Etats-Unis Brésil : Rôle mondial, dynamiques territoriales - Géographie - Terminale S

Etats-Unis Brésil : Rôle mondial, dynamiques territoriales - Géographie - Terminale S

Nous vous proposons ce cours de Géographie gratuit consacré aux Etats Unis et au Brésil, et le rôle mondial des dynamiques territoriales.

Ce cours, écrit par notre professeur d'hsitoire géographie revient tout d'abord sur la gestion des territoires vastes de ces deux pays. Ensuite, vous verrez les points communs du Brésil et des Etas-Unis. Enfin, vous verrez comment les deux géants rayonnent sur le monde

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Etats-Unis Brésil : Rôle mondial, dynamiques territoriales - Géographie - Terminale S

Le contenu du document

 

Introduction

 

Les États-Unis et le Brésil sont deux   États-continents qui jouent tous les deux un rôle majeur à l’échelle de l’Amérique. Mais comment s’organisent les territoires en question, quelles dynamiques territoriales y sont perceptibles ? Quelle place pour un État émergent  comme le Brésil face à la première puissance mondiale que sont les États-Unis ? Comment se traduisent et se perçoivent le rayonnement de ces deux puissances à l’échelle mondiale ?

 

Quelques précisions

 

Le continent américain = 41 900 000 km².

Populations ; États-Unis : 319 millions, Brésil : 200 millions (2014)

Superficie du Brésil : 8.5 millions de km².

Superficie des États-Unis avec Hawaï et Alaska : 9.4 millions de km².


 

Quels sujets au bac sur ce chapitre ?

Cette question peut donner lieu à des sujets de compositions portant sur  chacune des entrées des sections 2 de ce chapitre 3

Celles-ci  se prêtent aussi à l’étude critique de document(s).

Des schémas de travail peuvent être réalisés en cours d’étude de la question afin de préparer les croquis de synthèse et d’être intégrés par les élèves dans une composition lors du baccalauréat.

Deux croquis bac peuvent être demandés sur ce chapitre lors de la seconde partie de l’épreuve :

les dynamiques territoriales des États-Unis 

les dynamiques territoriales du Brésil.d’histoire, de choix et de maîtrise de l’espace.

 

Deux États au vaste territoire inégalement maîtrisé

 

Ces territoires sont tous les deux le fruit d’une conquête progressive d’Est en Ouest à partir de la côte atlantique mais témoignant d’une maîtrise inégale.

Si la taille du territoire n’est pas systématiquement une condition de la puissance d’un État, la superficie en constitue pour ces deux pays, l’un des fondements.

 

Les États-Unis, un territoire conquis et maîtrisé

 

Le territoire américain, à partir de l’indépendance, s’est construit par achats et traités jusqu’au Pacifique. Il fut ensuite rapidement exploré, balisé, découpé…

La ruée vers l’or à partir de 1849 puis la construction du chemin de fer transcontinental en 1869 en ont permis d’atteindre rapidement la côte Pacifique et de parcourir les 4 700 km séparant les deux côtes. A partir de 1893, on considère alors le territoire comme conquis et la frontière comme « fermée », à l’exception d’Hawaï annexée en 1898.

Les Américains, très mobiles, se sont vite approprié le territoire par l’exploitation des abondantes ressources et la mise en place d’un réseau de transport de masse, à l’échelle de l’espace dès le XIXème siècle : voie fluviale du Mississipi relié aux Grands Lacs par un réseau de canaux, voies ferrées transcontinentales.

Dans les années 1950, la route grâce à l’automobile, transport individuel par excellence, s’est rapidement imposée, comme le moyen de transport privilégié des Américains. Le transport aérien, qui prend son essor à partir de 1978 avec la déréglementation, s’impose ensuite par sa capacité à vaincre la distance qui caractérise ce territoires à quatre fuseaux horaires !

 

Le Brésil, un territoire en réserve...

