Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Métropole 2016

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"Travailler moins, est-ce mieux vivre ?" est le premier sujet de l'épreuve de Philosophie du Bac S de Métropole 2016. Notre professeur a rédigé pour vous la correction détaillée de ce sujet.

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Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Métropole 2016

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TRAVAILLER MOINS EST-CE VIVRE MIEUX ?

Ce sujet traite de la question du travail avec comme voie d'accès dans cette notion l'existence. Vivre mieux fait référence à un idéal que l'on pourrait rapprocher de la notion de bonheur au programme. On souligne d'emblée une polarisation entre un moins et un plus. Est-ce qu'un moins peut apporter un plus ? Le travail est envisagé comme une activité : le fait de travailler, il fait donc référence à l'activité humaine. Le travail étant une activité sociale, il faut replacer la question du vivre mieux dans cette perspective. Le sujet se demande donc si l'activité sociale que l'on désigne par le travail est en corrélation avec la qualité de vie collective ou individuelle que l'on peut atteindre. Ou encore, est-ce qu'une variation de quantité ( ou un moins) peut entraîner une variation de qualité ( pire, indifférent ou mieux). Il y a trois voies possibles : soit travailler moins permet de vivre mieux, soit travailler moins rend l'existence plus difficile, soit la quantité de travail est indifférente sur la qualité de vie. Il faudra donc se demander si c'est bien la quantité de travail qui influe sur la qualité de vie ( et s'il y a commensurabilité entre quantité et qualité) ou si c'est la qualité de travail, c'est-à-dire les conditions de travail, qui sont déterminantes. 

 

INTRODUCTION

Accroche : on peut commencer par faire référence à un fait historique pour aller dans le sens de la formulation du sujet : En 1936, le gouvernement de Léon Blum a instauré les congés payés, ces derniers ayant réduit le temps de travail, ils ont permis le développement des loisirs. On peut estimer que ces loisirs ont augmenté le bien être en même temps qu'ils ont réduit le temps de travail. 

Montrer qu'il y a une tension dans le sujet : En revanche, le travail est nécessaire au fonctionnement de la société, il permet de subvenir aux besoins. Il a donc à voir avec la subsistance, à la base de toute existence. De plus, il est parfois un accomplissement : il permet d'accéder à des objectifs et d'en tirer de la satisfaction. 

Définir les termes du sujet : le fait de travailler peut être défini comme le fait d'oeuvrer pour obtenir une rémunération en vue de subvenir à ses besoins. Dans cette première définition, travailler ne permet pas de vivre mieux mais seulement de vivre dans une société. 

Il faut donc se demander ce que veut dire vivre mieux : vivre de manière agréable, ressentir du plaisir, s'accomplir ou encore participer à une tension vers le bonheur. 

Aussi, envisager que moins de travail permette de vivre mieux est une façon de réinterroger la définition qui le réduit à une simple réponse à des besoins nécessaires. « Mieux » est un comparatif de supériorité. En ce cas, si travailler moins permet de vivre mieux, il faudra avoir à l'esprit ce seuil : moins jusqu'à ce que les besoins nécessaires ne soient plus comblés et que l'existence ne soit  plus possible. Il faut donc trouver une juste quantité de travail qui pourra à la fois assurer les besoins de subsistance et en même temps laisser la possibilité à l'existence de s'épanouir pour en améliorer la qualité. 

Il faudra se demander si c'est bien la quantité de travail qui est un facteur de variation ou s'il s'agit de sa qualité : les conditions de travail. Aussi, à partir de quand et de quoi la quantité de travail fait varier la qualité du travail et, ainsi, la qualité de l'existence. 

 

PROBLEMATIQUE

La quantité d'activité économique consentie est-elle un facteur de variation du bien-être collectif ou individuel ? Le temps passé au travail est-il préjudiciable à la recherche du bonheur ?

 

I) Le travail comme activité de subsistance est une contrainte qui s'impose aux humains : il nécessite un effort et une peine. Plus l'on travaille, plus la peine est importante mais sans travail l'existence n'est pas possible

Toujours penser que la première partie est une exploration du sujet et fait le point sur les idées les plus communes. C'est le moment de proposer des définitions précises. Elle permettra de mettre en évidence les limites du sujet. 

 

  • Travail : étymologie « tripalium » qui désigne un instrument de torture. De plus, il n'est pas libre. Si l'on ne travaille pas, il est impossible d'assurer sa subsistance. 

 

Il y a donc un minimum : travailler moins ne doit pas signifier ne pas travailler du tout, sans quoi l'existence n'est pas possible et, par voie de conséquence, l'existence meilleure est impossible. Et, comme il s'agit d'une peine, plus l'on travaille, plus la peine peut être grande. 

