Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Métropole 2016

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SUJET 2 : FAUT-IL DEMONTRER POUR SAVOIR ?

Le sujet fait référence au chapitre sur la raison et le réel et, plus précisément, aux notions de démonstration et de vérité.

Il implique une nécessité : est-ce que la démonstration est une condition sine qua non du savoir ( que l'on peut entendre comme un contenu vrai) ou est-ce qu'il y a d'autres moyens d'obtenir le savoir qui ne seraient pas discursifs ( utilisant le langage et l'articulation d'un raisonnement qui se déroule dans le temps) ?

Démontrer signifie organiser des propositions dans le but d'obtenir une conclusion qui apporte une nouvelle proposition, c'est-à-dire un contenu propositionnel. Les propositions sont articulés les unes aux autres. Si ce raisonnement est la condition pour accéder au vrai, il apparaît évident que les propositions de départ doivent-elles être elles-mêmes vraies. Ces premières propositions peuvent-elles être démontrées ? Si la démonstration n'épuise pas l’accès u savoir, est-ce que cela signifie qu'il y a une intuition à l'origine du savoir ? Quelle est la nature de cette intuition ? Comment s'assurer qu'elle n'est pas erronée ?

Le fait qu'il soit nécessaire de démontrer pour savoir signifie que la démonstration peut être une condition nécessaire du savoir mais, pour autant, cela ne sous-entend pas que la démonstration est suffisante pour savoir. Il faut donc se demander en quoi la démonstration est une voie d'accès au savoir et s'il y a des limites inhérentes à la démonstration pour atteindre cette fin.

INTRODUCTION

La preuve discursive : la volonté de sortir du mystère, la possibilité d'échanger et de confronter les différents points de vue. Les idées sont toujours en débat parmi les humains, il faut donc que cette discussion puisse être corroborée par des démonstrations qui se font concurrence, c'est le premier rempart contre l'obscurantisme. Ou alors, ce serait les avis qui s'imposeraient par la force et l'autorité qui, seuls, seraient reconnus comme savoir. Dans l'histoire des connaissances humaines, on peut trouver plusieurs exemples de ce type: le modèle géocentrique de Ptolémée s'est imposé par autorité pendant plusieurs siècles alors qu'il était une opinion fausse.

Définition des termes

Savoir : connaissance vraie. Contenu universel , nécessaire, absolu et objectif. Ce qui ne peut

pas être remis en cause et est immuable ( ne change pas).

Démonstration: Raisonnement rendu possible par le langage . Organisation de preuves discursives selon un ordre logique et des inférences nécessaires. La démonstration a toujours un premier terme d'où elle débute. Ce premier terme peut être un axiome, un postulat, une hypothèse...

Problématique :

La connaissance vraie est-elle l'origine ou la fin de la démonstration ? Organiser un raisonnement est-il suffisant pour atteindre le savoir ?

I) Le savoir est une connaissance vraie qui, lorsqu'on la possède, ne nécessite plus de démonstration mais la démarche discursive est un rempart contre l'erreur et l'obscurantisme

1) Si l'on considère le sujet du point de vue d'un esprit omniscient, contenant toutes les vérités. Le savoir n'est pas le résultat d'un processus, il est déjà là, contenu dans l'esprit. Il est donc intuitif. En ce sens, la démonstration est le signe d'une insuffisance, d'une faiblesse.

Descartes, Discours de la méthode : Dieu est omniscient. Il sait déjà tout et n'a pas besoin de la démonstration.

2) La démonstration semble essentielle pour montrer l'erreur. En effet, les savoirs non démontrés chez les humains sont des préjugés, des opinions, des erreurs. Il faut donc utiliser la démonstration pour mettre les différents points de vue en concurrence et déterminer lequel est le plus fiable. C'est la condition pour sortir de l'obscurantisme.

Locke, Essai sur l'entendement humain : définir les termes utilisés, se mettre d'accord sur ce dont on parle et organiser le raisonnement sont des gages pour éviter le dogmatisme

3) Et en même temps, la démonstration peut être fallacieuse, il y a des vices du raisonnement. Les sophistes utilisent ces techniques pour emporter l'adhésion pour des conclusions dont la démonstration est viciée. Démontrer peut donc entraîner aussi l'erreur, qui est à l'opposé du savoir.

Aristote, Réfutations sophistiques

II) La démonstration est insatisfaisante pour dessiner un chemin sûr vers le savoir car elle est elle-même conditionnée par le savoir

1) La démonstration doit organiser des arguments qui, eux-mêmes sont conditionnés par des savoirs, le premier terme de la démonstration doit être vrai sans quoi l'ensemble de la démonstration est fallacieuse. Peut-on démontrer ce premier terme ?

Le risque est celui du mauvais infini, le premier terme demande à être démontré, ce qui le démontre doit être à son tour démontré et ainsi de suite à l'infini. La démonstration prend le risque de faire face à cet écueil, laisser à elle-même, elle est impuissante pour conduire au savoir car elle est à la recherche infini d'un premier terme.

Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques

2) Le premier terme de la démonstration ne doit pas être démontré pour échapper au mauvais infini. Il s'agit donc d'une intuition de l'esprit. Il faut donc que la raison humaine puisse atteindre des premiers principes grâce à des idées innées si elle souhaite que la démonstration la mène au savoir.

Descartes, Principes de la philosophie

3) Le statut de ces premiers principes est précaire, qu'est-ce qui peut nous assurer qu'ils sont vrais et qu'ils ne sont pas le fruit de nos préjugés et nos croyances ?

III) La démonstration permet de penser les choses et non de les savoir, le savoir au sens fort est inaccessible à l'humain

1) Le savoir est un horizon de la pensée humaine : les limites de nos facultés de connaissance nous privent du savoir au sens fort. Lorsque la raison tente de définir des savoirs au sens fort, elle tombe dans une dialectique ( une contradiction inhérente à elle-même) qui confronte des propositions opposées.

Kant, Critique de la raison pure

2) Le savoir scientifique est une forme faible du savoir qui permet à l'humain d'utiliser la démonstration pour le conduire vers des connaissances « vérisimilaires » à défaut d'être totalement vraies. Elle remet en question mais elle ne prouve pas.

Karl Popper, La logique de la découverte scientifique

CONCLUSION

Il faut démontrer pour éviter l'erreur et produire une connaissance scientifique, faire écran aux préjugés, mais la démonstration a besoin du savoir pour exister, elle ne peut donc pas mener au savoir ou alors il lui faudrait une intuition de départ dont le statut est hasardeux chez les humains. Par conséquent, la démonstration est un outil nécessaire pour accéder à une certaine forme de savoir, le savoir scientifique, et pour penser le monde mais elle n'est pas suffisante pour  accéder à un savoir au sens fort qui équivaudrait à la vérité. La démonstration est un rempart contre l'erreur et non une voie d'accès vers le savoir.

Fin de l'extrait

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