 

L’occupation du territoire se fit par vagues successives, faites d’avancées et d’abandons au gré des cycles économiques (exploitation agricole et minière) aboutissant à des discontinuités spatiales. Il faut attendre 1960 avec la création de Brasilia, comme nouvelle capitale politique à la place de Rio de Janeiro et la route qui la relie à Belem puis la route transamazonienne dans les années 1970, pour voir s’affirmer la volonté étatique de contrôler puis valoriser l’immense territoire brésilien.

 

Aujourd’hui encore, le front pionnier – une dynamique spatiale qui vise à l’appropriation et à la mise en valeur d’un territoire considéré comme « vierge »- progresse et grignote chaque jour un peu plus de forêt amazonienne destiné à l’élevage puis l’agriculture et attirant nombre de paysans sans terres.

 

Fort de ces 8,5 millions de km², soit 15 fois la France, le Brésil comme les États-Unis, est richement doté en ressources naturelles. La première d’entre-elles est la terre cultivable, le ministère brésilien de l’agriculture estime à 106 millions d’hectares (ha)  les superficies cultivables encore non utilisées car le pays n’utilise que 7% de son potentiel foncier (contre 33% pour la France).

 

L’eau constitue également une ressource abondante au Brésil, ses capacités en eau renouvelable dépassent celle de l’Asie entière, soit 8 000 km3 d’eau par an à l’image de l’Amazone qui représenterait 15 à 18% des ressources en eau de la planète.

 

Les ressources minières sont aussi très présentes au Brésil. Après le cycle de l’or (13ème rang), c’est celui du fer (au Minas Gerais au  qui fournit la moitié de la production brésilienne, 2ème rang mondial) qui a pris le relais dans les années 1960.

 

Enfin, l’énergie est un secteur récemment exploité par le Brésil que ce soit dans les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) ou renouvelables (hydroélectricité et éthanol). C’est le bassin off-shore de Campos au large de Rio qui fournit actuellement 85% de la production de pétrole. 

 

 … encore à maîtriser

 

Mais l’immensité peut aussi se révéler un handicap dans la valorisation du territoire qu’il faut rendre accessible. Contrairement aux États-Unis, le Brésil a raté le train de la révolution ferroviaire, mais s’est rattrapé dans les années 1960 en opérant une véritable révolution routière : les deux tiers du transport de marchandises se font aujourd’hui par la route et le camionneur est un personnage central de la société brésilienne. Le réseau, en grande partie nationalisé, rend accessible tous les points du territoire excepté le Nord-Ouest correspondant à l’Amazonie  non défrichée. De nouveaux projets routiers voient également le jour dans le cadre du Mercosur afin de relier les territoires des différents membres entre eux : l’axe Sao Paulo-Valparaiso (Chili) mais les distances sont grandes et les contraintes de circulation fortes. La construction d’une voie ferrée entre Belem et Sao Paulo est en cours depuis 1987 (2 800 km) afin de desservir les nouveaux fronts du soja.

 

Les infrastructures portuaires, quant à elles, se résument au port de Santos assurant à lui seul  le quart du commerce brésilien (90 millions de tonnes en 2010). L’insuffisance d’infrastructures a un coût pour l‘agriculture : le transport d’une tonne de soja du Mato Grosso au port de Santos coûte 103 dollars quand il n’en coûte que 22 aux États-Unis et 17 en Argentine !

 

En revanche, le transport aérien connaît un grand essor, la société brésilienne Embraer est le 3ème avionneur mondial,  car il se révèle, comme aux États-Unis, mieux adapté à la superficie du territoire. Le réseau s’est surtout développé dans le Sud-Est entre Brasilia, Sao Paulo (22 millions de passagers) et Rio (12 millions de passagers) dont l’aéroport sera modernisé en vue de la coupe du monde de football en 2014 et des jeux Olympiques en 2016.

 

Dynamiques territoriales Brésil

 

D’après manuel Hachette, géographie, éditions avril 2012

 

Les dynamiques territoriales du territoire brésilien

 

Dynamiques territoriales des USA

 

même source.

 

 

 

Deux États avec des points communs

 

Les métropoles reflets de la puissance brésilienne et états-unienne

 

États-Unis comme Brésil sont des pays fortement urbanisés, avec des taux d’urbanisation respectifs de 82 et 87%. Si l’armature urbaine, (voir cartes) reste différente entre les deux pays, on peut néanmoins remarquer des points communs dans la localisation ainsi que l’organisation de leurs grandes villes.

