Des cartes pour comprendre le monde - leçon géographie - Terminale S

Des cartes pour comprendre le monde - leçon géographie - Terminale S

Découvrez cette méthodologie gratuite, rédigée par un professeur de géographie, consacrée aux cartes et aux commentaires de documents.

Le but de cette leçon est de vous permettre d'apprendre à avoir un regard critique sur les cartes. Grâce à cette leçon vous serez capable de décrire la planète et sa complexité. Vous verrez les grilles de lecture géopolitique, géoéconomique, géoenvironnementale et géoculturelle. Cette leçon est indispensable pour réussir votre commentaire de documents lors du bac S de géographie.

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Document rédigé par un prof Des cartes pour comprendre le monde - leçon géographie - Terminale S

Quiz de Histoire Géo :

Que veut dire ZEE ?

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Le contenu du document

 

CHAPITRE 1

DES CARTES POUR COMPRENDRE LE MONDE

 

Objectifs bac 

Ce chapitre ne peut donner lieu à l’examen qu’à un seul type d’exercice : le commentaire de document(s).

Un des objectifs de ce chapitre est d’apprendre à porter un regard critique sur les cartes et leur réalisation.

A Partir de l’observation des cartes, être capable de décrire la planète dans sa complexité. Être capable de schématiser un planisphère ou une partie du globe peut vous servir dans tos vos

devoirs écrits de géographie.

Une méthode assez simple avec un peu d’entraînements.

méthodes pour schématises les aires continentales

 

 De plus, pour l’apprendre, vous pourrez reprendre votre cours en schématisant quelques passages. Pour les chapitres qui appellent une dissertation- je les signalerai au fur et à mesure- les schémas sont les bienvenus.

Vous devez connaître les définitions des notions ou expressions en gras qui sont dans cette fiche.

 

Introduction

La terre en vue polaire depuis la Chine

vu de la terre

Pour appréhender la complexité du monde actuel, il est désormais nécessaire de croiser les analyses des grands phénomènes

Les cartes, sont les outils fondamentaux des géographes, elles constituent le moyen privilégié pour recouper quatre grilles de lectures : géopolitiques, géoéconomiques, géoculturelle et géo-environnementale. La carte est une représentation de l’espace terrestre en partie ou totalité, on parle alors de planisphère. Pour mettre à plat une sphère, les cartes utilisent différentes projections, qui tentent de s’approcher au mieux du réel : projections de Mercator, de Peters...sont les plus classiques. L’échelle sert à établir un rapport en termes de distance, entre la carte et ce qui est représenté. Enfin, le centrage de la carte, généralement des planisphères, varie selon les lieux où elle a été conçue, les choix des auteurs. Une carte peut être centrée un continent, un État, un océan ou un pôle.

La lecture et l’analyse de ces cartes imposent un regard critique et distancié, car il ne s’agit pas de traductions de la réalité mais de représentations où transparaissent des visions du monde.

En quoi les cartes permettent-elles de saisir la complexité du réel ? Quelles limites caractérisent ces outils de compréhension du monde ?

 

Une grille de lecture géopolitique

La géopolitique se définit comme l’étude des rapports – sous la forme, le plus souvent, de rivalités – de force et d’influence pour la conquête, le contrôle ou la défense de territoires. L’architecture géopolitique du monde est donc fondée, en premier lieu, sur les relations qu’entretiennent entre eux les États. De ces relations naît un équilibre ou un déséquilibre lié à la dissymétrie des puissances.

La lecture géopolitique du monde actuel met en lumière une hiérarchie des puissances incarnée par les États qui demeurent les acteurs centraux du monde. Cette hiérarchie des puissances est mouvante.

 

États et « puissance » Définition et recomposition

En géopolitique, la puissance est considérée comme la capacité d’imposer sa vision du monde au plus grand nombre ou de défendre ses intérêts. La puissance est un concept qui existe donc dans la relation à l’autre : elle dépend des rapports de force et dessine ainsi une hiérarchie établie par les moyens dont dispose chaque État.

