Sujet Français - Bac S 2017 Polynésie

Sujet Français - Bac S 2017 Polynésie

Voiic le sujet de l'épreuvre ancitipée de Français du Bac S de Polynésie 2017.
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L'objet d'étude est la question de l'Homme dans les genres de l'argumentation du XVIème siècle à nos jours. Après avoir répondu à la question de corpus, vous devrez choisir un sujet parmi les 3 proposés : le commentaire de la fable de Fénelon "Le chat et les lapins" OU la dissertation qui demandait "Selon vous, que peut apporter à l'argumentation la beauté d'un récit ?" OU l'écriture d'invention "Un jeune personnage rend visite à un vieux sage dont il attend qu'il lui révèle les voies d'accès au bonheur. Vous raconterez cette rencontre sous forme de fable ou de cnte. Votre récit à visée argumentative s'achèvera sur la formulation suivante : c'est mon secret pour être heureux".

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Sujet Français - Bac S 2017 Polynésie

Le contenu du document

 

Objet d’étude : La question de l’Homme dans les genres de l’argumentation du XVIeÌ€me sieÌ€cle aÌ€ nos jours.

Le sujet comprend :

Texte A : FÉNELON, « Le chat et les lapins », Fables et opuscules pédagogiques, 1718 (édition posthume).

Texte B : FLORIAN, « Le Savant et le Fermier », Fables, 1792.

Texte C : Marguerite YOURCENAR, « KaÌ‚li décapitée » (extrait), Nouvelles orientales, 1936.

Texte D : Maxence FERMINE, Neige, 1999.

 

Texte A : « Le chat et les lapins », Fables et opuscules pédagogiques, FÉNELON, 1718 (édition posthume).

Fénelon (1651-1715) a composé des fables destinées aÌ€ l’éducation du jeune duc de Bourgogne, né en 1682, petit-fils de Louis XIV.

LE CHAT ET LES LAPINS

Un chat, qui faisait le modeste, était entré dans une garenne1 peuplée de lapins. AussitoÌ‚t toute la république alarmée ne songea qu’aÌ€ s’enfoncer dans ses trous. Comme le nouveau venu était au guet aupreÌ€s d’un terrier, les députés de la nation lapine, qui avaient vu ses terribles griffes, comparurent dans l’endroit le plus étroit de l’entrée du terrier, pour lui demander ce qu’il prétendait. Il protesta d’une voix douce qu’il voulait seulement étudier les mœurs de la nation, qu’en qualité de philosophe il allait dans tous les pays pour s’informer des coutumes de chaque espeÌ€ce d’animaux. Les députés, simples et crédules, retourneÌ€rent dire aÌ€ leurs freÌ€res que cet étranger, si vénérable par son maintien modeste et par sa majestueuse fourrure, était un philosophe, sobre, désintéressé, pacifique, qui voulait seulement rechercher la sagesse de pays en pays, qu’il venait de beaucoup d’autres lieux ouÌ€ il avait vu de grandes merveilles, qu’il y aurait bien du plaisir aÌ€ l’entendre, et qu’il n’avait garde de croquer les lapins, puisqu’il croyait en bon Bramin2 la métempsycose3, et ne mangeait d’aucun aliment qui euÌ‚t eu vie. Ce beau discours toucha l’assemblée. En vain un vieux lapin rusé, qui était le docteur4 de la troupe, représenta combien ce grave philosophe lui était suspect : malgré lui on va saluer le Bramin, qui étrangla du premier salut sept ou huit de ces pauvres gens. Les autres regaignent5 leurs trous, bien effrayés et bien honteux de leur faute. Alors dom Mitis6 revint aÌ€ l’entrée du terrier, protestant, d’un ton plein de cordialité, qu’il n’avait fait ce meurtre que malgré lui, pour son pressant besoin, que désormais il vivrait d’autres animaux et ferait avec eux une alliance éternelle. AussitoÌ‚t les lapins entrent en négociation avec lui, sans se mettre néanmoins aÌ€ la portée de sa griffe. La négociation dure, on l’amuse7. Cependant un lapin des plus agiles sort par les derrieÌ€res du terrier, et va avertir un berger voisin, qui aimait aÌ€ prendre dans un lacs8 de ces lapins nourris de genieÌ€vre. Le berger, irrité contre ce chat exterminateur d’un peuple si utile, accourt au terrier avec un arc et des fleÌ€ches. Il aperçoit le chat qui n’était attentif qu’aÌ€ sa proie. Il le perce d’une de ses fleÌ€ches, et le chat expirant dit ces dernieÌ€res paroles : « Quand on a une fois trompé, on ne peut plus eÌ‚tre cru de personne ; on est haï, craint, détesté, et on est enfin attrapé par ses propres finesses. »

