L'Homme dans les genres argumentaires du XVIème siècle à nos jours - Français - Première S

L'Homme dans les genres argumentaires du XVIème siècle à nos jours - Français - Première S

Cette fiche sur l'Homme dans les Genres Argumentaires est très intéressante car elle comprend une longue période qui va du XVIème siècle à nos jours. Cette fiche de Littérature pour le Bac S peut donc servir pour de nombreux exposés et notamment pour réviser pour les épreuves du baccalauréat.

L'Homme dans les genres argumentaires du XVIème siècle à nos jours - Français - Première S

Le contenu du document

 

Au travers des siècles, l'Homme a évolué. De simple individu, le développement d'un être au milieu d'un groupe s'est fait plus présent. Une évolution qui s'est vite confirmée dans une argumentation tout aussi évolutive au fil du temps. Réquisitoire, plaidoyer, dialogue, apologue, essai, autant de genres que nous ne pouvons ignorer et qui illustrent les progrès d'une Humanité et de nombreux styles littéraires.

 

 

La question de l'Homme

 

La question de l'Homme est une valeur sûre, exploitée au fil des siècles dans tous les styles et les genres argumentatifs : l'Homme seul, en tant qu'individu ; l'Homme comme un être sociétaire, appartenant à un groupe ; l'Homme, esprit, corps, âme ? En bref, l'Homme dans tous ses états.

Étudier l'Homme, c'est l'analyser sous toutes ses facettes : politique, sociale, religieuse...

 

Le XVIème siècle

 

La période de la Renaissance voit les humanistes s'interroger sur la foi et l'Homme en tant que corps, mais aussi esprit. Sa condition revêt un intérêt tout particulier, quant à l'harmonie nécessaire à l'être humain, entre sa qualité d'être de chair et son être mystique.

 

Le XVIIème siècle

 

La religion est au cœur des débats. Deux idéaux s'affrontent.

Les jésuites pensent que l'Homme est totalement soumis à Dieu et cherche avant tout son salut. Pendant que les libertins, eux, revendiquent un monde sans Créateur où l'Homme est libre de penser par lui-même.

 

Le XVIIIème siècle

 

Indépendances intellectuelle et morale, voilà ce que prône le siècle des Lumières.

Le philosophe de l'époque revendique l'Homme comme citoyen contestataire, un être social qui remet en cause mœurs et lois et qui souhaite un monde de paix, de tolérance et de progrès.

Le but de ce courant : bonheur et bien-être matériel.

 

Le XIXème siècle

 

C'est l'émergence d'une pléthore de courants !

Le romantisme (1820-1850) refuse la dominance de la raison. L'Homme n'est qu'émotion, imagination et sensibilité, un rêveur en marge de la société.

Le réalisme et le naturalisme (1848-1890) sont en totale opposition avec l'idéalisme romantique. La révolution industrielle est en marche et l'Homme est considéré comme le résultat de son environnement familial et socioculturel.

La science prime sur tout le reste : une reproduction fidèle de la réalité et une analyse de la société par empirisme (expérience).

Le symbolisme (1885-1900) : non à la science !

Des auteurs, tels que Verlaine ou Rimbaud, croient en un certain mystère que le courant symbolique veut décrypter. On s'attache, ici, à une réalité spirituelle.

 

Le XXème siècle

 

Un nouvel humanisme est en marche. La religion ne dicte plus la route à suivre, deux grandes guerres mondiales se sont succédées et l'Homme ne trouve plus sa place.

Les découvertes technologiques ont à la fois grandi l'être humain, mais l'ont aussi affaibli. Il faut retrouver foi en l'Humanité en s'engageant politiquement et en fondant un monde de solidarité.

 

Les stratégies argumentatives

 

L'argumentation suit une progression logique, divisée en trois grandes parties :

le thème, à savoir de quoi parlons-nous ? ;

la problématique qui contient les questions liées au sujet ;

l'axe principal, autrement dit, l'idée, l'opinion soutenue.

On distinguera, dans les stratégies argumentatives le style direct du style indirect.

 

Le style direct

 

C'est défendre une idée de manière explicite, avec des exemples concrets. L'auteur soutient une cause ; il a pour objectif d'instruire son interlocuteur et de convaincre par la logique. On retrouve le style direct, notamment dans le dialogue ou l'essai, par exemple.

 

Le style indirect

 

C'est défendre une idée avec, toutefois, des exemples fictifs. Le style indirect est implicite et fait appel à l'affectif et l'émotionnel. On part plus du principe du probable, du plausible, comme dans un récit où des personnages sont mis en scène.

 

Argumenter, convaincre, persuader, délibérer

 

Aussi subtile soit la nuance, chaque concept est différent.

 

 

  • Argumenter

 

 

De manière directe ou indirecte, c'est défendre, démontrer ou réfuter une idée, dans le but que l'interlocuteur adhère à la thèse exposée.

 

 

  • Convaincre

 

 

C'est en appeler à la raison, la logique et l'esprit critique du destinataire, grâce à un raisonnement construit et au bien-fondé de son argumentation.

 

 

  • Persuader

 

 

C'est faire appel à la sensibilité et aux sentiments de la personne à qui on s'adresse. Faire naître des émotions, toucher quelqu'un par la parole.

 

 

  • Délibérer

 

 

C'est examiner tous les aspects d'une question donnée, en débattre, en peser le pour et le contre, avec soi ou quelqu'un, afin de prendre parti ou non à une décision.