La puissance d’un État se détermine par différents facteurs, ils varient selon les auteurs et les époques mais on peut tout de même retenir les points suivants. En premier lieu, la capacité militaire, le potentiel économique et financier, la maîtrise technologique (capacité de création/innovation). Ensuite, les réseaux diplomatiques (ambassades, alliances), l’influence culturelle (son attractivité, le poids de ses diasporas, langue et éducation par exemple), sa stabilité politique et sa cohésion sociale. Enfin, par la maîtrise de son territoire (potentiel naturel, accessibilité, infrastructures de transports et de production, ouverture sur le monde, on dispose là de multiples facteurs qui ne garantissent cependant pas la puissance d’un acteur. Celle-ci dépend surtout de la capacité à les réunir, les combiner et passer de l’un à l’autre sans dépendre d’un seul.

La fin de la « guerre froide » et la mondialisation ont bouleversé la définition du mot

« puissance ». En 1990, le géopoliticien américain Joseph Nye a distingué le « hard power », fondé sur la coercition (puissance militaire et économique), du « soft power », basé sur la capacité à influencer non pas forcer.

Si la capacité militaire a longtemps primé comme élément premier de la puissance, il tend aujourd’hui à être de plus en plus concurrencé par le facteur économique ou, plus généralement, par le « soft power » (puissance douce) s’exerçant non plus par la coercition mais grâce à la persuasion        (culturelle, idéologique, normative).

 

 

Une hiérarchie mouvante des puissances

Des bouleversements des années 2000 sont sortis de nouvelles puissances dites

« émergentes », fondées sur leur rôle économique dans la mondialisation. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), forts de leur puissance économique, tentent alors d’imposer leur vision géopolitique du monde en développant des alliances régionales afin de compenser leur faible poids militaire et diplomatique. Ils se présentent comme unis et souhaitent bousculer l’ordre géopolitique et géoéconomique mondial en place depuis la fin de la « guerre froide ».

Néanmoins, cette émergence économique ne s’est pas encore traduite, sur le plan géopolitique, par une place accrue dans les instances de gouvernance internationale (ni à l’ONU ni au FMI). Malgré tout, ces BRICS compensent ce rôle limité dans les organisations internationales par une diplomatie active et le renforcement de leur puissance militaire. Ainsi, Lula, l’ancien président du Brésil, a voyagé durant 8 ans dans plus de 60 pays différents et ouvert

68 ambassades ou missions diplomatiques ; il a même proposé son aide comme médiateur dans le conflit israélo-palestinien et le problème du nucléaire iranien. L’Inde, la Chine et la Russie sont apparues plus effacées sur la scène internationale, ayant déjà fort à faire avec leur environnement proche.

Ainsi, le nouvel équilibre géopolitique planétaire semble avoir glissé d’un système bipolaire durant la « guerre froide » à un système unipolaire dans les années 1990, puis à un système multipolaire dans les années 2000 qui laisse plus de place aux autres États mais où les pôles dominants demeurent les puissances industrielles anciennes.

 

Un changement dans la nature des conflits

Les relations entre États peuvent prendre un aspect pacifique, dans le cadre de négociations, de partenariats ou d’alliances, mais parfois une forme conflictuelle. Car, contrairement aux espérances que laissait entrevoir la   fin de la « guerre froide », la violence politique n’a pas faibli, mais a pris d’autres formes que le traditionnel conflit entre deux puissances étatiques. L’indice global de paix dans le monde (Projection de Mercator, centrée sur l’Atlantique).

 

Indice de paix global mondial

http://dozodomo.com/bento/2014/08/23/global-peace-index-2014/

 

Un conflit est considéré comme une contestation, plus ou moins violente, opposant deux États ou groupes d’individus organisés cherchant à défendre leurs intérêts économiques, politiques, territoriaux, idéologiques... Tandis que la guerre est l’aboutissement le plus violent d’un conflit, la paix est définie, au contraire, comme l’absence de guerre. Cependant, ces définitions ne permettent plus de décrire Les conflits actuels qui sont désormais moins interétatiques qu’intra-étatiques et mettent en cause de nouveaux acteurs qui ne sont plus des États ou des armées clairement identifiés ou identifiables. Aussi, ces conflits ou « guerres civiles » peuvent durer des décennies de manière larvée – en Israël, Palestine, Irak, Liban... et prendre des formes différentes, rendant caduques les définitions des termes « guerre » et « paix ».

Les tentatives cartographiques pour « montrer », « mesurer » ces concepts sont multiples. L’indice global de paix créé en 2007, prend en compte des critères relatifs à la politique extérieure  des pays, leur budget militaire, les relations internationales qu’ils entretiennent. Cet indice est intéressant car il mesure le niveau de violence interne aux États. Mais à cette petite échelle – celle des grands espaces, l’utilisation courante est mauvaise et à contre- sens, la grande échelle est bien celle des petits espaces : quartier, ville, département... il est évidemment impossible de rendre compte de la complexité du réel.

