La gouvernance économique à l'échelle mondiale depuis 1975 et le sommet du G6 - Histoire Géographie - Terminale S

La gouvernance économique à l'échelle mondiale depuis 1975 et le sommet du G6 - Histoire Géographie - Terminale S

Voici un cours d'Histoire Géographie gratuit pour Terminale S, rédigé par un professeur, consacré à la gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975.

Cette fiche présente le troisième chapitre du troisième thème d'histoire en Terminale S, intitulé « Les échelles de gouvernement dans le monde ». Il évoque les différentes organisations mondiales qui existent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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Cette fiche présente le troisième chapitre du troisième thème d'histoire en Terminale S, intitulé « Les échelles de gouvernement dans le monde ». Il évoque les différentes organisations mondiales qui existent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Alors que le chapitre des Terminales L et ES oblige à les étudier depuis leur création, celui des Terminales S ne commence qu'en 1975, avec la création du G6.

PRÉREQUIS

Il est nécessaire de connaître l'existence des organisations mondiales : le FMI, l'ONU, le GATT. Comme ceux-ci sont peu étudiés dans les chapitres précédents, à l'exception de l'ONU, qui est notamment étudiée en 3e et en Première, un rappel dans cette fiche, situé après l'introduction, vous permet de connaître leurs différences.

OBJECTIFS

Après la lecture de cette fiche, il faut avoir en tête qu'une gouvernance économique mondiale existe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais qu'elle est mise en difficulté suite aux différentes crises que connaissent les pays du monde dans les années 1970. 

Les pays du Nord sont dans un premier temps à la tête des organisations mondiales, qui attirent progressivement de plus en plus de pays. Ces organisations permettent progressivement aux pays pauvres de faire entendre leur voix, même s'ils n'ont que peu de pouvoir. Au départ, la gouvernance est essentiellement économique et financière, mais elle tend à s'étendre à d'autres sujets, notamment la protection de l'environnement.

Les notions suivantes sont à maîtriser : gouvernance économique mondiale, mondialisation, G6, G7, pays émergents, politiques néolibérales, OMC, développement durable, libre-échange, G20, ALENA, ONG, altermondialisme.

Les repères suivants sont à maîtriser : 1971 : fin du système de Bretton Woods, 1975 : création du G6, 1976 : création du G7, 1998 : création du G8, 1995 : création de l'OMC - remplaçant le GATT, 1999 : création du G20, 1997 : conférence de Kyoto.

Introduction

Après les deux guerres mondiales, les pays cherchent à mettre en place une gouvernance mondiale afin d’assurer une stabilité économique.

DÉFINITION : Gouvernance économique mondiale. La gouvernance économique mondiale est la mise en place de règles internationales visant à encadrer la mondialisation. L’objectif est d’assurer le développement durable de la planète et de renforcer la coopération entre les États et tous les autres acteurs (organisations internationales, organisations non gouvernementales, etc.)

De nombreuses organisations ont été créées après la Seconde Guerre mondiale (cf. repères).  Cependant, ce système économique mis en place après la Seconde Guerre mondiale est remis en cause au début des années 1970, en lien notamment avec les difficultés de l’économie américaine, les chocs pétroliers et l’accélération de la mondialisation.

DÉFINITION : Mondialisation. La mondialisation est l’essor des flux financiers et commerciaux entre les pays et l’internationalisation accrue des entreprises grâce aux progrès du libre-échange, à l’assouplissement des règlementations des États et à l’essor des moyens de transport et de communication.

Les pays du monde cherchent donc à instaurer de nouvelles normes internationales, notamment lors du sommet de Rambouillet, en 1975, qui aboutit à la création du G6

DÉFINITION : G6. Le G6, puis le G7 et le G8, est un groupe informel de discussion et de coopération entre les principales puissances économiques de la planète. Il comprend les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Japon, la RFA, l’Italie en 1975 ; puis le Canada en 1976 et la Russie en 1978. 

De nos jours, les organisations mondiales comme le FMI, l'OMC ou bien l'ONU sont mis à mal par les différends entre les pays membres.