1 Garenne : endroit ouÌ€ l’on éleÌ€ve des lapins, ou terrain ouÌ€ était réservé un droit de chasse.

2 Bramin : nom que l’on donne aux preÌ‚tres chez les Hindous.

3 Croire la métempsycose : croire en la réincarnation de l’aÌ‚me apreÌ€s la mort dans un corps humain ou animal.

4 Docteur : savant.

5 Regaignent : regagnent.

6 Mitis : nom souvent donné aux chats dans les fables.

7 On l’amuse : on fait durer la négociation.

8 Lacs : corde dont le nœud sert aÌ€ piéger le gibier.

 

Texte B : « Le Savant et le Fermier », Fables, FLORIAN, 1792. LE SAVANT ET LE FERMIER

Que j’aime les héros dont je conte l’histoire ! Et qu’aÌ€ m’occuper d’eux je trouve de douceur ! J’ignore s’ils pourront m’acquérir de la gloire,

Mais je sais qu’ils font mon bonheur. Avec les animaux je veux passer ma vie ;

Ils sont si bonne compagnie !

Je conviens cependant, et c’est avec douleur,

Que tous n’ont pas le meÌ‚me cœur.

Plusieurs que l’on connaiÌ‚t, sans qu’ici je les nomme,

De nos vices ont bonne part :

Mais je les trouve encor moins dangereux que l’homme, Et, fripon pour fripon, je préfeÌ€re un renard.

C’est ainsi que pensait un sage,

Un bon fermier de mon pays.

Depuis quatre-vingts ans, de tout le voisinage

On venait écouter et suivre ses avis. Chaque mot qu’il disait était une sentence. Son exemple surtout aidait son éloquence ;

Et, lorsque environné de ses quarante enfants,

Fils, petits-fils, brus, gendres, filles,

Il jugeait les procès ou réglait les familles,

Nul n’euÌ‚t osé mentir devant ses cheveux blancs.

Je me souviens qu’un jour, dans son champeÌ‚tre asile,

Il vint un savant de la ville

Qui dit au bon vieillard : Mon père, enseignez-moi

Dans quel auteur, dans quel ouvrage,

Vous appriÌ‚tes l’art d’eÌ‚tre sage. Chez quelle nation, aÌ€ la cour de quel roi,

Avez-vous été, comme Ulysse,

Prendre des leçons de justice ? Suivez-vous de Zénon la rigoureuse loi ? Avez-vous embrassé la secte d’Épicure,

Celle de Pythagore ou du divin Platon1 ?

– De tous ces messieurs-laÌ€ je ne sais pas le nom, Répondit le vieillard : mon livre est la nature ;

Et mon unique précepteur2, C’est mon cœur.

Je vois les animaux, j’y trouve le modeÌ€le Des vertus que je dois chérir :

La colombe m’apprit aÌ€ devenir fideÌ€le ;

En voyant la fourmi, j’amassai pour jouir ; Mes bœufs m’enseignent la constance,

Mes brebis la douceur, mes chiens la vigilance ; Et, si j’avais besoin d’avis

Pour aimer mes filles, mes fils,

La poule et ses poussins me serviraient d’exemple. Ainsi dans l’univers tout ce que je contemple M’avertit d’un devoir qu’il m’est doux de remplir.

Je fais souvent du bien pour avoir du plaisir,

J’aime et je suis aimé, mon aÌ‚me est tendre et pure ;

Et, toujours selon ma mesure,

Ma raison sait régler mes vœux : J’observe et je suis la nature,

C’est mon secret pour eÌ‚tre heureux.

 

1 Zénon, Épicure, Pythagore, Platon : philosophes antiques. 2 Précepteur : éducateur, maître.

 

Texte C : « KaÌ‚li décapitée » (extrait), Nouvelles orientales, Marguerite YOURCENAR, 1936.

Dans l’Inde ancienne, les dieux rendus jaloux par la perfection de la déesse KaÌ‚li se vengeÌ€rent : un soir, un éclair la décapita. Regrettant leur crime, les dieux descendirent dans le monde des morts, retrouveÌ€rent la teÌ‚te de KaÌ‚li et la poseÌ€rent sur le corps d’une prostituée. Ramenée ainsi aÌ€ la vie, la déesse ressent alors un terrible conflit intérieur. Cet extrait est la fin de la nouvelle.

À l'orée d'une forêt, Kâli fit la rencontre du Sage.

Il était assis jambes croisées, les paumes posées l'une sur l'autre, et son corps décharné était sec comme du bois préparé pour le bûcher. Personne n'aurait pu dire s'il était très jeune ou très vieux ; ses yeux qui voyaient tout étaient à peine visibles sous ses paupières baissées. La lumière autour de lui se disposait en auréole, et Kâli sentit monter des profondeurs d'elle-même le pressentiment du grand repos définitif, arrêt des mondes, délivrance des êtres, jour de béatitude1 où la vie et la mort seront également inutiles, âge où Tout se résorbe en Rien, comme si ce pur néant qu'elle venait de concevoir tressaillait en elle à la façon d'un futur enfant.

Le Maître de la grande compassion leva la main pour bénir cette passante.

« Ma teÌ‚te treÌ€s pure a été soudée aÌ€ l'infamie, dit-elle. Je veux et ne veux pas, souffre et pourtant jouis, ai horreur de vivre et peur de mourir.