L’autre document proposé ici insiste sur d’autres aspects, mais toujours à une même échelle mondiale. [Une astuce pratique, pour éviter toute confusion entre petite et grande échelle, vous pouvez parler d’ « échelle locale, régionale, nationale, continentale ...]

 

Cartes sur le monde

 

Les types de tensions et de conflits ont évolué avec l’irruption, parfois violente, de nouveaux acteurs, créant alors une insécurité nationale et internationale : conflits internes, terrorisme (AQMI au Maghreb, Al-Qaida, Daech...), prolifération nucléaire (Iran, Corée du Nord), régimes dictatoriaux (Syrie, Soudan), piraterie (Golfe de Guinée, Somalie, Caraïbes), guerre entre narcotrafiquants (Mexique, Colombie), manifestations sociales pouvant dégénérer en émeutes (Londres lors de l’été 2011) à caractère raciale comme à Fergusson dans le Missouri fin 2014.  La principale cause de conflit ou d’insécurité n’est plus, aujourd’hui, les rapports de puissance entre États, mais la défaillance des États (« failed States ») qui se caractérise par l’effondrement des institutions et d’abord chez le plus pauvres : (comme au Mali, par exemple), la perte de légitimité de l’autorité publique et l’incapacité à assurer le contrôle du territoire sont des signes nets de cette faillite.

Face à cette désintégration du contrat social et à l’insécurité grandissante, des groupes armées non-étatiques tentent de s’emparer du pouvoir par la violence – un monopole jusqu ’alors dévolu aux États, et de fonder une nouvelle légitimité non plus sur une identité nationale mais en instrumentalisant des différences telles que l’ethnie, la religion, la culture (contre « l’Occident ») ou le rang social.

Les buts de la guerre évoluent aussi. Les conflits se dépolitisent et se rapprochent du banditisme, comme en témoigne le développement du terrorisme, de la piraterie et du narcotrafic. Ils pourraient être cartographiés par des flux ici, mais une carte comme tout document ne dit pas tout. Elle est le résultat d’une construction, de choix, ceux des auteurs qui en faisant passer leurs messages ont aussi le souci de demeurer lisibles et clairs.

 

Une lecture géoéconomique qui montre un bousculement vers l'Asie

La mondialisation et la crise économico-financière de 2008 ont eu tendance à redistribuer les cartes de l’économie mondiale en faisant de l’économie un des éléments fondamentaux des rapports de puissance dans le monde. Les cartes géographiques de ce début de XXIe siècle nous dévoilent un monde contrasté, fracturé, mais aux territoires reliés et interdépendants. Mais, surtout, la géographie de l’économie mondiale connaît actuellement un basculement vers l’Asie, en passe de devenir, avec la Chine et l’Inde, le centre de gravité économique de la planète.

 

Mondialisation : un processus avec des effets contradictoires

La mondialisation sépare autant qu’elle rapproche les économies, les territoires et les hommes.

 

  • Une mise en réseau du monde ?

 

Avec la mondialisation, qui multiplie les flux, le monde semble engagé dans un processus de convergence des sociétés et des économies et de rapprochement des territoires concrétisés par la mise en réseau de la planète, notamment grâce à la révolution des transports et des télécommunications. Au XIXème siècle, il fallait trois semaines aux bateaux pour traverser l’Atlantique, quelques heures aux avions aujourd’hui. A ce « raccourcissement » des distances, c’est pourquoi on peut parler parfois de « distance-temps » les nouvelles technologies de l‘information et de la communication (NTIC), sont venues ajouter l’impression de simultanéité, ce qui n’est pas simple à présenter en cartographie, d’où la nécessité e croiser les documents (textes, photographies...permettent aussi bien sûr d’analyser les espaces et de varier les échelles, petites et grandes.

