L'île aux esclaves, Marivaux : analyse et résumé - Français - Première S

L'île aux esclaves, Marivaux : analyse et résumé - Français - Première S

Nous vous proposons un cours de français de 1ère S, rédigé par notre professeur, qui analyse L'île aux esclaves de Marivaux. Cette eouvre entre dans le thème "Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIème siècle à nos jours" au programme de Français de Première S.

Vous étudierez les personnages principaux de L'île aux esclaves ainsi que la structure de l'oeuvre. Dans ce cours de français, vous trouverez également un résumé scène par scène de L'île aux esclaves de Marivaux.

Téléchargez gratuitement ci-dessous ce cours de français de Première sur L'île aux esclaves de Marivaux !

L'île aux esclaves, Marivaux : analyse et résumé - Français - Première S

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INTRODUCTION

Pierre de Marivaux écrit l'Île des esclaves, en 1725, pour la Comédie Italienne. Si on y retrouve les personnages classiques du théâtre italien, dont, bien sûr, le célèbre Arlequin, l'intrigue est très originale pour son temps, puisqu'elle amène le spectateur à envisager un changement de rôle entre maîtres et serviteurs, dans une île lointaine, qui fonctionnerait comme une étrange République : un navire s'échoue, au large d'Athènes.

Iphicrate, accompagné de son serviteur Arlequin, survivent au naufrage, mais par malheur pour Iphicrate, il a échoué sur l'île des esclaves, une île gouvernée par d'anciens esclaves qui ont décidé d'y vivre en République. Trivelin, à la tête de l'île, propose à maître et esclave d'échanger leurs rôles ; ce qu'ils font, accompagnés en cela par Euphrosine, et son (ancienne) esclave Cléanthis.

 

LA PIECE : FICHE D'IDENTITE

– L'Île des esclaves est une comédie.

– Elle est rédigée en prose

– Elle ne compte qu'un seul acte, divisé en onze scènes.

– Elle a été écrite, et jouée pour la première fois, en 1725 ; mais cette pièce de Marivaux est encore populaire dans nos théâtres aujourd'hui !

– Marivaux a écrit la pièce pour la Comédie Italienne : le théâtre italien était très populaire à l'époque. Ses comédiens, avaient souvent appris le français quelques années auparavant, étaient réputés pour leur jeu vif et drôle.. Ils occupent chacun un rôle prédéfini, à l'instar d'Arlequin, personnage récurrent dans l'oeuvre de Marivaux.

– La pièce a été jouée à l'Hôtel de Bourgogne

– L'Île des esclaves évoque l'inversement des rôles sociaux, avec des thèmes qui sont chers à Marivaux, comme le travestissement.

 

LES PERSONNAGES

Cette courte pièce de Marivaux ne comporte que cinq personnages, accompagnés des "habitants de l'île", qui ne font qu'accompagner Trivelin.

– Iphicrate est le premier personnage à prendre la parole dans le texte. Maître d'Arlequin, il est très nerveux à l'idée d'échanger son rôle avec Arlequin.

– Arlequin est un personnage traditionnel de la Comédie italienne, connu pour ses bouffonneries. Il se montre très heureux d'être arrivé sur l'île des esclaves. Malgré son tempérament rigolard, Arlequin a bon cœur, et il rend volontiers sa place de maître à Iphicrate, à la fin de la pièce. 

– Trivelin est le maître de l'île des esclaves. Bien qu'ancien esclave libéré, comme tous les habitants de l'île, il ne porte aucune rancœur aux maîtres (Iphicrate et Euphrosine) qui s'échouent sur son rivage ; et s'il leur fait échanger de rôle social avec leur serviteur, c'est en réalité pour leur rendre service, pour leur donner l'opportunité de s'améliorer. Comme il le proclame, scène 4 : "Nous sommes d'honnêtes gens qui vous instruisons ; voilà tout".

– Euphrosine est la maîtresse de Cléanthis, avec qui elle va échanger les rôles. Elle est le pendant féminin d'Iphicrate.

