici le corrigé du Sujet 2 de Philosophie du Bac S de Polynésie 2016.

"Puis-je me tromper sur mes droits ?" est le second sujet de Philosophie du Bac S de Polynésie 2016. Entraînez-vous pour l'épreuve finale grâce à la correction de notre professeur de philo.

Téléchargez gratuitement ci-dessous la correction du sujet 2 de Philosophie du Bac S de Polynésie 2016 !
Consultez le sujet de Philosophie du Bac S de Polynésie 2016

Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Polynésie 2016

Le contenu du document



Sujet 2 : Puis-je me tromper sur mes droits ?

Introduction

On peut considérer qu’un individu, et quelle que soit la nature de ses envies, de ses besoins ou de ses désirs, est toujours le mieux placé pour savoir ce qui est le mieux pour lui. Autrement dit, lorsque cela concerne sa personne, il lui est difficile de déléguer la responsabilité de ces choix. Mais notre conscience de nous-même, notre connaissance du monde qui nous entoure sont-elles suffisantes pour déterminer réellement ce que l’on doit faire ? 

A ce problème, la civilisation a répondu par un autre : l’Etat. Pour l’homme vivant en société, en effet, il est nécessaire de penser les actions de chacun en fonction, cette fois-ci, de l’existence des autres. Comme il est mentionné dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, la liberté personnelle se heurte, dans un souci d’égalité, à celle des autres, et « l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits ». Et surtout, il est précisé qu’il appartient à la loi, et seulement elle, de déterminer ces bornes. Mais dans quelles mesures les règles de l’Etat lui-même sont-elles infaillibles ? 

A partir de ce constat, on peut se poser la question de l’importance et la fonction d’une conception imparfaite du droit. La possibilité de se tromper n’est-elle pas la condition même de l’existence des droits ? 

Pour répondre à cette question, nous verrons dans un premier temps que l’homme peut se tromper sur ses droits, et dans un second temps que les déléguer, dans le cadre de la vie en société, à une instance supérieure ou a une majorité, ne représente pas nécessairement une solution idéale. C’est pourquoi, dans un troisième temps, nous montrerons qu’il est peut-être nécessaire de repenser la notion de droit individuel à travers la possibilité de l’erreur. 


Première partie 

Une connaissance relative des conséquences de ses actions peut amener l’homme à se tromper sur ses droits, et il est difficile, sinon impossible, de les connaître avec certitude (cf. par exemple Hume, et l’incapacité de l’homme à déterminer à l’avance l’effet d’une cause). Seule l’expérience pourrait faire en sorte que les erreurs ne se reproduisent pas, mais elle ne les empêche pas ex ante (au préalable). C’est pourquoi, dans le domaine juridique, la jurisprudence est si importante. 

Hobbes explique que l’état de nature, qui est l’état imaginaire de l’homme pré-sociétal, est l’état de « la guerre de tous contre tous », car chaque individu, pour ainsi dire, y fait ce qu’il veut. L’homme est mauvais par nature, et s’il ne se fixe pas de règles, l’insécurité globale dans laquelle il évolue menace jusqu’à sa survie. Dans ces conditions, difficile d’imaginer qu’il ne se trompe pas sur ses droits. Cependant, comme l’écrit Hobbes, c’est parce qu’il se sent menacé, et parce qu’il est doué de raison, que l’homme envisage une sortie de l’état de nature : en optant pour la société, l’organisation de l’Etat, c’est comme si l’homme prenait conscience de son incapacité naturelle à réglementer seul ses propres droits. 


Transition : l’homme seul semble incapable de déterminer ses droits, mais l’Etat peut-il répondre à ce problème ? 


Deuxième partie

L’existence de l’Etat, d’une autorité politique globale, traduit deux choses : une incapacité de l’homme à se gérer individuellement, et parallèlement, la capacité, pour l’Etat, de le faire pour ainsi dire à sa place. C’est ce qu’explique Kant : l’homme est un animal qui a besoin d’un maitre, sans quoi, tout en souhaitant une loi qui limite la liberté des autres, son égoïsme naturel le pousse à la transgresser constamment. Le problème cependant qui se pose est celui de la nature de ce maître : s’il c’est un homme, il se comportera à l’image des autres, et aura besoin à son tour d’un maitre. Autrement dit, l’élaboration des règles reste imparfaite. 

Or, si l’homme se doit d’obéir aux règles imposées, mais que celles-ci sont insuffisantes, la situation est délicate : il peut aussi bien se tromper en désobéissant que se tromper en obéissant. D’autant qu’on peut se poser la question de savoir quel recul l’homme peut avoir sur l’ensemble des règles qui régissent la vie en société. Comme si au-delà des déterminations naturelles, se rajoutaient des déterminations sociales tout aussi inconscientes. Foucault parle ainsi de « biopolitique », qui est une forme d’autorité qui se manifeste non pas dans la loi, mais au travers des normes sociales. 


Transition : la vie en société et la réglementation propre à l’établissement d’un Etat, loin de résoudre le problème du droit, semblent finalement le rendre autrement plus complexe à traiter. L’homme pris individuellement a déjà du mal à déterminer ses droits, mais lorsque la responsabilité de ces-derniers lui échappe en partie, il en perd aussi la conscience. 


Troisième partie

Le droit est une notion complexe. Elle implique d’une part l’individu, d’autre part autrui, mais aussi l’individu à travers autrui (c’est le cas lorsque l’on dit que l’on ne doit pas faire à l’autre ce que l’on ne voudrait pas ce qu’il nous fasse). Il semble évident qu’il ne s’agit pas d’une science parfaite, et que l’erreur en fait pleinement partie. Mais est-ce qu’au fond, le fait de se tromper sur ses droits n’est pas le symptôme positif de l’existence du droit ? Si l’on ne pouvait pas se tromper, aurait-on encore des droits ? 

Nombreux sont ceux qui, ainsi, insistent sur la nécessité de la désobéissance. Pour Thoreau, par exemple, il y a une certaine légitimité dans le fait de désobéir à la loi ; parce que l’Etat est imparfait et que ses lois sont parfois injustes. Dans de tels cas, essayer d’agir par le biais des voies légales est parfois une perte de temps. Pour Nietzsche, l’Etat nait sur un mensonge, celui d’être l’incarnation du peuple, alors qu’il ne fait que normaliser les individus et éteint la liberté individuelle. En un sens, il supprimer la possibilité du droit. 

 Pour Diderot, on ne doit pas définir la qualité d’une autorité politique en fonction de son contenu (si elle est bonne ou mauvaise pour le peuple), mais selon son étendue, c’est-à-dire selon la place qu’elle laisse à la liberté individuelle. Peut-être faudrait-il envisager le droit de la même manière, et ne plus le définir d’après sa valeur (la forme qu’il prend concrètement), mais selon sa nature fondamentale (le fait qu’il existe, qu’il y ait une possibilité de faire et de ne pas faire certaines choses) : dans ces conditions, le fait de pouvoir se tromper est un signe fort, un bon signe, celui de l’expression d’une liberté. 


Conclusion 

Il paraît évident, et tout aussi naturel, que je puisse me tromper sur mes droits, sur ce qui m’appartient de faire et ce qui m’est défendu, quelles qu’en soit les raisons. 

Mais la chose essentielle, concernant le droit, c’est qu’il existe, sans quoi nous ne serions que dans l’obéissance aveugle. 

On pourrait même aller plus loin en disant que par conséquent, commettre des erreurs, se tromper sur nos droits en est une composante essentielle : s’il l’on n’a plus la possibilité de se tromper, c’est que le droit, précisément, n’existe plus. 

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?