 

  • Une limite Nord/Sud devenue obsolète

 

Si le concept d’«émergence» reste difficile à définir et circonscrire, il a cependant bousculé la ligne de fracture Nord/Sud, clivage géographique défini par l’ancien chancelier ouest- allemand Willy Brandt en 1980 dans un rapport sur les problèmes de développement dans le monde. Ainsi, la cartographie géoéconomique se complexifie et dessine une économie mondiale polycentrique : Triade – au sens strict, les États-Unis, l’Europe occidentale et le Japon, mais bien des auteurs incluent d’autres espaces (façade pacifique chinoise, Corée du Sud...) ce qui est le signe d’une évolution mais aussi de l’affaiblissement de ce concept puisque d’autres espaces prennent de plus en plus d’importance : pôle d’Asie du Sud et de l’Est, pôle sud-africain et pôle   sud-américain. Si les pays du Nord (avec la Corée du Sud et le Canada) concentrent toujours plus de la moitié de la richesse mondiale (59 % du PIB mondial en 2011, selon le FMI et la Banque mondiale), les pays émergents au sens large (BRICS, Mexique, Nigeria, Argentine, Turquie, Indonésie, Malaisie, Singapour, Hong Kong, Thaïlande et Philippines) rassemblent, eux, plus de la moitié de la population mondiale (54 % contre 15 % pour les pays de la Triade) et affichaient en moyenne une croissance annuelle de près de 7% contre 2.5% pour les pays industrialisés.

Alors que les inégalités persistent à toutes les échelles (du monde jusqu’aux quartiers des villes), ces fractures infra-étatiques restent difficiles à cartographier et donc peu visibles, mais elles apportent une nuance indispensables pour appréhender un monde de plus en plus complexe de par la multitude de ses contrastes.

Un exemple d’analyse critique à partir d’une anamorphose.

Le jour de l’examen, vous pouvez rencontrer dans la 2ème partie, ce type d’exercice.

Vous trouverez ici un plan détaillé, avec quelques points à approfondir à l’aide de votre propre cours ou manuel.

L’objectif est de comprendre la démarche et le but de cet exercice : une étude critique.

Sujet : richesse et développement dans le monde

Consignes.

A partir de l’étude critique du document et de vos connaissances, vous mettrez en évidence les disparités géo-économiques dans le monde. Vous établirez une typologie illustrant la hiérarchie de l’espace mondial.

Enfin, vous montrerez les limites de ce type de représentation cartographique

Représentation cartographie

 

Pistes de correction

Rappels préalables

Une anamorphose est une carte qui utilise la superficie des États pour rendre compte d’un phénomène. Ceux-ci peuvent être représentés par des formes géométriques, la variation de leur taille traduit l’ampleur ou pas du phénomène, du processus...

Toutes les cartes sont des anamorphoses- puisqu’il s’agit de représentation, forcément déformée- du réel, mas on désignera plu précisément ainsi, celles qui ne tiennent pas compte de la forme des États, qui au final peuvent être difficiles à reconnaître voire même à situer.

Introduction

 Les richesses sont très inégalement réparties au sein de la planète c’est pourquoi il est possible de parler de disparités.

L’approche géo-économique qui est proposée par cette carte par anamorphose date de 2011. Elle confronte des indicateurs qui sont le Produit Intérieur Brut (PIB) avec celui de l’indice de développement humain (IDH). Or, il apparaît clairement qu’il n’y a pas toujours corrélation entre les deux.

Comment le document proposé permet-il de comprendre la complexité de l’organisation géo- économique du monde ? Quelles limites peuvent être mises en évidence en rappelant la place occupée par les différents États ?

La 1ère partie montre comment les indicateurs rendent compte des disparités à l’échelle mondiale. La seconde propose une typologie dépassant la simple opposition Nord-Sud. Enfin, un dernier point permet d’aborder la pertinence et les limites du document.

I) Des indicateurs qui rendent compte des inégalités

Le PIB est un indicateur de richesses qui mesure pour un État les richesses produites reflétant ainsi sa croissance.

L’IDH (indice de développement humain) parce qu’il permet de croiser différents critères : espérance de vie à la naissance, produit intérieur brut (PIB) par habitant et le taux d’alphabétisation est plus complet et permet une meilleure approche de la réalité. la confrontation de ces deux indicateurs sur une même carte est en soi intéressante car ils sont complémentaires.

Des critères fiables mais qui sont toujours fournis par les États. Une marge d’erreur existe, elle est parfois volontaire. Certains gouvernements peuvent tenter de cacher de trop mauvais résultats...

 Des critères qui ne rendent donc compte que de quelques aspects de la réalité. Leur croisement permet d’approcher une certaine complexité du réel mais d’autres critères auraient été intéressants : démographiques, répartition de la population active, indications de certains flux liés au sujet...

