Résumé de Les Confessions, Jean-Jacques Rousseau

Résumé de Les Confessions, Jean-Jacques Rousseau

Retrouvez un résumé du texte intégral de Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions rédigé par notre professeur de français pour vous permettre de maîtriser pleinement cette oeuvre au programme de première S pour votre oral de l'épreuve anticipée !...

Résumé de Les Confessions, Jean-Jacques Rousseau

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Retrouvez un résumé du texte intégral de Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions rédigé par notre professeur de français pour vous permettre de maîtriser pleinement cette oeuvre au programme de première S pour votre oral de l'épreuve anticipée ! Grâce à cette fiche de révision, vous pourrez recontextualiser n'importe quel extrait de cette oeuvre.

I - Première Partie

1 - Livre I

Dans un premier temps l'auteur explique l'objectif de son ouvrage. Il l'écrit dans le but de se dévoiler, de montrer les bonnes et les mauvaises choses qu'il a faites, sur le même pied d'égalité. Il cherche à montrer l'Homme dans son intégralité.
Né à Genève en 1712, fils d'Isaac Rousseau et de Suzanne Bernard, la naissance Jean-Jacques Rousseau fut un drame : il naquit malade et sa mère perdit la vie en accouchant. Plus grand, il apprit la lecture avec son père : des romans puis des œuvres classiques. Ces lectures contribuèrent à construire ses connaissances. Sa culture se formait au fur et à mesure ; ses connaissances décuplaient pour son âge. Il resta seul avec son père lorsque son unique frère aîné prit son envol. Sa tante lui donna le goût de la musique en lui chantant des chansons à longueur de journée. Mais, suite à un échange tumultueux avec M. Gautier, Isaac décida de partir de Genève. Jean-Jacques y resta sous la responsabilité de son oncle Abraham Bernard, qui avait un fils de son âge. Les deux garçons furent envoyés pour étudier à la campagne auprès de M. Lambercier durant plusieurs années. Jean-Jacques et son cousin s'appréciaient énormément et étaient toujours ensemble. A huit ans, les désirs de Jean-Jacques furent fixés par l'intervention de M lle Lambercier, ces préférences le suivirent toute sa vie. L'injustice est un autre sentiment qu'a éprouvé l'auteur, lorsqu'il a été accusé à tort. Le principe de justice est ainsi devenu, un de ses mots d'ordre.
Au bout de deux ans, ils quittèrent Bossey et revinrent à Genève. L'auteur suivit les apprentissages de son cousin en attendant de trouver un métier. Tous deux continuaient à s'entendre et passaient leur temps ensemble. Lorsque Rousseau rendait visite à son père à Nyon, il y rencontrait deux femmes : M me de Vulson et M lle Goton. Il semblait apprécier leur compagnie, il en était presque amoureux, malgré leurs différences. Il appréciait la compagnie de M me de Vulson et aimait la relation intime qu'il entretenait avec M lle Goton. Cependant, lorsqu'il apprit que M me de Vulson se mariait (sans l'avoir prévenu), cela le fâcha.
Il fut venu le temps de trouver un métier. Il devint d'abord, apprenti procureur, mais cela ne convenait ni à son employeur, ni à lui. Il fut renvoyé et devint apprenti graveur. Ce nouveau métier lui plaisait, mais les accusations de son employeur ainsi que les privations qu'il lui faisait subir l'amenèrent à lutter pour ses droits : il mentit et vola.
Cependant, il ne volait pas d'argent, malgré son côté avare, il préférait voler « ses plaisirs ». Comme il n'appréciait guère les activités de ses camarades, il se remit à la lecture : dès qu'il avait un moment de libre, il lisait. Parfois, les dimanches, il rejoignait ses camarades hors de la ville et prenait goût à leurs escapades. Mais par trois fois il arriva devant les portes fermées de la ville. Risquant une correction, il se décida à quitter son apprentissage et sa ville. Il fit informer son cousin de son départ. Celui-ci lui fit ses adieux, sans pour autant le retenir : le temps était passé et leurs différences sociales maintenues par sa tante, les avaient éloignés. Ce départ lui permit d'entreprendre une nouvelle vie. Il s'interroge d'ailleurs sur son sort, s'il était resté.

2 - Livre II

Il avait seize ans lorsqu'il quitta Genève. Il demeura quelque temps chez des paysans, puis il se rendit à Confignon et rencontra le curé, M. de Pontverre. Ce dernier l'envoya auprès de M me de Warens, dévote charitable, à Annecy. Sur les routes de son exil, Rousseau recherchait l'aventure et prit quelques jours pour arriver à Annecy. Lorsqu'il la rencontra, il fut surpris de voir une belle jeune femme. Le naturel avec lequel il échangea ses premiers mots lui indiqua qu'il semblait l'aimer. Leurs histoires personnelles se ressemblaient. Comme il ne voulait pas rentrer chez lui, mais qu'il n'avait pas fait son apprentissage entièrement, il se retrouvait sans travail et sans argent. Et malgré leur bonne entente et leur attirance, M me de Warens (conseillée par un manant et sous ordres du clergé) l'envoya à Turin se faire convertir au catholicisme, mettant de côté son protestantisme. Son père et son oncle, qui étaient à sa recherche, se lassèrent rapidement. Son père s'était remarié entre temps, et avait changé de vie. Cet « abandon » inculqua à Rousseau ce principe : «  éviter les situations qui mettent nos devoirs en opposition avec nos intérêts » 1, car cela insinue que l'on trouve notre bonheur dans le malheur de l'autre, et que cela rend les Hommes mauvais.
Il fut accompagné par M. et M me Sabran, durant son voyage à Turin. Il apprécia ce voyage, parmi les paysages et la nature. Il se sentait serein, il pensait que tout était convenu d'avance et qu'en arrivant à Turin, M me de Warens lui aurait trouvé une bonne place. Mais ce ne fut pas le cas, il fut dépouillé de son argent et de ses biens à l'entrée de la ville. Et quand il transmit ses lettres de recommandations, on le fit entrer dans un monastère et on lui inculqua les règles religieuses. Assez critique et perturbateur, on lui fit un enseignement individualisé. Un Maure, qui attendait sa conversion, se prit d'amitié avec Rousseau. Mais ses familiarités intimes avec lui, lui déplurent et le clergé se dépêcha de convertir l'homme, pour éviter que Rousseau ne les mette en mauvaise posture. Peu de temps après, on le convertit. Il était heureux, sa nouvelle vie allait commencer, de grandes choses l'attendaient. Mais à nouveau, ses espoirs furent anéantis : on le fit sortir, seul, avec peu d'argent en lui conseillant de vivre en «  bon chrétien ». Après quelques moments de peine, il repartit, ambitieux et prêt à se battre pour faire sa fortune. Dans un premier temps, il profitait de la vie, de sa liberté nouvelle, en se souciant tout de même du peu d'argent qu'il avait. Puis il dut gagner de l'argent et se proposa, en tant que graveur, dans les boutiques. Seule M me Basile l'accepta. Dès le premier regard, puis de visites en visites, ses sentiments pour elle augmentèrent. Un jour, il la rejoignit dans sa chambre, montrant ainsi son amour pour elle.
Mais rien ne se passa, M me Basile était mariée, et les possibles sentiments qu'elle avait pour lui ne pouvaient être avoués, car elle était plus âgée. Rousseau garda, gravé en lui, les sentiments d'amour et de désir qu'il avait éprouvés pour elle. Cependant, M. Basile qui avait eu vent de cette histoire le fit renvoyer.
Sa logeuse qui s'était prise d'affection pour Rousseau, lui proposa un travail : valet auprès de M me la comtesse de Vercellis. Loin de ses ambitions, son travail se ramenait à retranscrire les lettres que la comtesse lui dictait. Celle-ci ne s'intéressait pas vraiment à son scribe et sa maladie l'emporta peu de temps après. Le comte de la Roque lui donna de l'argent et l'informa de venir le voir pour trouver une nouvelle place. Lorsqu'il dut partir, Rousseau vola un ruban à une demoiselle de la maison. On l'interpella et il se défendit de l'avoir volé, il accusa la jeune cuisinière de lui avoir donné. Celle-ci, anéantie, tenta de se défendre, mais il resta sur ses positions. Cet épisode mensonger, cet unique «  crime », donna d'imposants remords à l'auteur, qui le confesse quarante ans après.

