Le Sahara : ressources, conflits - Histoire Géographie - Terminale S

Le Sahara : ressources, conflits - Histoire Géographie - Terminale S

digiSchool Bac S met à votre disposition ce cours d'Histoire Géographie gratuit, rédigé par notre professeur, consacré au chapitre intitulé "Le Sahara : ressources, conflits" issu du thème "L'Afrique : les défis du développement".

Dans ce cours d'Histoire Géo niveau Terminale S, vous apprendrez en quoi le Sahara est un espace de fortes contraintes mais disposant de ressources, à travers les contraintes liées au climat et à l'immensité, ainsi que la question de l'eau. Vous verrez également que l'exploitation des énergies ne profitent pas aux populations. Vous aborderez par la suite l'espace géopolitique du Sahara, puis vous découvrirez pourquoi le Sahara est un espace convoité.

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Le Sahara : ressources, conflits - Histoire Géographie - Terminale S

Le contenu du document

 

NOTIONS POUR L’ETUDE DE CAS SUR LE SAHARA

Frontex // économie de rente // Al-Aqmi // ressources énergétiques // pluviométrie // FTN // agriculture oasienne // Maghreb et grand Maghreb // Machrek // conflit d’usage // hydocarbures

 

A RETENIR

Superficie du Sahara : 8.5 millions de km². Une dizaine d’États concernés, voir carte.

 

OBJECTIF BAC !

L’ensemble de la question « L’Afrique : les défis du développement » se prête aux exercices d’étude critique de document(s). 

Chacune des entrées de la question : Sahara puis continent africain, peut donner lieu à une composition.

La réalisation d’un seul croquis est associée à ce chapitre.

Les contrastes de développement et l’inégale intégration dans la mondialisation en Afrique 

 

INTRODUCTION

« Sahara » est dérivée du mot arabe « ashar », la couleur ocre. Sa délimitation fait débat. Certains auteurs excluent le Soudan et l’Égypte, ils ont inclus ici, ce qui porte à dix le nombre d’États concernés. Ici, les limites bioclimatiques délimitent le désert avec au sud la bande sahélienne et l’Afrique subsaharienne.

La pluviométrie, caractérisée par sa faiblesse et son irrégularité, ainsi que la végétation doivent nécessairement être prises en compte. La carte qui suit souligne le déséquilibre du peuplement en faveur du littoral et la diversité du peuplement, qui explique, en partie, la fragmentation géopolitique et les tensions.

La géopolitique européenne et internationale, mais aussi des FTN se préoccupent particulièrement de cet espace en lien avec les enjeux géostratégiques qu’il recouvre et les flux qui le parcourent. Longtemps considérée comme une région peu peuplée, peu développée et difficile à contrôler, le Sahara entre de plain-pied dans la mondialisation. 

À l’échelle internationale, les conflits parfois anciens (Sahara Occidental), les migrations clandestines, les trafics, ainsi que le terrorisme, placent la région au cœur de la sécurité internationale. 

Cette étude permettra donc de s’interroger sur le mode de développement du Sahara, notamment sur sa durabilité, mais aussi sur les effets de l’intégration du Sahara dans la mondialisation. En cela, elle permet d’aborder les grandes problématiques de ce chapitre.

 

Le Sahara, un espace contraignant mais riche en ressources

Carte des ressources du Sahara - Cours Histoire Géo Terminale S

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EN QUOI LE SAHARA EST-IL UN ESPACE DE FORTES CONTRAINTES MAIS DISPOSANT DE RESSOURCES ?

DES CONTRAINTES LIEES AU CLIMAT ET A L’IMMENSITE

Le Sahara présente les contraintes des déserts chauds : les conditions de vie y sont rudes, son immensité (8,5 millions de km² soit la superficie du Brésil),  a rendu son contrôle difficile, il a longtemps été considéré comme un « espace inu¬tile ». La découverte de ressources stratégiques a changé considérablement cette donne depuis les années 1950. 

Une autre contrainte réside dans la répartition déséquilibrée de la population en faveur des littoraux méditerranéen et atlantique et en défaveur du Sahara où les populations se concentrent dans les oasis et les villes. Si l’on prend l’exemple de l’Égypte, 99% de la population égyptienne se concentre dans la vallée du Nil et les villes littorales !