II) Typologie

La ligne Nord/Sud établie en 1980 par l’ancien chancelier Willy Brandt, demeure valable. Il est possible de distinguer une majorité d’États riches au Nord, de pauvres au Sud.

Mais une limite discutable. Cas de l’Inde et la Chine intéressants. Des PIB élevés voire très élevés mais des États du Sud, il n’y a donc pas forcément de corrélation entre PIB et IDH.

Pour une hiérarchie mondiale des États afin de comprendre l’organisation géo-économique du monde il faut distinguer au moins trois ensembles : pour chacun des ensembles ci-dessous vous pouvez retrouver des exemples précis irés du document.

- États de la Triade : ...

- Les États émergents où les Brics jouent un rôle spécifique :....

- Les PMA pays les moins avancés), fortement concentrés en Afrique : ...

III) Une approche critique du document

L’anamorphose est un outil intéressant car facile à lire. Il met clairement en évidence une ou deux informations, c’est le cas ici, en faisant varier la superficie des territoires. La clarté du phénomène qu’il illustre peut apparaître nettement. En mêlant les 2 critères, le document montre bien qu’il n’y a pas forcément corrélation entre développement et richesse. Par exemple pour la Chine...( indiquez les données et expliquez le décalage : les retombées de la croissance ne sont pas  également partagée, les retards restent nombreux en matière de développement entre villes et campagnes...)

Cependant, l’organisation géo-économique du monde ne se lit pas forcément à une seule échelle, celle du monde ou celle des États qui est aussi perceptible ici.

La présentation d’une carte par anamorphose empêche de distinguer nettement certains États, notamment les PMA, certains ont même disparu ce qui suffit déjà à signaler les limites de cette carte à l’échelle mondiale.

Un autre document cartographique pouvait donner les mêmes informations en superposant deux figurés de surface, hachure et couleur, tout en conservant la taille des États, ce qui permettaient de mieux les observer. De plus, une carte classique pouvaient facilement intégrer un ou deux autres critères, voire des nuances en fonction des régions : le développement n’est pas forcément le même au sein d’un même État.

Conclusion

Le document montre bien l’inégale répartition des richesses à travers le monde. Il offre cependant une vision un peu trop simplifié de la réalité même si l’IDH est un critère assez intéressant. L’approche géo-économique couplée avec une approché géopolitique, sur un autre support, carte ou texte, permettrait de dresser une typologie plus fine illustrant la hiérarchie au sein de l’espace mondial.

 

Un monde en mouvement

 

  • Basculements du monde et multipolarité : la fin de la Triade ?

 

Les attentats de 2001 puis la crise économique de 2008, partie des États-Unis, ont révélé les profondes mutations, jusque-là à peine perceptibles, du monde : son basculement de l’espace atlantique vers l’espace pacifique et asiatique. Ce basculement du centre de gravité économique a inauguré une nouvelle géographie de la puissance mais davantage axée sur l’économie. Cette fois- ci, le basculement n’a pas consacré une nouvelle hégémonie mais plutôt une multipolarité du monde fondée sur une interdépendance croissante des territoires incarnée par l’explosion des flux de la mondialisation.

 

  • Une hiérarchisation multiscalaire du monde

 

Les dynamiques spatiales de la mondialisation ont opéré une sélection et une hiérarchisation des territoires, lisibles à toutes les échelles, en fonction de leurs ressources et de leur intégration aux échanges mondiaux.

À l’échelle mondiale, si la ligne Nord/Sud n’est plus pertinente, la cartographie des centres et des périphéries, en fonction de leur intégration aux flux, reste encore valable. Mais le basculement du monde a engendré une multiplication et une rotation des centres: l’Asie, périphérie délaissée au début du XXe siècle, est ainsi passée de périphérie intégrée à un véritable centre de l’économie mondiale concurrençant les anciens centres de la Triade, en particulier étatsunien et européen.

Dans cette «émergence», la hiérarchie se lit à travers la floraison d’acronymes classificateurs : BRICS, BIC (Brésil, Inde, Chine), BASIC (BRICS sans la Russie), CIVETS (né en 2009 dans l’Economist Intelligent Unit, il rassemble Colombie, Indonésie, Viêt-nam, Égypte, Turquie et Afrique du Sud) ou encore E7 (CIVETS plus Mexique).

