Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac S Décembre 2017

Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac S Décembre 2017

Notre professeur vous propose une correction du Bac Blanc de Philosophie du Bac S.
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Pour rappel, le sujet était "La technique nous rend-elle libre ?". Découvrez ici une correction détaillée réalisée par notre professeur.

Correction Bac Blanc de Philosophie - Bac S Décembre 2017

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POUR VOUS AIDER

Les questions à se poser :

Qu’est-ce qu’on entend par technique ? Et par progrès technique ? Qu’est-ce que la liberté ? La technique nous rend-elle libre… si oui de quoi ? De faire des choses ? D’être ? D’acquérir des connaissances ? Elle nous libère du temps ? Quels sont ses effets positifs/négatifs du point de vue de l’individu et de sa liberté ? Du point de vue de la société ? Comment les éviter ?

L’actualité :

Le nouveau et très sophistiqué robot Sophia, les OGM, la conquête de l’espace, les GAFA (Google, Amazone, Facebook, Apple) et leur poids économique, culturel.

Les films :

Bienvenue à Gattaca, I robot.

Conseils méthodologiques :

Un bon plan repose sur une bonne problématique ! Attention la question du sujet n’est pas la problématique. Le problème réside dans le fait qu’il ne peut pas y avoir de question tranchée, binaire à cette question : on ne peut répondre par oui ou par non, il faudra apportée une réponse NUANCEE.

Autres conseils :

Beaucoup d’élèves stressent à cause du plan : pas de panique ! Si le sujet vous bloque contentez-vous, dans un premier temps, de noter au brouillon TOUT ce qui vous vient à l’esprit concernant le sujet : les idées qui vous viennent, les questions que vous vous posez. Inspirez-vous de l’actualité technique et scientifique : quelles nouvelles choses ont été réalisées ? Est-ce que cela a suscité un débat ? Pourquoi ? (ex : les OGM).  Essayez de formuler une réponse personnelle à la question. Ensuite essayez de trouver quelques arguments. Ne craignez pas de perdre du temps : un brouillon bien fourni c’est 50% de chance en plus de réussir !! Nous verrons ensemble comment réaliser un plan pour ce sujet. 


CORRECTION

Introduction

Accroche : Parmi les nombreux avantages qu’offre, à l’homme, la technique et son évolution, on peut noter un meilleur confort de vie, une espérance de vie allongé, des exploits inimaginables sans elle, comme la conquête de l’espace.

Objection : Pourtant l’accumulation d’objets techniques dans tous les domaines de notre quotidien (voyage, communication, cuisine, moyens de paiement à reconnaissance faciale, loisirs…) ne risque-t-elle pas de nous rendre dépendant de ces mêmes objets ? Sans parler des abus qu’elle entraine : réchauffement climatique, réseaux sociaux qui absorbent nos données privées, etc.

Reprise du sujet : Alors la technique nous rend-elle vraiment libres ?

Problématique : L’enjeu de la question sera de savoir si la technique nous libère ou au contraire nous rend dépendant ? Et si elle nous libère, à quelles conditions ?

Annonce du plan : Nous verrons dans un premier temps la définition de la liberté, ce qui nous permettra dans un deuxième temps d’établir les liens existants entre technique et liberté. Enfin nous compléterons notre argumentation en expliquant à quelles conditions les liens entre technique et liberté peuvent et doivent exister.


I. Définissons le terme liberté

A) La liberté est un terme général qui désigne la capacité de se mouvoir par soi-même, de choisir. Elle touche tous les aspects de la vie humaine : physique, civile, intellectuelle, politique…Elle est une faculté inhérente à la nature humaine et l’homme ne pourra pas être heureux sans l’exercer. Aristote dit même que le bonheur réside dans le fait d’exercer librement son talent.  Alors que les animaux sont déterminés par leurs instincts, l’homme possède un pouvoir de choix et de décision. Pour Sartre, elle est même l’essence de l’homme qui est « condamné à être libre ».


