Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017 Washington

Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017 Washington

Consultez gratuitement le corrigé du sujet 2 de Philosophie du Bac S 2017 de Washington (Amérique du Nord).
Voir le sujet de Philosophie

La question posée ici se rapporte au grand domaine « La culture », au programme de terminale S qui est aussi un concept philosophique qu’il faudra veiller à définir lors de la réflexion. L’énoncé, "Peut-on être trop cultivé ?", propose ici une réflexion en termes de valeur. Il faudra donc être attentif aux notions de pluralité culturelle, de relativité.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le sujet corrigé de Philosophie du Bac S d'Amérique du Nord 2017 !

Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017 Washington

Le contenu du document


PEUT-ON ETRE TROP CULTIVE ?

Notions en jeu : la culture.


PRESENTATION DU SUJET


La question posée ici se rapporte au grand domaine « La culture », au programme de terminale S qui est aussi un concept philosophique qu’il faudra veiller à définir lors de la réflexion. L’énoncé propose ici une réflexion en termes de valeur. Il faudra donc être attentif aux notions de pluralité culturelle, de relativité. 

Niveau de difficulté : intermédiaire. 


DEFINITION DES TERMES

• peut-on : du verbe « pouvoir » , cet opérateur questionne la possibilité, il faudra se demander si oui ou non, il est possible d’être « trop cultivé » et à quelles conditions 

• être : le verbe « être » marque un état, voire un constat. Toutefois, dans son utilisation philosophique, il invite à questionner la nature des choses, leur essence. 

• trop : le terme « trop » introduit un jugement de valeur. « Trop » est différent de « très ». Il indique que la quantité est jugée trop grande, qu’elle dérange. Il y a une dimension péjorative dans la formule ici posée. 

• cultivé : adjectif mélioratif, indique la qualité de celui qui possède une grande culture. Une personne cultivée est souvent appréciée pour son savoir étendu, c’est la figure de l’homme lettré, de l’homme de goût. 

• culture : 1) culture de l’homme cultivé, éduqué ; 2) culture au sens sociologique, celle de l’homme qui appartient à une culture (langage, histoire, art, religion…). 


PROBLEMATISATION

La problématisation est sans doute l’étape clé de votre dissertation. Il s’agit de montrer ce qui pose problème dans le sujet, à l’aide de la définition des termes effectuée précédemment. Attention, problématiser ce n’est pas simplement reformuler l’énoncé, c’est mettre en tension les termes pour montrer l’intérêt philosophique de la question. 


A la question « Peut-on être trop cultivé ? », on serait tentés de répondre «  bien sûr que non ! ». C’est justement votre indignation qui doit vous aider à construire une mise en tension puis une problématique. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui se cache derrière cette question et qui suscite une réponse plus complexe et progressive. A priori, on ne peut jamais être trop cultivé. Depuis l’enfance jusqu’à la fin de leur vie les hommes s’éduquent, apprennent : à l’école, en faisant des lectures, en allant au musée, au théâtre. Le chemin de la culture paraît être une quête sans fin. 

Mais cependant, il y a peut-être des réserves à émettre sur cette première position. Comme l’indique le terme « trop » dans l’énoncé, la culture peut être jugée en termes de valeur. A quelles conditions la culture peut-elle être dangereuse ou peu souhaitable ?  Comme la culture est relative, on pose aussi la question de la légitimité d’une forme de culture par rapport à une autre. Si l’on peut être « trop cultivé » cela veut aussi dire que l’on peut l’être « pas assez » et que cette distinction introduit un jugement de valeur entre les différentes cultures et donc les différents peuples. 


La tension est ici sensible : soit la culture est uniquement positive soit elle peut être considérée comme un danger dont il faudrait se prévenir. 


Cela amène la problématique : Comment réconcilier ces deux positions radicales : l’une qui ferait l’éloge de la culture et l’autre qui en ferait le blâme ? À quelles conditions la culture est-elle uniquement bénéfique ? 


PROPOSITION DE PLAN

I. L’éloge de la culture : on ne peut pas être « trop cultivé » car la culture est par nature une acquisition perpétuelle, une progression toujours inachevée, sans fin. 

1. La distinction entre culture et nature

La notion centrale de « culture » peut être définie de deux façons. On parle d’abord de la culture de l’homme d’éducation, de l’homme cultivé. Mais un autre sens, plus général et qui est aussi à considérer ici est la culture au sens sociologique, ensemble de savoirs qui façonnent une société : son langage, son art, son histoire, ses religions… 

La notion de culture est classiquement opposée à celle de nature. Ce qui est de l’ordre du culturel est acquis, contrairement au naturel, qui est inné. L’essence de la culture est donc de n’être jamais « trop » car elle est le fruit d’un apprentissage continu, au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Cette distinction permet donc d’affirmer la dimension essentiellement inachevée de la culture. 