 

Cette hiérarchisation se lit aussi à toutes les échelles : d’un continent (Amérique du Sud, Afrique) que dans les pays eux-mêmes (Brésil, Afrique du Sud), avec les régions littorales, frontalières ou environnant la capitale généralement plus développées.

Enfin, cette hiérarchisation est tout à fait visible à l’échelle locale, le phénomène de ségrégation socio-spatiale est ainsi bien perçu avec des photographies des métropoles qui montrent comment quartiers riches et pauvres peuvent être proches. Le croisement avec des cartes portant sur le même thème est alors tout à fait pertinent avec la variation des échelles.

 

Lecture géoculturelle : métissages et résistances

Uniformisation ou brassage mondialisé ?

Le processus de mondialisation a conduit à une certaine convergence des économies et donc des modes de vie. Mais peut-on, pour autant, parler d’uniformisation culturelle ? Une fois encore, la réalité est plus complexe et le changement d’échelle éclairant : une tendance à l’homogénéisation à l’échelle mondiale et une foisonnante diversité aux grandes échelles.

La mondialisation a fait de la culture au sens large (processus intellectuel de construction d’un ensemble de savoirs, codes, valeurs et représentations, associé aux différents domaines de l’existence) un objet de consommation comme les autres : il circule, se vend, s’échange, s’approprie et s’individualise...

La mondialisation, par la standardisation des produits qu’elle engendre, a pu faire croire à une uniformisation culturelle sous l’égide des puissances occidentales dominantes. Vues de loin et de haut, cette circulation accrue et cette standardisation ont pu faire penser à l’émergence d’un

« village global », mais, vues de près, les pratiques culturelles sont réappropriées, transformant plutôt l’uniformisation en métissage.

Le mirage du « village global »

L’expression « village global » a été créée en 1967 par le philosophe et sociologue canadien Marshall Mac Luhan, afin de rendre compte de l’essor des médias de masse et des technologies de l’information et de la communication. Selon lui, le monde ne serait plus qu’un simple village car tout le monde vivrait au sein d’une même culture, « dans un même temps, au même rythme et donc dans un même espace ». Les révolutions dans les transports et la communication semblent accréditer cette thèse et le cas de la langue anglaise peut conforter cette image de village où tout le monde se comprend. Mais l’anglais est plus une langue de service que culturelle et les interprètes sont toujours présents lors des réunions internationales...

De plus, près de 70 % des internautes naviguent sur la toile en utilisant leur propre langue et aujourd’hui ce n’est pas en anglais que l’on publie le plus de pages mais en ...chinois même si l’anglais reste la 1ère langue de l’internet (1er anglais 37% d’accès // 2ème Chinois, 14% d’accès // 3e Japonais, 8.3%...en 2007)

Finalement, ce « village global » n’est qu’une impression visible de loin et le jeu d’échelles nous montre que cette uniformisation est relative et se présente plutôt comme un métissage voire une adaptation aux traditions locales, quand cela est possible. Essayez de trouver une baguette de pain française, un pot de moutarde en Italie et vous verrez tout de suite les limites de l’uniformisation culturelle. Et par rapport à la France, l’Italie nous est très proche culturellement...

Face à cette diversité sous-jacente, des géographes et expert en géopolitique ont tenté de représenter ces contrastes culturels.

 

  • Cartographier la diversité culturelle ?

 

Les aires de civilisation, selon, Samuel Huntington, au milieu des années 1990

 

Aires de civilisation lacoste

Les aires de civilisation, selon Yves Lacoste, en 2009

 

aires de civilisation lacoste

 

Des peuples et des cultures aux échelles régionales (Moyen-Orient) ou...

Peuples et cultures aux échelles régionales

 

ou nationales ( Liban)

Echelles nationales

 

 

  • Un certain repli identitaire

 

La diversité culturelle subsiste néanmoins et est à la fois un produit et une conséquence de la mondialisation. Produit, par ce qu’on nomme « le brassage des cultures », et conséquence, par ce qu’on identifie comme une réaction à la dilution identitaire dans une illusoire uniformisation du monde.

Ici, la culture peut alimenter la grille de lecture géopolitique car nombre d’éléments constitutifs d’une identité culturelle (la nationalité, la langue, la religion) peuvent devenir prétexte à tensions, comme en témoignent la plupart des conflits africains et du Proche-Orient ou les actes terroristes.