3 - Livre III

Il restait un problème : son désir pour les femmes était si intense et sa timidité si forte, que par trop d'amour il n'osait les aborder. Après être parti de chez la comtesse, il avait gardé contact avec l'abbé Gaime. Il discutait souvent avec lui, il appréciait ses discours et ses morales. Il développait de plus en plus son esprit critique et raisonnable.
Un jour, il fut appelé par le comte de la Roque qui lui avait trouvé une place de valet dans la famille du comte Gouvon. D'abord déçu de n'être que laquais, il se rendit compte qu'il serait valet, mais avec une grande liberté. On l'appréciait beaucoup, notamment grâce aux enseignements de l'abbé Gaime qu'il continuait de voir. Il avait remarqué M me la marquise de Breil, mais elle le négligeait. A force de stratagèmes, il arriva à ce qu'elle reconnut son esprit. Mais peu de temps après, elle constata son désir pour elle et le dédaigna à nouveau. A la suite de cette mésaventure, le comte de Gouvon envoya Rousseau chez son fils l'abbé de Gouvon. Celui-ci se mit en quête de terminer son éducation, en parallèle de son travail de laquais.
Un jour, deux Genevois lui rendirent visite : M. Mussart et Bâcle. Rousseau appréciait la compagnie de Bâcle et ils envisageaient une commune fortune. L'auteur se décida à faire en sorte d'être renvoyé de chez le comte afin de suivre Bâcle, qui rentrait à Genève. Leur trajet fut agréable et Rousseau gardait en tête de passer voir M me de Warens à Annecy. Arrivé là-bas, Bâcle comprit qu'il voulait rester seul et lui fit ses adieux, ils ne se revirent jamais. Malgré son appréhension, M me de Warens l'accueillit chez elle sans reproches. Il l'aida dans son travail pharmaceutique et vivait une existence paisible, dans laquelle ils s'appelaient : Maman et Petit. Son désir pour elle, était intense, mais leur relation resta platonique en ces temps. M. d'Aubonne rendit visite à M me de Warens et se proposa auprès d'elle pour entretenir Rousseau et lui trouver une place. Il lui fit un compte-rendu bien troublant : Rousseau paraissait inintéressant et peu compétent. L'auteur souligne ce portrait et l'explique par sa réflexion lente et désorganisée, mêlée à une multitude de pensées, qui en gâche son intérêt. M me de Warens se décida à l'envoyer au Séminaire afin de l'instruire plus précisément. Cependant, malgré ses efforts dans son travail, les résultats ne venaient pas. La peur de ne pas apprendre le freinait dans ses apprentissages. En outre, il n'était attentif que dans l'apprentissage de la musique. Il revint à Annecy et se mit alors à apprendre la musique auprès de M. Le Maître, toujours chez M me de Warens. Un soir, Venture de Villeneuve arriva chez eux. Il se présenta comme un musicien parisien revenant en province, faute de succès. Ce jeune homme talentueux dans son domaine, mais peu modeste, séduisit Rousseau. Ce dernier voyait en lui, l'ambition, la réussite, comme il l'avait vu chez Bâcle. M me de Warens qui n'appréciait guère sa désinvolture l'écarta de Jean-Jacques. Peu de temps après, M. Le Maître, qui était au service du clergé, voulut s'enfuir en France, car il ne supportait plus le comportement des chanoines envers lui. Rousseau, l'accompagna jusqu'à Lyon. Là-bas Le Maître fit une crise d'épilepsie qui ameuta les passants. Rousseau qui souffrait d'être loin de M me de Warens, profita du tumulte et s'éclipsa. Il repartit à Annecy et souffrit encore longtemps de cet abandon, cette trahison vis-à-vis de Le Maître. Cependant il n'y trouva pas M me de Warens : elle était montée à Paris pour des raisons mystérieuses et religieuses, encore inconnues à l'auteur.

