Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017 Liban

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Ce sujet, « Doit-on faire du travail une valeur ? », a trait à une notion classique du programme de terminale S, le travail, faisant partie du grand domaine « La culture ». Il s’agit toutefois d’un intitulé à portée morale, qui questionne la valeur du travail et la légitimité de le considérer lui-même comme valeur.

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Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017 Liban

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DOIT-ON FAIRE DU TRAVAIL UNE VALEUR ?


Notion en jeu : le travail.


AVANT-PROPOS

Il est avant tout primordial de comprendre que ces éléments de corrigé ne constituent en aucun cas un “corrigé type”, mais seulement des exemples de traitement possible de ce sujet de dissertation. 

En philosophie la démarche de pensée individuelle et la logique de l’argumentation est ce qui rendra un travail bon le jour de l’épreuve. 

Il n’y a pas un plan possible mais plusieurs. Ce corrigé se veut donc avant tout une explication du sujet et de ses attentes, et non un corrigé type comme on pourrait en trouver en sciences dures : mathématiques…


PRESENTATION DU SUJET 

Ce sujet, « Doit-on faire du travail une valeur ? », a trait à une notion classique du programme de terminale S, le travail, faisant partie du grand domaine « La culture ». Il s’agit toutefois d’un intitulé à portée morale, qui questionne la valeur du travail et la légitimité de le considérer lui-même comme valeur.

L’enjeu du sujet était dans le fait qu’ici on ne questionne pas du tout l’idée selon laquelle le travail a une valeur, mais celle selon laquelle il constitue lui-même une valeur, ce qui ne va pas forcément de soi quand on connaît l’étymologie du mot “travail” ou le sort des travailleurs mis en évidence par nos politiques, mais ce qui va pourtant de soi quand on voit les ravages du chômage.


ANALYSE DU SUJET 

Ce travail d’analyse correspond à ce que vous devez faire au brouillon pour vous approprier le sujet dans toute sa dimension. Ce travail est absolument indispensable pour vous permettre de cibler le sujet et de ne pas faire de hors-sujet.


1. Définition des termes.

• doit-on : le verbe devoir marque la légitimité, la moralité d’une action que l’on se doit donc de faire par obligation morale. Si l’on doit faire quelque chose, c’est que c’est à la fois légitime et en plus moral, c’est une question de principe à concrétiser. Ici, la question revient donc à se demander s’il est légitime ou non de faire du travail une valeur.


• faire : ici, il n’y a pas grand-chose à définir, tant le verbe “faire” est large, neutre, et peu précis. Il s’agit juste de se demander s’il est juste et légitime de considérer le travail comme une valeur ou si c’est au contraire exagéré ou dangereux.


• travail : le travail est l’activité humaine liée à la production ou à la création de quelque chose d’en principe utile à sa vie, directement (je construis un toit) ou moins directement (je travaille pour toucher rémunération). Le travail est avant toute chose une contrainte, il était l’apanage des esclaves contrairement aux hommes libres davantage oisifs. Souvent dévalorisé dans le passé, la donne a changé avec le chômage massif et la place que la société donne au travail, l’image qui en découle. Doit-on donc en faire une valeur ou non ? 


• une valeur : il y a deux sens au terme “valeur”. Un sens matériel : quelque chose a une valeur, c’est-à-dire un prix. Un sens moral : une valeur c’est quelque chose que l’on respecte, un principe d’action, ce que l’on poursuit, qui donne une assise et une stature morale. Faire du travail une valeur semble de ce fait lourd de sens.


2. Mise en tension du sujet et problématisation.

Mettre en tension le sujet, c’est trouver deux réponses qui font faire un grand écart au sujet, qui le tirent dans un sens et dans l’autre comme on peut étirer un élastique vers deux extrémités. Sans mettre en tension le sujet, on ne peut pas le problématiser, c’est-à-dire voir le problème sous-jacent au sujet, le problème que pose la question même du sujet. Et si on ne voit pas ce problème, on se contente de répondre à la question posée, ou de reformuler le sujet, mais sans le problématiser. Alors on ne répond pas aux attentes de la dissertation de philosophie, qui suppose une aptitude à problématiser.


Pour mettre en tension le sujet, on va proposer deux réponses a priori opposées, l’une évidente, qui nous vient à l’esprit le plus spontanément, l’autre qui vient la réfuter ou en montrer les limites.


- Sujet : doit-on faire du travail une valeur ? 

- Réponse évidente : la société actuelle semble avoir érigé le travail sur un piédestal certain, l’avoir sacralisé, à tel point que des gens sans travail tombent dans la dépression et qu’on ne saurait plus vraiment digne, croit-on, à ne pas travailler. Comme si le travail était une étiquette, notre valeur sociale, comme si l’on ne pouvait s’en passer.

- Réponse opposée qui réfute la première réponse ou en montre les limites : pourtant, l’étymologie du mot “travail” n’est jamais très loin de lui. Tripalium, instrument de torture, le travail aujourd’hui semble aliéné l’homme, suspendu qu’il est au rendement économique et à l’argent, comme dénué de toute valeur morale. Comment donc en faire une valeur, dans de telles circonstances ?


La tension est ici sensible : soit il est obligatoire moralement de faire du travail une valeur (tout en sachant pourquoi), soit ça ne l’est pas et ce serait même l’inverse, mais en ce cas, il faut comprendre pourquoi.

Cela amène alors la problématique :

Peut-on vraiment considérer comme une obligation morale de faire du travail une valeur en lui-même, en plus de considérer qu’il a une valeur ? 

