Japon Chine : Concurrences régionales, ambitions mondiales - Histoire Géographie - Terminale S

Japon Chine : Concurrences régionales, ambitions mondiales - Histoire Géographie - Terminale S

Consultez gratuitement ce cours d'Histoire Géographie pour Terminale S, rédigé par notre professeur, sur le chapitre "Japon - Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales", deuxième partie du thème "L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance".

Le Japon et la Chine constituent les deux pôles principaux d'Asie orientale. Leur rivalité est ancienne et ravivée aujourd'hui par les ambitions affichées de la Chine, pays émergent inclus dans les BRICS et donc à forte croissance, face au Japon, plus développé mais affaibli par la crise des années 90. Leur influence en Asie et dans le monde s'appuie sur des atouts différents, les faisant apparaître tour à tour comme des partenaires, des concurrents et aussi des rivaux. Comment le Japon et la Chine, puissances asiatiques majeures, affirment-ils leurs ambitions en Asie et dans le monde ?

Téléchargez gratuitement ce cours d'Histoire Géo de Terminale S ci-dessous intitulé "Japon - Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales".

Japon Chine : Concurrences régionales, ambitions mondiales - Histoire Géographie - Terminale S

Le contenu du document

 

NOTIONS

Pays émergent// Triade // IDE // diaspora  // revendications territoriales // ASEAN // ASEAN +3 //  institut Confucius // OCS // intégration économique // « collier de perles// 

 

OBJECTIF BAC !

Cette section 2 peut donner lieu au baccalauréat à 2 types d’exercices, la composition ou l’étude critique de document(s). 

Des schémas sont toujours bienvenus dans les copies. Un exemple à relier au cours qui suit ci-dessous.

Croquis Japon Chine : Concurrences régionales, ambitions mondiales - Histoire Géographie Terminale S

INTRODUCTION

Nous démarrons notre réflexion par une brève étude

La Chine au secours de l’Europe ?

La Chine au secours de l'Europe - Japon Chine concurrences régionales ambitions mondiales - Histoire Géo Terminale S

dessin d’Iturria

http://iturria.blogs.sudouest.fr/

 

PISTES DE REFLEXION POUR L’ETUDE DE CE DOCUMENT

Dessin de janvier 2011, d’Iturria : la Chine « sauve » l’Europe, dans un contexte de crise financière mondiale, qui affecte aussi fortement le Japon. Identifier à droite les deux premières puissances de l’UE ; remarquer l’occidentalisation de la Chine à travers le costume… La Chine qui n’apparaît pas ici comme l’atelier du monde mais comme un banquier salvateur, une autre manière de montrer cette montée en puissance du géant chinois…»

 

Le Japon et la Chine constituent les deux pôles principaux d’Asie orientale. Leur rivalité est ancienne et ravivée aujourd’hui par les ambitions affichées de la Chine, pays émergent inclus dans les BRICS et donc à forte croissance, face au Japon, nettement plus développé mais affaibli par la crise de la fin des années 1990. Leur influence en Asie et dans le monde s’appuie sur des atouts différents les faisant apparaître tour à tour comme des partenaires, des concurrents et aussi des rivaux.

Comment le Japon et la Chine, puissances asiatiques majeures, affirment-ils leurs ambitions en Asie et dans le monde ?

 

CONCURRENCES REGIONALES

RIVALITE ET INTERDEPENDANCE ECONOMIQUES

Les deux pôles majeurs de l’Asie : la Chine devient en 2010 la 2ème puissance économique mondiale en termes de PIB, devançant le Japon. Ces deux pays concentrent plus des 3/4 de la richesse produite en Asie du Sud et de l’Est. 

 

  • Des  pays interdépendants 

Après l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001, les échanges entre les deux pays s’accroissent : la Chine est le premier client du Japon depuis 2009 et le Japon est le premier investisseur en Chine, devançant alors les États-Unis. La Chine exporte surtout du textile et électronique grand public et  importe des semi-conducteurs et de composants électroniques, mais aussi des produits de la sidérurgie japonaise.

Depuis 2012, ces deux pays ont décidé d’utiliser leur propre monnaie dans leurs échanges bilatéraux : le yuan (10 yuan = 1,2 euros) et le yen (128 yen = 1 euro environ).

 

  • Des atouts distincts et complémentaires :

Le Japon est une puissance financière majeure et le premier créancier de l’Asie.  

