Correction Sujet 2 Philosophie - Bac S 2017

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Peut-on se libérer de sa culture ? Notre professeur de Philosophie vous propose un corrigé détaillé du sujet 2 de Philosophie du Bac S 2017 pour que vous puissiez vous évaluer et savoir ce qui était attendu de vous lors de cette épreuve.

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PEUT-ON SE LIBERER DE SA CULTURE ?

 

INTRODUCTION

On peut définir généralement la culture comme étant l’ensemble des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique, une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation. On parlera ainsi de la culture occidentale, la culture indienne, la culture française, la culture bretonne, mais aussi du milieu social ; la culture bourgeoise, ouvrières… Ce qui frappe, c’est ainsi en premier lieu que déterminer « sa » culture, impose de penser l’identité d’un individu comme condensant les différents ensembles culturels auxquels il appartient. Auquel cas, il pourrait déjà y avoir un espace de liberté dans la mesure où, peut-être, le rapport que j’entretiens à ces différents ensembles est plus ou moins conscients, plus ou moins évidents et donc plus ou moins déterminants. Peut-on aller à la rencontre d’une autre culture ou est-ce sommes-nous toujours retenus par notre culture ?

D’autre part, il faut distinguer la culture de la nature en tant que la culture relève de l’acquis là où la nature désigne la sphère de l’inné. Dès lors, la question de la liberté se pose : la nature semble être le lieu de tous les déterministes là où au contraire, la culture, parce qu’elle est construite, apparaît comme le rapport au réel formé librement par l’homme. Les objets culturels, sous ce rapport, sont une production libre et raisonnée. Il faudra donc distinguer la culture comme particularité géographique, temporelle, de la culture comme ce rapport spécifique que l’homme entretient avec le réel. Se libérer de sa culture pose ainsi la question de savoir quel rapport le sujet entretient avec la culture ; est-elle une contrainte réduisant son rapport au réel, le déterminant ou l’ouvre-t-elle plutôt à celui-ci ? Ainsi, la difficulté conceptuelle qui surgit peut-être énoncée de la manière suivante : dans quelles mesures la culture détermine-t-elle mon rapport au monde ?

 

Nous verrons dans un premier temps que parce que la nature détermine là où la culture est pure construction, nous avons nécessairement un rapport libre à la culture, avant d’envisager que du point de vue du sujet, né dans une époque et un lieu particulier, les normes culturelles déterminent son rapport au monde. Enfin, nous tenterons de dépasser cette antinomie apparente en envisageant la liberté en un sens positif : la culture serait ainsi la condition de la liberté en tant qu’elle m’ouvre au monde

 

PROPOSITION DE PLAN

I. Si la culture relève de l’acquis, nous pouvons avoir un rapport libre à elle 

1) Les impératifs culturels ne peuvent instituer un déterminisme similaire au déterminisme naturel. Dès lors, nous sommes libres face à eux. 

La culture relève de ce qui est construit par l’homme, là où la nature est ce qui s’impose à lui. Les lois naturelles relèvent d’un déterminisme pur : nous ne pouvons y échapper. A l’inverse, les impératifs culturels sont relatifs et non absolus.

Exemple : l’évolution des coutumes, des mœurs ainsi que leur disparité selon les aires géographiques montrent la relativité des normes culturelles. Elles ne sont pas déterminantes de la même manière que les lois physiques. 

 

2) La culture peut toujours être dépassée ; en certains cas, on peut penser qu’elle doit l’être. 

Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalités entre les hommes. Le progrès des sciences et des arts entraîne une décadence morale car ce qui est développé est une culture du superficiel, qui détruit les mouvements spontanés de la nature (bonté, pitié..). Il faut donc dépasser cette culture pour retrouver les mouvements naturels qui caractérisent notre humanité.

Exemple : certaines normes culturelles comme l’eugénisme, la peine de mort semblent constituer des exemples probants de ce dont les sociétés s’affranchissent parfois avec raison. 

 

Transition : Si la distinction entre culture et nature permet de penser la liberté que nous avons à l’égard des normes culturelles, peut-on penser que le sujet né dans une aire culturelle particulière entretienne suffisamment de distance avec ces normes pour avoir un rapport libre avec elles ? Ainsi, si ces normes ne sont pas déterminantes comme des lois physiques, quel type de liberté laissent elles subsister ? 

 

II. Se libérer de sa culture implique de penser que nous avons un rapport conscient à elle, conception que nous pouvons légitimement mettre en cause (groupe / moi, une culture / des cultures). 

1) L’homme, cet être de culture qui ne peut jamais vraiment rencontrer la nature

Pascal, Pensées : la coutume comme seconde nature, conséquence du péché. le sentiment naturel n’est pas naturel mais toujours déjà formé par la culture.

 

2) Comme sujet, je suis déterminé par la culture dans laquelle je suis né. Je le perçois d’autant plus à partir de la fracture existant entre les sociétés.

Levi Strauss, Anthropologie structurale : question de l’ethnocentrisme à partir de la distinction entre sociétés chaudes, sociétés froides. Les cultures ont entre elles une fracture insurmontable. Je ne peux comprendre une culture extérieure qu’à partir des normes de ma propre culture. 

Exemple : marxisme : les intérêts de classe déterminent les intérêts particuliers. 

 

Transition : comme être humain, et comme sujet, la culture forme toujours mon rapport au réel, et conditionne donc celui-ci. Mais il faut repenser les rapports entre culture et nature pour envisager la question de la liberté, non plus seulement sous l’angle de la contrainte. Il nous faut ainsi redéfinir la liberté de manière positive comme ce qui en l’homme décrit son rapport au réel et donc s’inscrit dans une culture. 

 

III. La culture est condition de notre liberté : nous ne sommes libres qu’en cultivant un rapport conscient à notre culture, en tant qu’elle nous définit et détermine notre rapport au monde. 

1) La culture comme ce propre de l’homme qui le rend libre face au réel 

Platon, Protagoras : le mythe de prométhée. La culture est définie comme cette arme proprement humaine face à la nature qui se distingue radicalement d’elle.

 

2) Les disparités culturelles sont toujours des expressions particulières d’une culture comme rapport particulier de l’homme au monde. 

Distinguer la pluralité des mondes culturels de la continuité existant entre eux qui est la culture elle-même. Il faut donc dépasser l’idée de « sa » culture, pour envisager « son » rapport à la culture en général.

 

3) La liberté humaine ne se comprend donc qu’à partir, au sein de la culture en tant que celle-ci désigne largement le monde constitué par l’homme dans son rapport à la nature. 

 Arendt, la crise de la culture : éduquer un enfant, c’est lui ouvrir le monde humain, par l’accès à la culture. Les diverses productions culturelles sont toujours des expressions différentes d’un même rapport au réel. Importance de la culture qui est notre nature et que nous devons cultiver comme telle. 

Malraux : « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert », Hommage à la Grèce, oraisons funèbres.

 

CONCLUSION 

La Culture est donc condition de notre liberté parce que tout en nous déterminant à être un certain type d’êtres, formant notre rapport sur réel, elle nous soustrait à l’enfermement dans le soi et nous ouvre un monde, et toutes les possibilités qu’il engendre. 

Voltaire, Candide ; « il faut cultiver son jardin » 

Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

lilak
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20/20

j'ai parlé des échelles de culture (locale, regionale, nationale et mondiale) je ne sais pas si c'est pertinent

 

par - le 15/06/2017

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