4 - Livre IV

Comme M me de Warens n'était plus là, Rousseau se retrouva sans logis. Malgré toutes ses connaissances, il choisit de se tourner vers Venture de Villeneuve. Il l'accueillit là où il demeurait et lui faisait profiter de ses rencontres.
Un jour que Rousseau était partit tôt le matin pour observer le lever du soleil, il rencontra M lle Galley et M lle de Graffenried. Ces deux jeunes femmes l'entraînèrent dans leur château à Thônes, où ils passèrent une merveilleuse journée. A son retour, Venture lui expliqua qu'il fallait que Rousseau trouve une place, car cela faisait trop longtemps qu'il vivait à ses crochets. Il lui expliqua alors qu'il avait organisé sa rencontre avec le juge-mage - M. Simon - le lendemain au cours d'un dîner.
A la suite de ce dîner, il se précipita chez M lles Galley et Graffenried. Il ne put les voir mais, entretint leurs échanges par des lettres, par l'intermédiaire de M lle Giraud. A cette époque, comme M me de Warens ne donnait toujours pas de nouvelles, la Merceret - suivante de M me de Warens - se décida à rentrer à Fribourg. Jean-Jacques l'accompagna : ils passèrent à Genève, à Nyon...Il rendit tout de même visite à son père, qui fut enchanté de le revoir. Au retour, il s'arrêta à Lausanne, où il s'établit sous le nom de Vaussore de Villeneuve, incarnant un personnage semblable à Venture. Il se fit passer pour un maître de musique, et Perrottet, son logeur, lui permit de donner des cours. Il composa même une pièce pour les représentations de M. de Treytorens, qui fut un désastre. Il se trouvait en bien mauvaise posture, mais continuait ses échanges avec M lles Galley et Granffenried et attendait des nouvelles de M me de Warens.
Rien ne le retenait à Lausanne et il partit s'installer à Neufchâtel. Là-bas, il gagnait mieux sa vie et il rencontra « un archimandrite grec » qui recueillait de l'argent des hautes institutions pour partir à Jérusalem, reconstruire le Saint-Sépulcre. Cet homme le prit en amitié et lui donna une place dans son équipe. Ils passèrent d'abord à Fribourg, puis à Berne et enfin à Soleure. Dans cette ville, l'ambassadeur (marquis de Bonnac) de France, qu'ils venaient voir, prit à part Rousseau et le débaucha. On lui donna une chambre et on le mit sous la direction de M. de la Martinière. Selon ses propres envies, on l'envoya à Paris, assister le neveu de M. Gaudard. Il fit un voyage qui l'enchanta.
Mais arrivé à Paris, il fut déçu : cette ville était bien moins belle que toutes celles qu'il avait visitées, et bien moins agréable que ce qu'il s'était imaginé. De plus, la place qu'on lui avait promise était en réalité, très peu intéressante. Il fut assisté durant son séjour par M me de Merveilleux. Ne trouvant toujours pas de place, il laissa cette recherche de côté tandis qu'il recherchait M me de Warens. M me de Merveilleux l'informa qu'elle était partie de Paris, mais que personne ne savait où elle était allée. Il se mit alors en route pour la Savoie, espérant la retrouver. Durant son voyage, il s'arrêta chez un paysan qui lui expliqua sa volonté de faire croire à une vie de misère pour éviter de payer les impôts trop excessifs. Rousseau s'indigna d'une telle obligation. Puis il passa par Lyon où il visita M lle du Châtelet qui lui permit de reprendre contact avec M me de Warens. Durant cette escale, il rencontra un abbé, peu scrupuleux et peu moral. Un jour, alors qu'il se réveillait d'une nuit sur les bords d'un des deux fleuves, il rencontra M. Rolichon. Celui-ci, qui l'avait entendu chanter, lui proposa de copier des partitions, en échange du gîte et du couvert. Malgré l'effort de Rousseau, ce travail fut une catastrophe et les musiciens ne purent lire les partitions. Dans le même temps, il reçut une lettre de M me de Warens qui lui envoyait de l'argent pour la rejoindre à Chambéry. Lorsqu'il la rejoignit, elle était en compagnie de M. l'Intendant général. Elle l'informa que ce dernier lui avait trouvé une place et qu'il était désormais sous la direction du roi. Il devint alors secrétaire du cadastre afin de rendre les impôts équitables sur le territoire. M me de Warens tentait, pendant ce temps de trouver une place plus haute à son protégé. C'est à cette époque, enfin, que Rousseau se mit à travailler et à gagner de l'argent dignement. Là se termine ses souvenirs d'enfance et de jeunesse, l'époque la plus prégnante.

5 - Livre V

Il entreprit ce nouveau travail et vivait auprès de M me de Warens et de son valet, herboriste, Claude Anet. Peu de temps après son arrivée à Chambéry, Anet s'étant empoisonné, il apprit que M me de Warens et son valet entretenaient une relation intime, très secrète. Loin d'avouer sa jalousie, Rousseau entretint avec Anet des relations d'amitié fortes. Compte tenu de son travail, il apprit l'arithmétique, seul, ce qui lui permit pour la première fois d'acquérir des savoirs durables et solides. En outre, il continua d'entretenir ses passions : la musique et le dessin, notamment avec M me de Warens. Cette dernière loua un petit jardin et une petite cabane attenante afin de faire pousser ses plantes. Rousseau appréciait cet endroit et l'embellissait pour elle. Pendant ce temps où Rousseau vivait dans le calme et la sérénité, la France ainsi que le royaume de Sardaigne, la Pologne et la Savoie étaient en guerre (guerre de succession de Pologne). Dans ce contexte belliqueux, Rousseau se mit à suivre l'actualité. A demi-mot, il apprécia les actions françaises, ainsi que la France en général. Il se consacra un peu plus à la musique en proposant des petits concerts à succès, chez M me de Warens. Rousseau accepta le Père Caton dans son orchestre et ils devinrent très amis. Appréciant sa vie d'artiste, il pria M me de Warens de le laisser démissionner du cadastre pour se consacrer entièrement à la musique. Tout ceci lui permit d'acquérir une certaine notoriété à Chambéry et les jeunes filles se pressaient pour l'avoir comme maître de musique. M me Lard, dont Rousseau était le maître de sa fille, semblait très avenante avec lui. M me de Warens confirma cette attitude et décida que le temps était venu pour Jean-Jacques de devenir un homme. Elle se donna à lui, dans le but de l'instruire.
Dès ce moment-là, leurs relations changèrent : il n'y avait plus un échange mère-fils mais plutôt homme-femme. Elle s'efforça, dans le même but, de faire de lui un homme charmant (apprentissage de la danse et des armes). Par ailleurs, outre le fait que M me de Warens appartenait à la fois à Anet et à Rousseau, ils vécurent heureux tous les trois. Peu de temps après, M me de Warens sympathisa avec le médecin M. Grossi, dans le but de créer un jardin royal à Chambéry. Anet décéda d'une pleurésie contractée en haute montagne, où il avait dû se rendre pour les besoins de Grossi.
Rousseau, qui avait peur que la pension de M me de Warens vint à manquer, tenta d'épargner secrètement. Mais elle le découvrit et il décida de devenir riche par l'intermédiaire de la musique. Afin de s'améliorer, il se décida à rendre visite à l'abbé Blanchard, à Besançon, pour apprendre la composition. A nouveau, cela ne se passa pas correctement : il rencontra l'abbé Blanchard mais sa malle fut confisquée aux Rousses, suite à la découverte en son sein d'une partition dont il n'était pas l'auteur, et qu'il n'appréciait guère. Il rentra rapidement à Chambéry. Là-bas, il se concentra sur la musique de Rameau et put au fur et à mesure apprendre, seul, les éléments de composition. La musique se développa à Chambéry et Rousseau participa à plusieurs concerts. On doutait encore de ses compétences en matière de musique, mais M. de Nangis constata ses aptitudes.
A cette époque, la guerre venait de se terminer et M me de Warens sympathisa avec M. le comte de Lautrec et le marquis de Sennecterre. Celui-ci, à nouveau, observa les compétences de Rousseau et rétablit l'ordre auprès de ses détracteurs, en montrant ses aptitudes musicales.
C'est dans le même temps qu'il rencontra ses amis, toujours proches, et qui contribuèrent à son succès : Gauffecourt, M. de Conzié (avec lequel il partageait les prémices de la philosophie), M. Perrichon, M mes Deybens et de la présidente de Bardonanche, M. de La Closure. Et le père et le fils Barillot qui firent de lui, par leurs comportements, un pacifiste. Son oncle et son cousin étaient décédés et Rousseau et sa tante se rapprochèrent. Il récupéra d'ailleurs des ouvrages intéressants et rares dans la bibliothèque de son oncle.
Peu à peu, sa santé s'endommageait, notamment à la suite d'une manipulation chimique ratée. Son amour inavouable pour les femmes détériorait son état. Par ailleurs, il tentait en vain de raisonner M me de Warens sur ses finances, qui étaient en mauvaise posture. Il tomba malade, M me de Warens s'occupa de lui. Lassés de la ville, ils y conservèrent leur logement (loué au comte de Saint-Laurent) et louèrent une maison à la campagne pour améliorer leur quotidien.