 

L’histoire du peuplement des deux pays explique la localisation des grandes métropoles, notamment sur l’Atlantique, comme New York ou Rio. Les villes de la Sun Belt américaine : Phoenix, Dallas, Las Vegas et celles du nord et de l’ouest brésilien : Manaus, Fortaleza, Brasilia, sont celles qui connaissent les croissances les plus rapides.

 

Les villes sont par ailleurs au cœur de la puissance des deux pays. la mégalopolis des États-Unis, de Boston à Washington concentre toutes les activités décisionnelles ou presque : financière et économique, politique et culturelle. on retrouve ses attributs entre Brasilia, rio et Sao Paulo, capitale économique du Brésil. miami et Rio de janeiro sont p r ailleurs des pôles touristiques mondiaux.

Il faut ajouter que la métropolisation que connaissent les deux territoires renforce la convergence de leur modèle urbain, les villes brésiliennes ressemblant de plus en plus aux villes américaines En effet, organisées parfois autour d’un plan en damier (très visible à Brasilia) souvent concentrique avec un CBD à l’américaine (hauts gratte-ciel), les villes brésiliennes connaissent des processus urbains similaires à leurs consœurs états-uniennes : densification, verticalisation, étalement urbain, gentrification et ghettoïsation.

Parallèlement à ce mouvement, les centres délaissés et les terrains vagues publics des périphéries urbaines ont été peuplées, au Brésil, par des migrants ruraux qui s’y sont installés illégalement, faute de logements, et ont donné naissance aux fameuses favelas dont la célèbre Rocinha sur les collines de Rio. Après des politiques d’expulsion trop difficiles, les gouvernements ont opté pour des politiques de régularisation et de valorisation de ces quartiers qui ne sont pas tous composés d’habitats informels mais aussi de maisons ou immeubles.

 

 

Une organisation spatiale entre centre et périphéries

 

Au Brésil, si la distinction entre trois grandes régions brésiliennes est ancienne, elle reste encore pertinente malgré les évolutions.

 

Le Nordeste, creuset de la culture (du métissage) brésilienne est aujourd’hui une périphérie délaissée et enregistre un fort retard de développement lié à la sécheresse (Sertao) mais également à la concurrence du Sud brésilien quant à la production sucrière malgré les politiques d’industrialisation. Le Nordeste est une région d’émigration.

 

Le Sudeste autour de Rio et Sao Paulo, constitue le cœur économique, agricole et urbain du Brésil. La région concentre en effet près de 80% de l’activité industrielle du pays et la découverte récente de pétrole en off-shore devrait conforter cette domination.

 

Enfin, le Centre-Ouest et l’Amazonie constituent des périphéries en voie d’intégration, mues par le front pionnier se déplaçant vers l’Ouest exploitant les ressources agricoles et forestières. La création de Brasilia représente le symbole de cette « marche vers l’Ouest » encore en cours de la route Belem-Brasilia et de la transamazonienne jusqu’à Manaus et plus loin.

 

Le tropisme atlantique est également très marqué aux États-Unis avec la région du Nord-Est qui représente le cœur historique, politique et économique du pays et dont la Mégalopolis constitue l’hypercentre national et même mondial (ONU, Wall Street, Maison Blanche et Pentagone). Ce centre connut une crise industrielle (sidérurgique et automobile) à partir des années 1970 avant de connaître un regain d’activités.

 

Le Sud, de la Floride à la Californie est progressivement passée de périphérie intégrée à nouveau centre économique du pays grâce au pétrole du Texas, à la matière grise attirée par les aménités et œuvrant dans les nouvelles technologies (informatique, aéronautique) donnant naissance à la Silicon Valley en Californie, partie la plus dynamique de la  Sun belt.

 

L’intérieur des terres se décline en périphérie exploitée  avec les Grandes Plaines dédiée à l’agriculture ou valorisée au travers des espaces plus sauvages intégrés dans de vastes parcs nationaux tels le Yellowstone au Nord Ouest (le plus ancien du monde, crée en 1872).