Faut-il tomber dans le domaine de l’être et sortir de celui de l’avoir et ériger le travail, tout comme la vérité, la liberté, la tolérance, parmi les valeurs de notre vie ?


PROPOSITION DE PLAN

I. Le travail a une valeur, mais est-il une valeur pour autant ?

1. La valeur sociale du travail et les difficultés de la hiérarchie du travail.

Dans les temps actuels, où le chômage s’installe en masse, la réponse à cette question semble évidente : bien sûr que le travail est une valeur ! Mais en faire une valeur, est-ce si juste et légitime que cela ? Ne confondons-nous pas tout ? Ne faudrait-il pas plutôt dire que le travail a une valeur, sans le transformer lui-même en valeur ? Car une valeur, cela a un double sens, c’est ce qui vaut quelque chose, qui a un prix (la valeur d’un bijou, le prix d’une relation), mais c’est aussi ce qui doit être, ce qui moralement détient une place. Il faudrait donc travailler pour que tout soit comme cela doit être. Arendt le dit, « ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail » (Condition de l’homme moderne), et dans cette société là où il vient à manquer, oui le travail semble bien être une valeur, puisqu’il est ce qui donne une assise sociale, une étiquette, une vie normale... Mais là encore, il faudrait bien plutôt dire qu’il a une valeur sociale, plutôt qu’il n’est une valeur, parce que selon le travail que l’on fait, nous ne sommes pas logés à la même enseigne, la société différenciant les gens selon leur catégorie socio-professionnelle.


2. La valeur humaine du travail, universelle.

Pourtant, le travail, au-delà des étiquettes sociales, et ce quel qu’il soit, a une valeur universelle : seul l’homme travaille, c’est-à-dire se libère de ses passions et instincts pour s’imposer d’agir selon une fin bien déterminée, afin de parvenir à un résultat. Seul l’homme se spécialise dans son travail pour assurer une vie en communauté. Comme le dit Hegel, la valeur du travail est de réaliser la liberté, la conscience, le progrès de l’humanité, et cette valeur-là est tout à fait universelle.

Donc oui, il y a bien une valeur dans le travail, mais ériger le travail comme valeur lui-même serait sans doute trop exagéré. Par lui, certaines valeurs se réalisent (la liberté, la vie de la conscience), mais en tant que tel, il n’est qu’un medium et rien d’autre.


II. Quand la valeur marchande dépasse et aliène, il semble bien qu’on ne doive pas considérer le travail comme une valeur au risque de s’y perdre.

1. Valeur d’usage et valeur marchande

Le problème du travail, c’est qu’il n’est pas gratuit, mais suspendu à de l’argent, et que le jeu des richesses a transformé le travail en valeur marchande, derrière toute valeur humaine. Marx le déplore, on en est venu à un tel point que le fruit du travail lui-même n’a pas la valeur qu’il mérite, il n’a qu’une valeur d’échange et non une valeur d’usage. Quand la valeur se rabaisse à n’être que pécunière, que gagne-t-on vraiment ? Pas grand-chose, car la morale ne se paie pas..., ne s’échange pas.


2. Le travail comme aliénation

C’est précisément parce que le travail n’est plus que valeur d’échange, argent, que l’être humain s’y aliène. Comme le montre le taylorisme, travail à la chaîne inintéressant et anti-créatif au possible, ou le travail notamment dans des entreprises privées où les employés sont sous-payés, parfois dévalorisés et sans reconnaissance aucune, l’homme est dépassé par son travail au sens où il n’en est plus le maître. Il n’agit plus de manière réfléchie, mais pour produire, à tout prix et à n’importe quel prix. Il obéit alors servilement, parfois à des machines, et n’existe plus pour lui-même. Seule sa force de travail, synonyme de gain pécunier, compte, sa valeur à lui, son existence, son bien-être, cela passe après. D’où les maladies modernes du travail comme le burn out, où à force de trop travailler sans s’écouter, l’homme implose.

Le risque de faire du travail une valeur est de s’y perdre, car pour les employeurs, les patrons, le système, seul l’argent compte et aucun homme ne peut rivaliser contre cela. Cf. l’excellent film sur l’affaire Kerviel de la Société générale, L’outsider, qui montre une banque qui ne s’acharne sur les manquements de son trader que lorsqu’il lui fait perdre de l’argent, sinon peu lui importe qu’il dépasse les limites, jouent avec des seuils qu’il n’a pas à disposition...


III. Faire du travail un moyen avant toute chose, voilà ce que l’on doit faire.

1. Le travail, un moyen et non une fin en soi…

Ainsi donc, pour ne pas s’aliéner, risquer de se perdre, perdre ce qui faut notre vraie valeur, notre intégrité, nos principes, notre morale, mieux vaut considérer le travail comme un moyen plutôt que comme une fin, pour garder un semblant de contrôle et de maîtrise. Le travail, comme moyen de gagner sa vie, d’être ancré dans le système normal que veut la société, de participer à notre mesure à une vie en commun et à la spécialisation des tâches. Mais certainement pas une valeur ou une fin, car alors c’est nous qui sommes dévalorisés.


2. ... pour ne prendre que ce qu’il y a de bon en lui

Comme le disait encore Arendt, on ne travaille plus pour vivre, mais on vit pour travailler. Telle est la tendance actuelle du monde moderne, du coup nous devons rebrousser chemin, désacraliser le travail, et prendre le temps de vivre, de respirer. Loin de devoir le considérer comme une valeur en soi, nous devons au contraire, pour lui survivre, pour assurer dignement notre nature d’homme et ne pas nous desservir, ne pas le considérer comme une valeur.

Fin de l'extrait

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