La Chine est le premier pays récepteur des IDE, mais aussi de plus en plus émetteur: 75% des IDE chinois vont  vers l’Asie, seulement 25% pour le Japon en 2010.  Cela montre un renforcement du poids de la Chine en Asie, pratiquant « une diplomatie financière ». Le Japon tente de rattraper son retard depuis les années 1980 en développant ses relations avec ses voisins :

 

Investissements du Japon en Asie du Sud et de l’Est en 2010

Les investissements du Japon en Asie du Sud et de l'Est

Source manuel de géographie, terminale, hachette, avril 2012

 

Puissance technologique du Japon à rappeler alors que la Chine fonde encore largement sa croissance sur sa fonction de « pays-atelier » même si elle veut se démarquer de plus en plus de cette image. Le Japon est le pays déposant le plus de brevets ; fleurons des industries de pointe japonaises : télécommunication, robotique et biotechnologie… en cela le Japon peut apparaître comme un « laboratoire du monde ».

Mais, très fortes ambitions de la Chine dans ce domaine : entre 1955 et 2007 le nombre de chercheurs chinois a plus que doublé. Avec 1,4 million de chercheurs en 2011, soit 25% du total mondial, la Chine est aujourd’hui devant les EU et l’UE. Le poids démographique entre ici en jeu !

La Chine est une puissance démographique et territoriale incomparablement plus importante que le Japon. Elle peut aussi s’appuyer en Asie sur le relais d’une nombreuse diaspora. Les « Chinois d’outre-mer » constituent un vaste réseau, surtout en Asie du Sud-est : Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Singapour- où les « Chinois » représentent plus des 3/4 de la population-, Vietnam, Philippines. 

 

RIVALITES ET TENSIONS GEOPOLITIQUES

  • Le poids du passé 

Deux aires de civilisation anciennes : la Chine légitime par ailleurs souvent aujourd’hui ses revendications territoriales en Asie par des « droits anciens ».

La mémoire périodiquement ravivée des guerres sino-japonaises : occupation japonaise en Chine entre 1931 et 1945, marquée par des crimes de guerre (massacre de Nankin en 1937)- - Puissance impérialiste et conquérante en Asie dans la première moitié du XXe siècle, le Japon se heurte toujours à une certaine méfiance de ses partenaires asiatiques.

Des relations diplomatiques sino-japonaises tardivement rétablies (1972 : Accords Zhu Enlai-Tanaka). Signature en 1978 du « traité de paix et d’amitié » par lequel les deux s’engagent à ne pas « rechercher l’hégémonie dans la région Asie Pacifique ». 

 

  • Le Japon a longtemps peiné à s’affirmer géopolitiquement

Par choix, il n’est pas une puissance nucléaire, mais il est devenu néanmoins une puissance militaire avec le 6ème budget militaire mondial. Il possède aujourd’hui une capacité de déploiement importante, notamment grâce à sa marine, fortement renforcée. De plus, depuis l’adoption de la loi Peacekeeping Operations de 1992, et sa réforme de 2001, il est à même de participer à des opérations hors de son territoire. Aussi multiplie-t-il les interventions militaires en Asie, au titre d’opérations de maintien de la paix de l’ONU - dont le Japon reste le 2ème contributeur mondial- comme au Timor oriental.

 

  • La Chine aspire à retrouver sa puissance 

La Chine dispose aujourd’hui du 2ème budget militaire mondial, bien qu’encore loin derrière les EU. Elle modernise son armée et surtout cherche à assurer sa sécurité énergétique, par la stratégie du « collier de perles », points d’appui qu’elle contrôle entre son territoire et le Moyen-Orient et l’Afrique. Elle veut aussi consolider son influence en mer de Chine, d’où des tensions avec les pays riverains.

 

  • Les points de tension entre la Chine et le Japon se focalisent surtout autour de litiges territoriaux maritimes 

 

Le cas des îles Senkaku est exemplaire. Il montre l’imbrication des enjeux géopolitiques et géoéconomiques, sur fond d’exacerbation du nationalisme.  

 

Conflits et différends territoriaux sur le pourtour de la Chine

Conflits et différends territoriaux sur le pourtour de la Chine - Japon Chine concurrences régionales ambitions mondiales - Histoire Géographie Terminale STMG

Source : Philippe Rekacewicz, Le Monde diplomatique, 23 juin 2010

 

  • Vers un leadership partagé ? 

Japon et Chine, ainsi que la Corée du Sud,  sont -depuis 1995- associés à l’ASEAN au sein de l’ASEAN+3. Fondée en 1967, l’ASEAN est une organisation politique, économique et culturelle comptant aujourd’hui  10 membres d’Asie du Sud-Est. La Chine lance en 2001 un projet de libre-échange avec les pays de l’ASEAN, suivie ensuite par le Japon. L’ASEAN est une organisation fortement intégrée : plus de la moitié du commerce extérieur et des investissements des membres sont intra-zones, et pèse au sein des négociations à l’OMC.

Ambitions géopolitiques de la Chine et du Japon en Asie du Sud et de l'Est - Histoire Géo Terminale S

Dans le jeu très complexe des alliances en Asie, le Japon et la Chine ne sont pas les seuls acteurs : pays émergents, la Russie, sans oublier, à plus long terme, l’Inde, jouent un rôle croissant et affirment elles aussi des ambitions non seulement régionales mais aussi  planétaires.