Outre les conflits, le corollaire de ce repli identitaire est le renforcement des frontières, qui ajoute à la complexité géopolitique du monde par son aspect fragmentaire – ce que l’on nomme « la territorialisation du monde ». Des cartes à échelle grande ou moyenne permettent de mettre ces phénomènes en évidence.

 

 

Une grille de lecture géoenvironnementale

Vivre sainement sur une planète malade apparait comme une difficulté majeure que les États prennent lentement en compte. au-delà des catastrophes industrielles, nucléaires ou naturelles (tsunami de décembre 2004 en Asie) qui nous menacent. Il s’agit pour le cartographe de tenter de rendre compte spatialement des conséquences des activités des hommes, de leur mode de vie tout en prenant en compte les critères précédents.

Des indicateurs comme instruments de mesure

L’empreinte écologique des États dans le m

Empreinte écologique

Les pressions sur l’environnement sont aujourd’hui telles, notamment dues au fait que le mode de vie occidental fondé sur une croissance consommatrice de ressources naturelles et énergétiques a été largement adopté, qu’elles menacent non seulement la planète et la biodiversité mais aussi l’humanité en suscitant de nouveaux risques.

Afin de mesurer puis de cartographier l’impact des activités humaines sur l’environnement, de nouveaux concepts et indicateurs ont été inventés, tels que l’empreinte écologique et la biocapacité.

Né dans les années 1990, l’indicateur de l’empreinte écologique, qu’on exprime en hectares globaux (hag), mesure la pression que les productions et les consommations humaines exercent sur les écosystèmes en évaluant la surface dont une population a besoin pour subvenir à sa consommation de ressources et absorber les déchets qu’elle a produit (ne tient compte que des émissions de CO2).

La biocapacité est un indicateur qui évalue les ressources renouvelables et leur capacité à se régénérer en prenant en compte la surface de terre disponible et leur productivité (pâturage, terres cultivées, zones de pêche, forêts, terrains bâtis). Ainsi, la biocapacité s’élève actuellement à 11,9 milliards d’hectares globaux, soit 1,7 hag par habitant, alors que l’empreinte écologique se monte à 18 milliards d’hectares globaux, soit 2,6 hag par habitant (chiffres de 2007). L’homme surexploite donc les ressources naturelles renouvelables de près de 50 % et consomme, chaque année, l’équivalent d’une planète et demi : il vit, en quelque sorte, à crédit. À ce rythme, il faudra deux planètes à l’horizon 2030 pour satisfaire les besoins de l’humanité.

En rapportant cette empreinte écologique à la population d’un État et en la cartographiant, on s’aperçoit sans surprise qu’elle est inégalement répartie à l’échelle de la planète et que sa géographie se confond avec celle du développement économique : les pays industrialisés, les pays peu peuplés et riches en hydrocarbures consomment entre 4 et 8 ha globaux par habitant ; 10 pays se partagent 60 % de la biocapacité de la planète (États-Unis, Japon, Inde, Chine, Russie, Royaume-Uni, Mexique, Allemagne, France, Brésil).

Si le facteur économique est déterminant dans ce classement, le facteur démographique ne doit pas non plus être négligé. Combinés, ces deux facteurs classent les BRICS dans les 6 premiers pays et fait de l’Asie la future 1re région en termes d’empreinte écologique.

La situation n’est pas amenée à évoluer dans le bon sens, du fait du rattrapage économique des pays émergents, et l’adoption par leur population du mode de vie d’un Américain nécessiterait alors la bio-capacité de 4,5 planètes!!

 

L’émergence de nouveaux risques

Ces nouveaux risques ont la particularité d’être à la fois locaux et globaux et d’avoir des impacts géopolitiques importants dans le futur.

Il en va ainsi de la dégradation de certains milieux, comme les forêts ou les océans, qui constitue une grande menace pour les équilibres naturels planétaires : les forêts sont un réservoir de biodiversité et représentent un maillon fondamental dans le cycle du carbone ; la fonte des  glaces de l’Arctique et du permafrost aurait des incidences sur les courants marins et l’émission de méthane, gaz à fort effet de serre.

Le réchauffement climatique aggravé par les rejets de CO2 fait, lui, peser un risque sur les littoraux, avec une hausse globale de la température (0,8° au cours du XXe siècle) qui pourrait accélérer la fonte des glaces et provoquer une montée des eaux estimée entre 18 et 42 cm par le GIEC d’ici 2100 (de 1 à 3 mm depuis 1900).