 

Enfin, l’Alaska demeure comme l’Amazonie, un front pionnier en cours d’intégration au reste du territoire grâce à ses oléoducs et le port de Valdés évacuant le pétrole extrait. (cf aussi doc 3 page 241).

 

La similarité de l’organisation territoriale de ces deux pays doit cependant être nuancée car ces régions n’ont pas le même degré de puissances : ainsi, les centres de l’espace américain sont d’envergure mondiale, ceux du Brésil, au mieux continentale.

 

 

Des territoires et des sociétés fragmentés à toutes les échelles

 

Ces territoires inégalement intégrés et développés sont parcourus par de forts contrastes socio-spatiaux qui transcendent même l’organisation régionale.

 

Ainsi, aux États-Unis,  on dénombrait en 2013  près de 46,2 millions de pauvres soit 15% de la population selon le Bureau du recensement contre 21% au Brésil, soit près de 41 millions de personnes. Les États-Unis se classent au 4ème rang pour l’IDH (0,910) contre le 84ème rang pour le Brésil (0,718).

 

Ces contrastes socio-spatiaux se lisent à l’échelle nationale entre les régions en déprise économique comme la manufacturing Belt aux États-Unis ou le « Vieux Sud », et le Nordeste brésilien, vieux centre devenu périphérie.

 

Le problème de l’inégale répartition de la terre est  propre au Brésil et résulte d’un choix initial, au XVème siècle, en faveur des grands domaines. L’incertitude du droit pour l’appropriation de la terre du front pionnier a généré des conflits entre grands propriétaires et petits exploitants agricoles. Aujourd’hui, le problème de la terre semble moins facteur de fractures sociales à cause de l’exode rural qui reporte ces divisions vers la ville.

 

En effet, ces contrastes sont les plus visibles à grande échelle, celle de la ville, américaine comme brésilienne. Les villes reflètent alors la difficulté de ces pays à intégrer leurs minorités, ethniques ou économiques : les ghettos du Bronx sont à quelques rues de Manhattan, ou dans le quartier de Morumbi à Sao Paulo un immeuble fermé (condominio fechado) jouxte la favela de Paraisopolis,

 

Cette fragmentation urbaine et ces forts contrastes de richesses des génèrent frustrations économiques et engendrent trafics et violence qui stigmatisent certaines villes américaines : émeutes de Los Angeles en 1992. Le phénomène reste plus important aujourd’hui au Brésil qui possède l’un des taux d’homicide les plus forts au monde avec 22 meurtres par mois contre 5 aux États-Unis (PNUD, 2011).  La ville de Rio est une des plus violentes au monde avec plus de 50 meurtres pour 100 000 hab.

 

 

Deux géants en rivalité qui rayonnent inégalement sur le monde

 

Si les deux géants d’Amérique ont l’ambition de jouer un rôle dans le monde, elles ne disposent pas du tout des mêmes moyens. D’un côté, les États-Unis demeurent la seule hyperpuissance de la planète, même si ce statut particulier lui est de plus en plus contesté et de l’autre, un Brésil émergent en train de grandir sous l’effet de la mondialisation et qui compte bien faire entendre sa voix sur la scène internationale

 

 

Des puissances rivales ?

 

La puissance économique du Brésil (7ème rang en termes de PIB, 2 244 milliards de dollars, FMI, 2014) repose avant tout sur la puissance de son secteur agricole qui est en passe de faire du pays le futur grenier du monde. Cet essor agricole s’explique par la diversification des cultures destinées à l’exportation, la mise en place d’un véritable agrobusiness et une active diplomatie commerciale permettant de concurrencer, dans ce domaine, les États-Unis. La politique agricole du Brésil fut d’ailleurs en contradiction avec les principes du Parti Travailleur de Lula (président brésilien jusqu’en 2010, remplacé depuis par Dilma Rousseff) puisqu’elle a conduisit à favoriser les OGM (1er utilisateur au monde d’organismes génétiquement modifiés) et à privilégier l’agriculture d’exportation au détriment de l’agriculture familiale. Ainsi, le Brésil est passé d’un pays monoproducteur à un pays qui a su se diversifier pour s’insérer dans les échanges agricoles mondiaux dominés par les États-Unis et l’Union Européenne : le soja (60% des exportations mondiales, 2ème producteur, 83% est transgénique) est la première culture brésilienne avec un tiers des superficies, puis viennent le café (1er), le sucre (1er) et les agro carburants (2ème).

