Correction Explication de texte Philosophie Bac S 2017 Pondichéry

Correction Explication de texte Philosophie Bac S 2017 Pondichéry

Découvrez le corrigé de l'explication de texte (sujet 3) de l'épreuve de Philosophie du Bac S de Pondichéry 2017.

Le texte à étudier portait sur Descartes : Description du corps humain et de ses fonctions.

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Correction Explication de texte Philosophie Bac S 2017 Pondichéry

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SUJET N° 3 : DESCARTES, DESCRIPTION DU CORPS HUMAIN ET DE SES FONCTIONS

 

INTRODUCTION

 

Accroche :

a médecine reconnait aujourd’hui qu’un facteur d’ordre psychologique peut être à l’origine d’un dysfonctionnement biologique, dans son apparition ou dans son évolution. C’est ce que l’on appelle communément les maladies psychosomatiques : l’origine est d’ordre psychologique (psychè= âme en grec ancien) et les effets sont corporels (soma=corps en grec ancien)

Objection :

Pourtant il semble difficile d’admettre qu’une cause non matérielle comme l’âme puisse avoir un pouvoir d’action sur le corps qui est matière.

Problématique :

Et l’enjeu de ce texte tiré de la Description du corps humain et de ses fonctions de Descartes est précisément de savoir si l’on peut considérer l’âme comme ayant un pouvoir sur le corps, comme étant elle-même le moteur du corps ?

Thèse de l’auteur :

la thèse de Descartes est claire : l’âme est une substance distincte du corps, elle n’a pas de pouvoir de mouvement sur le corps.

Annonce du plan :

Nous expliquerons donc ce texte en suivant l’ordre que l’auteur y a mis lui-même : dans une première partie nous étudierons les arguments exposés par Descartes pour expliquer que l’on en soit venu à considérer l’âme comme moteur du corps. (Lignes 1 à 10). Dans une seconde partie nous expliciterons la thèse de l’auteur en définissant les termes clés tels que substance. (Lignes 10 à 20). Enfin nous proposerons une analyse critique en troisième parties.

 

PARTIE 1

Dans cette première partie Descartes se propose de montrer quels arguments nous ont poussés à considérer que l’âme humaine était le moteur du corps. Il veut faire une sorte de généalogie de cette croyance erronée.  Ces arguments se divisent en deux catégories : les arguments philosophiques et les arguments scientifiques.

 

A) Arguments philosophiques : le premier concerne la volonté. Descartes nous dit que c’est parce que nous faisons l’expérience de l’efficacité de notre volonté sur nos mouvements et, parce que la volonté est une « puissance » de l’âme, que nous en avons conclu que l’âme est le principe de nos mouvements. Il faut comprendre le terme « puissance » ici au sens grec de faculté, capacité naturelle, innée et essentielle de l’âme. Le fait de vouloir n’est donc pas une propriété du corps mais de l’âme. 

Deuxième argument philosophique : Descartes utilise le terme de « principe » pour parler de l’âme. Il dit que nous avons tendance à considérer l’âme comme un principe du mouvement de nos corps. Ce choix du terme « principe » est loin d’être anodin. Car si dans le langage courant, le principe signifie « ce qui est au commencement », dans une optique philosophique, principe signifie « ce qui est la cause », « ce qui rend compte d’une chose » ; et il y a là déjà une critique en filigrane : c’est une erreur de considérer l’âme comme l’origine ou la cause de nos mouvements.

 

B) Arguments scientifiques : si l’expérience quotidienne nous induit en erreur, cette erreur est aussi le fruit de notre ignorance des sciences et notamment de l’anatomie et du mouvement. 

Les sciences sont l’étude des lois qui régissent le réel. Or cette méconnaissance du réel, qui se contente des données grossières de l’expérience, qui nous confine à n’observer que « l’extérieur du corps humain » nous conduit à une conclusion, certes facile à faire, mais fausse. Et, en nous appuyant toujours sur les données de l’expérience, nous nous sommes contentés de conclure que les morts et les vivants possédaient les mêmes organes donc que la cause de la mort ne pouvait être que l’absence de l’âme. Descartes semble assez méprisant avec ces arguments qui finalement s’avèrent fragiles, hâtifs et prévisibles.

 Il semble même désigner sans le nommer cette erreur de logique qu’on appelle « une pétition de principe » dans lequel on suppose dans les prémisses du raisonnement, le fait même qu'on doit prouver. Ce raisonnement fallacieux pourrait s’exprimer ainsi :

L’âme est la cause du mouvement des corps vivants

Les morts sont similaires aux vivants sauf pour le mouvement

Donc l’âme est bien la cause du mouvement des corps.