REPÈRE. Outre l’ONU, de nombreuses institutions économiques internationales ont été créées à partir de 1945 :

- Le FMI (1945) : Fonds Monétaire International, organisme de coopération monétaire fondé officiellement le 27 décembre 1945, après la ratification par 29 pays des statuts adoptés à la conférence de Bretton Woods tenue aux États-Unis en juillet 1944.

- Le GATT (1947) : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (General Agreement on Tariffs and Trade) négocié en 1947 pour favoriser la croissance des échanges internationaux, notamment par la baisse des tarifs douaniers.

Parallèlement, la signature des accords de Bretton Woods en 1944 aboutit à la création de la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD ou Banque mondiale) et à la seule convertibilité de l’or en dollar.

Afin de reconstruire les États qui ont été durement touchés par la guerre, les États-Unis proposent le Plan Marshall en 1947, aide économique et financière que les pays ouest-européens doivent gérer en créant l’Organisation Européenne de Coopération Économique (OECE) en 1948. 

Elle devient l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) en 1960. Des aides sont aussi données aux pays du Tiers Monde. Cette coopération est marquée par l’opposition entre les États-Unis et l’URSS : ce dernier refuse de participer au système de Bretton Woods, insistant pour que les autres pays communistes n’y prennent pas part non plus.

Problématique

  • Comment la gouvernance mondiale s'organise-t-elle ?
  • La gouvernance mondiale ne masque-t-elle pas l’hégémonie d’un petit groupe d’États ?

I. UNE COOPÉRATION MONDIALE EN DIFFICULTÉ DE 1975 À 1991

A. Un contexte marqué par de graves crises

Les années 1970 sont marquées par la crise du système de Bretton Woods. En effet, en 1971, les États-Unis éprouvent des difficultés économiques, qui s’expliquent notamment par les fortes dépenses liées à la guerre froide. 

Ils dévaluent alors leur monnaie, mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Le système monétaire international, fondé sur cette convertibilité, est donc, à partir de là, désorganisé, puisque la valeur des monnaies est déterminée par le marché et évolue en fonction de l’offre et de la demande.

REPÈRE. En 1971, les États-Unis mettent fin au système Bretton-Woods.

En effet, en 1976, un nouveau système monétaire international est mis en place : les accords de la Jamaïque permettent l'existence de taux de change flottants. Ainsi, les États peuvent faire fluctuer la valeur de leur monnaie en fonction de leurs intérêts économiques et commerciaux. 

Les États-Unis profitent de ce système : alors que le dollar reste la monnaie de référence pour les échanges internationaux, la Banque Centrale des États-Unis peut augmenter la monnaie en circulation et donc financer sa dette à moindre coût.

Par ailleurs, les pays occidentaux, dépendants des importations de pétrole provenant notamment des pays de l’OPEP, sont fortement touchés par les deux chocs pétroliers, datant de 1973 (à la suite de la guerre du Kippour entre Israël et les pays voisins arabes) et de 1979 (après la révolution islamique en Iran). 

En effet, après avoir vu leur économie croître rapidement pendant les Trente Glorieuses, les pays occidentaux doivent payer leur approvisionnement énergétique plus cher. Ils sont également touchés par la concurrence des pays en développement, notamment de ceux situés en Asie du Sud-Est, qui bénéficient des délocalisations d’usines de production. Les pays occidentaux sont alors touchés par le chômage, une forte inflation et une chute de la production. 

Les pays en développement sont aussi touchés par la crise, du fait d’une baisse de la demande et de la hausse de l’endettement.

B.   De nouveaux facteurs émergents

Lors du sommet de Rambouillet en 1975, les chefs d’État et de gouvernement des 6 plus grandes puissances économiques mondiales se réunissent et créent le G6 : celui-ci réunit les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, la RFA et le Royaume-Uni. L’arrivée du Canada, l’année d’après, donne naissance au G7. 

Ces pays cherchent à renforcer la coopération économique internationale et à améliorer l’action des organisations internationales existantes : le FMI, le GATT ou la Banque mondiale.  

