La Chine et le monde depuis 1949 - Histoire Géographie - Terminale S

La Chine et le monde depuis 1949 - Histoire Géographie - Terminale S

Découvrez ce cours d'Histoire Géographie gratuit du programme de Terminale S, rédigé par un professeur, sur la Chine et le monde depuis 1949.

Vous étudierez ici comment s'affirment les communistes sur leur territoire puis dans leur aire continentale, et si la Chine est une grande puissance aujourd'hui. La première partie concerne la construction politique de la Chine, puis vous aborderez l'évolution des relations internationales de 1960 à 1976. Enfin, vous verrez le fonctionnement de l'économie chinoise depuis 1976 pour devenir une grande puissance.

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Le contenu du document

 

Objectif bac !

Ce chapitre donne lieu à deux types d'exercice, la composition, l'étude de document(s).

1. Des personnages à connaître

Chang Kai Chek// Mao Zedong // Zhou Enlai // Richard Nixon // Deng Xiaoping // Xi Jinping

2. Notions à savoir replacer

Nationalistes // communistes // stalinisme //maoïsme // Grand bond en avant // Révolution Culturelle // Petit Livre Rouge // Bandung 1955 // Belgrade 1961 // Tiers-monde // Non-alignés // Z.E.S. // « socialisme de marché » //

Introduction

La première moitié du XXe siècle est placée sous le signe de la dépendance vis-à-vis des puissances étrangères (Européens, Américains et Japonais). Cette situation issue du XIXe siècle n'est cependant plus acceptée par les Chinois : le mouvement du 4 mai 1919 en réaction aux clauses du Traité de Versailles qui accordent au Japon les anciennes possessions allemandes, marque une  volonté de s'affranchir des puissances étrangères mais n'aboutit cependant pas. Il illustre aussi l'essor de deux partis politiques qui manifestent deux tendances distinctes du nationalisme chinois : le Guomindang et le parti communiste chinois créé en 1921. L'attaque japonaise en 1937 (après l'invasion de la Manchourie en 1931), et la guerre ne font que renforcer la situation de dépendance de la Chine vis-à-vis des puissances étrangères. Elle permet cependant aussi le rapprochement entre les deux partis aux idéologies tranchées qui vont unir leurs efforts pour tenter de chasser l'envahisseur japonais. Au sortir de la guerre, la Chine victorieuse doit régler la question de ses acteurs politiques foncièrement antagonistes.

Comment les communistes s'affirment-ils sur leur territoire puis dans leur aire continentale ? Sur quels chemins de la puissance,  la République populaire de Chine s'engage-t-elle? La Chine d'aujourd'hui est-elle une grande puissance ?

I. Une puissance qui doit s'affirmer d'abord politiquement

1. L'avènement de la République populaire de Chine en 1949

La victoire contre le Japon constitue une prémisse à la reprise de la guerre civile entre nationalistes et communistes. Chang Kai Chek soutenu contre les Américains semblent devoir l'emporter contre les troupes communistes de Mao qui bénéficient du soutien de l'URSS. En 1949, ce sont pourtant les communistes qui contrôlent tout le pays forçant les nationalistes à se replier sur l'île de Taïwan. Mao et Zhou Enlai proclament la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949, marquant du même coup l'entrée de la Chine dans le bloc communiste, en pleine Guerre froide.

108ae641-537b-477a-b680-a506550f96d7Mao Zedong au centre, lors de la proclamation de la République populaire de Chine, place Tienanmen en 1949

 

 Les nationalistes de Taiwan conservent le siège de sécurité de l'ONU, la Chine nouvelle qui naît en 1949 sur le continent est quant à elle presque affranchie de toute présence étrangère.

Cette république populaire de Chine (RPC) s'affirme progressivement comme un acteur régional dans les conflits qui concernent cette partie du monde tout en s'affichant comme un allié de l'URSS. Elle raffermit sa souveraineté d'abord sur son territoire en abolissant les traités inégaux et en annexant le Tibet dès 1950. Elle soutient massivement la Corée du Nord lors de la guerre qui l'oppose à la Corée du Sud entre 1950 et 1953,  envoyant des centaines de milliers de « volontaires » qui permettent de rétablir la frontière à son tracé initial.

2. La construction politique

Alors qu'il a bénéficié d'une aide importante de l'URSS durant toute la période stalinienne, Mao va progressivement prendre ses distances avec Moscou une fois que « le petit père des peuples », c'est-à-dire Staline, ait disparu, en 1953. C'est que Mao apprécie modérément Khrouchtchev, nouveau dirigeant soviétique,  qui dénonce le stalinisme et entame une « coexistence pacifique » avec les Américains,  peu appréciée par les Chinois.