 

Transition : Après avoir étudié les causes de cette croyance fausse concernant la capacité motrice de l’âme sur le corps, Descartes va expliciter sa thèse.

 

PARTIE 2

La thèse de Descartes : l’âme n’est pas moteur du corps, elle est une substance distincte

 

A) L’âme comme substance distincte : le terme de substance est absolument capital et Descartes ne l’a pas choisi au hasard. On appelle substance ce qui existe par soi et demeure sous le changement. Donc pour Descartes, l’âme humaine est un existant par soi, elle n’a pas besoin du corps, elle est distincte de lui. Cette substance nous est connue par son effet, qui se décline en plusieurs genres : la pensée. En cohérence avec le Discours de la méthode et le très célèbre « Cogito ergo sum » « je pense donc je suis », Descartes accorde une place centrale et déterminante à la pensée. Elle est le signe d’une substance particulière, distincte du corps, elle est son seul mode de fonctionnement et son seul agir.

 

B) Dernier argument : Incompatibilité entre l’âme et les mouvements corporels. Descartes va donc venir appuyer sa thèse : il n’y a pas de possibilité de d’action de l’âme sur le corps : il y a une différence de nature irrémédiable entre le corps matière et l’âme immatérielle. L’âme n’a pour seule possibilité que la pensée, quand le corps se caractérise par l’étendue. Descartes parle d’ailleurs de res cogitans pour l’âme tandis qu’il parle de res extensa pour le corps. Les mouvements du corps n’ont donc pour origines que le corps lui-même. La pensée ne peut mouvoir l’étendu et seule une chose sur le même mode de l’étendu serait apte à mouvoir le corps.

 

Transition : Descartes est donc à la fois dualiste et mécaniste et c’est qu’il nous faut maintenant expliquer et analyser.

 

PARTIE 3 : ANALYSE CRITIQUE  

 

A) Le dualisme cartésien : Descartes considère donc qu’il y a deux principes en l’homme, deux types de réalités différentes : l’âme et le corps. Il définit la matière comme ce qui est étendu, et l’âme comme ce qui pense. Il s’oppose ici radicalement à l’idée aristotélicienne de l’hylémorphisme, encore en vigueur de son vivant. En effet pour Aristote, il n’y a pas deux substances mais une seule, produite par l’union de la matière et de l’âme. Il y a union et interaction entre les deux pour Aristote.

Mais, pour rendre justice au problème soulevé par Descartes, il semble très complexe de saisir comment l’âme qui est immatérielle pourrait agir sur le corps ou même être le moteur  de celui. Leur différence de nature et de potentialités semble rendre impossible toute interaction. Et c’est pourquoi Descartes en vient au mécanisme concernant le corps humain.

 

B) Le mécanisme cartésien : Descartes affirme que les mécanismes sont finalement la seule chose que nous pouvons connaitre des êtres vivants, et c’est pourquoi il considère la biologie comme une partie de la physique : le corps vivant n’a rien de plus qu’un simple corps physique.  Finalement le vivant serait semblable à la machine.

Et ce que l’on attribue trop rapidement à l’âme est en fait simplement dû à la constitution du corps humain. 

Mais mécanisme, comme dualisme posent d’autres problèmes : tout d’abord comment penser l’unité de l’homme si deux substances distinctes sont à l’œuvre en lui ? Descartes ne nie pas que, malgré leur nature radicalement différente, l’âme et le corps puissent interagir, toute la question sera de savoir comment.

De même, du point de vue de la connaissance comment faire le lien entre les idées de l’âme et les choses perçues par le corps dans le cadre de ce dualisme cartésien ? 

Enfin peut-on se contenter d’un modèle mécaniste pour expliquer le vivant ?

Descartes dit laisser à ses « neveux » le soin de traiter ces interrogations.

 

CONCLUSION 

Bilan :

Nous avons donc vu que Descartes cherchait ici à traiter le problème de savoir si vraiment l’on pouvait penser que l’âme était le moteur des mouvements du corps. Pour ce faire il a cherché à montrer le caractère extravagant et surtout peu fiable des arguments destinés à faire de l’âme le moteur du corps. Il a ensuite exposé sa thèse et l’a argumenté.

Thèse de l’auteur :

Pour lui, le statut de l’âme est clair : c’est une substance distincte du corps, et il cherche à expliciter et à argumenter sa position.  

Intérêt du texte/Ouverture :

Ce texte de Descartes nous montre que penser l’unité de l’homme, penser les relations possibles entre la matière et l’esprit, penser le statut et même l’existence de l’un et de l’autre est un problème complexe qui ne peut se contenter de réponses rapides ou simplistes. De même, il nous montre que la philosophie doit s’intéresser au travail des scientifiques afin de venir nourrir sa réflexion et ses conclusions.

Fin de l'extrait

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