6 - Livre VI

Depuis qu'il passait les beaux jours aux Charmettes, il profitait de son bonheur. Cependant sa santé n'était pas bonne et suite à une cure d'eau de montagne, il faillit perdre la vie. Son cœur s'emballait, ce qui lui créait des acouphènes qui l'empêchaient de dormir. En hiver, M me de Warens et lui rentraient à Chambéry. Ils étaient alors suivis médicalement par M. Salomon. Rousseau se sentit proche de la fin de sa vie et décida d'en profiter au maximum, puisque rien ne réduisait ses maux. A cette époque, ils se disputaient fréquemment sur le thème de la religion et de ses différentes interprétations, notamment vis-à-vis de l'au-delà et de l'enfer.
Dans le même temps, il se consacra à l'étude des sciences, avec beaucoup d'application : il s'était mis dans l'idée de recueillir toutes les connaissances et de les vérifier ensuite. Tandis que M me de Warens s'affairait à cultiver ses terres aux Charmettes.
A la fin de l'été, Rousseau devint majeur et se dirigea vers Genève pour récupérer la part de l'héritage de sa mère qui lui revenait. Il remit cet argent à M me de Warens. Il fut notamment utilisé pour envoyer Rousseau à Montpellier, guérir un polype du cœur qu'il pensait avoir. Il rencontra au cours de ce voyage M mes du Colombier et du Larnage. Il se fit passer pour un Anglais du nom de M. Dudding. Rapidement M me Larnage s'occupa de lui et tenta de le séduire. Ils eurent une aventure et se quittèrent en se donnant rendez-vous à Bourg Saint-Andéol l'hiver. L'état de santé de Rousseau, durant cette escapade, s'était stabilisé, voire amélioré. Il visita le Pont du Gard, Nîmes, et arriva enfin à Montpellier. Il y passa quelques mois et sentant que les médecins ne savaient comment le guérir, il partit pour Bourg Saint-Andéol, rejoindre M me de Larnage. Cependant, sur la route, il fut pris de remords vis-à-vis de M me de Warens et rentra directement à Chambéry. Lorsqu'il arriva, il fut étonné du peu de joie que conférait son retour à M me de Warens. Pour cause, elle l'avait remplacé durant son absence par Wintzenried. N'acceptant plus vraiment l'attitude de M me de Warens, Rousseau se décida à rejoindre Lyon. M me Deybens lui proposait une place de précepteur auprès des enfants de M. de Mably.
Son rôle d'enseignant ne fut pas concluant et il songea à nouveau à rejoindre M me de Warens car sa place ne lui convenait pas. Cependant, lorsqu'il retourna auprès d'elle, le même accueil l'attendait. Il s'isola chez elle, ne la voyant que pour les dîners. Il utilisa alors ces moments de solitudes pour réfléchir et il se mit en tête de créer un nouveau système de notation de la musique, plus pertinent et plus pratique. Face à sa création, il se mit en chemin pour l'Académie à Paris afin de leur proposer son innovation.