  • Cependant, la division des rôles sociaux peut permettre à certains de ne pas travailler pour assurer l'administration de la Cité. Les citoyens ne travaillent pas, ils ont besoin d'être libérés de la contrainte de  la subsistance pour pouvoir penser les besoins de la Cité qui sont des besoins supérieurs. 

 

Le citoyen pour Platon, La République : celui qui travaille le moins possible. Le travail est une activité d'esclave.

  • Travailler moins semble être une quête individuelle pour libérer du temps de loisir et s'assurer plus de plaisir. Mais pourtant, il semblerait qu'un lourd fléau nous menace lorsque nous sommes libérés du travail : l'ennui.

 

Nietzsche, Humain, trop humain 

 

II. Travailler permet le développement social et individuel : travailler moins n'est pas une vertu en soi. Ce qui est important est de travailler de concert pour assurer à la vie sociale un maximum d'échanges et augmenter les richesses

  • Le travail est nécessaire pour la vie sociale, il est la base de l'échange. Grâce au travail, on pourra posséder plus et partager plus. Même s'il y en a qui travaillent plus que d'autres, ils seront quand même dans une meilleure position que si l'on égalisait les temps de travail et que tout le monde travaillait moins.

 

Locke, Second traité du gouvernement civil

  • La division du travail : l'organisation de la société dépend d'une division du travail.  Si tout le monde travaille, avec le plus d'énergie possible et sans ménager sa peine alors la somme de bonheur collectif en est agrandi. Ce qui est important est de trouver un intérêt individuel au travail. La rémunération motive cet intérêt et, plus l'on travaille, plus l'on a de chance d'avoir des revenus importants. 

 

Adam Smith, De la richesse des nations

  • Plus l'humain travaille, plus il a de chance de satisfaire tous ses besoins, y compris les moins nécessaires et plus la vie collective est synonyme de bien être pour chacun 

 

Comte, Discours sur l’ensemble du  positivisme  Le travail est la mise en jeu de toutes les richesses et de toutes les forces naturelles ou artificielles que possède l’Humanité dans le but de satisfaire tous ses besoins 

 

III. Ce qui est important n'est pas tant de travailler moins que de travailler dans de meilleures  conditions. La quantité de travail n'a pas le même effet sur le bien être selon la qualité des conditions de travail

  • On peut travailler beaucoup mais prendre du plaisir à travailler. Certains chercheurs passionnés ne comptent pas les heures. Leur objectif étant de faire des découvertes qui améliorent le cours de l'existence collective, le temps passé au travail peut être déterminant. 

 

Ex : Howard Carter, archéologue anglais, a travaillé sans relâche pour faire une des plus belles découvertes de l'humanité : la tombe de Toutankhamon.

  • Le travail peut être aliénant si la personne est dépossédée du fruit de son travail : analyse marxiste du sur-travail et de l'aliénation. Le prolétariat n'est pas aliéné parce qu'il passe trop de temps au travail mais parce qu'il ne reçoit pas une juste rétribution de la richesse qu'il permet de créer. Il y a donc une distorsion déshumanisante entre l'effort qu'il fait pour produire et les fruits qu'il en récolte. 

 

Marx, Le Capital 

  • Il ne s'agit pas tant de travailler moins que de travailler mieux, ce qui signifie que l'on peut travailler moins de temps si l'on est bien organisé, plus efficace et que les risques psycho-sociaux ( mal être au travail) sont diminués. Travailler moins n'a de sens que si l'on travaille mieux dans une perspective de vivre mieux. 

 

 

CONCLUSION 

Travailler moins est une quête des sociétés du divertissement car cette perspective permet de libérer du temps pour les loisirs. Il est certain que ces loisirs peuvent participer d'un vivre mieux s'ils permettent de libérer l'imagination et d'oeuvrer dans des activités constructives. En revanche, il est plus que douteux de penser que le pur divertissement, toujours augmenté, soit un gage de vivre mieux. 

On peut trouver le bonheur dans le travail, le travail n'est pas, par essence, néfaste à ce dernier. Partant du principe qu'il est nécessaire de travailler pour répondre aux besoins des humains, le vivre mieux est davantage conditionné par la qualité du travail que par sa quantité : être en possession des fruits de son travail, trouver du sens à ce que l'on fait et s'inscrire dans une organisation du travail qui ne nuit pas à la santé mentale et physique. 

Aussi, travailler moins peut permettre de vivre mieux à condition que cette diminution du temps de travail ait un impact sur la qualité des conditions de travail et que le temps passé hors du travail soit mobilisé pour oeuvrer, en partie au moins, pour le bien être individuel et collectif. 

Fin de l'extrait

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