 

LA QUESTION DE L’EAU

La ressource en eau fossile est importante mais son exploitation est difficile et coûteuse : elle est l’objet d’aménagements de grande ampleur tels que les stations de pompage, les aqueducs, les grands canaux d’irrigation construits par les États, en particulier la Libye et l’Égypte pour les plus importants d’entre eux. La culture irriguée moderne est très consommatrice d’eau et concurrence les cultures traditionnelles, plus économes et rationnelles dans leur gestion de l’eau. 

Les ressources alimentaires et les aménagements hydrauliques sont variés mais profitent peu aux populations. La mise en valeur des ressources en eau, par des équipements modernes puisant dans la nappe fossile ou phréatique non renouvelable, pose la question de la durabilité. Ces aménagements nécessitent aussi de lourds investissements, au détriment de l’agriculture oasienne traditionnelle des paysans qui peut être menacée. L’agriculture des périmètres irrigués est destinée aux citadins et à l’exportation, alors que les rivières artificielles libyennes alimentent le littoral. Ainsi, le décalage est grand entre les aménagements étatiques et leurs retombées pour la population saharienne.

 

Le Sahara, privé d’eau... de surface

Eau et Sahara - Cours Histoire Géo Terminale S

Cultures irriguées dans le désert libyen

Cultures irriguées dans le désert lybien - Cours Histoire Géo Terminale S

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DES RESSOURCES ENERGETIQUES ABONDANTES QUI NE PROFITENT PAS AUX POPULATIONS

L’exploitation des énergies n’impulse pas le développement. L’exploitation du pétrole, du gaz et des ressources minières,  génère des revenus considérables pour les États, mais se développent en parallèle, et non en complémentarité, des activités locales. Nombre d’États de la région, l’Algérie, la Libye, l’Égypte… ont des économies rentières grâce à leurs ressources, notamment les hydrocarbures. Elles constituent des enjeux stratégiques et financiers que confisquent ceux qui sont au pouvoir ou tentent d’y accéder. Dans l’actuel chaos libyen, l’État islamique contrôle dans l’est du pays en 2015, différents puits de pétrole, dont la production est  revendue en contrebande ce qui permet de financer ses actions terroristes.

Ainsi, les signes de faible développement persistent dans tous les pays concernés par le Sahara. : faible IDH, fort taux de chômage et de pauvreté. Au sud, la mise en valeur des ressources est moindre, plus récente et elles sont moins diversifiées, ce qui explique le mal-développement et l’insécurité alimentaire persistante. Le pays qui s’en sort le mieux à l’heure actuelle avec une bonne intégration dans la mondialisation et un IDH correct est le Maroc.

 

LE SAHARA, UN ESPACE GEOPOLITIQUE FRACTIONNE

LE SAHARA EST UN ESPACE POLITIQUEMENT INSTABLE

Le Sahara a connu ces dernières décennies des conflits interétatiques, des attentats et des guerres civiles. L’absence de démocratie a conduit aux révolutions de 2011 appelées « printemps arabes » qui a touché d’abord les pays du Maghreb, Tunisie en premier lieu. On nomme  communément Maghreb, les États de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. En y ajoutant la  Mauritanie et la Libye on parle de Grand Maghreb. L’Égypte quant à elle est incluse généralement dans le Machrek, c’est-à-dire les États de l’orient arabe Dans le cas de la Libye cette révolution s’est accompagnée d’une guerre civile et du soutien militaire de la  France, de l’Angleterre et des États-Unis aux insurgés contre le dictateur Kadhafi. Ces conflits provoquent des morts et des blessés dans la population civile, mais aussi des déplace-ments de population qui trouvent refuge dans les camps de réfugiés, où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. 