II - Deuxième partie

1 - Livre VII

L'auteur reprend son ouvrage afin de transcrire les trente années qui ont suivi les trente années de sa jeunesse calme et agréable. Il informe le lecteur que cette seconde partie permettra de le justifier auprès de ses opposants qui ont fait de la fin de sa vie un enfer. Durant son voyage pour Paris, il s'arrêta à Lyon et revit M. et M me de Mably, M. Bordes, M. l'Intendant, Perrichon, M. Parisot et sa femme et M lle Serre. Il y récupéra des lettres de recommandations pour Paris. Il fut reçu par M. Boze et sa femme qui l'invitait souvent à diner. Un soir, ils invitèrent à leur table M. de Réaumur, un académicien. Il fit le nécessaire pour que Rousseau puisse présenter son projet à l'Académie. Mais son œuvre, d'abord appréciée, subit ensuite une étude peu agréable. Il écrivit alors un manuscrit afin de publier sa méthode innovante. Le succès fut tout de même très faible et il continua à enseigner la musique.
C'est à cette époque que Rousseau rencontra Diderot, avec qui ils avaient des échanges particulièrement intéressants. Ses économies s'amenuisaient et il décida de les utiliser et d'attendre que la Providence lui donne un but.
Cependant le Père Castel l'encouragea à se servir des femmes pour se faire une place et se faire entendre. Il lui proposa de rejoindre M me de Bezenval, sa fille M me de Broglie et M me Dupin. Ce dîner permit à Rousseau de s'attirer les honneurs de M me de Broglie et la sympathie de M me de Bezenval. Il rencontra ensuite M me Dupin et M. Francueil (son beau-fils). Il s'éprit d'elle, mais fut rapidement contrôlé.
Un jour M me de Broglie proposa Rousseau au poste de secrétaire de l'ambassadeur à Venise, M. de Montaigu. Après quelques négociations, il partit à Venise. Il s'efforça de faire un travail admirable, prenant des décisions pertinentes et utilisant ses responsabilités pour s'attirer les faveurs de la Cour en réglant des affaires. Il participait aussi à la vie vénitienne avec son ami Carrio. Pour la première fois, il eut une relation avec une courtisane de Venise. Celle-ci lui avait été proposée par Dominique Vitali, qui s'occupait de la maison de l'ambassadeur. Elle devint bientôt un repaire de voyous malfaisants. Cela déteignit sur M. de Montaigu et il en voulut à Rousseau et lui rendit la vie impossible. Rousseau tenta de trouver de l'aide auprès du frère de l'ambassadeur. Cependant, Montaigu prit mal cet affront et se fâcha contre lui. Il partit sur-le-champ, et se rendit chez M. Le Blond (consul) qui prit sa défense. Il resta quelque temps à Venise, car Montaigu avait informé les autorités de la dangerosité de Rousseau. Tout le monde consentit au fait que l'ambassadeur à Venise était devenu fou. Cependant, à Paris, les avis étaient partagés et M me de Bezenval et le Père Castel prirent la défense de l'ambassadeur concernant le salaire que Rousseau n'avait pas perçu et réclamait. Il ne les revit plus, et il ne manqua pas grand-chose pour que Rousseau se révolte contre l'injustice des institutions françaises. Il passait son temps avec un de ses amis espagnols : Ignacio Emanuel de Altuna, avec qui les liens se solidifièrent. Lorsque ce dernier quitta Paris, Rousseau choisit l'indépendance dans son travail, ne voulant plus retrouver une situation telle que celle d'avec l'ambassadeur. Il se remit à écrire son opéra, dans son ancien hôtel, Saint-Quentin. Là-bas il s'éprit de Thérèse Levasseur, une jeune lingère. Ils entretinrent une charmante liaison, durant laquelle Rousseau termina son opéra. Il voulut le faire jouer et Gauffecourt l'introduit chez M. de la Poplinière, un proche de Rameau. Ce dernier émit un avis très défavorable sur le travail de Jean-Jacques Rousseau, contrairement à M. Richelieu qui voulut le proposer à Versailles. Cela n'eut pas lieu, cependant on lui proposa de modifier l'opéra construit par Rameau et Voltaire. Tandis que M. Richelieu appréciait l'œuvre de Rousseau, M me de la Poplinière - qui n'appréciait pas Rousseau - tentait de le mener au piège et de le décourager. L'opéra fut tout de même joué et apprécié, mais le nom de Rousseau n'y figura pas. Isaac Rousseau décéda peu de temps après et son fils accéda à l'intégralité de l'héritage de sa mère. Cet argent fut nécessaire, car il n'en avait plus beaucoup : la mère et surtout la famille de Thérèse le dépouillaient. Peu de temps après, il se rapprocha de M me Dupin et de M. de Francueil, qui avaient besoin de lui, chacun afin d'écrire un livre. Il s'associa à M. de Francueil dans la perspective de publier un livre sur les sciences. M. de Francueil et sa belle-mère ne se pressèrent pas pour faire accéder Rousseau à la gloire et à la fortune. Lorsqu'il rentra d'un séjour à Chenonceau auprès de M. de Francueil, il constata que Thérèse était enceinte de lui. Il décida avec le soutien de la mère de Thérèse de donner cet enfant aux Enfants-Trouvés. Ils répétèrent la même chose, l'année suivante.
A cette époque, il rencontra M me d'Epinay par l'intermédiaire de M. de Francueil, qui était son amant. Dans le même temps, il rencontra M lle de Bellegarde, comtesse de Houdetot, belle-sœur de M me d'Epinay.
Par ailleurs, Diderot venait de commencer, avec d'Alembert, l'écriture de leur Dictionnaire Encyclopédique. Rousseau s'investit avec eux et écrivit les articles sur la musique. Peu de temps après, Diderot fut emprisonné suite à ses écrits critiques, ce qui attrista profondément Rousseau.