REPÈRE. En 1975, les chefs d’État des six plus grandes puissances économiques mondiales (États-Unis, Japon, France, Royaume-Uni, RFA, Italie) créent le G6.

REPÈRE. En 1976, le G6 devient le G7 avec l’ajout du Canada.

Les pays du Tiers Monde, quant à eux, réunis lors du G77 (créé en 1964 lors de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), sont divisés : en effet, alors que certains d’entre eux sont encore marqués par une forte pauvreté, d’autres connaissent une forte croissance économique, comme les pays émergents.

DÉFINITION : Pays émergent. Un pays émergent est un État dont le PIB par habitant et l’IDH sont inférieurs à celui d’un pays développé, mais qui a une croissance économique rapide.

Par ailleurs, le FMI et la Banque mondiale, chargés d’assurer la stabilité monétaire, se tournent vers les pays en développement afin de financer leur dette. Cependant, ils imposent aux pays du Sud, très endettés, des politiques de rigueur et des mesures de libéralisation de leur économie, avec une privatisation des secteurs publics, une ouverture à la concurrence internationale, des réformes des secteurs bancaires. 

Ces derniers éprouvent alors de plus grandes difficultés, car ils subissent la concurrence des autres pays. Ainsi, les tarifs douaniers sont devenus très faibles à la fin du XXe siècle (4% en moyenne aux frontières), alors qu'ils étaient dix fois plus forts au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il est alors possible de parler d'un vaste marché mondial, qui se concrétise par la transformation du GATT en 1995.

Le développement des échanges provoque une libéralisation des marchés financiers. C'est le début d'une globalisation financière qui permet de parler d'un marché financier mondial dès les années 1980. Ces flux soutiennent au départ la croissance des échanges et les investissements directs à l'étranger (ou IDE). Ils permettent aussi l'émergence de nouveaux acteurs financiers : les fonds de pensions (notamment CalPers), les agences de notation (comme Moody's). 

Par ailleurs, ils favorisent aussi la spéculation (c'est-à-dire une opération financière qui parie sur l'évolution d'un bien, qu'il s'agisse d'une monnaie, d'un métal précieux, etc., en vue de faire un bénéfice en l'achetant puis en le revendant) : ceci peut provoquer des krachs boursiers, comme à Wall Street en 1986.

C. Mais la coopération économique mondiale est critiquée et controversée

La crise économique issue des deux chocs pétroliers aboutit à une crise de la coopération économique mondiale : en effet, le Royaume-Uni et les États-Unis choisissent de mettre en place des politiques néolibérales.

DÉFINITION : Politiques néolibérales. Les politiques néolibérales condamnent l’intervention du politique dans l’économie.

Les dépenses publiques sont réduites, tandis que les entreprises publiques sont privatisées. L’économie est donc financiarisée : les flux financiers augmentent. La mondialisation accentue donc la compétition entre les pays.

Par ailleurs, la création du G7 est mal perçue par les autres pays du monde, qui le voient comme un « club de riches », d’autant qu’il ne débouche sur aucun résultat concret puisqu’il ne s’agit que d’un groupe informel de discussion. 

Les organisations internationales ne sont pas plus efficaces. Les pays développés sont marqués par la précarité des populations les plus fragiles, tandis que les pays en développement connaissent une instabilité de leur économie. 

Les pays pauvres sont marqués par un surendettement, d’autant que la crise économique a réduit les aides au développement qu’ils perçoivent. Sollicité par ces derniers, le FMI leur impose une politique de rigueur pour obtenir des aides, mais celle-ci aboutit à une aggravation de la pauvreté.

II. UNE NOUVELLE GOUVERNANCE MONDIALE DEPUIS 1991

A. Un contexte nouveau

En 1991, l’URSS implose après que les démocraties populaires aient abandonné le système communiste : cette année marque donc la victoire du capitalisme à l’échelle mondiale. Ainsi, de nouveaux partenaires économiques apparaissent, entraînant une redéfinition des règles de gouvernance : la Russie se joint alors au G7, qui devient le G8, en 1998.