A ces désordres climatiques prévus s’ajoutent les diverses pollutions qui font peser un risque sur les ressources et la santé des hommes. La disparition de terres habitées, la raréfaction des ressources, la propagation de maladies tropicales véhiculées par les canaux de la mondialisation, l’accentuation des excès climatiques et l’apparition de réfugiés climatiques risquent non seulement d’avoir un impact sur l’environnement, mais aussi de bouleverser les équilibres géopolitiques et géoéconomiques de la planète.

 

Quelles traductions cartographiques ?

La représentation par anamorphose des espaces les plus pollués permettrait une prise de conscience et une localisation immédiate des territoires en question.

 

Traductions cartographiques

Des cartes diachroniques- qui montrent une évolution dans le temps- permettraient de souligner les évolutions des pollutions et/ou de leurs conséquences. On différencie alors l’évolution à partir d’une date donnée. Les cartes concernant l’environnement sont par ailleurs souvent des projections, elles ont une dimension prévisionnelle, elles indiquent ce qui pourrait être, une tendance vers, non un état, ni un fait.

L’étendue de la fonte de la calotte glaciaire du Groenland est représentée ici en noir. Crédit photo : avec l’autorisation de Arctic Climate Impact Assesment, 2004 Clifford Grabhorn

 

Dégel alarmant

 

 

  • Penser à notre environnement... globalement

 

Face à l’ampleur et à la nouveauté des risques que ces désordres peuvent engendrer, la question environnementale s’est imposée peu à peu depuis les années 1990 dans l’agenda politique internationale, donnant ainsi naissance à une véritable diplomatie environnementale.

Depuis 1992 et le Sommet de la Terre de Rio organisé par l’ONU, les grandes rencontres internationales sur l’environnement se sont multipliées avec plus ou moins de succès

Ces conférences, outre de renforcer la prise de conscience internationale, ont permis de mettre en place de nouveaux outils juridiques internationaux et d’initier une véritable diplomatie environnementale en favorisant la responsabilité des États.

Cependant, si le réchauffement climatique constitue un enjeu global, tous les États n’en sont pas responsables à la même hauteur, comme en témoigne la géographie des émissions de gaz à effet de serre : les pays industrialisés, qui ne représentent que 15 % de la population mondiale, sont responsables de la moitié des émissions et de 70 % de ces émissions depuis le début de l’ère industrielle ! Cette responsabilité différenciée est un des points d’achoppement des négociations internationales sur le climat. Néanmoins, depuis le protocole de Kyoto ratifié en 1997, qui contraint les pays de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économiques) à atteindre 5,2 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à partir de 2005, par rapport à celles de 1990, la géographie des pays émetteurs a évolué. Ainsi, des pays émergents côtoient, voire dépassent les rejets de certains pays développés, telle la Chine qui est devenue, avec 22% des émissions globales, le 1er émetteur devant les États-Unis. En 2009, le sommet de Copenhague a tenté en vain de revenir sur la division binaire, devenue obsolète, entre pays développés et pays en développement, les pays émergents arguant de la « dette climatique » des pays anciennement industrialisés et n’entendant pas renoncer à leur développement au nom de considérations écologiques.

La lecture géo-environnementale du monde doit se faire à toutes les échelles car elle analyse des phénomènes aux causes souvent locales, comme la pollution ou la déforestation, mais qui ont des conséquences mondiales et nécessitent une réponse adaptée.

 

 

Conclusion

Les quatre grilles de lecture du monde nous conduisent toutes à la même conclusion : le monde s’est complexifié depuis les années 1990. Cette complexité invite à la prudence et à la nuance et limite, voire condamne une approche exclusivement globale du monde. Son appréhension nécessite donc des allers-retours incessants entre petite et grande échelles géographiques : la petite échelle, celle du monde nous est imposée par la lecture du phénomène de mondialisation qui tisse des liens et intègre autant qu’il exclut les différents territoires ; la grande échelle nous permet de lire les contrastes et les fractures du monde opérés par la mondialisation aux échelles infra-étatiques.

Si l’analyse du monde actuel nécessite donc une lecture critique des cartes, elle impose aussi une méthode géographique rigoureuse fondée sur une approche multiscalaire dont doit émerger le sens de la nuance. 

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