Sociétés et cultures rurales au Moyen Age - Histoire Géographie - Seconde

Sociétés et cultures rurales au Moyen Age - Histoire Géographie - Seconde

Voici un cours d'Histoire Géographie de Seconde, rédigé par notre professeur, consacré aux sociétés et cultures rurales au Moyen-Âge, chapitre issu du thème "Sociétés et cultures de l'Europe médiévale du XIe au XIIIe siècle".

Vous aborderez tout d'abord le contexte général à travers une série de définitions, puis vous vous intéresserez à la vie paysanne avec la composition du village médiéval, la soumission au centre des rapports sociaux ainsi que l'économie agricole basée sur deux secteurs d'activité : la céréaliculture et l'élevage. Enfin, vous étudierez laféodalité.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours d'Histoire Géo niveau Seconde sur les sociétés et cultures rurales au Moyen-Âge.

Sociétés et cultures rurales au Moyen Age - Histoire Géographie - Seconde

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LE CONTEXTE GENERAL

Clergé : Ce sont les membres de l'Eglise, c'est-à-dire qu'ils sont salariés par ce dernier, tout poste confondu, et sont omniprésents dans la société rurale.

Dîme : C'est une redevance en nature due au clergé et payée par le milieu paysan. Il correspond en théorie à un dixième de la récolte totale.

Laïc : Ceux qui ne sont pas apparentés à l’Église. Ils sont toutefois croyants et catholiques dans le cas de l'Europe médiévale.

Serf : Homme non-libre pour raisons économiques, qui a préféré abandonner ses libertés individuelles (celle de faire ce qu'il lui plaît, de déménager, ou ses droits d'héritage) pour assurer sa sécurité. Il dépend donc entièrement du seigneur auquel il a fait cet engagement, valable pour sa descendance aussi.

Rotation agricole : Elle consiste à alterner en deux ou trois ans une période de culture, et une phase de jachère – qui signifie de laisser reposer un sol une année. Elle peut être biennale ou triennale. Dans ce dernier cas, l'alternance se fait entre différentes cultures, la première plus consommatrice des ressources du sol.  

Vassal : C'est la situation de dépendance d'un homme libre envers un seigneur pour lequel il a prêté serment. Il est soumis à des obligations militaires et parfois économiques et religieuses

Fief : C'est une terre ou un revenu concédé à un vassal par le seigneur en échange de sa fidélité. Cette concession est définitive, sauf en cas de faute grave – trahison surtout.

L'ost : Ce terme désigne l'armée en campagne, dans laquelle doivent intégrer les vassaux pour combattre pour leur seigneur.

L'amour courtois : Terme créé au XVIIIème siècle, il permet d'évoquer la façon réglementaire de séduire une femme de la haute société – mariée ou non – sans l'offenser, par l'appui de la poésie, de la musique, et de contes épiques par exemple.

 

LA VIE PAYSANNE

LA COMPOSITION DU VILLAGE MEDIEVAL (XIEME-XIIIEME SIECLE)

- Un village classique en Europe au Moyen-âge se compose d'un habitat groupé, d'un peuplement principal, et de trois ensembles d'infrastructures : le cimetière et l'église pour le religieux, et le château pour le militaire et l'économique. En effet, les deux premiers représentent les cadres de la société paysanne, symbole de l'omniprésence de l’Église catholique dans les campagnes européennes et de son encadrement (cf fiche sur La Chrétienté Médiévale). Le château, quant à lui, est la résidence principale du seigneur, souvent construit sur une motte, une colline, proposant une protection face aux pillages courants au Moyen-Âge, en contrepartie d'une exploitation de terres seigneuriales pour le bénéfice de son possesseur. On appelle cela l'enchâtellement, le fait qu'une communauté de plus en plus importante se réunisse autour d'un château.