REPÈRE. En 1998, le G7 devient G8 avec l’ajout de la Russie.

 

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Le leadership des puissances occidentales est progressivement mis à mal par le développement des puissances émergentes, notamment d’Asie (comme l’Inde et la Chine) et d’Amérique du Sud (comme le Brésil). Ces derniers connaissent en effet une croissance économique très rapide, qui fait progressivement d’eux des acteurs majeurs dans la mondialisation.

À partir de 2007, les pays occidentaux sont marqués par une crise qui débute aux États-Unis et s’étend ensuite, notamment en Europe. Celle-ci est issue d’une difficulté liée au monde bancaire : en effet, les États-Unis avaient proposé des prêts immobiliers permettant à des ménages à faibles revenus d’acheter des maisons. 

Or, avec l’augmentation des taux, de nombreux ménages ne peuvent plus rembourser leurs prêts : ainsi, le marché de l’immobilier s’effondre en 2007, aboutissant également à la faillite de la banque Lehman Brothers. Afin d'éviter la banqueroute, l'État américain débloque de grosses sommes (700 milliards de dollars) pour renflouer le secteur bancaire. 

En Europe, les États industrialisés font de même, mais la crise de subprimes a contaminé l'ensemble de la finance mondiale. Les banques américaines ont en effet cédé une partie de leurs créances empoisonnées à d'autres acteurs de la finance sous forme de montages financiers complexes. Tout le système est infecté aujourd'hui.

La recapitalisation bancaire qui doit éviter la banqueroute a pour corollaire une aggravation de la dette des pays développés. Les agences de notation dégradent alors les notes des pays en question, ce qui a pour conséquence de faire monter les taux auxquels ils empruntent sur les marchés internationaux. Pour limiter ces hausses, les gouvernements doivent donner des garanties de stabilisation et de réduction de leurs dettes qui passent par des plans de rigueur qui sont très vivement critiqués par la population. 

Certains pays, comme la Grèce, se retrouvent fortement endettés. La crise touche aussi les pays émergents. La Chine est alors le principal créancier des États-Unis, qui affichent en 2013 une dette de 16 000 milliards de dollars. Cette dette est pour les Chinois un sujet de préoccupation majeure.

B. La réorganisation des acteurs mondiaux

L’OMC remplace le GATT en 1995, afin de renforcer le libre-échange et d’élargir les négociations à l’agriculture et aux services. 

Cette organisation promeut également le développement durable et œuvre pour que le commerce international bénéficie aux pays en développement. Par ailleurs, cette nouvelle organisation fonctionne selon un système démocratique, avec un vote par État : ainsi, les voix des pays pauvres comptent autant que les pays riches. 

De plus, les pays pauvres peuvent porter plainte contre des pays industrialisés devant l'Organe de règlement des différends, sorte de tribunal qui leur permet de trouver une solution à leurs contentieux commerciaux. Elle attire de plus en plus de pays (aujourd'hui, elle en compte 164), notamment la Chine, en 2001, attestant ainsi de son dynamisme : ces derniers choisissent alors de renoncer aux droits de douane. Néanmoins, les pays pauvres manquent de moyens pour faire valoir leurs droits, tandis que les organisations régionales restreignent son influence.

REPÈRE. En 1995, le GATT est remplacé par l’OMC, Organisation Mondiale du Commerce.

DÉFINITION : OMC. L’OMC est l’Organisation Mondiale du Commerce, qui a succédé au GATT à partir du 1er janvier 1995 pour libéraliser les échanges des biens et des services et régler les différends commerciaux entre les États membres.

DÉFINITION : Développement durable. Le développement durable est un développement qui répond aux besoins des populations du présent sans compromettre ceux des générations futures, en préservant l’environnement et le juste accès aux ressources.

 

En effet, des regroupements régionaux se multiplient : ces organisations visent à la réalisation de zones de libre-échanges et donc prônent le libéralisme. 

