Corrigé de Philosophie (2/3) Bac S 2018

Corrigé de Philosophie (2/3) Bac S 2018

Retrouvez dès la fin de l'épreuve le corrigé de Philosophie du Bac S 2018. Le sujet était " éprouver l'injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?" Tous nos corrigés sont réalisés par des professeurs de l'Éducation nationale !

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Corrigé de Philosophie (2/3) Bac S 2018

Le contenu du document

 

 

SUJET 2 : Éprouver l’injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ?

Erreurs à éviter :

- Reprendre la question du sujet comme problématique

- Citer des auteurs ou des exemples sans les expliquer ni les intégrer dans la problématique

- Mettre plus d’une idée par sous-partie

- Ne pas faire de transition

- Ne pas englober tous les termes du sujet dans son raisonnement (penser à « juste » et « injustice », mais aussi à « éprouver », « nécessaire », « savoir »)

La connaissance de la justice, càd de ce qui est adéquat au droit civil ou au droit naturel (jus (latin) > droit), ne semble pas impliquer nécessairement d’avoir vécu son opposé. Ex : je connais les lois de mon pays.

Mais quelqu’un qui n’a jamais subi l’injustice, càd la négation de ses droits, peut ignorer la valeur morale et civique de ces droits. Ex : quelqu’un qui a été privé de la liberté d’expression par un régime oppressif se bat pour elle, le fait qu’il en manque lui révèle qu’elle est nécessaire et précieuse Problématique : dans quelle mesure la négation de la justice permet-elle d’en prendre connaissance ?

I – Subir l’injustice permet de saisir la nécessité de construire une société juste

A. On ne se rend compte de la valeur de la justice qu’une fois qu’on l’a perdue.

Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation : on ne s’aperçoit de la valeur d’un bien que lorsqu’on l’a perdu. Ce qui nous paraît ordinaire nous indiffère, tandis que sa perte nous accable. Ex : on ne se réjouit pas de sa santé mais quand on est malade, elle nous manque. De même, la justice est pour nous un état normal, et c’est le fait de subir l’injustice qui nous fait réfléchir à la justice et la désirer. La condition nécessaire pour apprécier un bien est son absence.

B. Subir l’injustice entraîne la révolte et la revendication pour la justice.

L’injustice se manifeste par des inégalités, des discriminations et d’autres négations du droit de la personne humaine. Ex : Rosa Parks, arrêtée par la police en 1955 pour avoir refusé de céder sa place à un blanc dans un bus. Est devenue une figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, avec Martin Luther King. En se sachant digne du même respect et porteuse des mêmes droits que les blancs, elle fait l’expérience de l’injustice morale des institutions légales (la police, le droit civil). Son vécu de personne discriminée lui permet de voir que l’Etat n’est pas juste, càd pas conforme à la morale, au bien, et donc de revendiquer l’égalité des droits pour atteindre la justice.

Transition :

subir l’injustice est nécessaire pour éprouver un élan profond vers la justice, mais cela est-il nécessaire pour connaître son essence ?

II – Mais subir l’injustice ne renseigne pas sur la nature même de la justice

A. Pour connaître et mettre en œuvre la justice, il faut contempler son idée.

Si l’on considère la justice comme source des autres vertus et condition de leur exercice harmonieux, il n’est pas nécessaire d’éprouver l’injustice pour savoir ce qui est juste : il suffit de contempler l’idée de justice, càd d’avoir une connaissance intellectuelle de son essence. Platon, La République : la justice, c’est la faculté d’attribuer à chacun ce qui lui revient. C’est l’harmonie, la concordance entre différentes puissances : les hommes dans la cité (les philosophes la dirigent, les guerriers la protègent et les artisans l’alimentent) et les facultés dans l’âme (la raison dirige, l’agressivité protège et le désir alimente).

B. La justice est une construction qui s’appuie sur les lois naturelles et sur la raison.

Hobbes, Le Léviathan : la justice dépend du pouvoir souverain de l’Etat, qui décide en fonction des règles de la raison et des lois naturelles commandées par Dieu. La justice ne peut être que positive et non pas naturelle, au sens où il n’y a pas de droit à l’état de nature mais seulement un état de guerre de tous contre tous. « L’homme est un loup pour l’homme ». Il faut sortir de cet état primitif d’injustice par des lois civiles rationnelles, afin d’instituer la justice. Alors que l’injustice se base sur les passions et est stérile, la justice se base sur la raison et permet l’ordre social et le développement de la civilisation.

Transition :

la justice est connue par une construction rationnelle plus que par l’expérience personnelle de l’injustice. Pour autant, en quoi une théorie de la justice doit-elle impérativement s’en nourrir ?

III – L’expérience de l’injustice est une condition nécessaire mais pas suffisante pour savoir ce qui est juste

A. Il faut joindre expérience empirique et connaissance intellectuelle de ce qui est juste ou non

Bacon, Novum Organum : c’est en joignant la théorie (les connaissances acquises par le raisonnement et la démonstration) et l’expérience, l’observation empirique, l’induction, qu’on peut parvenir à la connaissance d’une chose. Dans le domaine juridique comme moral de la justice, il faut s’appuyer sur des actes justes et sur des actes injustes, comprendre ce qui les départage, comprendre ce qui est commun à tous les actes justes d’une part et à tous les actes injustes d’autre part, pour ensuite retirer intellectuellement l’essence de la justice et de l’injustice.

B. Il faut prendre en compte le sentiment d’injustice dans la théorie de la justice

Rawls, Théorie de la justice : il produit une fiction selon laquelle des individus rationnels calculent la répartition des biens dans une société à l’intérieur de laquelle ils ignorent totalement ce que sera leur position sociale. C’est une situation d’équité. Il en sort : 1/ le principe d’égalité (ces individus décident que chaque personne doit avoir le système de libertés le plus étendu possible) et 2/ le principe de différence (les inégalités sociales ne sont justifiées que si elles sont avantageuses à chacun). Donc si la société doit s’enrichir, c’est de manière à ce que les classes inférieures le fassent aussi. Une théorie de la justice vraiment efficace tient compte de manière centrale des expériences d’injustice que peuvent avoir les moins favorisés dans la société.

Conclusion :

Prendre en compte l’expérience de l’injustice est nécessaire pour bâtir une théorie de la justice sensible aux droits de tous. Il ne suffit pas de voir ses droits bafoués pour avoir une connaissance de ce qui est juste, mais ce vécu de l’injustice doit être inclus dans la construction de l’idée de justice.

Fin de l'extrait

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