B) Ce pouvoir, cette liberté, se fonde sur la capacité d’intelligence et la capacité de volonté de l’homme. En effet quand je ne sais pas ce qu’implique une chose ou une autre, je ne peux pas choisir librement. De même quand je n’ai pas les moyens de vouloir (sous la menace par exemple) ou quand ma volonté est « endormie » (coma, ivresse etc.), je ne suis plus pleinement libre. Pour être libre, il faut en avoir les moyens.  Un jeune enfant n’est pas aussi libre qu’un adulte car il n’a pas développé toutes ses capacités intellectuelles et morales, et donc certains choix lui échappent. On peut dire que l’enfant (comme la personne dans le coma ou celle qui doit, par exemple, se soumettre à une dictature) possède la liberté en puissance mais pas en acte. La liberté humaine n’est pas un état, une faculté figée, mais un dynamisme, un devenir, une croissance, une puissance appelée à devenir acte qui se développe à mesure que se déploient l’intelligence et la volonté. En effet, on dit par exemple que « le savoir rend libre » car la connaissance des choses nous permet d’agir avec/sur elles.


Transition : Ainsi dans la mesure où la technique nous donne les moyens, le savoir nécessaire pour utiliser les choses et agir sur elle, elle semble nous permettre d’agrandir le champ d’action de notre liberté. 


II. La technique semble nous rendre libres

A) Définition de la technique : La technique est l’ensemble des applications pratiques de connaissances scientifiques. La technique vise l’efficacité et l’utilité : elle veut produire un résultat constatable, mesurable, prévisible.  Elle produit des objets destinés à satisfaire des besoins et des désirs, elle a pour but d’inventer des moyens. Elle s’étend à toutes sortes de domaines : médecine, communication, moyen de transport, découverte de l’espace etc. Grâce à la technique, la nature n’est plus ni complètement inconnue ni complètement hostile à l’homme : elle a simplifié et adoucit le quotidien des hommes.


B) La technique semble, en un sens, décupler nos capacités naturelles. Grâce aux ordinateurs par exemple, nous pouvons effectuer des calculs complexes en un temps record. Le but premier de la technique est la survie, le fait de pouvoir répondre à ses besoins biologiques pour rester en vie. Mais, au fur et à mesure du temps, la technique s’est développée aussi pour s’occuper d’améliorer les conditions de vie et de répondre à certains désirs de l’homme. Elle ne se contente donc plus de répondre aux besoins, elle s’occupe aussi des désirs et d’inventer des moyens toujours plus sophistiqués et performants pour y répondre. Le développement de toutes les nouvelles technologies en est un exemple. En utilisant les données scientifiques, elle permet à l’homme, selon le projet de Descartes, de devenir « maitre et possesseur de la nature » en la transformant. Il y a une idée de progrès dans la technique : l’homme invente des moyens qui sont capables de prendre en compte de plus en plus de données naturelles et de les modifier. La technique va toujours plus loin dans sa maitrise et sa modification du naturel. 

De fait, la technique semble étendre le champ d’action de notre liberté. Nous pouvons en effet agir sur des choses qui nous échappaient auparavant (changer un cœur, comprendre et prévoir certains phénomènes par exemple) et améliorer la qualité de vie de l’homme.


Transition : Et pourtant malgré tous les bénéfices apporter par la technique, il apparait cependant qu’elle peut aussi affaiblir notre liberté ou la menacer. 


III. La raison, qui protège et permet la liberté, doit poser une limite au progrès technique

A) Il faut remarquer dans un premier temps que la technique, et tout le progrès technologique qui en découle, peut être aliénante : en effet si le GPS est une merveille de technologie, s’il soulage l’homme d’avoir une carte et de savoir comment s’y repérer, il rend aussi l’homme inapte à se débrouiller tout seul lorsque que cet outil n’est plus disponible. Si posséder un GPS dispense l’homme de l’effort d’apprendre à se repérer dans l’espace, il lui enlève aussi un savoir et une compétence. Donc il semble qu’il faudrait opérer une première distinction :

- entre les techniques qui permettent à l’homme d’augmenter son savoir (théorique comme pratique) et de gagner en « être » (il devient « savant » c’est-à-dire littéralement « celui qui sait »).   Ces techniques n’excluent pas pour autant l’usage d’outils. Simplement, ils ne sont pas premiers, ils constituent une aide, qui d’ailleurs peut se trouver remplacée si l’on ne trouve pas l’outil précis recherché. D’ailleurs concernant ces techniques, l’absence d’outils ne laisse pas l’homme complètement démuni puisqu’il n’aura qu’à le remplacer par autre chose pour accéder au résultat souhaité.