L’Union européenne réalise la mise en place d’un marché commun en 1992, tandis que l’ASEAN est créée en 1991 et l’ALENA en 1994 (devenu l'AEUMC en 2018, notamment pour lutter contre la concurrence de la Chine dans les pays d'Amérique du Nord). Mais ces organisations économiques contribuent à la marginalisation des pays pauvres. 

DÉFINITION : Libre-échange. Le libre-échange signifie la libre circulation des biens et des services entre les pays après abolition de toutes les restrictions imposées par les États (droits de douane, quotas, normes etc.).

DÉFINITION : ALENA. L’ALENA est l’ancien nom de l’AEUMC, l’Accord États-Unis-Mexique-Canada, entré en vigueur en 2018.  L’ALENA a été créé en 1994 afin de favoriser les échanges entre les pays d’Amérique du Nord.

Enfin, le G20, réunissant les 20 plus grandes puissances mondiales, est créé en 1999 : le Groupe des 8 s’élargit ainsi aux puissances émergentes, comme l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde ainsi que la Turquie. 

Cela permet ainsi de reconnaître le poids de ces pays dans la mondialisation et les échanges. Ils exigent aussi la baisse des subventions agricoles accordées par les pays riches à leurs agriculteurs. Cependant, il ne remplace pas le G8, qui est redevenu pour un temps G7 suite à l'exclusion de la Russie (après la crise en Crimée en mars 2014).

REPÈRE [1]. Date de mise à jour de ce document : novembre 2018. Pense bien à suivre l'actualité pour être tenu(e) informé(e) des potentiels changements.

REPÈRE. En 1999, les chefs d’État des 19 plus grandes puissances économiques mondiales, ainsi que l’UE, créent le G20. 

DÉFINITION : G20. Le G20 est un groupe informel de discussion et de coopération économique comprenant 19 pays + l’Union européenne. Il a été créé en 1999. Cet élargissement du G8 vise à tenir compte du poids économique croissant des « pays émergents ». Il regroupe les pays du G8, 11 autres (Argentine, Australie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Arabie Saoudite, Afrique du Sud, Corée du Sud, Turquie) et l’UE.

 

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Néanmoins, les négociations entreprises par les pays en développement avec les pays riches sont mises en difficultés, notamment lors du cycle de Doha. Ces négociations, entamées en 2001 à Doha (Qatar), qui ne devait au départ durer que 3 ans, portait surtout sur l'agriculture et sur l'amélioration de l'accès aux marchés des pays riches pour les produits des pays en développement. 

Malgré la signature des accords de Bali en 2013, lors desquels les pays de l’OMC acceptent de diminuer les subventions aux exportations agricoles des pays du Nord et les droits de douane sur les produits venant des pays les moins avancés, ces négociations sont en partie un échec. Par ailleurs, suite à la crise économique de 2008, le G20 tente de réformer le système financier international.

Pour établir un système plus démocratique, le FMI et la Banque mondiale ont modifié leur droit de vote en 2010 : les pays émergents obtiennent ainsi un poids plus important dans la prise de décision, même si cette réforme n’est entrée en application qu’à la fin de l’année 2015. Mais l’action du FMI est critiquée du fait de la politique de rigueur qu’il impose aux pays en difficulté, ne permettant pas un redécollage de la croissance.

C. Les difficultés des organes de gouvernance mondiale provoquent l’émergence de la société civile

L’OMC est mise en difficulté par des oppositions entre États et reste dominée par les pays riches. Le G20 n’arrive pas à trouver des solutions aux problèmes économiques qui ont débuté en 2008, tandis que le G7 continue à se réunir en parallèle. Le FMI intervient auprès de certains États, notamment européens, mais il impose des politiques libérales de rigueur aux pays.

Les organisations internationales se chargeant de la gouvernance économique mondiale sont de plus en plus critiquées par des ONG. Celles-ci estiment que l’économie mondiale est organisée seulement par quelques puissances mondiales. 

Ainsi, des revendications altermondialistes se renforcent : les altermondialistes militent pour une mondialisation plus juste et plus durable, critiquant les inégalités sociales et les problèmes environnementaux liés au libéralisme.

