Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac S Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac S Pondichéry 2016

Nous vous proposons le corrigé du sujet de Philosophie du bac S de Pondichéry 2016. Ce document est la correction du sujet 3, l'explication de texte de Ciceron, Des biens et des maux.

Les notions en jeu dans ce texte de Ciceron sont la morale, le bonheur et la démonstration. Le corrigé a été fait par l'un de nos professeurs de philosophie et n'est pas un "corrigé type" mais il est une piste de réflexion pour ce sujet de Philosophie du Bac S de Pondichéry 2016.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le corrigé de l'explication de texte de Philosophie du Bac S de Pondichéry 2016 !

Corrigé de Philosophie : Sujet 3, Explication de texte - Bac S Pondichéry 2016

Le contenu du document


CORRIGE DU SUJET N° 3 EXPLICATION DE TEXTE

TEXTE DE CICERON, DES BIENS ET DES MAUX

(1ER SIECLE AV. JC)

Notions en jeu : la morale, le bonheur, la démonstration.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet d’explication de texte. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs, même s’il faut méthodiquement procéder de manière linéaire (expliquer ligne après ligne, du début à la fin, et montrer comment l’argumentation se déroule). Ce corrigé se veut donc avant tout une explication d’un texte et des attentes que suppose cette épreuve différente de la dissertation, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


TEXTE A EXPLIQUER

 « Tout ce qui est bon est louable ; or, tout ce qui est louable est honnête ; donc tout ce qui est bon est honnête. » La conséquence te paraît-elle bien tirée ? Certes ; car tu vois bien que la conséquence est dans ce qui résulte des deux propositions prises pour prémisses(1). De ces deux propositions, on a l’habitude de contester la première en disant qu’il n’est pas vrai que tout bien est louable ; car on accorde que tout ce qui est louable est honnête ; mais il est tout à fait absurde qu’il y ait un bien qui ne soit pas une chose à rechercher, ou une chose à rechercher qui n’agrée pas, ou une chose qui agrée qui ne soit pas digne d’être aimée, donc aussi digne d’être approuvée, par conséquent aussi louable ; or le louable est honnête ; il en résulte que ce qui est bien est aussi honnête. Je demande aussi qui pourrait se glorifier d’une vie malheureuse ou d’une vie qui n’est pas heureuse ? On ne peut tirer gloire que d’une vie heureuse : d’où il résulte que la vie heureuse est digne d’être glorifiée, qualité qui ne peut appartenir à bon droit qu’à une vie honnête : et de là vient qu’une vie heureuse est une vie honnête... Et puisque l’homme qui mérite d’être loué est désigné pour l’honneur et pour la gloire par des avantages si grands qu’il mérite aussi d’être appelé heureux, on aura le droit de dire de sa vie ce qu’on dit de lui-même. Ainsi, puisque l’honnêteté détermine la vie heureuse, ce qui est honnête doit être tenu pour le seul bien. 

CICERON, Des Biens et des maux (1er siècle avant J.C.) 

(1) Prémisse : point de départ d’un raisonnement 

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question. 




PRESENTATION DU SUJET 3 DE PHILOSOPHIE DU BAC S DE PONDICHERY 2016

Texte de Cicéron, auteur romain, à la croisée de plusieurs notions. En effet, il y est avant tout question d’un problème moral, mais l’auteur mobilise aussi le bonheur et la démonstration. 

Dans une certaine tradition grecque, le sentiment de bonheur s’envisage parallèlement à celle de bien, et c’est par la démonstration que Cicéron mène son raisonnement. 

La tâche essentielle du lecteur consiste à décrypter les différentes démonstrations du texte. 


INTRODUCTION

Dans ce texte, extrait de l’ouvrage Des biens et des maux, Cicéron traite de la question du bonheur, et cherche à déterminer ce que l’homme doit rechercher pour prétendre à une vie heureuse. 

Pour l’auteur, les clés d’une vie heureuse sont complexes. Surtout, le bonheur ne s’envisage pas indépendant de préoccupations morales : on est heureux qu’à condition d’être honnête.

Dans la continuité d’une certaine tradition grecque, Cicéron envisage donc la recherche du bonheur non pas comme un processus personnel, qui ne concernerait que soi, mais dans un souci collectif, dépendant donc du rapport avec autrui. 

Il s’agit d’une position qui mérite d’être pensée : on sait en effet, par expérience, que si l’homme tend généralement vers le bonheur, et souhaite tout autant, de manière générale, celui des autres en tant qu’il favorise la mise en place de conditions favorables au sien, la cohabitation des desseins de chacun n’est pas toujours chose aisée (cf. hédonisme). Par conséquent, il est intéressant d’inscrire le bonheur dans un horizon moral. 

