Correction Explication de texte Philosophie - Bac S Washington 2017

Correction Explication de texte Philosophie - Bac S Washington 2017

Voici le corrigé de l'explication de texte de l'épreuve de Philosophie du Bac S de Washington 2017 (Amérique du Nord).
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Ce texte est un extrait des Lois de Platon. Il convoque le grand domaine « La politique » et tout particulièrement le couple de notions « La société et l’Etat ». Ce qui est en jeu ici c’est la nécessité des lois dans l’organisation de la vie publique.

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Correction Explication de texte Philosophie - Bac S Washington 2017

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EXPLICATION DE TEXTE : PLATON, LES LOIS

Notions en jeu : la politique, la société et l’Etat


PRESENTATION DU SUJET

Ce texte est un extrait des Lois de Platon. Il convoque le grand domaine « La politique » et tout particulièrement le couple de notions « La société et l’Etat ». Ce qui est en jeu ici c’est la nécessité des lois dans l’organisation de la vie publique. 

Petit rappel de méthode : pour l’explication de texte, il ne faut considérer que le texte, pour ne pas risquer le hors-sujet, mais aussi définir bien les termes, expliciter ce qui se dit et donner des exemples pour éviter le deuxième écueil de cet exercice : la paraphrase. 


DEFINITION DES TERMES

Comme dans la dissertation, la définition des termes est un enjeu important pour la réussite de votre explication de texte. Voici une liste non exhaustive des principaux termes à définir dans le sujet.

• les lois : les lois sont des règles que se donnent les hommes pour l’organisation de la vie politique. Mais il y a une distinction à faire entre règles et lois. Là où les règles sont particulières et souvent d’ordre moral, les lois sont universelles, elles valent pour tous dans le cadre de la cité. De plus, aux lois est associé un pouvoir de coercition qui permet de les faire respecter. 

• citoyens : hommes en tant qu’ils sont considérés dans la Cité, membre d’un Etat, condition politique de l’homme soumis aux lois 

• art politique : notion centrale dans la philosophie politique de Platon, l’art (au sens de technique, du grec technè) politique est cette compétence qui permet de créer les meilleures conditions de vie commune dans la Cité, d’assembler les citoyens dans le respect de l’intérêt général. 

• intérêt général / intérêt particulier : cette distinction est au cœur du texte de Platon et de sa conception de c’est que l’ « art politique ». Le but d’une bonne politique est de garantir l’intérêt général, le bien commun, par des lois. La notion d’ « intérêt général » concerne donc la société, l’ensemble des citoyens, là où celle d’ « intérêt particulier » a trait aux individus, aux hommes dans le cadre de la sphère privée.  

• cohésion : c’est le but de la cité, l’assemblage, le maillage social. Pour Platon, l’art politique doit « tisser » du lien entre les citoyens, assurer une union durable et solide entre les différents membres de la société. 

• nécessité naturelle : ce qui doit être ainsi par nature, de façon essentielle, par définition. Platon parle du souci de l’intérêt général comme d’une nécessité naturelle. Assurer la poursuite de l’intérêt général est l’essence de l’art politique. 

• cité : chez Platon, l’Etat prend la forme d’une cité. C’est donc une cité-Etat, qui se distingue d’une simple ville car elle n’a pas seulement une définition géographique mais surtout essentiellement politique, institutionnelle. 


PROBLEMATISATION

Dans ce texte, Platon soutient la thèse selon laquelle les lois sont absolument nécessaires à la vie dans la cité. On peut poser la question suivante : dans quelles mesures les lois permettent-elles de garantir la poursuite de l’intérêt général ? 


PROPOSITION DE PLAN

Pour ce qui est de l’organisation, ce texte vous rend la tâche assez facile. En effet, il possède une structure logique plutôt évidente et peut être divisé facilement en trois parties. Le plan doit suivre une organisation telle qu’il vous permette de tout expliquer dans le texte. 


I. Thèse de l’auteur : les lois sont nécessaires à la vie dans la cité (« Les hommes » (…) « faire le meilleur ») 

1. Les lois sont absolument nécessaires à la vie en société 

La thèse de Platon, défendue dans cette première partie du texte, exprime l’absolue nécessité des lois. Les hommes doivent se doter de ces lois, les « établir », les fixer, par l’écriture par exemple. Les lois sont créées par les hommes, pour les hommes. Par l’expression « vivre selon ces lois », Platon place les lois au centre du gouvernement des hommes. Les lois sont ce qui dirige, ce qui dicte la vie dans la cité. 


2. Les lois comme spécificité de l’organisation de la vie humaine

Le fait que les hommes aient des lois est la seule chose qui permette de « les distinguer des bêtes les plus sauvages à tous égards ». Ce que Platon explique ici, c’est que sans lois, le comportement des hommes serait similaire à celui d’animaux. Les lois sont ce qui permet de réguler les passions et notamment la violence, la rivalité entre les hommes. Les lois font de l’homme un animal politique, policé, capable de vivre en communauté en respectant l’autre. 