— Nous sommes tous incomplets, dit le Sage. Nous sommes tous partagés, fragments, ombres, fantoÌ‚mes sans consistance. Nous avons tous cru pleurer et cru jouir depuis des 15 séquelles de sieÌ€cles.

— J'ai été déesse au ciel d'Indra2, dit la courtisane.

— Et tu n'étais pas plus libre de l'enchaiÌ‚nement des choses, et ton corps de diamant pas plus aÌ€ l'abri du malheur que ton corps de boue et de chair. Peut-eÌ‚tre, femme sans bonheur, errant déshonorée sur les routes, es-tu plus preÌ€s d'accéder aÌ€ ce qui est sans forme.

— Je suis lasse », gémit la déesse.

Alors, touchant du bout des doigts les tresses noires et souillées de cendres :

« Le désir t'a appris l'inanité3 du désir, dit-il ; le regret t'enseigne l'inutilité de regretter. Prends patience, oÌ‚ Erreur dont nous sommes tous une part, oÌ‚ Imparfaite graÌ‚ce aÌ€ qui la 25 perfection prend conscience d'elle-meÌ‚me, oÌ‚ Fureur qui n'es pas nécessairement immortelle... »

 

1 Béatitude : bonheur, sérénité de nature religieuse et mystique.

2 Indra : roi des dieux dans la mythologie de l’Inde ancienne.

3 Inanité : caracteÌ€re de ce qui est vain, inutile, voué aÌ€ l’échec.

 

Texte D : Neige, Maxence FERMINE, 1999.

Yuko, jeune homme japonais, qui compose de brefs poeÌ€mes appelés haïkus, cherche aÌ€ perfectionner son art aupreÌ€s d’un vieux maiÌ‚tre aveugle nommé Soseki.

Chaque jour, le maître se contentait de le saluer et commençait son cours. Puis il demeurait invisible le reste de la journée et restait muet lors du dîner.

Or, ce matin-là, debout près de la rivière argentée, le vieil aveugle lui dit :

– Yuko, tu deviendras un poeÌ€te accompli lorsque, dans ton écriture, tu intégreras les 5 notions de peinture, de calligraphie, de musique et de danse. Et surtout lorsque tu maiÌ‚triseras l'art du funambule.

Yuko se mit à sourire. Le maître n'avait pas oublié.

– Pourquoi l'art du funambule pourrait-il me servir ?

Soseki posa sa main sur l'épaule du jeune homme, comme il l'avait déjà fait un mois plus tôt.

– Pourquoi ? En vérité, le poeÌ€te, le vrai poeÌ€te, posseÌ€de l'art du funambule. Écrire, c'est avancer mot aÌ€ mot sur un fil de beauté, le fil d'un poeÌ€me, d'une œuvre, d'une histoire couchée sur un papier de soie. Écrire, c'est avancer pas aÌ€ pas, page apreÌ€s page, sur le chemin du livre. Le plus difficile, ce n'est pas de s'élever du sol et de tenir en équilibre, aidé du balancier de sa plume, sur le fil du langage. Ce n'est pas non plus d'aller tout droit, en une ligne continue parfois entrecoupée de vertiges aussi furtifs que la chute d'une virgule, ou que l'obstacle d'un point. Non, le plus difficile, pour le poeÌ€te, c'est de rester continuellement sur ce fil qu'est l'écriture, de vivre chaque heure de sa vie aÌ€ hauteur du reÌ‚ve, de ne jamais redescendre, ne serait-ce qu'un instant, de la corde de son imaginaire.

En vérité, le plus difficile, c'est de devenir un funambule du verbe.

Yuko remercia le maître de lui enseigner l'art d'une façon si subtile, si belle.

Soseki se contenta de sourire.

 

ÉCRITURE

I - Vous répondrez d’abord aÌ€ la question suivante (4 points) :

Comment les auteurs mettent-ils en valeur les qualités dont font preuve les sages présentés dans les quatre textes ?

 

II - Vous traiterez ensuite, au choix, l’un des trois sujets suivants (16 points) :

1. Commentaire

Vous commenterez la fable de Fénelon « Le chat et les lapins » (texte A).

 

2. Dissertation

« Yuko remercia le maiÌ‚tre de lui enseigner l'art d'une façon si subtile, si belle » est-il écrit dans Neige de Maxence Fermine (texte D). Selon vous, que peut apporter aÌ€ l’argumentation la beauté d’un récit ?

Vous répondrez aÌ€ la question en vous fondant sur les textes du corpus, ainsi que sur les textes et œuvres que vous avez étudiés et lus.

 

3. Invention

Un jeune personnage rend visite aÌ€ un vieux sage dont il attend qu’il lui réveÌ€le les voies d’acceÌ€s au bonheur. Vous raconterez cette rencontre sous forme de fable ou de conte. Votre récit aÌ€ visée argumentative s’acheÌ€vera sur la formulation suivante: « C’est mon secret pour eÌ‚tre heureux ».

Votre texte comportera au moins une soixantaine de lignes.

Fin de l'extrait

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