Corrigé de Philosophie (3/3 ) Explication de texte du Bac S Pondichéry 2018

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Retrouvez sur digiSchool le corrigé de philosophie du Sujet 2, Bac S Pondichéry 2018, rédigé par professeur de l'Éducation nationale. Le sujet était "Une loi injuste vaut-elle mieux que l'absence de loi ?"

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Corrigé de Philosophie (3/3 ) Explication de texte du Bac S Pondichéry 2018

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SUJET 3 : EXPLICATION DE TEXTE DE PLOTIN, ENNÉADES

Quelques éléments d’explication :

  • Les thèmes principaux du texte : les rapports de l’âme et du corps.
  • Le(s) problème(s) auquel se confronte l’auteur : le corps est-il un simple instrument de l’âme ? Peut-on parler d’une union entre l’âme et le corps ? Cette union est-elle un « entrelacement réciproque », une fusion totale, ou bien l’âme est-elle en partie séparée du corps ? Si l’âme n’est pas totalement unie au corps, comment expliquer que l’âme puisse être influencée par le corps, et le corps par l’âme ? Comment deux réalités de nature différente peuvent-elles communiquer entre elles ?

1ER PARAGRAPHE

  • L’âme et le corps forment ensemble ce qu’on appelle l’« animal » ; ce qui signifie que le terme « animal » désigne tout être vivant, tout être composé d’une âme et d’un corps.
  • Plotin envisage une première relation possible entre l’âme et le corps : le corps serait comme « l’instrument » de l’âme, comme un outil dont elle se sert. Si le corps n’est qu’un instrument de l’âme, alors celle-ci n’est pas obligée « d’accueillir en elle les affections du corps », ce qui signifie qu’il n’est absolument pas nécessaire qu’elle éprouve telle impression venant du corps : l’artisan ne ressent pas ce qu’éprouvent ses outils.
  • Autrement dit, si le corps est instrument de l’âme, alors l’âme n’est pas contrainte par le corps, elle ne subit pas nécessairement ce que le corps ressent : si le corps est un simple outil pour l’âme, alors celle-ci a une certaine indépendance vis-à-vis du corps, puisque ce que le corps ressent elle ne le ressent pas.
  • Mais, pour que l’âme puisse se servir du corps, il faut qu’elle connaisse le corps, comme l’artisan connaît les outils qu’il utilise ; or pour connaître le corps, il faut qu’elle ressente les impressions vécues par le corps. Ce qui signifie que l’âme se sert d’un instrument (le corps) et manifeste une certaine indépendance vis-à-vis de lui (puisqu’elle peut s’en servir, l’âme exerce ainsi une maîtrise sur lui) mais cette maîtrise suppose qu’elle connaisse cet instrument dont elle se sert. Pour que l’âme puisse connaître le corps, il faut qu’elle ne soit pas totalement séparée de lui. 
  • L’âme éprouve des peines et des souffrances, « et tout ce qui arrive au corps » : c’est en se rendant attentif à ce qu’éprouve le corps, c’est en éprouvant ce qu’il éprouve, que l’âme peut s’en rendre maître : il sera difficile pour l’âme de se rendre maître du corps, car celui-ci lui transmet un certain nombre de passions (l’âme est affectée par le corps), mais pour se rendre maître de lui elle doit ressentir, éprouver, connaître le corps, car on ne peut maîtriser ce qu’on ignore.

2EME PARAGRAPHE 

  • Comment peut-on expliquer que l’âme puisse être affectée par le corps si celle-ci manifeste une certaine indépendance vis-à-vis du corps ? Comment une réalité corporelle peut-elle communiquer des impressions à l’âme ? Ce qui revient à poser le problème suivant, au cœur de ce texte : comment deux réalités de nature différente (l’une corporelle, et l’autre spirituelle) peuvent-elle communiquer ? Comment l’une (l’âme) peut-elle être affectée par l’autre (le corps) ?
  • Si le corps est un simple instrument de l’âme, alors celle-ci garde une certaine indépendance vis-à-vis du corps. Si l’âme est « un principe qui se sert du corps », alors l’âme et le corps sont deux réalités de nature distincte puisque l’une est spirituelle et maîtrise, tandis que l’autre est une réalité corporelle, maîtrisée.
  • Cependant, Plotin s’interroge : cette séparation entre l’âme et le corps est effectuée « par la pratique de la philosophie », c’est-à-dire par la réflexion (c’est en réfléchissant sur l’âme et le corps qu’on en vient à considérer que ce sont deux réalités distinctes, car il semble y avoir en nous un principe directeur, qui tente de maîtriser une réalité corporelle) ; mais qu’en était-il avant que la philosophie ne parvienne à l’idée d’une telle séparation ?
  • L’âme et le corps composent l’être vivant, ils sont mêlés au sein d’une même réalité (l’être vivant) ; si le corps est l’instrument de l’âme, alors nous avons affaire à deux réalités distinctes, mais cette distinction n’a été établie que suite à la réflexion qui considère que l’un (le corps) est l’instrument de l’autre (l’âme) ; sans une telle réflexion, il n’y aurait pas de distinction entre l’âme et le corps.
  • Si l’âme et le corps sont unis, de quel type d’union s’agit-il ? Un « entrelacement réciproque » ? Soit 1) l’âme est totalement unie au corps, et « n’est point séparée de lui », mais dans ce cas il est impossible de concevoir le corps comme l’instrument de l’âme ; soit 2) l’âme est en partie séparée du corps, et « se sert de lui », ce qui signifie que le corps est l’instrument de l’âme. La première hypothèse nous entraîne à renoncer à l’idée d’une maîtrise du corps par l’âme (il ne serait plus possible de comparer l’âme à l’artisan qui maîtrise l’outil qu’il utilise) ; la deuxième hypothèse conduit à renoncer à l’idée d’une totale union entre l’âme et le corps : une partie de l’âme « est séparée du corps » et se sert de lui comme d’un instrument (ce qui rend possible une certaine maîtrise de l’âme sur le corps) « et une autre partie y est mélangée », ce qui rend possible la communication entre l’âme et le corps.

  • Pour qu’une relation soit possible entre l’âme et le corps, il faut que le corps et l’âme ne soient pas totalement séparés : une partie de l’âme doit donc être « mélangée » au corps ; mais si l’union de l’âme et du corps était totale, cela rendrait impossible toute maîtrise du corps par l’âme : en effet, pour qu’une telle maîtrise soit possible, il faut qu’une partie de l’âme puisse se servir du corps comme d’un instrument, tel l’artisan qui se sert d’un outil, et ainsi il faut qu’une partie de l’âme demeure indépendante vis-à-vis du corps.

Fin de l'extrait

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