Correction Explication de texte Philosophie - Bac S 2017

Correction Explication de texte Philosophie - Bac S 2017

Nous vous proposons le corrigé de l'explication de texte de l'épreuve de Philosophie du Bac S 2017.
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Notre professeur vous fait une proposition de corrigé pour que vous puissiez vous évaluer et comprendre ce qui est attendu de vous lors de cette épreuve. Pour rappel, le texte à expliquer ici était de Foucault, Dits et Ecrits (1978)

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Correction Explication de texte Philosophie - Bac S 2017

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EXPLICATION DE TEXTE

INTRODUCTION

Foucault interroge dans ce texte le statut de l’erreur. La question qui se pose ainsi est celle de savoir si l’erreur est une anomalie ponctuelle ou si plus profondément, elle nous informe sur la nature du rapport de l’homme au réel. Le concept central du texte est ainsi celui de « vie », qu’il nous faudra chercher à définir dans la mesure où il détermine la définition de l’erreur : la vie apparaît ainsi à la fois comme l’ensemble des êtres naturels et comme le mouvement qui les fait évoluer. Lié au concept d’erreur, il pose donc un paradoxe dans la mesure où si la vie est ce mouvement de perfectionnement, dans le cadre de la théorie de l’évolution, l’erreur devrait ne pas subsister. 

Ainsi, la difficulté conceptuelle à laquelle se confronte Foucault peut être énoncée de la manière suivante : l’erreur est-elle intrinsèque à la vie (phusis) ou caractérise-t-elle plutôt le rapport que l’homme entretient avec la nature ? L’erreur serait alors le signe d’une résistance de la nature à une forme de projection d’une régularité qui est moins naturelle et objective qu’humaine et construite. 

On peut repérer deux moments qu’il conviendra d’analyser afin de rendre compte de l’ordre d’argumentation de l’auteur ; Foucault étudie ainsi tout d’abord l’erreur comme anomalie qui semble intrinsèque au mouvement naturel pour l’interroger, puis, il montre que l’erreur est cette résistance nécessaire à la continuité que l’homme sur la nature.

 

PROPOSITION DE PLAN

I. L’erreur semble indissociablement liée au mouvement de la vie et pose une forme de paradoxe. 

1) Le mouvement naturel apparaît comme imparfait car il laisse l’anomalie possible. La vie est donc déterminée comme cette continuité entre les êtres naturels qui peut ne pas atteindre son but.

Ici, vie a le sens à la fois de bios et de phusis. La vie comme l’ensemble des êtres naturels, des organismes (bios), et comme le mouvement déterminé de ces êtres (phusis). Or, la biologie, c’est à dire l’étude des organismes vivants qui étudie leurs similarités et leurs différences repère des discontinuités, des ruptures. Il faut ici considérer qu’alors même que la vie semble être une détermination (le bourgeon est déterminé à devenir une fleur), il semble y avoir une part de contingence, d’aléas qui admet l’erreur parfois. Pensons à l’exemple du monstre, du difforme. La nature identifiée ici à la vie, phusis, est ainsi ce qui manque parfois son but. C’est cette apparente contradiction que pointe ici Foucault. L’erreur est alors définie comme un échec au regard de ce qui aurait dû être. 

 

2) Si l’on se place dans le cadre de la théorie de l’évolution, l’erreur apparaît avec d’autant plus de force comme liée à la vie, mais d’une manière paradoxale : l’homme est à la fois l’être issu de l’évolution qui est un perfectionnement, et l’être capable d’échouer. 

Foucault se place dans le cadre de l’évolution pour faire ressortir le paradoxe de l’idée selon laquelle la vie pourrait admettre la possibilité de l’erreur. 

Rappeler la théorie de l’évolution : Darwin, l’évolution des espèces. Idée que la lutte pour la survie induit une sélection naturelle de sorte que le plus adapté est celui qui survit ; ainsi, l’évolution détermine ce mouvement même par lequel les êtres sont améliorés sans cesse non du point de vue de leur individualité mais au plan de l’espèce. 

Dans le cadre de la théorie de l’évolution, si la vie est ce qui se perfectionne sans cesse, comment comprendre qu’elle ait permis l’émergence de l’homme ? Montrer ainsi le paradoxe de la notion « erreur héréditaire ». Si la vie évolue en se perfectionnant, comment pourrait-elle transmettre la possibilité de l’erreur ? Au contraire, elle devrait amoindrir toujours plus cette possibilité. 

Ce que va pointer ici Foucault c’est donc la manière dont l’homme semble être le vivant qui échoue. Il faut analyser la terminologie de Foucault ; errer / erreur : l’homme « erre » parce qu’il semble ne pas trouver sa place dans cet ordre, et en plus, il échoue. Le lien entre les deux, c’est que l’homme ne semble jamais vraiment « adapté » : comment comprendre l’évolution qui aboutit à un être inadapté ?

 

II. L’erreur est cette discontinuité qui caractérise plus le rapport de l’homme au réel que le réel lui-même. 

1) L’erreur est cet aléa qui rend nécessaire le concept. L’homme, fruit de l’évolution construit donc contre l’erreur une régularité. 

Lien entre erreur et concept. Le « concept » est ce qui cherche à déterminer une régularité, un ordre. Il est donc une manière de lutter contre la possibilité de l’erreur, en tant que l’erreur échappe à cet ordre. 

Or, l’homme est l’être qui raisonne sur le réel, qui le conceptualise : il y a donc un rapport dynamique entre l’erreur et le concept qui rend l’erreur nécessaire.

 

Il faut de plus voir que l’erreur pour l’homme n’a pas seulement le sens de l’anomalie : si elle est liée au concept, c’est parce qu’elle se situe dans le cadre de la question de la vérité. L’erreur n’est pas seulement l’échec, mais intervient aussi dans la question du faux et du vrai, qui est proprement humaine. 

Le paradoxe pointé entre la subsistance de l’erreur et l’évolution est donc en partie résolu : l’homme est l’être le plus à même de lutter contre l’erreur. 

 

2) Il y a dans le rapport de l’homme au réel une forme de discontinuité, mais celle-ci n’est que relative : l’erreur n’est jamais que ce qui n’est pas encore élucidé. 

« L’histoire des sciences est discontinue » : l’homme corrige en permanence afin de mettre au jour une régularité, un ordre dans la nature dont on peut se demander s’il n’est pas construit. L’erreur est donc seulement une étape d’un processus de rationalisation du réel qui le rend continu pour l’homme. 

 

L’erreur est le signe d’une quête jamais aboutie de vérité qui caractérise mieux la « vie » de l’homme, c’est à dire son existence, son rapport propre au réel, que le mouvement de la nature elle-même. 

Fin de l'extrait

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