2 - Livre VIII

Rousseau avait rencontré, au cours de nombreuses visites chez les Dupin et les de la Poplinière, le baron de Thun et M. Séguy. Par leur intermédiaire, il connut M. Knupffel et M. Grimm, qui devinrent ses amis. Diderot était toujours emprisonné et Rousseau lui rendait visite dès qu'il le pouvait. Un jour il tomba sur une question pour le prix de l'Académie de Dijon, et il se fit une joie d'y répondre.
Par ailleurs, avec l'aide de M me Dupin, Rousseau s'installa avec Thérèse et sa mère. Peu de temps après, entraîné par Knupffel, il la trompa avec une fille de joie. Elle lui pardonna son écart, mais il resta mal à l'aise vis-à-vis de cela. Dans le même temps, le Discours de Dijon remporta le prix de L'Académie et fut très apprécié par ses lecteurs. Ce qui répondait un peu à ses ambitions, il en fut ravi. Thérèse tomba à nouveau enceinte et Rousseau mena l'enfant aux Enfants-Trouvés. Cependant, ces abandons lui pesèrent et il émettait quelque regret de n'avoir pu s'en occuper.
Plus tard, M. de Francueil, par générosité proposa à Rousseau un poste de caissier, pour continuer à travailler avec lui. Il tomba bientôt malade, on ne lui donnait plus longtemps à vivre. C'est alors qu'il se décida à profiter de tout le temps qu'il lui restait afin de transmettre ses valeurs : il démissionna auprès de M me Dupin et M. de Francueil et s'établit en tant que copiste de musique. Suite à l'impression du Discours par Diderot, certaines personnes critiquèrent ses idées. Il se défendit contre leurs avis et fut remarqué et respecté par ses propos critiques, mais respectueux. Il fut énormément sollicité ; son attitude attirait les curieux. Il entrait enfin dans la haute société et pour pallier sa timidité il prit une attitude assurée. Malgré tout, son amitié avec Grimm et Diderot continuait et il sympathisa de la même façon avec M. Duclos et M me la marquise de Créqui. Il passa aussi du temps avec M. Mussard qui l'hébergea quelque temps à Passy, pour se soigner. Durant ce séjour il écrivit Le Devin, un opéra. Il voulut le faire représenter, mais ne voulait pas se retrouver dans la même situation que pour les Muses galantes. Il donna donc son travail à Duclos qui le fit jouer en conservant l'anonymat de l'auteur. Ce fut un grand succès et on le présenta à Fontainebleau. Toujours dans l'anonymat, Rousseau assista à la première représentation. Elle fut adorée à tel point que le roi parut lui proposer une pension. En ne se rendant pas au rendez-vous, il la refusa. Diderot s'opposa à son choix et tenta de le convaincre de la recevoir. A partir de ce moment, Grimm et Diderot - plus proches - abusèrent de son amitié. Une troupe italienne en représentation encouragea les oppositions du peuple : deux groupes d'opposants se formèrent. On crut d'ailleurs que Rousseau était l'un des deux chefs et il fut menacé, humilié et moqué par ses amis et par les personnes de la haute société. Après l'échec de sa pièce, Le Narcisse, il répondit à nouveau à une question de l'Académie de Dijon, ainsi naquit Le Discours sur l'Inégalité. Dans le même temps, il se délesta de ses médecins et tenta de se guérir par des promenades en nature. Il descendit, notamment, à Genève avec Gauffecourt et Thérèse. Cependant, il constata que son vieil ami faisait des avances à sa femme. Mais ne voulant pas mettre Thérèse dans une situation inconfortable, il s'en détacha, sans lui en parler.
Sur le trajet, il visita M me de Warens, qui avait beaucoup vieilli et qui se trouvait dans une situation précaire. Il se décida à venir s'installer à Genève pour s'en occuper et quitter Paris, où il était constamment humilié. Dans la même perspective, il se convertit au protestantisme et fit distribuer son Discours sur l'Inégalité à Genève. Mais les éléments de la préface aiguisèrent la susceptibilité des dirigeants suisses et l'ouvrage n'eut pas la portée escomptée. Cependant, peu de temps avant son voyage à Genève, M me D'Epinay lui montra une petite maison sur le domaine de Chenonceau et qui lui plut : l' Ermitage. Voyant que cet endroit lui plaisait énormément, elle lui en fit cadeau, ce qui le décida à rester aux environs de Paris. Outre ces deux raisons, l'établissement de Voltaire aux environs de Genève termina de le convaincre de rester à Paris.
A son retour, il retourna chez M. d'Holbach, malgré les humiliations qu'il y avait subies, car M me d'Holbach, ainsi que M me de Francueil venaient de décéder. Venture de Villeneuve lui rendit une visite impromptue, ce qui lui rappela ses années de jeunesse.
Rousseau termine ce livre en réitérant les objectifs des Confessions : établir son portrait, le plus juste possible.

3 - Livre IX

Il quitta Paris pour l' Ermitage avec des projets d'ouvrages (dont les Institutions politiques, l'Emile ou les projets de l'abbé Saint-Pierre), ainsi que des activités pour occuper son temps. Il appréciait évoluer dans la nature, et réfléchir en marchant ; l' Ermitage était un lieu idéal pour cela. Il y vivait avec Thérèse et sa mère. Lorsque les beaux jours revinrent, M me d'Epinay proposa à Rousseau de venir la voir que lorsqu'elle serait seule, afin d'éviter les moqueries et répondre à sa solitude. Ils appréciaient chacun leur présence, mais leurs échanges étaient peu heureux, contrairement à ceux qui existaient au préalable en société. Il évoque ensuite le manque de sentiments qu'il a toujours eu pour Thérèse, ce qui ne l'a pas empêché de vivre auprès d'elle une bonne partie de sa vie, mais qui lui a imposé un vide affectif important.
Le recul qu'il prit en étant à l' Ermitage, sur la société, le gouvernement, le transforma totalement : il avait pris de l'assurance et de la fierté. Il apprit plus tard que ses amis (notamment Diderot et Grimm) corrompaient M me Levasseur et tentaient d'en faire de même avec Thérèse, dans un but qui lui était inconnu. Thérèse ne partageait pas les manigances de sa mère, mais les cachait à Rousseau. Leur relation s'épuisait, leurs échanges étaient creux, mais leurs sentiments étaient toujours là.
Lorsqu'il entreprit d'écrire sur les propos de l'abbé Saint-Pierre, il observa que cela pouvait le mettre dans une situation délicate et il abandonna le projet. Quand ses amis ne le sollicitaient pas, il partait réfléchir sur sa vie et se remémorer ses souvenirs, inventer ses histoires et en écrivit certaines. Diderot envoya Deleyre à l' Ermitage pour prendre des informations sur les projets de Rousseau. Voltaire lui envoya un exemplaire du poème sur la ruine de Lisbonne qu'il commenta. M me d'Houdetot lui rendit visite. Il resta l'automne puis l'hiver sans rentrer à Paris, s'occupant des terres de l' Ermitage. Durant l'hiver, il écrivit la Julie ou la Nouvelle Héloïse. M me d'Epinay ne cessait de lui montrer son amitié, lui donnant des nouvelles de Paris où les oppositions augmentaient.
M me d'Houdetot, lorsqu'elle s'établit à Eaubonne, revint le voir plusieurs fois, il devint son confident. Elle était l'amante de Saint-Lambert et il en tomba amoureux, à force de nombreuses rencontres. Même si ses sentiments n'étaient pas réciproques, elle continua à le voir, jusqu'au jour où Saint-Lambert en fut informé. Sa jalousie la mit dans une situation délicate et elle en parla à Rousseau. Ils comprirent aisément que M me d'Epinay s'était jouée d'eux et qu'elle les avait dénoncés. Thérèse avoua ensuite à Rousseau qu'elle lui avait demandé plusieurs fois de lui donner les lettres de leurs échanges, afin de pouvoir avoir une preuve de leur relation. Peu de temps après cette découverte, M me d'Epinay s'inquiéta du silence de Rousseau. Celui-ci lui indiqua les soupçons qui l'impliquaient, mais elle lui fit comprendre qu'elle ne le comprenait pas. Ayant peur d'avoir été trop loin et d'avoir impliqué M me d'Houdetot dans ses aveux, il ne savait plus quoi faire. Il fut invité à rejoindre M me d'Epinay et leur relation recommença, sans en avoir parlé.
Diderot reprochait à Rousseau de vivre en dehors de Paris, sous prétexte que son isolement traduisait sa méchanceté et qu'il imposait à M me Levasseur, déjà âgée de vivre loin des médecins. Mais celle-ci restait à l' Ermitage de son plein gré, refusant de retourner en ville où sa vie était moins bonne. Rousseau proposa à M me Levasseur d'écrire à M me d'Epinay afin qu'elle régularise ces accusations avec Diderot. Rousseau de son côté, rendit visite à Diderot pour s'excuser. Diderot le reçut correctement à Paris et ils se réconcilièrent.
A Paris, Rousseau rencontra Saint-Lambert et M me d'Houdetot. Il fut content que son histoire avec elle n'ait pas entaché leur amour. Cependant, Saint-Lambert lui témoignait peu d'affection et bientôt M me d'Houdetot mit fin à la relation qu'elle entretenait avec Rousseau, sans explication. Plus tard, il apprit que Saint-Lambert était tombé malade, mais que leur amitié existait toujours.
En ce qui concernait Grimm, Rousseau comprit tardivement qu'il entretenait une liaison avec M me d'Epinay. Ceci contribuait à ce qu'il répande des rumeurs désagréables sur lui et à monter tous ces amis contre lui. Rousseau constatait au fur et à mesure que Grimm, sous couvert de son hypocrisie, manipulait les gens. Rousseau tenta une première fois de rompre ses liens avec Grimm, mais celui-ci le prit de haut et l'excusa. Il fut contraint par M me d'Epinay de continuer cette relation, malgré ses difficultés.
Cependant, un jour, M me d'Epinay informa Rousseau qu'elle partait pour Genève afin de se soigner (officieusement elle était enceinte de Grimm). Elle lui proposa de venir, mais il refusa, ne pensant pas que sa venue était indispensable. Diderot lui reprocha de ne pas l'accompagner. Il lui répondit qu'il n'avait pas à lui dicter sa conduite, si tant est qu'elle ait eu envie qu'il l'accompagne. M me d'Houdetot soutint secrètement Rousseau dans sa démarche. Il la revit pour la dernière fois, à son départ d' Eaubonne. Toujours remonté vis-à-vis de la réaction de Diderot, Rousseau envoya une lettre à Grimm qui lui répondit par deux fois, et devant tant de véhémences, Rousseau mit fin à leur relation. A la suite, il écrivit à M me d'Epinay pour mettre fin à leur amitié. Elle acquiesça à ses propos. Suite à cette lettre froide, Rousseau se dépêcha de quitter l' Ermitage. M. Mathas lui proposa une maison à Montmorency. Il s'y installa avec Thérèse et renvoya M me Levasseur à Paris.

