Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac S Pondichéry 2016

Corrigé de Philosophie : Sujet 1 - Bac S Pondichéry 2016

digiSchool Bac S met à votre disposition le corrigé de Philosophie du Bac S de Pondichéry 2016. Le sujet traité ici est : La religion n'est-elle qu'un fait de culture ?

Les notions étudiées ici sont évidemment la religion et la culture. Notre professeur de philosophie vous propose son corrigé de l'épreuve de philosophie du Bac S de Pondichéry 2016 : ce n'est pas un corrigé-type officiel, mais bien une proposition de correction.

Téléchargez gratutiement ci-dessous le corrigé du sujet 1 de philosophie du Bac S de Pondichéry 2016 : La religion n'est-elle qu'un fait de culture ?

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LA RELIGION N’EST-ELLE QU’UN FAIT DE CULTURE ?

INTRODUCTION

Parmi les différentes étymologies latines du terme religion, il en existe deux principales. L’une renvoie à relegere, qui signifie relire, l’autre à religare, qui signifie relier. Si la première demeure floue pour le profane, l’interprétation de la seconde nous apparaît comme plus ou moins évidente : la religion est ce qui permet de relier l’homme à Dieu, ou encore de relier les hommes entre eux autour de principes communs.

Or, si l’on laisse de côté l’aspect transcendant de la religion, nous ne pouvons que constater sa familiarité évidente avec la notion de culture, tout autant marquée par la mise en rapport des hommes. En effet cette dernière, au delà de son opposition avec la nature, prend racine dans l’échange : la culture, davantage que relier les hommes, présuppose ou accompagne, jusqu’à s’y confondre, toute vie en communauté. En outre, et c’est précisément l’objet de certaines critiques formulées à l’encontre de la religion, l’existence de Dieu elle-même, en tant que possible création humaine, peut tout à fait apparaître comme un trait culturel.  

Mais peut-on pour autant résumer la religion à la sphère culturelle ? En effet, si l’on admet son existence dans certaines sociétés animales (cf. 11e conférence de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage), la culture ne suffit plus à distinguer l’homme de l’animal, ce que continue de faire la religion. C’est pourquoi nous nous demanderons ce qui fait la spécificité religieuse vis-à-vis de la culture. 

Pour répondre à cela, nous aborderons d’une part les similitudes fonctionnelles de la culture et de la religion, et d’autre part ce qui les distingue, pour enfin essayer de définir en quoi la religion peut relever d’une certaine forme de « relecture » de la culture. 

 

PREMIERE PARTIE

LES FONCTIONS COMMUNES DE LA CULTURE ET DE LA RELIGION

  • Principes communs : religions et cultures se construisent sur des principes communs. Il y a, dans les deux cas, comme une nécessité de les respecter et un risque d’exclusion si ce n’est pas le cas. 
     
  • Relier : ces principes communs encouragent les liens entre les hommes. On est attiré et rassuré par ses semblables, et « l’étranger » est souvent une source de peur.
     
  • Vivre-ensemble : la civilisation existe parce que les hommes se sont rassemblés (fonctions des échanges : Platon, Hobbes, Rousseau) et la culture, comme la religion participent à affirmer les règles de vie des communautés.  

 

  • Conflits et conséquences néfastes : en contrepartie, en formant des groupes, cultures et religions sont à la base de nombreux conflits (guerres de religion, conflit idéologiques entre pays, régions, ou encore entre classes sociales), mais aussi de comportements relatifs à l’abandon de soi-même (radicalisme religieux, normalisation des individus, culture de masse, etc. : Nietzsche, Freud). 

 

 

TRANSITION

Religions et cultures partagent certaines choses, des qualités comme des défauts, mais s’opposent aussi sur d’autres. 

 

DEUXIEME PARTIE

LES DISTINCTIONS ENTRE LA CULTURE ET LA RELIGION

  • Si l’on admet l’existence de Dieu, il existe une différence fondamentale : la religion à une origine divine tandis que la culture est humaine. 

 

  • Les traits culturels, avant de devenir des habitudes ou des normes, émergent par eux-mêmes, dans une certaines contingence : les principes religieux s’imposent aux croyants. Les cultures sont aussi plus souples que les religions qui, par principes, n’autorisent que très peu d’écarts. 