La dimension humanitaire, le rôle de l’ONU dans la gestion des camps de réfugiés ou pour l’observation des conflits, font que les enjeux dépassent à nouveau les frontières de la région saharienne. La dimension économique explique aussi l’intérêt que les États étrangers portent à la région, à l’exemple de l’uranium du Niger exploité par Areva (entreprise française, leader mondial de l’énergie nucléaire et se développant dans les énergies renouvelables.  Cette FTN est présente par son réseau commercial dans 100 pays, développe des activités industrielles dans plus de 40 États). Enfin, la dimension sécuritaire, liée aux deux précédentes, fait du Sahara un espace stratégique : aux trafics d’armes et de drogue s’ajoutent le phénomène des migrations et la menace terroriste qui inquiètent au plus haut point la communauté internationale.

 

UN ESPACE AU CŒUR DE LA GEOPOLITIQUE INTERNATIONAL

Le Sahara et les groupes armés islamistes d'Afrique et du Proche Orient - Cours Histoire Géo Terminale S

Pour tenter de limiter les migrations clandestines, les grandes puissances, l’Europe en particulier, tentent de maîtriser les flux de clandestins par le dispositif appelé « Frontex », qui permet la surveillance commune de la Méditerranée. Des caméras de vidéosurveillance, des murs, des entraves, des patrouilles…constituent les moyens mis à la disposition de Frontex par l’union européenne.

De nombreux accords bilatéraux, sécuritaires et militaires, sont aussi signés entre États pour contrôler localement la région ; c’est dans cette perspective que des camps de détention des migrants se sont créés en Algérie et en Libye. Les FTN sont aussi concernées par le terrorisme d’Al-Aqmi, qui s’est concrétisé par des attentats et des enlèvements. Or, le terrorisme s’exporte aussi hors du Sahara et la sécurisation de la zone, par le biais d’accords de coopération militaire, est une préoccupation des États étrangers qui y ont des intérêts. Elle pose la question de la mise sous

Par ailleurs, les grandes puissances sont aussi présentes par le biais des Organisations internationales : postes d’observation de l’ONU au Sahara Occidental ou gestion de camps de réfugiés en Algérie ou au Soudan.

 

LE SAHARA EST UN ESPACE CONVOITE

CONVOITE POUR SES RESSOURCES

Captée par les États, la rente pétrolière est source de violence pour la population : peu distributeur de revenus, le système de rentes explique en partie les tensions locales ou la contestation de ceux qui s’estiment laissés pour compte. Les investissements des FTN sont également peu destinés aux populations natives et peuvent être en concurrence avec celles-ci, comme pour le tourisme. Les FTN sont surtout intéressées par l’exploitation des hydrocarbures ainsi que le montre la forte présence chinoise en Algérie ou au Soudan. Leurs investissements se négocient avec des États caractérisés par des pratiques de corruption et le clientélisme.

Des conflits sont générés, directement ou indirectement, par ces ressources. L’eau et l’agriculture suscitent des conflits d’usage et des tensions interethniques au sein des États, entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades par exemple.. À l’échelle régionale, ce sont encore les ressources énergétiques, ou l’espoir de découvrir des ressources minières ou en hydrocarbures, qui expliquent en grande partie les conflits armés régionaux et la convoitise sur les territoires des États voisins. Le conflit du Sahara Occidental entre le Maroc et l’Al¬gérie ou la guerre de la Bande d’Aozou, entre le Tchad et la Libye qui espérait y trouver du pétrole, ou encore la guerre entre le Nord et le Sud Soudan, témoignent de l’enjeu stratégique que représentent ces ressources.

 

L’ESSOR DES TRAFICS AU SAHARA A PRIS UNE AMPLEUR INTERNATIONALE

Face à cette situation tendue, à l’échec des politiques de développement local et à des conditions de vie difficiles, certains groupes ont mis en place des activités illicites, voire criminelles, bien que protégées par les responsables politiques et militaires. Les trafics de drogue, d’armes et de contrebande sont mis en œuvre par des réseaux mafieux, bien au-delà des frontières sahariennes même si certaines villes, au cœur du carrefour, sont des plaques tournantes de ces trafics.

 

CONCLUSION

Depuis une dizaine d’années, le Sahara revient sur la scène politique et médiatique internationale, en raison des enjeux géostratégiques qu’il représente. Les acteurs politiques, économiques, terroristes et mafieux en font un des points chauds de la planète, particulièrement instable à l’heure actuelle. On retrouve ces problématiques à l’échelle du continent africain.

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