 

- Les habitants de ces villages se concentrent autour des grands lieux du pouvoir, souvent à l'intérieur de fortifications, même si celles-ci s'étendent par delà. Ainsi, la déforestation accrue au XIème et XIIème siècle, permet de créer de nouveaux centres urbains et espaces cultivables, tout en conservant une partie de la forêt comme source de revenu, mais aussi comme matériaux de base pour la plupart des constructions médiévales – maisons, marchés, certaines fortifications... Les formes d'habitats varient en Europe, mais les maisons demeurent petites, et seuls les couples et le cercle familial proche y vivent – enfants et parents.

 

LA SOUMISSION AU CENTRE DES RAPPORTS SOCIAUX

- Les paysans sont sous contrôle de leur seigneur, ce dernier cadre les rapports humains sur son territoire. En effet, les paysans lui doivent une multitude de services et de redevances pour que ceux-ci puissent exploiter la terre, autour de taxes, de travaux pour le seigneur – récolter dans ses champs, réparer une fortification, etc. - ou encore des banalités. Ces dernières sont des taxes pour utiliser le four, le pressoir, ou le moulin par exemple. Les serfs sont encore plus dominés par le seigneur, autant au niveau économique qu'au niveau des droits. De plus, les paysans doivent aussi s'acquitter de taxes envers le clergé, dont la dîme est l'exemple le plus parlant.

 

- Le seigneur, laïc ou membre du clergé, possède une grande partie de la propriété foncière – c'est-à-dire des terres disponibles à la possession – après s'être accaparé les terres défrichées ou celles sans détenteur. Il contrôle directement la police, a le pouvoir de rendre la justice sur son territoire, un pouvoir de contrainte, mais aussi de punition. Il est donc au sommet de la hiérarchie rurale, puisque seul représentant du pouvoir, religieux ou laïc, sur un territoire donné.

 

- Cette situation crée de nombreuses tensions et désordres entre les différents groupes sociaux, les paysans reprochant aux seigneurs d'être exploités et de trop subir les envies souvent injustes de ceux-ci, et se rassemblent pour lutter avec les armes. Ces mouvements de révoltes sont massivement réprimés, très violemment. Ces éléments témoignent de la terreur ressentie par les classes dirigeantes envers les paysans. Ces mouvements de protestations sont parfois couronnés de succès, avec des accords conclus, améliorant de fait la condition de quelques populations. Cependant, lesrapports sociaux ne sont pas apaisés pour autant et le seigneur jouit toujours d'une position de supériorité.

 

UNE ECONOMIE AGRICOLE BASEE SUR DEUX SECTEURS D'ACTIVITES

- La céréaliculture, avec la culture du blé par exemple, est la source principale de nourriture dans le monde méditerranéen. Elle est à la base de l'alimentation, à travers le pain surtout, et permet aussi de sustenter les animaux. L'efficacité des cultures n'étant pas excellente, les paysans mettent au point des savoirs liés à des expériences, comme des rotations, biennales ou triennales, autour de la mise en jachère de certaines terres. Mais tous les territoires ne sont pas propices à l'agriculture : globalement, le nord de la France est favorisé sur le sud par exemple. Mais les famines, quoique leur nombre soit en recul, sont toujours présentes et meurtrières.

 

- L'élevage est aussi une activité importante au Moyen-Âge. En effet, elle permet de nourrir les hommes – à travers la consommation directe, ou indirecte, avec le lait par exemple –, d'apporter des revenus, avec l'élevage de chevaux entraînés pour la guerre, avec le cuir, la laine comme éléments courants, et l'élevage rend possible la production d'engrais, de par les déjections animales.

 

- Les paysans rythment leurs journées selon les travaux agricoles, hiver comme été. La semence et la moisson sont les plus connus, mais y figurent aussi la tonte des moutons, le battage du grain, la taille des vignes, la taille des arbustes, etc. Tout cela doit être conservé à l'esprit pour imaginer la vie paysanne au Moyen-âge.