 

Le secteur industriel brésilien est important, 36% du PIB et 23% de l’emploi, mais peine encore à s’affirmer dans les échanges mondiaux. Le secteur a bénéficié au départ du soutien de l’État et aujourd’hui de son marché intérieur : 100 millions de Brésiliens appartiennent à la classe moyenne désormais. Il se concentre dans la région de Sao Paulo et diffusé dans le Sudeste. L’industrie brésilienne est diversifiée : fort de ses ressources minières, l’État a développé la sidérurgie (création du groupe CVRD) et a également permis le transfert de technologie en attirant des entreprises transnationales sur le territoire, notamment dans l’automobile (General Motors, Renault et surtout Volkswagen en 1955 puis Fiat en 1976 qui en font le 6ème producteur mondial), l’aéronautique (Embraer) ou plus récemment l’informatique. Enfin le Brésil avec Petrobras possède la 4ème compagnie pétrolière mondiale.

 

 

Les États-Unis demeurent la première puissance  première puissance économique

 

Les États-Unis restent, malgré la crise de 2008 et la montée des émergents, notamment de la Chine, la première puissance économique du monde avec un PIB en 2014 de  17416 milliards de dollar ( FMI). Néanmoins, la concurrence générée par la mondialisation pousse les États-Unis à innover et s’adapter afin de faire face au contexte fluctuant et incertain de l’économie mondialisée.

 

Le secteur industriel illustre ce défi permanent : les États-Unis, faute de compétitivité suffisante face à l’Asie, ont peu à peu abandonné la production manufacturière pour s’imposer dans les industries de haute technologie (informatique avec IBM ou Apple, nanotechnologie avec Intel ; médical avec Smithkline ; aéronautique avec Boeing). Le secteur des services avec la recherche et développement (le tiers de la R&D mondiale), soutient de l’industrie, ont permis aux États-Unis de prendre de vitesse les autres pays grâce à la révolution digitale, sans compter la finance et les services hautement qualifiés vendus aux entreprises (tertiaire supérieur) avec des FTN leaders : Cap Gemini, IBM ou Ernest Young dans l’audit, conseil et droit aux entreprises.

 

Enfin, les États-Unis, malgré la concurrence brésilienne, restent le « grenier du monde » avec près de 20% des productions et exportations mondiales (1er rang pour le soja et le maïs et 3ème rang pour le blé) grâce à une agriculture mécanisée très productive et largement intégré dans un vaste complexe agro-alimentaire (20 millions d’emplois). Elle bénéfice en outre d’un appui scientifique inégalé pour la recherche ainsi que du soutien de l’État (subventions très décriées à l’OMC).

 

 

Brésil, États-Unis, une influence géopolitique déséquilibrée

 

Le Brésil est avant tout une puissance continentale, la première d’Amérique Latine. Pesant près de 50% du PIB d’Amérique Latine, le Brésil incarne la locomotive du MERCOSUR,  lui permettant de se positionner en tant que rival du modèle américain sur le continent. Néanmoins, le Brésil ne cherche pas à supplanter les États-Unis et ne souhaite surtout pas apparaître comme une puissance impérialiste mais au contraire se présenter comme un pôle de stabilité dans une Amérique Latine façonnée par les révoltes et la violence. Son intervention en Haïti où il dirige la Minustah depuis 2004 révèle malgré tout ses ambitions de jouer un rôle politique et diplomatique sur le continent.

