Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Liban 2016

Corrigé Sujet 1 Philosophie - Bac S Liban 2016

Notre professeur de philosophie a rédigé pour vous le corrigé du sujet 1 de Philosophie du Bac S du Liban 2016.

"Sait-on ce qu'on désire ?" est le premier sujet de l'épreuve de philosophie du Bac S du Liban 2016. Vous trouverez ici la correction rédigée et détaillée répondant à cette problématique.

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SUJET 1 : SAIT-ON CE QU’ON DESIRE ?

INTRODUCTION

Le désir est une réaction à un manque. Lorsque l’on désire quelque chose, c’est que ce quelque chose nous fait défaut, et surtout, que l’on considère, que l’on s’attend ou pressent que le fait de combler ce manque nous procurera satisfaction. 

Les objets de nos désirs sont riches, complexes et de natures diverses (des biens, des connaissances, des émotions, des sensations, etc.), de sorte qu’il peut paraître délicat de synthétiser l’ensemble des désirs envisageables par l’être humain. Cependant, il y a deux choses sur lesquelles ils se rejoignent tous : premièrement, que l’on recherche à en tirer du plaisir, du bonheur, ou bien au contraire (même si les cas sont plus rares et particuliers), une certaine forme de douleur, ou de souffrance, nous sommes toujours en quête d’une satisfaction – et il ne faut pas confondre la satisfaction d’un désir avec la notion de plaisir ; deuxièmement, on rattache le désir à un sujet, à un individu singulier. 

Mais dans quelles mesures les désirs d’un individu ne le concernent que lui ? Et, le cas échéant, quelles sont les conditions pour qu’il puisse déterminer avec précision ce qui peut le satisfaire et comment ? 

Pour savoir ce qu’il désire, un individu doit connaître plusieurs choses : il doit d’abord se connaître lui-même, afin d’évaluer ses manques et ses besoins ; il doit ensuite se rendre maitre d’un processus de désir qui par principe lui échappe ; enfin, il doit connaître le monde qui l’entoure, au sein duquel il devra identifier quelles choses sont les plus à même de le satisfaire, et de quelles manières. Ce seront là les trois étapes de notre réflexion. 


SE CONNAIT-ON SUFFISAMMENT POUR EVALUER SES DESIRS ?

- La grande découverte de l’inconscient par Freud. Le « moi », c’est-à-dire la part consciente que l’on a de soi-même, n’est précisément qu’une partie de notre subjectivité dans sa totalité. Il existe ce que Freud appelle l’inconscient, qui participe à la vie psychique tout en ayant forcément des conséquences sur notre vie pratique, et qui joue un rôle non négligeable sur l’activité de nos désirs. Or par principe, nous n’avons pas accès à cet inconscient, et ne pouvons donc pas en connaître les intentions. 

- Dans quelle mesure peut-on parler de « sujet individuel » à l’encontre d’une personne ?  Autrement dit, au-delà de l’inconnu de l’inconscient, de quoi parle-ton lorsque l’on parle de conscience ? Chez Nietzsche, la conscience est seulement une forme de « traduction » de phénomènes collectifs. Lorsque l’on essaie de se connaître soi-même, on ne plonge pas dans les profondeurs du sujet mais au contraire, on ne cesse d’en sortir : la conscience est un « non-individuel », ou l’expression d’une activité collective. 

- Dans un registre proche de Nietzsche, Marx explique que l’ensemble des données relatives à la vie psychique (représentations, idées, etc.) sont le fruit immédiat de la vie pratique et matérielle de l’homme. Il inverse le rapport traditionnel : ce n’est pas la transcendance de l’esprit qui détermine l’activité pratique mais le contraire. Par conséquent, les désirs eux-mêmes prennent leurs sources dans le champ social. Pour se comprendre soi-même, c’est le monde qu’il faut connaître. 


Transition : il existe de nombreux obstacles au fait de se connaître suffisamment pour évaluer avec certitude l’activité de nos désirs. Il semble que nos désirs, loin de provenir uniquement de soi, sont profondément liés aux circonstances extérieures. 


COMMENT DEPASSER L’INSATISFACTION INHERENTE AU DESIR ?

- Les théoriciens du phénomène de désir n’ont pas manqué de soulever un problème fondamental. Il y comme une impossibilité pour l’homme de se satisfaire de la satisfaction : 

- Schopenhauer explique que le désir fonctionne comme un pendule qui oscillerait continuellement entre la souffrance liée au manque et l’ennui qui suit une jouissance bien éphémère. 