 

  • Cette autorité empêche ou freine  l’évolution des religions, d’où le retard qu’elles semblent avoir sur la réalité et les préoccupations de la société civile (exemple : mariage gay). Les cultures de leur côté ne cessent de se modifier, notamment à travers leurs rapports mutuels. 

 

  • Davantage qu’un mode de vie, la religion, contrairement à la culture, projette un dessein à l’humanité (cf. eschatologie). De manière générale, la religion, à travers la théologie, accompagne la pratique d’un discours théorique essentiel. 

 

TRANSITION

L’autorité et la rigidité des dogmes religieux trouvent une justification dans ce qui manque précisément à la culture, à savoir, et de manière quelque peu paradoxale, une disposition à imaginer, à travers des facultés proprement humaines (l’esprit, la raison), un sens à la vie. 

 

TROISIEME PARTIE

LA RELIGION COMME RELECTURE CULTURELLE

  • Saint Augustin a proposé plusieurs interprétations de l’étymologie relegere du mot religion. Il y est question d’une « relecture de Dieu en soi » qui traduit la médiation de Dieu à travers l’homme. Il introduit aussi la notion de choix à travers le latin re-eligere : le « choix renouvelé de Dieu », ou la « lecture renouvelée » qui peuvent apparaître comme une sorte d’évaluation des modes de vie et des comportements humains (rappelant l’évaluation nietzschéenne de l’éternel retour). La religion serait comme une prise de recul sur notre propre culture. 

 

  • La notion de relecture peut aussi apparaître à un autre niveau. Comme on l’a mentionné, même si elle demeure rudimentaire, il existe une culture chez certains animaux. De fait, la culture humaine marque une continuité avec celle de l’animal. La religion pourrait donc être interprétée comme une forme supérieure de culture, relative aux capacités de la raison, qui pour le coup distinguerait vraiment l’homme de l’animal :
    - La connaissance de l’homme et du monde s’enrichie et se complexifie.
    - La morale vient remplacer les simples rapports sociaux.
    - Le sens et la finalité de la vie supplantent le seul besoin de survie. 



CONCLUSION

Religions et cultures sont proches, notamment en ce qui concerne leur fonction commune de relier et d’organiser la vie en commun des hommes. 

Cependant, considérer la religion comme un simple fait de culture reviendrait à limiter l’importance et l’influence de celle-ci dans l’histoire de la civilisation humaine. Contrairement à la culture, présente chez les animaux, la religion apporte une dimension supplémentaire à la vie humaine. 

C’est la raison pour laquelle il nous semble intéressant de la considérer, en prenant en compte ses similitudes évidentes avec la culture, comme une forme supérieure de civilisation, ceci ne remettant aucunement en cause ses qualités ou ses défauts : en tant que culture, justement, la religion doit pouvoir s’adapter, se corriger ou se « relire » quand le besoin se fait sentir. 

 

CONSEILS

Sujet regroupant deux notions importantes, il est nécessaire de faire le tri dans ses connaissances, en insistant, comme la question l’invite, sur ce qui concerne le rapport possible entre les deux notions. Toute la difficulté étant, puisque ces dernières sont proches, d’aborder un certain nombre de choses tout en ne les traitant pas en profondeur.

Le rapport nature/culture, fondamental dans la notion de culture, est peut-être à éviter en tant qu’il s’adapte difficilement à une problématique incluant la religion. 

Ne pas hésiter à intégrer des exemples contemporains. 

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

Krousti
5 5 0
20/20

La correction est intéressante. Je trouve cependant qu'elle ne questionne pas l'ensemble du sujet car elle fait avant tout (dans les deux premières parties) une liste des points communs et des différences entre culture et religion. A mon avis, il y aurait un intérêt à s'intéresser au couple culture/nature et culture/civilisation. Ex: la religion est la religion des hommes( donc phénomène culturel) mais elle n'est pas la religion de l'Homme (on ne voue pas qu'un culte à l'humanité mais on essaie d'expliquer la vie autour de nous=nature).

par - le 14/06/2016

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