Acteurs, flux, débats - Histoire Géographie - Terminale S

Acteurs, flux, débats - Histoire Géographie - Terminale S

Nous vous proposons un cours d'Histoire Géographie de Terminale S, rédigé par notre professeur, dédié à la mondialisation et plus précisément au chapitre "Acteurs, flux, débats".

Vous verrez tout d'abord que la mondialisation est un processus multiforme, avant de vous intéresser aux acteurs de la mondialisation. Vous vous pencherez alors sur les flux humains croissants à travers les migrations des travailleurs et l'explosion des flux touristiques. Enfin, vous étudierez la mondialisation en débat.

Téléchargez gratuitement ci-dessous le cours d'Histoire Géo de Terminale S "Acteurs, flux, débats".

Acteurs, flux, débats - Histoire Géographie - Terminale S

Le contenu du document


Mot clé depuis les années 80, la mondialisation désigne le processus d’intégration des économies, mais aussi des modes de vie à l’échelle mondiale 

Pb : Quels sont les mécanismes de la mondialisation ? En quoi les sociétés humaines sont-elles de plus en plus interdépendantes ?


LA MONDIALISATION, UN PROCESSUS MULTIFORME

La mondialisation ne se réduit pas à l’augmentation récente des interdépendances économiques et supranationales. Elle désigne un processus ancien et multiforme qui transforme le monde en système.


UN MONDE DEVENU INTERDEPENDANT

  • Explosion du commerce international (x 200 en valeur depuis 1948), qui s’explique par l’augmentation globale de la production mais aussi et surtout par la montée des échanges, qui résulte de la volonté des acteurs économiques (gagner de l’argent) et politiques (libéralisation des échanges)

  • Augmentation des flux matériels et immatériels (révolution des transports : augmentation des capacités et de la vitesse et baisse des coûts).

  • Un monde plus petit car relié. Si le capitalisme a gagné la planète, celle-ci, en quelque sorte, est devenue plus petite. En théorie, aucun territoire n’échappe à la mondialisation (du fait des moyens de communication actuels). Certains Etats ont bien compris l’intérêt de l’intégration à cette mondialisation. Mais cette mondialisation met les territoires en concurrence dans le cadre de la DIT (Division internationale du travail = répartition des activités à l’échelle mondiale. On ne travaille pas tous sur les mêmes produits et, de ce fait, nécessité des échanges. Les territoires (pays/ régions/ Villes) se sont spécialisés pour produire certains biens économiques. Cela valorise certains territoires au détriment d’autres. 


LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION

LES FTN, FERS DE LANCE DE LA MONDIALISATION

82 000 FTN =20% du PIB mondial, plus riches que la plupart des Etats (Ex : Wall Mart a un chiffre d’affaires supérieur   au PIB de 3/4 des pays du monde

810 000 filiales et 77 millions d’employés.

Mais là encore, la mondialisation n’est pas véritable : la plupart sont issus des pays du Nord.


Les FTN agents de la DIT Division Internationale du Travail.

  • Délocalisation de leur production dans le Sud, afin d’en abaisser le coût : main d’œuvre moins chère et avantages fiscaux.

  • Recherche d’une main d’œuvre qualifiée et / ou d’un marché porteur (Nord valorisé dans ce cas)

  • Retour des gains dans les pays d’origine ou placement dans les paradis fiscaux.


Dans tous les cas de figure, des flux humains, matériels et financiers en découlent (de nombreux pays contribuent à la fabrication de l’iphone d’Apple).


LE ROLE MAJEUR DES ETATS

Contrairement à une idée souvent avancée, les Etats n’ont rien perdu de leurs rôles dans la mondialisation) La colonisation, l’expansion et l’ouverture économique de ces dernières décennies ont été orchestrés par les Etats 

De la libéralisation… 

Par quels moyens les Etats interviennent-ils ?

  • Aménagement du territoire

  • Signature d’accords commerciaux visant à la libéralisation des échanges (abaissement des droits de douane/ dérégulation financière depuis les années 70) aux échelles régionale (UE/ ALENA/ MERCOSUR/ ASEAN) et mondiale (OMC/ FMI/ G20)


Tous les Etas fonctionnent de la même manière c'est-à-dire la poursuite de leurs intérêts.

 … à la régulation.

Quand leurs intérêts sont en contradiction avec la mondialisation, tentative de faire obstruction. A celle-ci. Comment ?

  • Formes de protectionnisme (aides à certains secteurs, comme l’agriculture des EU et de l’UE / interventions auprès des entreprises pour éviter les délocalisations)

  • Négociations à l’échelle régionale et mondiale, dans le cadre de l’OMC et surtout du G20 


→ Les Etats sont pris en étau entre une mondialisation ardemment souhaitée et des effets secondaires indésirables. 


LE ROLE DES INDIVIDUS

Comment ?

  • Par nos achats pour l’essentiel, ne regardant qu’assez rarement l’origine des produits.

  • Par nos votes : élection de gouvernements pro mondialisation.

  • Par notre engagement : dans les ONG (Greenpeace/ WWF/ Amnesty international).