La Chine de Mao s'oriente donc vers son propre modèle politique, le maoïsme. Malgré l'échec du Grand Bond en avant (1958-1960) – campagne de modernisation du pays qui aboutit en réalité à des résultats catastrophiques avec notamment l'effondrement des productions agricoles-   et la répression à toute forme d'opposition à Mao, qui accompagne la Révolution culturelle (1966-1970), le maoïsme apparait comme une voie alternative face au capitalisme et au socialisme soviétique.

Il tend à s'appuyer à la fois sur le secteur industriel et agricole tout en demeurant dans le cadre idéologique marxiste. Il a d'ailleurs beaucoup de succès durant les manifestations qui secouent l'Occident en 1968 en témoigne les exemplaires nombreux du Petit Livre rouge qui présente des maximes et des pensées de Mao et est largement diffusé.

II. Un poids grandissant dans les relations internationales : des années 1960 à 1976

1. Une reconnaissance internationale progressive

La rupture avec Moscou est largement consommée depuis les incidents frontaliers qui démarrent dès 1959. Pour sortir de son isolement et de sa sphère régionale où elle commence à se sentir très à l'étroit – incidents avec les Russes, guerre contre l'Inde en 1962 qui est alors  le « nouveau protégé » de l'URSS- Pékin se tourne progressivement vers l'occident au milieu des années 1960. Ce rapprochement est mené par le premier ministre et ministre des affaires étrangères : Zhou Enlai. En 1964, la RPC est reconnue par la France du général de Gaulle, puis par d'autres Etats.

Plus important encore, la Chine populaire entre officiellement à l'ONU en 1971 puis prend la place de Taïwan pour le siège permanent du Conseil de sécurité malgré le vote « contre » des États-Unis. Cette entrée au conseil de sécurité, confère à la chine une place géopolitique tout à fait importante et lui permet de s'affirmer en tant que puissance géopolitique nouvelle dans les relations internationales.

Enfin, les États-Unis embourbés au Vietnam et la Chine qui s'inquiète de l'influence de l'URSS dans ce dernier pays,  trouvent un intérêt commun à se rapprocher. Nixon est le 1er  président américain à se rendre à Pékin en février 1972. Pour la Chine, c'est une manière de se démarquer de l'URSS et d'affirmer qu'il existe une autre voie socialiste ou communiste- les termes sont équivalents ici- que celle de l'Union soviétique.

9fdbf2ec-b02c-41b1-9052-d08af5131581_w470A gauche, Richard Nixon lors de sa visite à Pékin en 1972 accompagné du Premier ministre chinois Zhou Enlai

2. La « voix » du Tiers-monde

Présents à la conférence de Bandung en 1955, la Chine dénonce le colonialisme et accompagne la naissance du Tiers-monde. Elle se rallie après Belgrade en 1961 au mouvement des non-alignés et promeut une « troisième voie ».  La Chine de Mao condamne l'impérialisme des deux Grands et offre aux pays du Tiers-monde un modèle socialiste concurrent de celui de l'URSS. Elle parle aussi en leur nom et constitue en cela aussi une « voix » pour des pays encore colonisés qui luttent pour leur indépendance ou pour de jeunes États qui viennent d'y accéder. En outre, par bien des aspects économiques – retards de développement, structure de sa population active- elle se rapproche des pays en voie de développement qui peuvent voir en elle un partenaire qui « comprend » les difficultés auxquelles ces nouveaux pays se heurtent.

3. Un poids qui reste marginal cependant

Malgré ces succès diplomatiques et militaires, le poids de la Chine reste modeste à l'échelle mondiale car son ouverture économique et son niveau de développement demeurent très insuffisants. La Chine est avant tout un acteur régional qui tente de s'implanter aussi en Afrique à la faveur du processus de décolonisation notamment. Elle soutient activement les mouvements marxistes en Angola, Mozambique et Namibie à la fin des années 1960.

Toutefois, à la mort de Mao en 1976, la voie politique n'a pas suffi à la Chine pour devenir une puissance de 1er plan.