4 - Livre X

A Montmorency, suite à ces humiliations et trahisons, son état de santé faiblit. Son départ de l' Ermitage avait surpris Grimm et M me d'Epinay, qui décidèrent de médire sur Rousseau et de se laver de tous soupçons. Ils montèrent un à un ses amis contre lui, selon quatre arguments : son isolement, sa relation avec M me d'Houdetot, le fait de n'avoir pas accompagné M me d'Epinay et l'abandon de l' Ermitage. Durant l'hiver, il écrivit la Lettre à d'Alembert sur les spectacles en réponse à l'article de l'Encyclopédie sur l'introduction de la comédie à Genève. Elle fut un succès.
Peu de temps après, M me d'Houdetot l'informa que tout Paris savait désormais les sentiments qu'il avait pour elle. Saint-Lambert vint le voir afin de le consoler de la trahison de Diderot et apprit que Rousseau n'avait jamais eu de relation avec M me d'Epinay, contrairement aux rumeurs. Il voulut mettre fin à sa relation avec Diderot de façon claire.
Dans le même temps, M. d'Epinay conviait Rousseau à un dîner avec des personnes qui lui avaient témoigné leur amitié. Ce dîner, malgré la présence de M me de Blainville, malveillante, fut un succès et on en parla à Paris. Après l'édition de son dernier article, Rousseau voulut en envoyer un autre à M. de Marmontel. Mais celui-ci se fâcha que l'article soit adressé à lui plutôt qu'à son journal ( Le Mercure). Ne voulant plus subir les affronts de ce beau monde, il s'attacha à ses connaissances qu'il s'était faites à l' Ermitage : Loyseau de Mauléon, le libraire Guérin, le curé Maltor, le Père Bertier. Il ne lui restait, comme amis sincères à Paris, seulement Duclos, Roguin, M me de Créqui, les Dupin. Concernant ses amis de Venise, Carrio vint lui rendre une visite impromptue ; il renonça à rendre visite à M. Le Blond par timidité et après plusieurs rencontres, il se décida à ne plus voir M. de Jonville. A Montmorency, il se lia d'amitié avec M. de Lamoignon de Malesherbes, influant en matière de littérature.
A visiter tout ce beau monde, la bourse de Rousseau se vidait et il comptait sur ses prochains ouvrages pour se renflouer : L'Emile, le Contrat social, et un nouveau projet, Les Confessions.
M Maréchal, duc de Luxembourg et sa femme, qui habitaient à proximité de chez Rousseau, l'invitèrent plusieurs fois, sympathisèrent avec lui et lui proposèrent de loger dans un petit château durant les travaux de son logement à Mont Louis. La bonté et la sympathie de M me de Luxembourg était appréciée par Rousseau, mais il s'interrogeait sur les réelles finalités de son comportement.
Coindret, l'illustrateur des œuvres de Rousseau, prit sa place auprès de M me de Luxembourg. Ayant de superbes logements à Mont Louis ainsi que dans le petit château, Rousseau recevait les ducs, les duchesses et les comtes qui provenaient de chez les Luxembourg. Par la suite, il se prit d'affection pour M me de Verdelin et se voyaient assez souvent. M me de Luxembourg, de son côté, prit soin de gérer l'édition des œuvres de Rousseau, ce qui parfois les mit en conflit. Ce dernier, par timidité excessive et des difficultés à s'exprimer, manqua plusieurs fois de perdre leur amitié.
Palissot, pour venger la fille de M me de Luxembourg qui avait été blessée par Diderot écrivit Les Philosophes. L'abbé Morellet, sur ordres de Diderot se moqua de Palissot en écrivant La Vision et fut emprisonné. Rousseau se chargea de le libérer par l'intermédiaire de M me de Luxembourg.
Dans le même temps, Trublet donna à Rousseau l'édition d'une lettre qu'il avait envoyée à Voltaire.
Celle-ci n'aurait jamais dû être imprimée et il s'en excusa auprès de Voltaire, mais réitéra son inimitié le concernant. Ces lettres eurent quelque chose de bon, car le prince de Conti lui rendit visite. Il manqua de se le mettre à dos, d'une part en refusant ses présents et d'autre part en ayant eu furtivement de l'amour pour sa maîtresse, M me de Boufflers.