 

Les genres argumentatifs

 

Un texte argumentatif peut aborder n'importe quel thème. Au fil du temps, la question de l'Homme a été développée de manière récurrente. Les différents siècles ont vu les auteurs se répondre sur le sujet, d'une époque à une autre, d'un courant à un autre, et ce, au travers de tous les genres argumentaires.

 

L'essai

 

Sur un ton très personnel, c'est une prise de position où l'auteur exprime explicitement ses opinions personnelles. L'essai peut couvrir tous les sujets, de la politique à l'art.

 

Exemple : Montesquieu (1689-1755) - De l'esprit des lois (1748)

Le philosophe énonce le fait qu'il est contre la peine de mort, concept selon lui absurde et inutile, car cela n'arrête en rien les crimes et les délits.

 

Le pamphlet

 

C'est une forme d'expression où l'on conteste, où l'on s'insurge. Souvent politique, toujours virulent et incontestablement satirique, le pamphlet dénonce.

 

Exemple : Michel de Montaigne (1533-1592) - Les Essais (1572-1592)

L'auteur dénonce très clairement et dit «  La plus calamiteuse et fragile de toutes les créatures, c'est l'homme (...)  ».

 

Le plaidoyer et le réquisitoire

 

Pendant que le plaidoyer défend, le réquisitoire, lui, accuse ! Ces deux genres sont une forme d'opinion et visent à convaincre.

L'exemple suivant illustre les genres argumentatifs nommés ci-dessus. Toutefois, il explique également le genre de la lettre ouverte , à savoir un texte rédigé en vue d'une publication dans un journal et qui sert à créer la polémique.

 

Exemple : Émile Zola (1840-1902) - L'Affaire Dreyfus (1897) - J'accuse... ! (1898)

L'auteur prend fait et cause dans l'Affaire Dreyfus ; il s'engage en faveur des Juifs contre les campagnes de haine antisémite en écrivant J'accuse , publié dans le journal l'Aurore (1898).

 

La fable et l'apologue

 

La fable comme l'apologue sont de brefs récits, souvent illustrés, contenant une morale.

La fable, devenue célèbre grâce à Jean de La Fontaine, est un récit en vers, mettant en scène des animaux, avec une fin morale, de laquelle on doit tirer un enseignement.

L'apologue, ‘‘synonyme de fable'', est aussi un texte court, en vers ou en prose, à visée pédagogique et morale, mais qui peut également traduire un enseignement politique ou religieux.

 

Exemple : Jean de La Fontaine (1621-1695) - Les Fables (1668-1694)

«  Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute  » - Le Corbeau et le Renard (1668).

«  La raison du plus fort est toujours la meilleure  » - Le Loup et l'Agneau (1668).

 

Le conte et le conte philosophique

 

D'abord oral, le conte était un récit hérité de la tradition populaire. Il devint, par la suite, un texte en prose, écrit et fictif, mettant en scène des personnages imaginaires et/ou merveilleux, dans le but de faire réfléchir, mais aussi de divertir. Le conte débute souvent par Il était une fois...

 

Exemple : Charles Perrault (1628-1703) - Le Petit Chaperon rouge (1698).

Le conte philosophique est, au même titre que le conte, un récit en prose fictif, mais qui cherche à éveiller l'attention et l'esprit critique du lecteur sur les grandes questions de la société.

 

Se servant fréquemment de l'ironie, ce genre littéraire dénonce tout ce qui est en opposition avec la philosophie des Lumières.

Exemple : Voltaire (1694-1778) - Candide (1759).

L'auteur dénonce la guerre et ses atrocités, sous couvert d'un récit de fiction, bien que très réaliste. Il contre les ‘‘optimistes'' et déclare : «  Tout n'est pas au mieux dans le meilleur des mondes  ».

 

L'utopie et la contre-utopie

 

L'utopie est un genre littéraire où l'écrivain se laisse aller à imaginer un monde idéal. C'est un récit de fiction.

Exemple : François Rabelais (né entre 1483 et 1495 ; mort en 1553) - L'Abbaye de Thélème (1534 ou 1535).

 

La contre-utopie garde les mêmes principes narratifs que l'utopie, en décrivant un monde imaginaire contraire à un idéal et privant l'Homme de toute liberté.

Exemple : George Orwell (1903-1950) - 1984 (1949)

L'auteur décrit un monde totalitaire où le mot ‘‘Liberté'' n'existe plus.

 

Le dialogue et le théâtre

 

Une argumentation peut prendre la forme d'un dialogue. Deux personnes discutent, échangent points de vue et idées, sur des thèmes divers et variés. C'est une conversation.

Tous les genres littéraires sont concernés. Le dialogue peut se faire seul, en une réflexion avec soi-même (monologue), mais aussi à plusieurs.

Le théâtre est le ‘‘terrain'' idéal pour illustrer au mieux le dialogue, qui est l'essence même du texte.

 

Exemple : Jean de La Fontaine (1621-1695) - Les Fables (1668-1694) ;

Denis Diderot (1713-1784) - Le Neveu de Rameau (entre 1762 et 1773) ;

Marivaux (1688-1763) - L'Île aux esclaves (1725).

 

Conclusion

 

Un texte argumentatif peut donc concerner tous les sujets et les styles. Il est vrai que l'Homme reste, encore aujourd'hui, un thème majeur et récurrent dans la littérature. Interrogations, critiques et réflexions foisonnent. Et quel que soit le genre littéraire, l'écriture demeure le lieu de prédilection pour s'exprimer en toute liberté.

Fin de l'extrait

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