Le raisonnement de Cicéron se décompose en deux grandes parties. Dans la première, il s’agit de démontrer que le bien moral et l’honnêteté ne s’envisagent pas l’un sans l’autre. Une fois ceci fait, Cicéron s’emploie à montrer que la vie heureuse repose nécessairement sur l’honnêteté et que par conséquent, cette dernière est le véritable but à atteindre. 


PREMIERE PARTIE - DEMONSTRATION 1 : CE QUI EST BON EST HONNETE

« Tout ce qui est bon est louable ; or, tout ce qui est louable est honnête ; donc tout ce qui est bon est honnête. » La conséquence te paraît-elle bien tirée ? Certes ; car tu vois bien que la conséquence est dans ce qui résulte des deux propositions prises pour prémisses. »

Présentation globale du syllogisme. Les deux prémisses sont « tout ce qui est bon est louable » et « tout ce qui est louable est honnête ». La conséquence, logique et irréfutable dés lors que l’on considère les prémisses comme vrais, est donc la suivante : « tout ce qui est bon est honnête ». 

« De ces deux propositions, on a l’habitude de contester la première en disant qu’il n’est pas vrai que tout bien est louable ; car on accorde que tout ce qui est louable est honnête »

Questionnement sur la valeur des prémisses. Si le second ne semble souffrir d’aucune contestation, le premier peut poser problème et Cicéron va donc s’employer à prouver sa vérité : 

« mais il est tout à fait absurde qu’il y ait un bien qui ne soit pas une chose à rechercher, ou une chose à rechercher qui n’agrée pas, ou une chose qui agrée qui ne soit pas digne d’être aimée »

Il s’agit donc ici de légitimer la première prémisse à travers trois exemples : tout bien mérite d’être désirer, et inversement, si une chose est désiré, c’est qu’elle est fondamentalement bonne, qu’elle est plaisante ou nous convient (agréer).  

« donc aussi digne d’être approuvée, par conséquent aussi louable »

D’après ce qui vient d’être dit, toute chose bonne mérite d’être recherché, et par conséquent, est nécessairement louable. 

« or le louable est honnête ; il en résulte que ce qui est bien est aussi honnête »

Cicéron retrouve son syllogisme de départ. Il a montré la véracité de la première prémisse, et reprenant le second, il peut conclure, cette fois-ci argument à l’appui, que sa démonstration est juste. Ce que l’on retient : tout ce qui est bon est honnête. 


DEUXIÈME PARTIE - DEMONSTRATION 2 : LE BONHEUR REPOSE SUR L’HONNETETE

« Je demande aussi qui pourrait se glorifier d’une vie malheureuse ou d’une vie qui n’est pas heureuse ? »

Phrase de transition qui ouvre sur la deuxième partie du raisonnement. Il s’agit de faire intervenir la notion de bonheur. Pour cela, Cicéron construit un deuxième syllogisme : 

« On ne peut tirer gloire que d’une vie heureuse : d’où il résulte que la vie heureuse est digne d’être glorifiée »

La première proposition est la suivante : « une vie heureuse mérite d’être glorifiée ». 

« qualité qui ne peut appartenir à bon droit qu’à une vie honnête »

Il faut lire ici la seconde proposition : « quelque chose de glorifiant est nécessairement honnête »

« et de là vient qu’une vie heureuse est une vie honnête... Et puisque l’homme qui mérite d’être loué est désigné pour l’honneur et pour la gloire par des avantages si grands qu’il mérite aussi d’être appelé heureux, on aura le droit de dire de sa vie ce qu’on dit de lui-même. »

D’où la conclusion de la démonstration, qui repose sur les deux prémisses : si une vie heureuse mérité la gloire, et que la gloire repose sur l’honnêteté, alors il n’y a pas de vie heureuse qui ne soit aussi honnête. Il s’agit ensuite d’étendre les observations particulières, à l’échelle d’un individu, pour en faire un principe général.   

« Ainsi, puisque l’honnêteté détermine la vie heureuse, ce qui est honnête doit être tenu pour le seul bien. » 

On peut résumer les différentes démonstrations. Ce qui est bon est louable, et ce qui est louable est honnête, donc ce qui est bon est honnête. Le bonheur est glorifiant, et ce qui est glorifiant est honnête, donc le bonheur repose sur l’honnêteté. Par conséquent, puisqu’à la fois le bien et vie heureuse reposent sur l’honnêteté, c’est cette dernière qu’il faut prendre pour but, en tant qu’elle fera de l’homme un être heureux et bon. 

Fin de l'extrait

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