Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Polynésie 2016

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"Pourquoi les oeuvres d'art nous désuisent-elles?" est le premier sujet de l'épreuve de Philo du Bac S de Polynésie 2016. Notre professeur a rédigé la correction de ce sujet afin que vous puissiez facilement vous entraîner pour l'épreuve finale de Métropole !

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Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Polynésie 2016

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POURQUOI LES ŒUVRES D’ART NOUS SEDUISENT-ELLES ?

INTRODUCTION

Si l’art a traditionnellement tenu le rôle de miroir, renvoyant l’image du monde tel que nous le voyions, sa fonction a commencé à changer au cours du XIXe siècle. Les œuvres d’aujourd’hui tiennent davantage de la fenêtre, non pas fermée, mais ouverte sur un monde différent du nôtre. Elles amorcent, pour ainsi dire, et grâce à la richesse et à la liberté des procédés artistiques, une rupture dans nos représentations ordinaires. L’art nous sort de la réalité, et nous fait entrevoir la possibilité d’une différence. 

C’est par cette singularité, qui n’a aucun égal dans notre quotidien, que les œuvres nous attirent. Mais si cette fascination se nourrit d’une transgression de la réalité, ne doit-on pas s’en méfier ? 

Dans une première partie, nous verrons que l’œuvre d’art nous attire parce qu’elle se distingue du quotidien. Dans un second temps, nous nous intéresserons au risque que peut nous faire courir l’art en nous voilant d’illusion. Enfin, nous essaierons de montrer que l’art renverse le problème de l’illusion et de la réalité. 


PREMIERE PARTIE

• Si les œuvres d’art nous intéressent tout particulièrement, c’est qu’elles occupent, dans notre monde, un statut singulier. Autrement dit, elles se distinguent des objets techniques ordinaires, tout particulièrement dans leur rapport à la fonction et dans leurs procédés de fabrication. 

• Quelle est la fonction d’une œuvre d’art ? On aurait tort de la limiter à une absence d’utilité concrète et clairement identifiée. Arendt écrit que l’œuvre n’est pas utile dans le processus vital de la société, mais que c’est précisément là que se trouve toute sa qualité : elle survie à l’expérience que l’on en fait, elle ne se consomme pas comme un vulgaire bien. Davantage qu’une pratique, elle suppose une forme de contemplation, mais celle-ci n’est pas nécessairement passive : l’œuvre peut être le lieu d’un réflexion, ou plus simplement l’occasion d’une forme de bien-être, d’un divertissement qui représente une mise entre parenthèse de nos obligations ordinaires. Dans un monde rempli de fonctions, d’ordres, l’absence de fonction ne représente-t-elle pas, finalement, une fonction en elle-même ?  

• Sur les procédés de création. Nietzsche écrit qu’un des caractères fondamentaux de l’œuvre d’art est de se présenter comme un objet fini à son public (on voit la toile mais rarement l’artiste peindre). Or lorsque sa réalisation demeure inconnue ou floue, un objet s’entoure de mystère. C’est ce mystère, précisément, qui fait de l’œuvre d’art un objet singulier. Alain va plus loin, en expliquant que contrairement à l’artisan, qui travaille principalement suivant un plan prédéterminé (la nécessité de la fonction de l’objet produit précède et oriente sa réalisation), l’artiste ne sait pas à l’avance ce qu’il va faire. C’est-à-dire que l’artiste, dans son processus de création, est un sens aussi spectateur de sa propre œuvre, qu’il découvre au fur et à mesure. 

• L’œuvre comme échappatoire, transgression du réel ; l’œuvre mystérieuse : tous les ingrédients sont réunis pour attirer le spectateur. Et plus encore, pour le fasciner. 


Transition : mais si l’art se détache de la réalité concrète, qu’elle est l’objet de l’œuvre ? Si ce n’est pas le réel, si ce n’est pas le vrai, pourrait-il s’agir d’une illusion ? 