5 - Livre XI

En 1760, La Nouvelle Héloïse parut et fut très appréciée à Paris. Concernant M. de Luxembourg, il perdit tous ses héritiers.
Rousseau avait pour projet de vendre tous ses manuscrits afin de les faire publier et d'engranger l'argent qu'il y gagnerait pour subvenir aux besoins de Thérèse. Par l'intermédiaire de M me de Luxembourg ainsi que Malesherbes, il fit éditer L'Emile par Duchesne (en France) et par Néaulme (en Hollande). Mais cette édition prit du temps et il crut même qu'elle fut censurée par les jésuites. Suite à la publication de certaines de ses œuvres, Rousseau reçut des lettres anonymes (ou non) lui demandant d'écrire des articles d'opposition au gouvernement. Il s'y refusa.
Son état de santé s'aggravait. Cependant il continuait d'être invité chez les Luxembourg et rencontrait quelques ducs, duchesses et comtes et comtesses. Mais il sentait que M me de Luxembourg mettait de la distance entre eux. Peu de temps avant la publication de L'Emile, les «  Commères » ou « la coterie holbachique » s'étaient installées à proximité de sa demeure. Par ailleurs, plusieurs fois il observa que son bureau avait été cambriolé : on lui avait subtilisé, l'espace de quelques jours, des manuscrits de L'Emile.
Sur les conseils de M. de Luxembourg, le frère Côme vint ausculter Rousseau : son état s'aggravait. On lui diagnostiqua une tumeur à la prostate incurable. Ne pouvant rien y faire, il se décida à ne plus prendre en compte ses douleurs.
Lorsque L'Emile parut, l'approbation fut mitigée. Les félicitations qu'on lui attribuait se faisaient anonymement ou à demi-mot. La publication postérieure ou antérieure d'un plagiat de la première partie de cette œuvre, ses réflexions sur les jésuites, en fin d'ouvrage, et le manque de reconnaissance des personnes de haut rang contribua à augmenter l'opposition qui naissait à l'encontre de Rousseau. Bientôt M. et M me de Luxembourg l'avertirent d'une coalition à son encontre et d'une possible arrestation. De peur d'être mêlés à cette affaire ils lui conseillèrent de s'exiler. M me de Boufflers lui proposa de partir en Angleterre rejoindre son ami Hume. Le matin de sa présumée arrestation, il fit ses adieux aux maréchaux et s'en alla avec le cabriolet qu'on lui donna. Le prince de Conti fit ce qu'il put pour retarder son arrestation il arriva enfin à Berne et rejoignit son ami Roguin.
Il s'interrogea longuement sur la véracité de cette arrestation : l'avait-on apeuré pour l'éloigner ou était-ce une menace réelle ?

6 - Livre XII

Pendant qu'il vivait à Yverdon auprès de son ami Roguin, Rousseau apprit qu'un décret le poursuivait à la fois en France et à Genève. Le peuple le persécutait, on le disait allant à l'encontre de la religion catholique. Bientôt, il ne fut plus accepté à Yverdon et il partit, sur les conseils de M me Boy de La Tour, vers Neuchâtel à Môtiers, lieu régi par le roi de Prusse.
Il indiqua alors à Thérèse qu'elle pouvait rejoindre, malgré leur amour qui s'affaiblissait lorsqu'ils étaient à Montmorency. Tandis qu'il l'attendait, il se lia d'amitié avec le gouverneur de Neuchâtel : Milord Georges Keith. Plus tard les détracteurs de Rousseau le montèrent contre lui. C'est à cette époque que Rousseau prit le parti de s'habiller à la façon arménienne afin de ne pas amplifier les douleurs de sa maladie et des sondes. Par ailleurs, M. Montmollin l'accepta au sein de sa paroisse.
Par la suite, afin de gagner de l'argent il se remit à son Dictionnaire de musique. C'est alors qu'il constata que certaines de ses lettres lui avaient été subtilisées avant ou à son départ précipité de Montmorency. Il apprit plus tard que ses opposants se les étaient procurées afin de monter quelques complots contre lui. Il soupçonna alors Mme de Luxembourg ou d'Alembert. Le peuple genevois s'opposait, prenant le parti de Rousseau ou non, lorsque Les Lettres écrites de la Campagne parurent. Rousseau les parodia pour les critiquer en écrivant Les Lettres écrites de la Montagne. Lors de leur parution, elles firent grand bruit et le peuple s'acharna sur lui : on lapida sa maison et sa personne lors de ses promenades et on l'insultait. De son côté Montmollin, engageant l'agitation du peuple, voulut sortir Rousseau, en vain, de sa paroisse. Les magistrats et ministres tentèrent de le défendre contre les accusations.
De nombreuses personnes vinrent lui rendre visite, par amitié, par curiosité ou pour l'espionner tels que : M. Fains, M. Montauban, M. Dastier, M. Séguier de Saint-Brisson, M. d'Ivernois et le «  baron de Sauttern ». Dans le même temps, Rousseau perdit des amis : M. de Luxembourg et M me de Warens décédèrent et Milord Maréchal s'exila et enfin il se brouilla avec l'abbé Mably. M me de Verdelin qui avait rendu visite à Rousseau, lui reparla de Hume et le convainquit de s'exiler en Angleterre.
Un soir, on attaqua sa maison à coup de pierres et le lendemain on lui demanda de partir de Môtiers. Il s'installa sur l'île de Saint-Pierre avec Thérèse. Il appréciait ce petit coin de nature, de liberté et de tranquillité. Il passait son temps à naviguer sur le lac et à observer et étudier la flore de l'île. Cependant, un jour il reçut une lettre de M. le Baillif de Nidau qui dirigeait l'île et lui ordonnait de la quitter, sous peine de répression. Durant le temps que prit cette exclusion, Rousseau oscillait entre partir pour la Corse ou rejoindre Milord Maréchal à Berlin. N'ayant plus de nouvelles de son correspondant M. Buttafuoco et ayant appris que les troupes françaises s'y étaient rendues, il choisit de rejoindre Milord Maréchal. Avant son départ, il remit ses textes, notamment les parties des Confessions à Dupeyrou, afin qu'il les publie à sa mort. Il resta un moment à Bienne, mais sentant qu'on s'était joué de lui et qu'il n'était pas le bienvenu, il partit pour Berlin. Il précise qu'il arriva finalement en Angleterre. Il prévoyait une troisième partie et une explication plus détaillée des faits, qui ne vit jamais le jour.

1 Les Confessions, Livre II, Jean-Jacques Rousseau.
Fin de l'extrait

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