– Cléanthis, quant à elle, est le pendant féminin d'Arlequin, puisqu'elle était l'esclave d'Euphrosine et qu'elle en deviendra la maîtresse. Cependant, Cléanthis se distingue d'Arlequin dans la mesure où elle montre beaucoup plus de rancœur envers son ancienne maîtresse qu'Arlequin n'en montre envers Iphicrate : scène 3, elle en fait un portrait très péjoratif, et à la scène 10, alors qu'Arlequin a renoncé à son pouvoir sur son maître, elle résiste encore.

Les personnages principaux sont donc deux "couples" maître / domestique, l'un masculin, l'autre féminin. Les thèmes du travestissement et de l'amour (bien qu'il reste inexploité) sont également présents ; ce qui n'est pas sans rappeler le Jeu de l'amour et du hasard (1730).

Trivelin, relativement peu présent, fonctionne comme un personnage subalterne.

 

STRUCTURE

Bien que l'Île des esclaves soit une courte pièce, sa structure est très travaillée. Effectivement, elle est composée de onze scènes, soit un nombre impair.

– Les cinq premières scènes montrent l'avènement des esclaves.

– La sixième scène fonctionne comme une scène pivot : en jouant aux maîtres, Cléanthis et Arlequin se rendent compte qu'ils ne peuvent pas assumer ce rôle.

– Les cinq dernières scènes sont consacrés à la perte de pouvoir des esclaves, jusqu'à la reprise en main de la domination par Iphicrate et Euphrosine.

 

RESUME

Scène 1. Iphicrate et Arlequin

Dans la scène d'exposition de L'île aux esclaves, on apprend qu'Iphricrate et son domestique, Arlequin, viennent de s'échouer sur une île au large d'Athènes. Iphicrate, effrayé, reconnaît l'île des esclaves : il s'agit d'une île que se sont appropriés d'anciens esclaves d'Athènes. Lorsqu'ils trouvent un maître, ils s'empressent de le rendre esclave.

Dans cette scène, Arlequin prend petit à petit le pouvoir sur Iphicrate, ne serait-ce qu'en dominant la parole et les dimensions du jeu.

 

Scène 2. Iphicrate, Arlequin, Trivelin, ainsi qu'Euphrosine et Cléanthis (désignées dans les didascalies par l'appelation "une Dame et la suivante")

Trivelin décrète qu'Arlequin et Iphicrate doivent échanger leurs rôles : Arlequin deviendra le maître, et Iphicrate sera le domestique. Euphrosine et Cléanthis se font connaître : elles sont venues sur le même bateau que les deux autres.

Trivelin demande à Arlequin et à Iphicrate de sortir.

 

Scène 3. Travelin, Cléanthis, Euphrosine

Demeuré avec les deux femmes, Trivelin déclare qu'elles devront également intervertir leurs rôles.

La troisième scène est la célèbre scène du portrait : lorsque Trivelin lui demande de décrire sa maîtresse, Cléanthis se lance dans une longue description péjorative, qui commence par les adjectifs "Vaine, minaudière et coquette", soufflés par Trivelin.

Trivelin demande finalement à Cléanthis de sortir.

 

Scène 4. Travelin, Euphrosine

Durant la troisième scène, Euphrosine s'était sentie très offensée par les propos de son ancienne servante, au point de demander à plusieurs reprises à Trivelin l'autorisation de partir, se retrouve en tête à tête avec le maître de l'île des esclaves.

Euphrosine accuse d'abord Trivelin : "Vous êtes des barbares", ce à quoi celui-ci rétorque en protestant de son honnêteté : "Nous sommes d'honnêtes gens qui vous instruisons, voilà tout : il vous reste encore à satisfaire une petite formalité".

Cette "formalité" que Trivelin demande à Euphrosine, est d'admettre la véracité du portrait que Cléanthis a fait d'elle, ce qu'elle finit par faire.

 

Scène 5. Arlequin, Iphicrate, Trivelin

La première didascalie précise qu'Iphicrate et Arlequin ont "changé d'habits" – le thème du travestissement, d'un rôle social à l'autre, est récurrent chez Marivaux.