DEUXIEME PARTIE

• Un bref regard sur l’histoire de l’art moderne montre en effet que la tendance, depuis la fin du XIXe siècle, n’est plus à la stricte imitation de la réalité : les formes, les couleurs, les textures balisent un monde quelque peu inconnu. L’entreprise sera d’autant plus radicale dans l’art contemporain, le surréalisme et l’abstraction. Ces mouvements s’accompagnent d’une certaine dénaturation volontaire de nos codes classiques de représentation, alors que justement, l’art apparaissait précédemment comme un moyen d’affirmer ces derniers. Que peut être la fonction d’un tableau abstrait, dont on semble incapable de saisir le sens ? L’art, depuis presque deux siècles, signale et participe à une perte de repères généralisée. A fuir de la sorte la réalité, il paraît sombrer dans le chaos. 

• A sa manière, Platon se méfiait déjà des artistes. Il faisait la distinction entre le vrai et l’apparence, autrement dit la manière dont le vrai nous apparaît. Or, selon lui, l’artiste donne dans son œuvre une représentation de l’apparence et non de la vérité. En effet, un peintre peut représenter des choses dont il ne connaît rien d’autre que la forme. L’artiste cherche à imiter le réel, mais s’en montre incapable et en donne finalement une représentation fragmentaire, à travers laquelle il nous trompe en nous faisant croire à la vérité. Et par là, il nous détourne de la vérité. 


Transition : mais lorsque l’œuvre d’art montre quelque chose d’autre que la réalité, s’agit-il nécessairement d’une représentation fausse ? 


TROISIEME PARTIE

• Si la représentation esthétique diffère de la réalité, c’est peut-être que la représentation que l’on se fait naturellement, par le biais de nos sensations et nos idées, de la réalité, est incomplète voire même fausse. Ainsi la différence propre à la représentation artistique ne trahit pas nécessairement la réalité mais, au contraire, devient l’occasion de s’en rapprocher d’autant plus. Pour Heidegger, c’est là que repose justement la fonction de l’art : en illustrant, par des moyens esthétiques, ce qu’est vraiment une chose, l’œuvre d’art nous dévoile sa vérité, une vérité qui échappe à notre perception ordinaire. D’où l’importance de l’art. 

• Wilde explique ainsi que la Nature, autrement dit le monde tel que nous le concevons et les voyons, est le fruit de notre propre création. Ce n’est donc pas l’art qui s’inspire de la Nature, mais bien la Nature qui, par le prisme de l’œil et de l’imagination humaine, s’inspire de l’art. Or, si l’art participe à la manière dont on conçoit le monde, alors chaque œuvre est l’occasion, à la fois pour l’artiste que pour son public, d’imaginer dans quel monde il veut vivre. 

• Ainsi, l’art repose le problème de la réalité. L’illusion n’est plus une représentation fausse ou trompeuse qui ne correspond pas à la réalité, c’est plutôt que l’on se rend compte que ce que l’on considère comme étant la réalité tend vers une forme d’illusion dès lors qu’elle ne se définit plus selon les critères d’immuabilité et d’universalité. La prétention de l’œuvre d’art est de nous présenter le monde comme il pourrait être. 


CONCLUSION

Si l’art nous séduit tant, si nous lui accordons une importance particulière, c’est parce qu’il nous fait voir le monde autrement – ce monde fait d’habitudes et de banalités. 

Devrait-on se méfier de cette vision nouvelle et différente, parfois aliénante qui, en nous écartant de la réalité, du monde comme il est, comme il nous apparaît, nous fait courir le danger de sombrer dans l’illusion ? 

Non, car ce que l’œuvre d’art montre est bien davantage qu’une illusion. C’est un surplus de réalité, la promesse qu’un monde différent est possible. L’œuvre d’art n’est pas une illusion mais tend à nous faire voir la réalité comme une illusion. Et c’est peut-être finalement cela qui nous séduit le plus. 

Fin de l'extrait

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