 

AMBITIONS MONDIALES

DES ECHANGES QUI REFLETENT DES AMBITIONS MONDIALES

Les échanges et les investissements  du Japon restent très concentrés sur les pôles de la Triade (1/3 des IDE vers l’Amérique du Nord et 1/4 vers l’Europe) alors que la Chine, tout en investissant d’abord en Asie, diversifie ses investissements vers toutes les régions, particulièrement les pays du Sud, dont l’Afrique. 

Ces pays  ont été inégalement affectés par la crise : en 2011, le Japon connait sa troisième année de récession (après 2008 et 2009) ; la reprise de 2010 a en effet été brisée par le séisme de mars 2011, illustrant la vulnérabilité du Japon face aux risques. La croissance actuelle est faible au japon et le Premier ministre Shinzo Abe essuie beaucoup de critiques alors que les Japonais aient vu leur salaire baisser en 2014.

 

Si la Chine est nettement moins touchée, elle connait un ralentissement cependant sensible : de 10.4% en 2010 à 9.2 % en 2011 ; en 2012, nette chute des exportations et croissance « seulement » de 7.2% au deuxième trimestre et pour 2015 elle devrait passer en dessous du seuil des 7%. Le nouveau président chinois, Xi Jinping, élu en 2013 doit prendre en compte ce qui peut apparaître là-bas comme un ralentissement.

 

DES PUISSANCES CULTURELLES INEGALEMENT AFFIRMEES

Une influence réelle mais limitée pour le Japon : sa langue ne compte que 127 millions de locuteurs et est peu diffusée.  Néanmoins, les productions culturelles destinées à la jeunesse remportent un succès mondial (mangas, dessins animés…) et sa gastronomie se diffuse en Occident. Cependant, le Japon n’a pas de stratégie de développement du « soft power » comparable à la Chine.

Une influence croissante pour la Chine : avec plus d’un milliard de locuteurs,  dispersés sur la planète, le chinois est la langue la plus parlée ;  les instituts Confucius, établissements culturels publics, sont implantés depuis 2004 partout dans le monde, en 2010 on en comptait 316 dans 94 pays, 12 rien qu’en France. Ils contribuent à la diffusion de la langue et de la culture chinoise.   La Chine organise aussi de grandes manifestations culturelles internationales, où elle démontre son savoir-faire et sa puissance : les J.O. de Beijing ( = Pékin) en 2008 et l’Exposition universelle de Shanghai de 2010 qui a attiré en quelques mois pas moins de 73 millions de visiteurs !

 

UNE RIVALITE DIPLOMATIQUE

 

  • Une Chine qui s’affirme 

 

Membre permanent du Conseil de Sécurité de l’Onu depuis 1971 en remplacement de Taïwan, la Chine bénéficie d’un incontestable avantage dans la diplomatie mondiale ; elle s’oppose fermement à la demande du Japon d’intégrer cette assemblée.

Elle  affirme aussi ses ambitions diplomatiques avec la création de l’OCS, Organisation de Coopération de Shanghai, en 2001 : elle concrétise ainsi  un nouvel axe d’alliance avec la Russie. Notons aussi que l’Inde, le Pakistan ou encore l’Iran en sont membres observateurs… ce qui ne peut que susciter une inquiétude croissante des États-Unis.

 

 

  • Une nouvelle donne diplomatique avec les États-Unis ?

 

Le Japon entend conserver son statut de partenaire privilégié des États-Unis ; cependant inquiet des ambitions chinoises et par peur d’être exclu d’un face-à-face Pékin-Washington, il répond par l’affirmation d’une certaine autonomie vis-à-vis des EU, associée à un renforcement de sa force militaire.

Les relations sino-américaines ont connu un tournant majeur avec l’émergence de la Chine et son implication croissante dans la diplomatie mondiale. La Chine investit environ un tiers de ses réserves en devises étrangères en bons du Trésor américains, ce qui fait d’elle le premier créancier des États-Unis, dont elle est par ailleurs l’un des principaux fournisseurs. Le dialogue entre les deux puissances est permanent, notamment dans les organisations internationales ou régionales comme l’APEC, mais la Chine s’oppose de plus en plus fréquemment et ouvertement aux Etats-Unis (cf. la crise syrienne) : « Pékin et Washington jouent à se faire peur » !

 

CONCLUSION

 

  • Japon et Chine sont deux poids lourds de l’Asie avec des faiblesses et des atouts distincts.
  • Des ambitions mondiales pour les deux États : plus anciennes pour le Japon, plus dynamiques et actuelles pour la Chine qui semble devoir jouer un rôle plus important dans l’avenir.
  • Une amorce de politique d’intégration économique entre les deux États mais les rivalités l’emportent encore.

 

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?