Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Liban 2016

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Découvrez le corrigé du sujet 2 de philosophie du Bac S du Liban 2016.

"L'esprit dépend-il de la matière ?" est le second sujet de Philosophie du Bac S du Liban 2016. Notre professeur a rédigé pour vous le corrigé détaillé afin que vous puissiez bien comprendre ce qui était attendu de vous durant cette épreuve.

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Corrigé Sujet 2 Philosophie - Bac S Liban 2016

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SUJET 2 : L’ESPRIT DEPEND-IL DE LA MATIERE ?

INTRODUCTION

L’hypothèse que l’homme se définirait à travers la dualité qui oppose l’âme et le corps s’inscrit dans une longue tradition philosophique. L’âme comme substance incorporelle, domaine de la véritable individualité et de l’esprit ; et le corps comme substance matérielle, qui serait l’outil au service de l’âme.  

On les a imaginés indépendants dans l’antiquité (chez les égyptiens, les grecs, dans les religions monothéistes, etc.) : l’âme éternelle dont l’attachement au corps mortel est éphémère. Puis on les a rapprochés, cherchant à nouer des rapports complexes : l’âme et le corps ne font qu’un dans le destin d’une seule et même substance. 

Si ces rapports sont complexes, c’est précisément que même pensés conjointement, demeure dans l’association des deux un fort dualisme. En effet, si l’homme est l’union d’un incorporel et d’un corporel, comment s’organisent leurs relations ? Faut-il considérer que c’est l’âme, forte des propriétés de l’esprit et dans une certaine transcendance, qui commande à la matière ? Ou bien au contraire que l’âme et l’esprit ne sont rien d’autre qu’un reflet, l’image d’une activité essentiellement matérielle ? Mais peut-on alors imaginer une autre forme de rapport, à travers lequel toute forme de dualisme serait dépassée ? 

Après avoir abordé dans quelles conditions l’esprit dépend de la matière et inversement, nous essaierons de déterminer sous quelle forme la véritable union des deux serait possible. 


PREMIERE PARTIE : LORSQUE L’ESPRIT DEPEND DE LA MATIERE

  • Le matérialisme : pour les penseurs matérialistes, tout ce qui existe possède nécessairement une substance matérielle. Ce qui est de l’ordre de l’intellect, des sensations ou des émotions prend racine dans la matière. Il ne s’agit alors pas d’accorder quelque autonomie que ce soit à l’esprit : ce n’est pas tant qu’il ne se distingue pas de la matière, mais qu’il est lui-même matériel. Dans l’antiquité certains philosophes grecs (Leucippe, Démocrite, Lucrèce) imaginaient déjà l’univers d’un point de vue atomique, et l’ensemble des phénomènes, quelle que soit leur nature, étaient alors interprétés comme la manifestation des rapports matériels entre les atomes.
     
  • Les empiristes : il existe dans l’empirisme une forte tendance à faire dépendre l’esprit de la matière. En effet selon ce courant, nos idées, nos jugements et l’ensemble de notre vie intellectuelle se constituent à travers l’expérience – il n’y a rien d’inné, c’est-à-dire rien qui précède l’expérience. Or sans en faire une exclusivité (un empirisme radical qui tendrait à se confondre avec un pur matérialisme), le rôle de l’expérience sensible, mettant en scène des données d’origine matérielles et corporelles, est particulièrement important. C’est par exemple le cas chez Locke, dont la connaissance se constitue à partir d’« idées simples », issues de la sensations ou de réflexions sur nos sensations. 

 


Transition : il persiste cependant un doute. Certaines propriétés de l’esprit, comme par exemple la volonté, semblent indépendantes de la matière, à tel point qu’elles semblent inverser le rapport dont il est question ici. 


DEUXIEME PARTIE : LORSQUE LA MATIERE DEPEND DE L’ESPRIT

  • Kant fait la distinction entre la « force motrice » et la « force formatrice ». La première relève du simple mécanisme, c’est-à-dire d’un mouvement matériel. La seconde fait intervenir d’autres propriétés : si le vivant n’est pas réductible à l’inerte, c’est en raison de celles-ci. Dans une machine comme une montre, explique-t-il, un rouage est là pour un autre, mais pas par un autre – et la montre ne peut produire d’autres montres, se réparer seule, etc., en mobilisant la matière. Le vivant le peut, car doué de force formatrice, il se rend maitre de son environnement. C’est que l’esprit ne fonctionne pas seulement selon une logique matérielle de causalité : il peut, contrairement, à la machine, être cause sans effet mécanique, du fait de lui-même, par la volonté. L’esprit serait une rupture dans la logique matérielle.
     
  • Pour Bergson, la pensée ne peut se résumer à l’activité matérielle du cerveau. Il y a une complexité dans l’esprit qui échappe à la matière. Il prend l’exemple d’un tableau pour évoquer le rapport entre état d’âme et état cérébral : le premier correspond au contenu du tableau, le second à son cadre. Or, écrit-il, à un même cadre peut convenir plusieurs tableaux ; et il en est de même des états cérébraux observables. Autrement dit, l’esprit transcende la matière. Il y a bien une forme de correspondance entre le cerveau et la pensée, mais cette dernière le déborde. 

 


Transition : dès lors que l’on considère que l’esprit ne se limite pas à la matière, de nouveaux problèmes se posent : de quelle nature est ce débordement (problème de transcendance) ? Et de quelle manière le définir ? 


TROISIEME PARTIE : LE CONSENSUS : L’ESPRIT COMME INTERPRETATION D’UN SUJET PLUS ETENDU

  • Une des voies possibles pour dépasser le problème du rapport entre l’esprit et la matière serait cette fois de partir d’une conception différente du sujet. Si l’esprit, en effet, n’était pas seulement attaché à un corps en particulier ? Si son expérience du monde extérieur ne se limitait pas uniquement à une logique sensible immédiate ? C’est ce que tente d’expliquer Marx : la vie intellectuelle et psychique d’un individu (idées, pensées, jugements, désirs, etc.) se confond avec son activité pratique dans le monde. Il n’y a plus rapport de transcendance mais d’immanence entre l’esprit et la matière (on pourrait parler de « traduction »), comme les deux faces d’une même pièce. Mais contrairement à Bergson, il ne s’agit pas de se limiter au cerveau et aux états cérébraux : l’esprit embrasse l’ensemble de l’activité sociale.
     
  • Nietzsche fait un constat relativement similaire. Le monde, fondamentalement, est uniquement constitué de ce qu’il appelle la « volonté de puissance », et qui se manifeste sous la forme de rapports de forces, et rien d’autre. Ces forces ne se confondent pas avec la matière, qui en est déjà une forme d’interprétation (les atomes sont déjà une interprétation des rapports de forces). Ainsi pour Nietzsche, la conscience est elle-même l’interprétation, à l’endroit d’un individu, d’un certain amas de rapports de forces anonymes. Et elle est par là, à l’image de l’esprit chez Marx, davantage collective, « régionale », qu’individuelle. 

 


CONCLUSION

Les rapports entre l’esprit et la matière sont complexes et il est difficile de les identifier avec précision. En premier lieu parce qu’ils nous forcent à faire cohabiter deux choses de natures radicalement différentes. 

Peut-être sommes-nous cependant handicapés, dans l’approche du problème, par la conception que nous avons de chacun d’eux : des conceptions qui prennent fatalement leur source dans un esprit, et un esprit qui fait lui-même l’expérience d’un monde matériel. Il faut alors repenser, avec davantage de recul, ce que pourrait être l’esprit, et ce que pourrait être la matière, dans une vision qui réunirait directement les deux. 

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