Arlequin danse et chante, et se dit heureux de l'attitude de son nouveau domestique. Trivelin lui demande de faire à son tour le portrait de son maître, et si l'ébauche qu'Arlequin fait d'Iphricrate est péjorative, elle est loin d'être aussi mordante que celle de Cléanthis envers sa maîtresse : "extravagance et misère (...) étourdi par nature, étourdi par singerie"

 

Scène 6. Cléanthis, Iphricrate, Arlequin, Euphrosine

Lorsque Trivelin quitte la scène, les deux couples valet/maître interchangés peuvent commencer à jouer leur nouveau rôle : une mise en abyme théâtrale se produit. Arlequin et Cléanthis s'efforcent de jouer les maîtres, en mimant un discours amoureux – mais ils n'y réussissent guère, ils ne s'aiment pas, et s'estiment trop honnêtes pour mentir à ce sujet.

Ils forgent alors le projet de s'amouracher chacun du maître ou de la maîtresse de l'autre – ce qui est un premier pas vers la dévalorisation de leur nouveau statut social.

 

Scène 7. Cléanthis et Euphrosine

Cléanthis déclare à Euphrosine qu'elle devra aimer Iphicrate : "Mais vous avez l'esprit raisonnable, je vous destine à lui, il fera votre fortune ici, et vous aurez la bonté d'estimer son amour, et vous y serez sensible, entendez-vous ; vous vous conformerez à mes intentions, je l'espère, imaginez-vous même que je le veux." Euphrosine est au désespoir.

 

Scène 8. Arlequin et Euphrosine

Arlequin tente de séduire Euphrosine, ce qui donne l'occasion d'une scène comique, puisqu'il imite les codes de séduction de ses maîtres. Il ne pense pas qu'Euphrosine devrait lui résister, étant donné qu'il lui est à présent supérieur socialement. Cependant, Euphrosine ne cède pas : Marivaux montre ainsi que, même si elle a perdu son statut social officiel, une maîtresse est une maîtresse. En un mot, le rang social est inné, et non acquis.

 

Scène 9. Iphicrate, Arlequin

Arlequin fait à son ancien maître le "commandement" d'aimer "la nouvelle Euphrosine", c'est-à-dire Cléanthis.

Arlequin se montre très bouffon, autant que son ancien maître se montre sérieux :

IPHICRATE : (...) Je me meurs, Arlequin, et tu perdras bientôt ce malheureux maître qui ne te croyait pas capable des indignités qu'il a souffertes pour toi.

ARLEQUIN : Ah ! Il ne nous manquait plus que cela, et nos amours auront bonne mine. Ecoute, je te défends de mourir par malice ; par maladie, passe, je te le permets.

 

Mais Iphicrate réussit à en appeler aux sentiments d'Arlequin. Celui-ci regrette, et accepte qu'Iphricrate reprenne sa place de maître.

 

Scène 10. Cléanthis, Euphrosine, Iphicrate, Arlequin

Arlequin enjoint Cléanthis à suivre sa voie, en renonçant à son statut de maîtresse et en reprenant celui de domestique – ce à quoi elle se résoud finalement, non sans avoir au préalable fait une longue tirade contre la malhonnêteté des maîtres.

 

Scène 11. Cléanthis, Euphrosine, Iphicrate, Arlequin et Trivelin

Scène de réconciliation.

Cléanthis, Euphrosine, Iphicrate et Arlequin peuvent repartir vers Athènes.

 

CONCLUSION

L'Île des esclaves, bien qu'il s'agisse d'une courte pièce de Marivaux, marque les esprits par son intrigue originale. Elle demeure aujourd'hui l'une des pièces les plus étudiées, d'autant qu'elle préfigure déjà de nombreux thèmes présents dans la suite de son oeuvre : ainsi, le thème de l'échange entre maîtres et serviteurs sera repris, cinq ans plus tard, dans Le Jeu de l'amour et du hasard.

Fin de l'extrait

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