III. L'économie pour devenir une grande puissance, depuis 1976

1. La Chine entre dans la mondialisation

Le réformateur Deng Xiaoping prend le pouvoir en 1978. La Chine souffre alors de graves retards économiques et sociaux, notamment dans les zones rurales. Il donne la priorité à la libéralisation économique, à l'agriculture et à l'industrie légère, mais écarte toute démocratisation du pays. Les entreprises privées sont autorisées, les sociétés d'État sont autonomes ce qui accroit leur réactivité par rapport aux marchés.

5555652f-5ae6-4819-aaa2-32fc0f42bc40Deng Xiaoping en 1979

Dès 1978, la Chine implante sur son littoral des Zones Economiques Spéciales (Z.E.S.) qui doivent attirer les investisseurs étrangers. L'économie est désormais privilégiée sur la voie politique ; Deng Xiaoping invente le concept de « socialisme de marché » afin de concilier l'idéologie du régime avec sa nouvelle politique économique.

2. La crise des années 1989-1992

Les réformes initiées par Deng Xiaoping font éclater au grand jour les profondes disparités spatiales dont souffre le pays. La Chine connaît un exode rural massif qui conduit des millions de paysans vers les villes côtières. Il faut sans cesse des investissements importants pour répondre aux besoins en logements, en infrastructures…investissements qui s'avèrent souvent insuffisants en matière de santé, de transport, d'éducation…Les mécontentements de la population s'aggravent face à la montée des prix, la corruption et un manque de libertés de moins en moins accepté.

La contestation la plus forte vient du monde estudiantin et culmine en 1989, pour le 70ème anniversaire du mouvement du 4 mai 1919. La répression féroce de l'armée qui disperse les manifestants place Tienanmen le 4 juin 1989 et tue plus de 2000 personnes rappelle la nature particulièrement répressive du régime chinois. Dans la presse internationale de l'époque, les appels à la modération  n'ont pas été entendus par le gouvernement de Deng Xiaoping qui est comparé aux pires dictateurs de l'histoire dans plusieurs journaux du monde entier.

Malgré des condamnations et des sanctions de l'ONU, la Chine ne reste qu'un temps au ban des nations. Sa main d'œuvre abondante et peu chère attire beaucoup les investisseurs qui espèrent aussi conquérir un énorme marché. La Chine devient dans les années 1990 l' « atelier du monde » et le niveau de vie de sa population commence à s'améliorer sensiblement.

3. Une grande puissance ?

La Chine est devenue indubitablement un géant économique. Selon certains indicateurs de mesures de richesse comme le PIB par exemple, elle est au  2ème rang mondial après les États-Unis. Elle a intégré l'OMC en 2001 et le G 20 en 2008. Elle investit massivement dans différents continents et notamment en Afrique, elle reste très attractive pour tous les investisseurs du monde et veut développer les hautes technologies pour devenir demain le « laboratoire du monde ». Elle en a les capacités car elle dispose de réels atouts, à commencer par sa croissance qui reste élevée.

Il reste cependant aux chinois bien des défis à relever. Si l'on prend comme mesure le PIB en parité de pouvoir d'achat par habitant, la Chine ne se situe qu'au 100ème  rang mondial ! Le salaire moyen demeure inférieur à 400 euros mensuels. Logiquement, la Chine ne fait pas partie du G8.

Elle ne peut pas encore rivaliser avec les États-Unis qui la dépassent très largement sur les plans militaires, sur la diffusion de leur culture, sur leur technologie. La Chine est consciente de ses faiblesses et travaille à les réduire. Après être devenue une puissance nucléaire en 1967 elle s'est dotée en 2013 de son 1er porte-avion nucléaire. Elle a lancé un ambitieux programme spatial qui doit emmener des taïkonautes sur la Lune d'ici une vingtaine d'années. Elle développe enfin ses instituts Confucius partout pour favoriser le développement d'une « vision chinoise » du monde, vision qui pour l'heure n'existe pas.

Conclusion

La Chine moderne est indubitablement une puissance en devenir qui aspire à être demain un véritable concurrent des États-Unis dans tous les domaines. Pour ce faire, la Chine devra non seulement relever les défis évoqués précédemment mais aussi régler des questions urgentes comme résoudre les problèmes de corruption, répondre aux revendications sociales croissantes des Chinois qui réclament à nouveau plus de libertés, aménager et développer harmonieusement un territoire qui souffre encore de grandes disparités et d'une pollution préoccupante. Le nouveau président désigné en 2013, Xi Jinping qui promeut le « rêve chinois » pour motiver ses compatriotes à accéder à la classe moyenne à beaucoup de travail avant de faire rêver…

Fin de l'extrait

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