Exemple : l’absence de calculatrice ne laisse pas démuni un homme qui voudrait effectuer un calcul. En effet, s’il a appris à maitriser les chiffres et les opérations, il ne sera pas dépendant de l’outil calculatrice. Et même pour certains calculs complexes : les Grecs maitrisent le nombre d’or (appelé π) dès le Vème siècle avant JC. De même les pyramides de Khéops ont forcément entrainés des calculs complexes… sans calculatrice.

- et celles qui lui ajoute de l’avoir en lui permettant de se reposer complètement sur un instrument. L’outil est ici premier et s’il disparait l’homme peut se retrouver sans ressources.

Il est clair que ce sont les techniques qui nous rendent plus « savant » qui tendent aussi à nous rendre plus libres, car elles ne nous aliènent pas à un instrument. 


B) A cela il faut ajouter une deuxième remarque concernant les dérives du progrès technique. Nous l’avons dit la liberté est un dynamisme, une faculté qui doit être protégée et développée et qui ne peut s’exercer qu’en relation avec l’intelligence et la volonté pour être protégée, et protégée dans le temps. Or le progrès technique a des conséquences sur cette liberté, parce qu’il a des conséquences autant sur l’individu que sur la société en général.  La technologie a, par exemple, accéléré le temps et tend à confiner l’homme dans l’utile, le consommable, l’immédiat. La technique s’occupe de l’avoir, peu de l’être et finalement elle coupe l’homme de son intériorité, de sa pensée et de son ressenti. Ce qui a forcément des conséquences sur sa liberté puisque l’homme ne prend plus le temps de savoir qui il est et ce qu’il veut vraiment. De même la tendance à tout « technologiser » pourrait même un jour lui enlever à l’homme son pouvoir de décision : prenons pour exemple ce qu’on appelle la justice automatisée ou Ross, le tout premier robot avocat du monde. Enfin, il faudrait noter que certains « progrès » techniques s’avère être plus dangereux que libérateurs : c’est le cas notamment des OGM qui ont pour conséquence directe la disparition des abeilles.  Ainsi, il s’agit pour l’homme d’exercer un esprit critique sur la technique et ses avancées : le problème ne réside pas dans la technique elle-même mais dans l’utilisation que l’on en fait. L’homme doit rester maître de la technique et du développement de celle-ci, notamment en l’encadrant de valeurs de bien et de mal, qui lui permettraient de se protéger de dérives néfastes.


Conclusion

Bilan : Nous avons donc vu que la technique était en mesure d’étendre le champ d’action de notre liberté, elle nous permet des choses inaccessibles sans son aide comme les voyages dans l’espace.

Réponse définitive : Mais il apparait également que la technique ne nous rend libre que dans la mesure où elle est encadrée par notre réflexion critique. C’est elle qui nous rend apte à discerner ce qui est bon pour nous, à court terme comme à long terme, et à agir en conséquence.

Ouverture : Enfin il faudrait réfléchir aux liens de la morale et de la politique avec la technique : ne devrait-elle pas se soumettre à certains principes moraux afin que le progrès technique ne devienne pas un désavantage pour la liberté humaine ? 

Le pouvoir politique n’a-t-il pas le devoir d’encadrer l’avancée technique pour protéger justement la liberté des individus ?


Tu as des questions ? N’hésite pas à les poser lors de notre live de correction mercredi 20 décembre à 17h sur notre chaîne YouTube digiSchool ainsi que sur notre page Facebook SuperBac ! ;) 

Fin de l'extrait

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