Corrigé de Philosophie (1/3) du Bac S Pondichéry 2018

Corrigé de Philosophie (1/3) du Bac S Pondichéry 2018

Retrouvez sur digiSchool le corrigé de philosophie du Sujet 1, Bac S Pondichéry 2018, rédigé par professeur de l'Éducation nationale. Le sujet était "Toute démonstration est-elle scientifique ?"

Également disponible dès la fin de l'épreuve, le sujet de l'épreuve de Philosophie Pondichéry 2018.

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Corrigé de Philosophie (1/3) du Bac S Pondichéry 2018

Le contenu du document

Quelques éléments importants que l’on pouvait indiquer en introduction : 

  • Repérer les termes importants du sujet : « démonstration », « scientifique », mais également « toute ». Il ne s’agit pas de savoir si « une » démonstration est scientifique, ou si « la » démonstration » est scientifique, mais bien plutôt si « toute » démonstration est scientifique. 
  • Donnez une première définition des termes importants du sujet :

1) la « démonstration » : un raisonnement dont la conclusion s’impose comme nécessaire.

2) « scientifique » : ce qui est scientifique peut en un premier sens désigner ce qui est conforme au réel. 

  • Quelques éléments pour une problématique : si ce qui est « scientifique » désigne ce qui est conforme au réel, toute démonstration est-elle conforme à la réalité ? Si toute démonstration semble scientifique, n’y a-t-il pas des critères qui permettraient de construire de manière certaine des démonstrations scientifiques ?

I. TOUTE DÉMONSTRATION SEMBLE SCIENTIFIQUE

La démonstration est une forme de raisonnement dont la conclusion s’impose comme nécessaire. Démontrer, c’est raisonner de telle sorte que la conclusion de notre raisonnement ne puisse être autre.

D’où la valeur de la démonstration : on parvient, au terme du raisonnement démonstratif, à une conclusion nécessaire, et non pas contingente. Si la démarche scientifique vise à établir des vérités nécessaires, alors il semble que toute démonstration soit scientifique.

Le propre de la démonstration est de procéder de façon purement discursive : il faut distinguer ce qui est discursif et ce qui est intuitif : agir de manière intuitive, c’est saisir quelque chose directement, immédiatement, tandis qu’agir de manière discursive, c’est procéder étape par étape.

Le caractère discursif de la démonstration semble faire d’elle un raisonnement rigoureux, méthodique, par opposition au caractère imprévisible, immédiat et spontané de l’intuition.

II. TOUTE DÉMONSTRATION, POUR ÊTRE SCIENTIFIQUE, DOIT RÉPONDRE À CERTAINS CRITÈRES

Aristote : faire de la science, c’est recourir à la démonstration ; la démonstration est l’outil privilégié du scientifique. Le « syllogisme » est, selon Aristote, le modèle du raisonnement démonstratif. Exemple de syllogisme : « Tous les hommes sont mortels ; or Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel » : un raisonnement en 3 propositions dont la conclusion est nécessaire.

Aristote montre toutefois que certains raisonnements peuvent être parfaitement valides (c’est-à-dire qu’ils peuvent aboutir de manière nécessaire à une conclusion), mais totalement faux : par exemple, le raisonnement « Tous les hommes sont immortels ; or Socrate est un homme ; donc Socrate est immortel » est un raisonnement valide, « vrai formellement », mais faux en réalité. Ce type de raisonnement, qui présente une cohérence formelle mais un contenu faux, est ce qu’Aristote appelle un sophisme.

Donc, pour être scientifique, la démonstration ne doit pas être un simple sophisme. Pour être scientifique, la démonstration doit reposer sur des prémisses certaines, sur des axiomes (l’axiome désigne une proposition vraie, que l’on n’a pas besoin de démontrer, en raison de son évidence), et non pas sur des prémisses incertaines, probables. Exemple d’axiome : deux quantités égales à une même troisième sont égales entre elles. Si A = C et que B = C, alors A = B.

Cette proposition, en raison de son évidence, n’a pas besoin d’être démontrée ; elle est vraie, et peut donc servir de base à une démonstration. Si la démonstration s’appuie sur des axiomes, alors elle sera scientifique, car elle reposera sur une base (ce qu’Aristote nomme « prémisses ») certaine, vraie, évidente.

III. TOUTE SCIENCE DOIT RECOURIR À LA DÉMONSTRATION

Descartes : grâce à la raison, chaque homme dispose du moyen d’accéder à la vérité. Les mathématiques sont un modèle de raisonnement démonstratif : elles démontrent ce qu’elles affirment.

Le projet de Descartes consiste à expliciter la méthode des mathématiciens puis à appliquer cette méthode à toute science. Dans le Discours de la méthode (1637), Descartes énonce les 4 règles de sa méthode, censées nous permettre d’atteindre la vérité avec certitude et uniquement par l’usage bien réglé de la raison :

  • La règle de l’évidence : elle consiste à ne considérer vrai que ce que je peux concevoir de manière claire et distincte. Une idée est claire et distincte lorsqu’elle s’impose à l’esprit avec évidence, de telle sorte qu’il ne peut lui refuser son adhésion. À la base de toute démonstration, il faut, dit Descartes, qu’existent des idées dont la vérité se voit d’elle-même et qui n’ont pas besoin pour cette raison d’être démontrées.
  • La règle de l’analyse : lorsqu’on a un problème à résoudre, il convient de réduire la difficulté en analysant le problème c’est-à-dire en décomposant le problème qui nous fait face en ses éléments constituants : on se rend compte que ce qui apparaissait complexe peut se révéler simple si je procède à ce travail d’analyse.
  • La règle de la déduction : il s’agit de « conduire par ordre ses pensées », des « objets les plus simples » aux « plus composés ». Pour construire un savoir rigoureux, il faut donc partir des éléments simples qu’on a découverts par analyse : une fois que le complexe a été analysé, je suis à même de comprendre ce qui le constitue ; je peux alors déduire logiquement le complexe à partir du simple. 
  • La règle du dénombrement : il s’agit de s’assurer qu’on n’a rien oublié dans le raisonnement. Les dénombrements ne sont valables que s’ils sont suffisants c’est-à-dire conçus de manière à ne laisser échapper aucun élément.

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