Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac S 2018

Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac S 2018

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Corrigé de Philosophie : Étude de texte - Bac S 2018

Le contenu du document

 

Explication de texte :

Avant-propos.

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte. En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs, même s’il faut méthodiquement procéder de manière linéaire (expliquer ligne après ligne, du début à la fin, et montrer comment l’argumentation se déroule). Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…

Texte à expliquer et pièges à éviter

Expliquer le texte suivant :

« Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l’action des circonstances extérieures sur des masses d’êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l’activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes.

Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d’une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l’astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l’histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d’années à venir. Mais la différence de certitude n’est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d’après des lois connues.

Nous pouvons constater ce qu’elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu’elles seront à une époque quelconque d’un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition de la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent, des lois, la multitude des causes est telle qu’elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l’impossibilité d’appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l’avance, lors même que les capacités de l’intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche. »

MILL, Système de logique (1843).

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

Présentation du sujet et pièges à éviter

Ce texte de Mill a trait à une notion classique du programme de terminale S, “la société”, cette dernière faisant partie du grand domaine ‟la politique”).

Il s’agit d’un texte visant à définir ce que sont les phénomènes sociaux, en les comparant notamment aux phénomènes naturels et à expliquer pourquoi ils ne sont pas autant compréhensibles.

Pièges à éviter :

- 1) la paraphrase : il faut expliquer le texte et non le répéter ;

- 2) ne pas voir la distinction magistrale que fait Mill entre le naturel et le social ;

- 3) ne pas voir la définition donnée de notre entendement : quelque chose qui est par nature limité et non voué à l’omniscience.

Analyse du texte

• Une explication de texte doit répondre à des attentes précises : lorsque j’explique un texte je dois montrer quelle est la thèse de l’auteur sur un sujet précis (son point de vue) et quelle stratégie argumentative il met en place pour donner sa thèse (de quelle manière il s’y prend ? Quel type d’argumentation il choisit ? Quels procédés sont les siens ? etc.).

• Il faut aussi voir si la position défendue par l’auteur est originale ou pas, et qu’est-ce que cela nous apprend sur le sujet. En effet, si la connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise, chaque extrait à expliquer fait partie d’un thème au programme de philosophie, qu’on est censé connaître. Ainsi, on peut faire dialoguer la position de l’auteur avec nos connaissances sur la question, afin de voir si sa thèse est subversive ou classique, originale ou non.

• L’idéal serait aussi de mettre en évidence un enjeu : manière par exemple que le texte a de faire résonner une question plus générale.

• Dans une première lecture du texte, afin de vous assurer que vous l’avez bien compris (et que vous pouvez donc commencer l’explication), il faut pouvoir répondre aux six attentes de l’Introduction, ce que nous allons donc faire ici.

1) Situation du texte Dans ce texte, extrait du livre Système de logique, Mill...

2) Thème du texte (de quoi cela parle, quel est le domaine général auquel il a trait) ... s’intéresse à ce que sont les phénomènes sociaux et à comment on peut les comprendre.

3) Problème du texte Ce texte met en lumière un réel paradoxe : Mill nous dit en effet les phénomènes sociaux sont issus de lois fixes, comme tout autre phénomène naturel, mais qu’on ne peut pour autant pas les expliquer aussi facilement. Pourquoi donc ?

4) Thèse du texte (point de vue défendu par Mill) Les phénomènes naturels se distinguent par des données et des causes limitées en nombre et constantes dans le temps, donc facilement appréhendables par l’entendement, au contraire des phénomènes sociaux qui proviennent de circonstances indéfinies, variables à l’infini, et qu’on ne peut délimiter en nombre, qui dont défient notre faculté de compréhension des choses limitée.

Proposition de plan

I. Les phénomènes sociaux ne sont pas dus au hasard, mais proviennent de lois, même si logiquement on les comprend moins que les phénomènes naturels, par exemple.

« Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l’action des circonstances extérieures sur des masses d’êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l’activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes. » 

Mill commence par assimiler les phénomènes de société aux phénomènes rationnels ou sentimentaux. Tous, les uns comme les autres, s’expliquent par des lois fixes, objectives et donc compréhensibles. Les phénomènes de sociétés résultent de ces lois, et sont donc soumises à la loi de causalité : telles causes les produisent. « Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d’une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l’astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l’histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d’années à venir. » 

Néanmoins, une différence existe entre tous les phénomènes : ceux de la nature sont entièrement prédictibles, à l’instar des phénomènes célestes, ceux de la société ne le sont pas autant. Pourquoi ? Mill ne nous l’explique pas mais on peut émettre l’hypothèse suivante : même si les phénomènes sociaux obéissent à des lois, les individus qui font l’histoire sont malgré tout des êtres libres...

II. Explication de cette différence de compréhension des phénomènes sociaux et des phénomènes naturels, par la définition de ce que sont les phénomènes célestes.

« Mais la différence de certitude n’est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d’après des lois connues. Nous pouvons constater ce qu’elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu’elles seront à une époque quelconque d’un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. » 

Mill explique que ce qui différencie la certitude provenant des phénomènes naturels du manque de certitude quant aux phénomènes sociaux, ne vient pas des lois en question, à l’origine des phénomènes, mais précisément des différences entre les phénomènes. Il s’intéresse alors aux phénomènes célestes et à l’astronomie. Ce qui fait qu’ils emportent la certitude, c’est d’une part que leurs causes sont en nombre minimal et d’autre part qu’elles ne varient pas. De sorte qu’il est facile de prédire leur évolution et ce qu’elles feront plus tard. Ainsi donc les phénomènes célestes peuvent être certains, puisqu’il y a une constance de base qui les rendent compréhensibles et prédictibles.

III. Ce que sont, a contrario, les phénomènes sociaux. Variété et multitude...

« Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition de la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent, des lois, la multitude des causes est telle qu’elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l’impossibilité d’appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l’avance, lors même que les capacités de l’intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche. » 

Commençant par “au contraire”, Mill montre qu’il va opposer les phénomènes sociaux aux phénomènes naturels. Pourquoi ? Parce que les circonstances, les causes des phénomènes sociaux ne sont pas en nombre restreint, mais sont innombrables, de sorte que cela outrepasse notre faculté de compréhension, qui, elle, est limitée. Nous ne sommes omniscients donc ne pouvons comprendre tout ce qui se trame quand il y a une infinité de circonstances à appréhender.

Et Mill de rajouter que quand bien même notre intelligence serait de taille à appréhender tout cela, quelque chose résiste : il est impossible de dénombrer les faits humains. Donc quand bien même nous aurions l’intelligence d’en comprendre les causes, nous n’avons pas celle de délimiter correctement combien ils sont. C’est donc en raison de notre entendement limité et de la multitude et de la variété des faits sociaux, que nous sommes en incapacités de les comprendre comme nous comprenons les phénomènes naturels.

Fin de l'extrait

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