DÉFINITION : ONG. Les Organisations Non-Gouvernementales sont des organisations d’intérêt public à but non lucratif et financée par des fonds privés. Elles ne relèvent ni de l’État, ni d’une institution internationale.  

DÉFINITION : Altermondialisme. Les altermondialistes dénoncent les effets négatifs de la mondialisation libérale.

Ainsi, à la fin des années 1990 se développe un courant de protestation contre la gouvernance économique mondiale. À Seattle, lors de la conférence de l'OMC, en 1999, 40 000 personnes dénoncent toutes les instances de cette gouvernance mondiale (aussi bien le G8, les firmes, les agences de notation, le FMI, …) ainsi que la dictature des marchés financiers. 

À Gênes, en 2001, 300 000 personnes manifestent contre les représentants du G8 et subissent une dure répression (un mort) dénoncée par les ONG comme Amnesty International. De plus, à partir de 2001, le Forum social mondial discute d’alternatives aux politiques de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale.

D'autres mouvements se développent :

  • La crise des subprimes provoque le développement de contestations, notamment le mouvement des « indignés » qui apparaît simultanément dans plusieurs pays, comme en Espagne, mais également aux États-Unis avec le groupe de manifestants « Occupy Wal Street ». Les critiques portent sur la politique économique libérale et sur la protection de l’environnement.
  • Les problématiques au sujet de la protection de l'environnement touchent de plus en plus de personnes. En effet, malgré la réunion de nombreux pays pollueurs du monde lors de grandes conférences, notamment à Kyoto en 1997, à Johannesburg en 2002 ou lors de la COP 21 à Paris en 2015, ces derniers n’ont pas su répondre de manière efficace à ces problématiques. Ainsi, lors de son allocution au forum économique de Davos en Suisse, en janvier 2009, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, en appelle à un « New Deal vert » mondial incluant les problématiques environnementales et civiques dans le concept de gouvernance.

REPÈRE. En 1997, la conférence de Kyoto aboutit à la signature d’un traité visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Conclusion

  • Comment la gouvernance mondiale s'organise-t-elle ?
  • La gouvernance mondiale ne masque-t-elle pas l’hégémonie d’un petit groupe d’États ?

La gouvernance mise en place au sortir de la Seconde Guerre mondiale fut d'abord économique et financière. Cependant, au bout d'une trentaine d'année, les accords de Bretton Woods sont annulés pour laisser la place à celui des taux de change flottants, toujours en vigueur. 

Les théories néolibérales des années 1980 favorisent alors l'avènement d'un capitalisme financier, qui provoque des krachs boursiers. Les organisations mondiales, comme l'OMC, le FMI, le G7 ou le G20 semblent être influencées par un petit groupe d'États, malgré une volonté de démocratisation de ces différents organes (notamment l'OMC et le FMI).

Victime des travers du capitalisme financier, la société civile fait entendre sa voix grâce aux nouveaux moyens de communication et aux forums sociaux organisés depuis 2001. La gouvernance n'est alors plus économique et financière, elle doit prendre en compte des enjeux sociaux, environnementaux et civiques, ce qui la rend encore plus difficilement applicable à l'échelle mondiale.

Le chapitre pour le Bac

Il est possible d’avoir à traiter le jour du baccalauréat :

  • Le sujet de composition est : « La gouvernance économique mondiale depuis 1975. »
  • Une analyse d'un ou de deux documents.

LE PETIT + DANS TA COPIE

Citer le nom entier des organisations mondiales et leur date de création, afin de montrer que vous êtes rigoureux.

POUR ALLER PLUS LOIN …

À VOIR :

  • Le film Bataille à Seattle, de Stuart Townsend (2007), qui évoque les manifestations altermondialistes qui s'opposent à la tenue d'une conférence de l'OMC à Seattle.
Fin de l'extrait

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Les avis sur ce document

IlonaCA
1 5 0
4/20

Il me semble que le plan pourrait être améliorer. Cependant les informations restent très claires et précises.

par - le 03/06/2017

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