Un monde en mouvement

La mondialisation se traduit avant tout par des FLUX (déplacements).


DES FLUX HUMAINS CROISSANTS

UNE FORTE ACCELERATION DES MIGRATIONS DE TRAVAILLEURS

214 MILLIONS de migrants (personnes résidant en dehors de leur pays de naissance), soit 3 fois plus qu’il y a 30 ans.

Où migre-t-on ? Du Sud vers le Nord, mais aussi du Sud pauvre vers le Sud riche (pays pétroliers)

Qui migre et pourquoi ? 

  • De jeunes hommes pauvres en quête de travail

  • Des élites qualifiées

  • Des familles (regroupement familial)

  • Des réfugiés politiques (qui fuient les guerres) ou climatiques (montée des eaux et catastrophes)


L’EXPLOSION DES FLUX TOURISTIQUES

L’explosion des flux matériels et immatériels

  Types de flux et leur évolution Direction des flux Causes
Flux matériels

Explosion du commerce mondial

Typologie des produits échangés :

 

  • Produits manufacturés
  • Matières énergétiques et minières
  • Produits agricoles

 

Triade + Pays émergents

Politiques : libéralisation des échanges

Techniques : Révolution des transports mariimes (Conteneurisation)

Flux immatériels

Flux de capitaux exponentiels

 

  • IDE
  • Capitalisation boursière
Flux de services

 

Triade + Pays émergents

Economiques : financiarisation de l'économie et mondialisaion des flux

Techniques : interconnexion des marchés financiers et des places boursières fonctionnant en continu, via internet.


LA MONDIALISATION EN DEBAT

Processus de mise en relation croissante des espaces, des économies et des sociétés, la mondialisation est un phénomène global. Mais, non seulement elle ne touche pas les territoires de manière égale, mais en plus elle suscite des mouvements contraires : fabrication de frontières/ contestations, qui finissent par nous interroger sur la notion même de mondialisation

La notion de mondialisation est-elle encore opératoire pour comprendre notre monde ?


UNE MONDIALISATION QUI CHANGE LE ROLE DES ETATS ET DES FRONTIERES

L’effacement des frontières et des Etats ?

Frontières = lignes (ou zones : aéroports, zones portuaires, zones franches) séparant la souveraineté de 2 Etats (définis, du coup, comme un territoire délimité par des frontières et dirigé par un gouvernement.

Or la mondialisation est l’explosion et l’internationalisation des flux de toutes natures et dans tous les domaines :

  • Economique : Flux Commerciaux et financiers semblent totalement affranchis des frontières : FTN en tête/ espace sans frontières intérieures (libre circulation des H et des marchandises dans l’UE). Enfin les organisations supranationales, comme l’OMC, la Banque mondiale et le FMI ou l’UE, à une échelle continentale semblent imposer leurs décisions.

  • Politique : interventions en Libye, au Nord Mali.


Développement des organisations régionales comme l’ALENA, l’ASEAN et l’UE 

  • Culturel et social : musique, cinéma, sports (JO/ Coupe du monde de football), alimentation (fast food ; pizza) sont à l’échelle mondiale. 


→ Perte de souveraineté des Etats, qui sembleraient donc dépassés par la mondialisation.


Des Etats puissants en fait

Ils ont un Rôle clé dans notre monde et dans tous les domaines :

  • Acteur politique et social : nationalité, 

Acteur économique de 1e plan : employeur, contrôleur d’entreprises, Contrôleur de la monnaie et de la fiscalité/ déréglementation volontaire : le processus de libéralisation des échanges commerciaux a été initié par les pays riches (EU et UE en tête). 

En 1945, 51 Etats à l’ONU, 156 en 1975, 194 Etats aujourd’hui.


Des frontières aux fonctions redéfinies

La mondialisation accentue donc la crispation des Etats sur leurs territoires. Privés d’une partie de leurs fonctions par les acteurs transnationaux, en concurrence avec d’autres Etats pour la maîtrise des ressources, ils veulent garder le contrôle de leurs frontières. 

Les frontières jouent plus que jamais un grand rôle :

  • Soit de fermeture : avec la multiplication des Etats, jamais ne on a construit autant de frontières qui peuvent prendre la forme de murs (barriérisation). Extension de la surveillance vidéo (des garde-frontières). L’UE, qui a supprimé ses frontières internes, a renforcé celles avec l’extérieur, en créant une agence : Frontex.

  • Soit de point de contact.  Dans le cas de l’interface Etats-Unis –Mexique   les frontières mettent en relation des territoires différents et sont asymétriques : perméables aux flux commerciaux et financiers, elles se ferment en partie aux flux migratoires. 

→ Elles sont l’illustration des contrastes générés par la mondialisation : plus qu’une ligne continue, il faut les voir en pointillés (fermeture éclair ?).


DEBATS ET CONTESTATIONS

L’essor de la mondialisation et les conséquences engendrées ont conduit à de nombreuses réflexions et de nombreuses contestations. 