3. Les lois sont nécessaires car les hommes n’ont pas un sens inné du gouvernement, pas de prédisposition à l’ « art politique »

« Ce qui rend les lois absolument indispensables au bon déroulement de la vie dans la cité c’est l’impossibilité de trouver un bon gouvernant. Personne ne possède l’art politique, la science du gouvernement qui permet de savoir ce qui est nécessaire aux « citoyens ». Platon ajoute que même si un homme possédait cette compétence, il ne l’appliquerait pas pour garantir le « meilleur ». Le « meilleur » indique ici la poursuite du « Bien » et l’importance de la dimension morale et utopique dans la philosophie politique de Platon. Le « meilleur » n’est pas particulier, il se veut universel. C’est une valeur absolue. 


II. La difficulté de l’art politique : garantir l’intérêt général (« Tout d’abord » (…) « indissociablement ») 

1. L’objet de la science du gouvernement c’est l’intérêt général et non pas l’intérêt particulier 

Platon introduit ici la notion de « véritable art politique », que l’on a définie précédemment comme technique, compétence du bon gouvernement.  La fin de l’art politique, c’est de garantir l’intérêt général. 

On sent ici une tension, une distinction majeure entre « l’intérêt général », considéré comme un bienfait à poursuivre, et « l’intérêt particulier », qui est perçu comme une menace pour la « cohésion », pour l’harmonie sociale. 

L’intérêt particulier « fait voler en éclat » l’harmonie sociale car il est poursuite de buts individuels qui peuvent être contradictoires et pousser les citoyens à se déchirer entre eux. 


2. Le double bénéfice de l’intérêt général dans la cité 

L’intérêt général a deux bénéfices. 

Tout d’abord, il permet de créer une société unie autour de la poursuite des mêmes buts, donc une société pacifiée, peu concurrentielle, dans laquelle les citoyens collaborent à la réalisation de la même fin : l’intérêt général. 

D’autre part, il bénéficie également à l’intérêt particulier. Ce que Platon veut dire ici, c’est qu’en favorisant l’intérêt général sur l’intérêt particulier, on peut satisfaire les deux, et pas dans le cas contraire. Si l’art politique accorde le primat à la satisfaction de l’intérêt général, alors les intérêts particuliers des citoyens pourront aussi, secondairement, être satisfaits. Par exemple, le respect de l’intérêt général voudrait que l’on crée des conditions d’échange économique plus justes. Par la même, l’intérêt particulier de la plupart des citoyens, qui est de faire des économies, sera satisfait. Il y a donc bien un effet de vases communicants entre l’intérêt général et l’intérêt particulier. Même si Platon semble d’abord dévaloriser l’intérêt particulier, il est bien conscient du fait qu’il est dans la nature de l’homme de vouloir poursuivre son propre intérêt. 


III. L’égoïsme naturel des hommes nécessite des lois qui transcendent les intérêts particuliers (« En second lieu » (…) « égoïstement »)

1. L’exemple du despote éclairé : la variabilité de la volonté humaine opposée à la constante des lois universelles 

Pour illustrer la nécessité des lois, Platon propose la situation hypothétique d’un despote éclairé. On utilise ici le terme de despote car Platon dit de ce gouvernant qu’il règne en « maître absolu », et qu’il ne doit rendre aucun compte. Il énonce les critères du régime despotique. 

La qualité de ce despote c’est qu’il est « suffisamment avancé dans cet art pour savoir qu’il est en ainsi en vertu d’une nécessité naturelle ». « Cet art » renvoie ici à la science gouvernementale, à « l’art politique ». Le despote sait que la poursuite de l’intérêt général garantie par l’existence de lois universelles, invariables, est une « nécessité naturelle ». C’est un dessin inscrit dans la nature même, c’est l’essence de l’activité politique. 

Mais même avec la conscience de cette nécessité naturelle, le gouvernant ne peut pas bien gouverner. La connaissance de la supériorité de « l’intérêt général » ne permet pas d’empêcher que l’intérêt particulier lui soit « subordonné », soit considéré comme secondaire. Platon exprime comme les hommes sont soumis à la variabilité, au changement, à la contingence : « continuer, toute sa vie durant », « demeurer inébranlable dans ses convictions ». 


3. La nature mortelle des hommes nécessite des lois universelles qui garantissent un ordre favorable à la garantie de l’intérêt général 

C’est justement cette contingence qui rend les lois nécessaires. « La nature mortelle » désigne la condition humaine essentiellement contingente et variable car soumise à la mort. Cette dernière est agitée par les passions : le désir illimité (« désirer insatiablement), et l’égoïsme (« agir égoïstement »). Ces deux passions rendent impossible qu’un homme puisse faire primer l’intérêt général au détriment de son propre intérêt. Poussé par le désir et l’égoïsme, il est motivé par la satisfaction de son intérêt personnel. 

Contrairement à la « nature mortelle », les lois sont universelles. Elles sont non-contingentes, non soumises aux fluctuations du temps. Elles valent pour tous et à chaque moment. Elles sont la condition possible du « meilleur » car elles permettent de remédier à l’inconsistance et à l’égoïsme humain. 

Les lois sont donc essentielles pour la garantie d’une société bonne. Elles sont le remède nécessaire à l’inconstance des hommes. 

Fin de l'extrait

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