 

LA FEODALITE

UNE SOCIETE BATIE SUR L'HOMMAGE

- Dès le Xème siècle, les pouvoirs centraux européens connaissent une période de perte d'influence, suite à des invasions normandes notamment. Dès lors, les seigneurs les moins puissants, tout comme les membres de la paysannerie, recherchent la protection de ceux l'étant plus. Des liens d'homme à homme sont alors créés, que l'on appelle la féodalité, liant un seigneur à un vassal. Cet accord s'engage de manière solennelle, mêlant le politique et le religieux, les protagonistes devant se jurer assistance sur une relique de saint. Ces aspects permettent à la société médiévale fondée sur ces liens féodaux de trouver une raison supplémentaire pour justifier la hiérarchie actuelle.

 

- D'autres rites accompagnent la cérémonie. Des témoins assistent à la scène pour attester de l'engagement pris. Si celui-ci est rompu, des sanctions sont prévues, d'ordre religieuses, ou économiques, avec la confiscation de ses possessions. Souvent, ces faits sont accompagnés par des tournois entre chevaliers, autant pour célébrer l'événement, que pour mettre à l'épreuve des vassaux entre eux, ou de futurs vassaux. Il ne faut pas non plus oublier que le tournoi est une pratique guerrière et fonctionnant comme un entraînement pour de vrais combats, lors de batailles.

 

- Le vassal se doit de respecter certains devoirs, comme le fait de se préparer à la guerre et de combattre pour le seigneur, de participer financièrement à certains événements – mariage de la fille aînée, adoubement du fils... - mais aussi de le représenter sur un territoire donné, le fief.

 

- Le seigneur, quant à lui, a comme obligation de défendre le vassal juridiquement, mais aussi militairement. De plus, il lui fournit un fief, et peut aider ses fils à devenir chevaliers eux-aussi. Il faut aussi signaler que le roi est le seigneur de tous les seigneurs, étant à la tête de la hiérarchie. Il prend de nouveau de l'importance en Europe avec l’avènement des grands royaumes, dès le tournant de l'an mille.

 

UN EXEMPLE DE LIENS FEODAUX : L'AMOUR COURTOIS

- Ce type d'amour (dont la définition est dans la première partie) est connu à travers la littérature, dont les livres de Chrétien de Troyes. Ce dernier est très connu pour avoir écrit les légendes arthuriennes, à partir de légendes orales et de textes précurseurs. Dans ces ouvrages, l'idéal chevaleresque est lié avec l'amour pur, noble, qu'un chevalier peut connaître avec une femme, souvent mariée et de rang social élevé.

 

- Cet amour doit, en théorie, être secret, seulement théorique et spirituel, et est le témoignage de l'esprit irréprochable du chevalier. De par sa soumission, il doit s'offrir entier à son amante, qui, elle, peut refuser ou non cette preuve d'amour. Cependant, il arrive qu'un adultère ait lieu, ce qui est puni autant par la loi que par la religion.

 

En conclusion, le monde rural compose la grande majorité de la population européenne, malgré le fait que les villes se développent à cette période des XIIème – XVème siècle. Le pouvoir principal se retrouve dans les champs, les châteaux, les églises et les monastères. Le village rural s'organise autour de quelques édifices marquants au point de vue du paysage : le château, l'église, et le cimetière. Ces éléments témoignent de l'omniprésence du seigneur dans la vie quotidienne.

Ainsi, les relations féodales, entre un seigneur et son vassal, sont au centre des sociabilités médiévales, avec une hiérarchie très stricte, le roi étant au sommet de celle-ci. Comme nous l'avons vu lors du chapitre sur la chrétienté médiévale, l’Église possède une place primordiale dans la vie de chacun, autour des cultes des saints et de leurs reliques – comme lors du serment entre vassal et seigneur, ou encore à travers les représentations qui régissent l'amour courtois.

Fin de l'extrait

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