 

Cette position régionale lui permet alors d’afficher des ambitions mondiales. C’est sous les présidences de Lula (2002-2010) que ses ambitions internationales s’expriment véritablement et qu’un changement de cap s’opère. Prenant actes des recompositions internationales en cours, le Brésil de Lula souhaite se faire le promoteur du multilatéralisme en s’intégrant dans le groupe des BRICS dont le 2ème sommet se déroule en 2010 à Brasilia et annonçant l’entrée de l’Afrique  du Sud. La ligne diplomatique de Lula est celle d’une contestation de l’ordre existant : a plaidé pour un G20 organisé en 2008, a sabordé en 2005 le projet de ZLEA du président Bush, a critiqué les interventions militaires françaises en Libye et Côte d’Ivoire, et a soutenu l’Iran (en 2010 a voté contre les sanctions de l’ONU alors que la Chine et la Russie votaient pour).

 

Preuve de ses nouvelles ambitions, le Brésil s’est doté d’une nouvelle politique de défense (création d’un Ministère de la Défense en 1999 seulement rappelle que le Brésil n’a pas de tradition militaire car l’indépendance s’est faite sans véritables combats) en lançant en 2008, sous Lula, un ambitieux programme de modernisation des forces armées (achat du porte-avions Foch rebaptisé Sao Paulo en 2000, construction d’un sous-marin nucléaire d’attaque, projet d’achat d’avions Rafales en attente) qui devrait porter sa flotte à 6 sous-marins nucléaires et 20 sous-marins conventionnels d’ici 2047. Si le Brésil a renoncé à se doter de l’arme nucléaire, il a cependant réactivé son programme nucléaire (enrichissement d’uranium) qui témoigne d’ambitions internationales plus marquées. Néanmoins son budget militaire reste dérisoire par rapport à celui des États-Unis, 33 milliards de dollars contre 682 aux États-Unis en 2013. Les États-Unis sont une puissance militaire sans égal dans le monde.

 

 

 

Culture brésilienne et soft power américain

 

En termes de soft power, le modèle économique et politique des États-Unis fait encore rêver malgré la montée des contestations, altermondialistes entre autres : les États-Unis restent ainsi très attractifs pour les IDE (......), les touristes, les étudiants, les chercheurs et les travailleurs internationaux (1er pays au monde pour l’accueil d’étrangers), témoignant de la persistance de l’ « American Dream ».

 

La nouvelle doctrine de sécurité nationale du président Obama (mai 2010) vise à rompre avec les années G. W. Bush en renouant avec une politique extérieure visant à maintenir leur leadership dans le monde tout en restaurant leur image et en agissant dans le cadre des organisations internationales, qui va dans la logique du  smart power (alliance entre hard et soft power) au sein de la diplomatie américaine depuis 2009.

 

Déficient dans le domaine du hard power, Le Brésil de Lula a compris toute l’importance, dans la diplomatie, de l’image et de la culture.

 

Traditionnellement pacifiste, le Brésil– moins présent cependant sur la scène internationale depuis l’arrivée au pouvoir en 2011 de Dilma Rousseff-  a cherché à jouer un rôle modérateur  et de médiateur dans les relations internationales ( tentatives de médiation avec l’Iran ou Israël) en jouant sur son image de fête et d’unité mise en valeur par des festivités à la portée planétaire comme le Carnaval de Rio ou le football et porté de 2002 à 2008 par le musicien et chanteur Gilberto Gil. Le Brésil a ainsi participé à de grands évènements artistiques et sportifs mondiaux  telle la tournée au Brésil du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine en 2012 ou a organisé la  Coupe du Monde de football en 2014 et organise les JO 2016, ce qui devrait profiter  à la lusophonie.

 

Le Brésil s’est récemment portée sur l’humanitaire, notamment en Afrique, afin d’y apporter son expertise en matière sociale, énergétique (programme Pro Alcool) ou sanitaire (lutte contre le sida).

 

Brésil Rio JO

 

http://blog.shanegraphique.com/logo-des-jo-de-rio-2016/

 

 

 

Conclusion

 

Le continent américain, au travers de la comparaison du Brésil et des Etats-Unis, illustre l’évolution du monde actuel, des puissances établies face à des puissances émergentes.

Si les territoires brésilien et américain et les dynamiques qui les animent présentent des similitudes, celles-ci montrent que les chemins de la puissance ne sont pas réductibles à la géographiques mais résultent plutôt 

Fin de l'extrait

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