2. L’éducation : un processus sans fin

Au niveau individuel, « se cultiver », se façonner une culture, est par définition une entreprise sans limite, continu (cf. Gargantua, Rabelais). Cela commence dès la petite enfance, par l’apprentissage du langage par imitation des parents, puis continue à l’école, puis par l’intermédiaire de loisirs : lecture, théâtre, musique, expositions, cinéma, langues étrangères… On peut toujours apprendre davantage et les matériaux sont innombrables. 


3. La valeur sociale de la culture ; on est jamais « trop » cultivé car la culture va avec une reconnaissance sociale, une considération

La raison majeure pour laquelle la question peut, de prime abord, choquer est que la culture est considérée comme essentiellement positive socialement. C’est une qualité, un atout. L’homme « cultivé » est considéré comme une personne de bon goût, comme une bonne fréquentation. Le « capital culturel » d’une personne va souvent avec un « capital social », une reconnaissance par la société. 

On peut ici penser à la politique éducative menée par la 3ème République. Dans le contexte de rivalité France-Allemagne, l’éducation et la culture jouaient un rôle important. Façonner de petits français cultivés était pour le pays une façon d’exprimer sa supériorité par rapport à son voisin et à en partie motivé les grandes avancées faites dans le domaine de l’éducation publique à la fin du 19ème siècle. 


II. Limites de la culture : cependant, la culture peut être dangereuse à plusieurs égards.

On étendra ici la définition de la culture au sens de l’ensemble des valeurs et des pratiques qui définissent une société. 


1. La culture permet-elle d’être heureux ?

On peut ici se demander si la culture n’est pas source d’inquiétude et donc de troubles pour atteindre le bonheur individuel. On s’inspirera ici de la pensée des Lumières. Au XVIIIème, ces philosophes (dont Voltaire ou encore Denis Diderot) ont revalorisé la vie sauvage, la vie de nature à travers la figure mythique du « bon sauvage » opposé à la figure de l’Européen, « dénaturé », trop conscient des malheurs du monde pour atteindre la quiétude du « bon sauvage ». 

On peut penser ici à l’Histoire d’un bon Bramin, petit conte philosophique écrit par Voltaire en 1759. Le Bramin est un homme très instruit mais très malheureux car il sait comme le monde va mal. Pour se soulager, il épouse sa voisine très sotte et choisit la félicité à la raison. Ce conte du Bramin rappelle la figure de « l’imbécile heureux », qui fait penser que l’ignorance peut être plus désirable que le savoir et la culture. 


2. La culture est-elle toujours morale ?

Si l’on peut être « trop cultivé » cela signifie que l’on peut aussi ne l’être « pas assez ». Ces jugements de valeur sur le degré de culture et la culture légitime ont sans doute été, dans l’histoire, la cause de persécutions. En effet, certains peuples se sont considérés comme le modèle culturel unique, ce qui leur conférait tous les droits sur d’autres peuples dont ils jugeaient que la culture était une « sous-culture ». On peut penser ici aux campagnes de conversion religieuse menées par les espagnoles en Amérique du Sud. La colonisation espagnole a décimé des populations entières parce que les conquistadors se croyaient plus cultivés et détenteurs de la culture universelle. 


III. Peut-être peut-on proposer une réconciliation : la culture doit être humble et consciente de ses propres limites pour avancer vers le progrès.

1. La relativité essentielle de la culture

Avant de porter tout jugement de valeur sur la culture, il faut prendre conscience de sa relativité. La culture est d’abord liée à une certaine société, à un instant T de l’histoire et à un certain endroit. La culture n’est donc pas universelle et absolue, même à l’heure de la culture de masse. Il faut faire attention donc à la pluralité culturelle, qui fait par la même sa complexité et sa richesse.


2. L’importance de la qualité sur la quantité

Ce qui importe dans la culture c’est peut-être davantage que la quantité, la qualité du savoir. Un « bon » savoir serait une connaissance véritable, com-prise au sens fort par le sujet. Plutôt que l’érudition du chien savant, du bon élève, on rechercherait la scientificité du savoir, un savoir de spécialistes dans des domaines particuliers. Comme on ne peut pas tout savoir, mieux vaudrait savoir bien. 


3. L’homme doit avoir conscience de l’impossible vérité, importance de l’humilité culturelle

La culture doit, consciente d’elle-même, être humble. On peut ici penser à l’œuvre de Karl Popper, Conjectures et réfutations. Ce qu’explique Popper c’est que la science (qui peut tout à fait être considérée comme une forme de culture), progresse par une série de réfutations successives. Comme la vérité n’est pas atteignable, les théories scientifiques progressent vers le vrai en réfutant les théories précédentes. La thèse de Popper, appliquée à la science, peut être étendue dans une réflexion plus générale sur la connaissance humaine. L’homme ne peut jamais atteindre la vérité absolue et la connaissance parfaite. La culture va vers le progrès et c’est en ayant connaissance de ses propres limites que la culture peut effectivement progresser. 

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?