- Chez Rousseau et Pascal, de manières quelque peu similaires, on tire davantage de satisfaction à désirer qu’à satisfaire un désir. « La chasse est meilleure que la prise » chez Pascal, et « on jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère » pour Rousseau. Autrement dit, l’imagination féconde que l’on rattache à la satisfaction disparaît dés lors que celle-ci est atteinte. 

- Si, par principe, il est normal que le désir cesse dès lors qu’il semble satisfait (je n’ai plus à désirer tel bien une fois que je le possède), cela ne suffit pas à expliquer pourquoi la satisfaction attachée à ce bien ne dure pas. On peut alors envisager que l’on interprète mal nos désirs, ou plus précisément, que l’on se trompe sur l’interprétation de l’objet de nos désirs. En effet, si je crois désirer tel bien (le bien est alors l’objet du désir) pour sa seule possession, je serai forcément déçu de celle-ci – à quoi bon seulement posséder la chose ? 


Transition : si la satisfaction ne semble pas correspondre à l’idée que nous nous en faisions, n’est-ce pas précisément parce que l’on ne saisit pas bien l’objet de nos désirs ? Mais alors de quelle nature est celui-ci ? 


PEUT-ON IDENTIFIER DANS NOTRE ENVIRONNEMENT L’OBJET DE NOS DESIRS ?

- Savoir ce que l’on désire suppose d’identifier l’objet de notre désir, autrement dit ce dont l’acquisition comblera le manque. Mais, l’objet du désir, de quoi s’agit-il ? Deleuze et Guattari expliquent qu’on ne désire jamais une chose mais un ensemble de choses, qu’ils nomment agencement. Or cet ensemble, précisément, est complexe et difficile à déterminer avec précision, dans le sens où il mobilise de nombreux éléments. Par exemple, une femme ne désire pas une robe mais l’ensemble des choses qui découlent du fait de la posséder, de la porter dans telle ou telle occasion, etc. De sorte que les limites et la connaissance du désir sont nécessairement floues et quelque peu arbitraires. 

- C’est que le désir est « constructiviste » : il construit sa propre réalité et est entouré de « virtuel ». Il est difficile de prévoir quelle sera l’issue de nos désirs, car leurs satisfactions produisent comme un « surplus » de réalité. Or cette incertitude n’est pas uniquement due au fait de savoir si l’on va satisfaire ou pas un désir, mais bien à la manière dont il va se satisfaire. En outre, si la satisfaction apparaît si souvent comme un idéal éphémère (cf. Heidegger, Pascal), c’est peut-être aussi parce que l’on pense connaître l’objet du désir, et que la richesse de sa réalisation s’en éloigne tellement, jusqu’à en différer en nature, que nous ne nous y retrouvons simplement pas. Mais la satisfaction n’est–elle pas alors l’occasion non seulement de prendre, après coup, connaissance de nos désirs, et par là, apprendre à connaître le monde qui nous entoure, et finalement de fait à se connaître un peu plus soi-même (cf. Nietzsche, Marx) ? 


CONCLUSION

Nous avons peut-être mal posé, ou posé à l’envers, le problème du désir. Il ne s’agissait pas de se demander si nous savons ce que l’on désire, mais plutôt de comprendre ce que nos désirs pouvaient dire sur nous et sur le monde qui nous entoure. 

Pour cela, il faut comprendre quels sont les objets de nos désirs, et force est de reconnaître que notre connaissance, sur ce point, reste limitée. 

Mais nous pouvons nous demander si cela tient juste d’une défaillance de notre part : si le désir, comme tentent de le montrer Deleuze et Guattari, tient davantage de la production que de la représentation, il n’y a alors rien de surprenant à cela. Comme ils l’écrivent, « l’inconscient n’est pas un théâtre, mais une usine ». Si l’on ne sait pas ce que l’on désire, c’est simplement qu’on est incapable de lire l’avenir. 

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

lorinxd
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20/20

Shishou2308 Il s'agit de traiter la question de sorte à comprendre où- est ce qu'elle veut nous emmener. En effet ici avec l'analyse de la question " Sait on ce qu'on désire" on comprend que finalement pour savoir ce que l'on désire il faut comprendre le réel objet du désir ( c'est à dire pas seulement la possession) puis se demander ce que nos désirs pouvaient dire sur nous et sur le monde qui nous entoure puisque que nos désirs ne dépende pas seulement de nous mais de l'exterieur.

par - le 14/06/2016
Shishou2308
3 5 0
12/20

J'ai rien compris Vous dites qu'il ne fallait pas traiter la question telle que si nous savons ce que l'on desire Mais c'est exactement la question !!!? :/ #Help

par - le 31/05/2016

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