La question de la gouvernance mondiale

Si sa nécessité n’est plus contestée notamment pour affronter des défis planétaires comme les changements climatiques, les problèmes de pandémies ou les menaces terroristes font l’objet de débat et de critiques :

  • Le contrôle de la mondialisation n’est pas parfait pour éviter les fraudes, la contrebande, les inégalités, les attaques terroristes.

  • Sur le plan politique l’ONU reste limitée par ses moyens d’intervention, et son fonctionnement avec le conseil permanent de sécurité qui octroie un droit de veto à 5 pays, droit de véto qui en 2003 n’a pas été respecté par les Etats-Unis

  • Sur le plan financier, le FMI et la BM (acteurs de la régulation financière mondiale) sont accusés, entre autres, d’être dominés par les pays riches. Néanmoins en 2010 une réforme du FMI a fait passer la Chine du 9 ème rang au 3ème rang des actionnaires et a redéfini la mission du FMI le chargeant de surveiller plus étroitement les politiques économiques des Etats membres, dans un contexte de crise financière.

  • Sur le plan économique : L’OMC (155 pays) où les décisions se prennent normalement à l’unanimité. Mais où les pays du Nord ont davantage les moyens d’envoyer un représentant à Genève, de communiquer dans les langues internationales ou de s’entourer d’experts. Aujourd’hui un projet de réforme de l’OMC est envisagé d’autant que le cycle des négociations débuté à Doha en 2001 reste bloqué (suspendu en 2006) faute d’un accord sur les échanges agricoles entre les pays de la Triade et les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine. Quant au G8, il semble évident qu’il manque de légitimité à défendre les intérêts du monde entier.

 

Les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont creusées, même si certains pays ont connu un décollage économique (« les dragons »)

  • Sur le plan environnemental : la conférence de Durban en 2011 n’a pas réussi à donner suite au protocole de Kyoto concernant le changement climatique qui se termine en 2012

  • Sur le plan culturel : certains dénoncent l’uniformisation culturelle engendrée par le phénomène de mondialisation 

 


Une autre mondialisation

D’abord antimondialiste, la contestation est devenue altermondialiste dans les années 1990. En 1999 les altermondialistes se font remarquer en faisant échouer le sommet de l’OMC en 1999 à Seattle.

En 2001 ils organisent le premier forum social mondial (FSM) à Porto Alegre (+ 6000 personnes provenant de 123 pays)


Qui sont les altermondialistes ?

Une nébuleuse composée des écologistes de l’extrême gauche anticapitaliste, des pacifistes, des syndicats et des mouvements paysans (Confédération paysanne de José Bové), des ONG (Amnesty International, Greenpeace, MSF, WWW…)), des associations (ATTAC*Association pour la taxe sur les transactions financières et pour l’action citoyen ; association française créée en 1998 aujourd’hui présente dans une 40’Etats), et plus récemment le mouvement des Indignés. 


Leurs moyens d’actions ?

Le mouvement s’appuie sur des leaders charismatiques comme le président brésilien Lula, le syndicaliste français José Bové, prix Nobel d’économie des slogans qui font mouche (« le monde n’est pas une marchandise » ; « un autre monde est possible »), sur des best-sellers (Indignez-vous ! du français Stéphane Hessel) ou des films comme ceux de Michael Moore et sur les NTIC internet, les téléphones mobiles et les réseaux sociaux (Twitter, facebook…)

Ils organisent des FSM, des contre-sommets, des manifestations, actions très concrètes, qui veulent organiser un « mieux-vivre » dans les espaces urbains comme dans des régions rurales, dans les pays du Nord et du Sud : les commerces équitables, des systèmes d‘échanges non monétaires, réseaux de solidarité intergénérationnelle, boucles d’approvisionnement alimentaire locales.


Leurs revendications ?

Une meilleure répartition des richesses 

Le développement des pays pauvres (annulation ou réduction de leurs dettes ; taxe de solidarité internationale sur les billets d’avion mise en place en juillet 2006 à l’initiative de J Chirac pour aider à l’achat de médicament à moindre coût)

Le maintien des Etats-Providence pour aider les plus faibles et la limitation du libre-échange mondial

La lutte contre la corruption et les paradis fiscaux

La non marchandisation de certains produits ou services reconnus considérés comme biens mondiaux et universels comme l’eau, l’air.

La démocratie mondiale et une participation citoyenne

La préservation des identités culturelles

Avec la crise qui a débuté en 2008 est apparu un nouveau courant, celui de la démondialisation qui réclame un retour au national et au protectionnisme ciblé pour se protéger des crises extérieures et conteste la croissance encouragée par la mondialisation libérale (idée de décroissance)


Tous ces mouvements veulent donc réguler le capitalisme libéral et mettre en place une nouvelle gouvernance mondiale.

Le bilan est mitigé car ce sont des mouvements divisés, certains refusant de prendre part à la vie politique et des contradictions peuvent apparaître au sein des différents débats.


CONCLUSION

La mondialisation n’efface pas les frontières. Elle les atténue parfois, les renforce aussi, mais surtout les exploite et les déplace. Si le monde apparaît de plus en plus unifié, il est en même temps de plus en plus fragmenté.

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