Les thèmes de prédilection de Charles Baudelaire, illustrés par des poèmes tirés de son recueil Les Fleurs du Mal - Français - Première S

Les thèmes de prédilection de Charles Baudelaire, illustrés par des poèmes tirés de son recueil Les Fleurs du Mal - Français - Première S

Nous vous invitons à découvrir cette nouvelle leçon gratuitement. Elle repose sur Les thèmes de prédilection de Charles Baudelaire, illustrés par des poèmes tirés de son recueil Les Fleurs du Mal, de français, 1ère S.

Notre professeur de français ayant réalisé ce cours va analyser le spleen. Puis le thème de la femme et de l'amour à travers les trois femmes et les trois cycles ainsi que de la femme figure idéale et du spleen. Pour finir il va étudier la représentation de la ville.

Téléchargez ci-dessous ce cours sur les Fleurs du Mal de Baudelaire avec les thèmes abordés de Bac S français.

Les thèmes de prédilection de Charles Baudelaire, illustrés par des poèmes tirés de son recueil Les Fleurs du Mal - Français - Première S

Le contenu du document

 

Les thèmes présents dans son recueil sont intéressants car ils reflètent la personnalité de l’auteur.

 

Le Spleen

 

Afin d’essayer de définir le Spleen baudelairien, il est utile de lire les quatre poèmes intitulés « Spleen » dans la section « Spleen et Idéal » des Fleurs du mal (poèmes LXXV à LXXIX).

 

Baudelaire invente une forme de désespoir radicalement nouveau, de mélancolie qui ne ressemble à aucune autre et qui est la source d’inspiration de sa poésie : le Spleen.

 

Le mot « spleen » a pour origine le mot anglais spleen qui provient lui du grec ancien qui signifie « rate » ou « mauvaise humeur ». En effet les Grecs, dans le cadre de la théorie des humeurs, pensaient que la rate déversait un fluide noir dans le corps : la bile noire, responsable de la mélancolie (tristesse vague, dont on ne connaît pas les causes).

Chez Baudelaire, le spleen devient une des composantes essentielles de l’angoisse d’exister. « Les Limbes », second titre envisagé pour Les Fleurs du mal, visait à « représenter les agitations et les mélancolies de la jeunesse moderne ». En réalité, Baudelaire donne exactement à son spleen le sens que la psychologie donnera ensuite à la dépression.

 

Le Spleen est constitutif de la poésie baudelairienne car c’est cela qu’il raconte et met en scène, son mal être, son incapacité à vivre dans le monde qui est le sien. Beaucoup de poètes de son époque ressentent la même inadaptation. La modernité de Baudelaire réside dans le remède qu’il trouve à sa mélancolie : la violence. Seule la violence exercée contre autrui, contre lui-même et contre le langage, la poésie classique, lui permettent provisoirement de mieux vivre son spleen.

 

Le Spleen possède les caractéristiques suivantes :

  • le noir et tous les éléments nocturnes,
  • la sensation d’étouffement, d’enfermement,
  • le sentiment d’extrême solitude, d’isolement,
  • la pluie, le brouillard, les nuages, la fumée,
  • toutes les figures mythologiques ou bibliques de damnés,
  • tous les exclus de l’histoire et des légendes.

 

Vous voulez approfondir vos connaissances sur le Spleen Baudelairien, lisez cet extrait tiré du livre Le Spleen de Paris de Baudelaire (fortement conseillé pour les 1ère L).

 

 

La femme et l'amour 

 

Trois femmes, trois cycles 

 

La femme aimée est une inspiratrice pour Baudelaire, une muse. Il sublime dans Les Fleurs du mal les trois femmes de sa vie (Jeanne Duval, Marie Daubrun et Mme Sabatier). La femme offre un visage multiple : mère, amante, déesse, diablesse.

 

La partie des Fleurs du Mal que Baudelaire consacre aux femmes est située dans la section Spleen et Idéal et est habituellement décomposée en plusieurs cycles, bien qu’on trouve des poèmes sur les femmes depuis Tableaux Parisiens jusqu’à la Mort.

 

  • Les poèmes « Parfum exotique » à « Je te donne ces vers » constituent le cycle de Jeanne Duval, 
  • Les poèmes « Semper Eadem » à « Le Flacon » consacrent le cycle de Mme Apollonie Sabatier, 
  • Les poèmes « Le Poison » à « Chanson d’après midi » forment le cycle de Marie Daubrun, actrice. On sait peu de choses d’elle, si ce n’est qu’elle est souvent surnommée « la femme aux yeux verts » et qu’il la fréquenta vers 1847. Baudelaire semble chercher en elle l’oubli de ses précédents tourments amoureux. Elle incarne plutôt le double, la sœur, que l’amante : « Mon enfant, ma sœur/ Songe à la douceur/ D’aller là-bas vivre ensemble ! ».

 

 

De ces femmes réelles, en particulier de Jeanne Duval et de Mme Sabatier, Baudelaire accentuera les traits jusqu’à en faire de véritables icônes. Jeanne Duval devient la « Vénus noire », incarnation de l’amour sensuel. Plus que la volupté, Baudelaire voit dans cette femme une source d’évasion par l’exotisme ou par le plaisir esthétique. La beauté brune de Jeanne Duval, le parfum de sa chevelure éveillent un monde de sensations et d’images ensoleillées. Il aime voir « miroiter sa peau », et pour sa démarche ondulante, il la compare à « un beau vaisseau qui prend le large/ Chargé de toile et va roulant ». Sa sensibilité d’artiste s’émeut devant la beauté sculpturale de la Vénus Noire, « Statue aux yeux de jais, grand ange au front d’airain ». 

 

Mme Sabatier, quant à elle, incarne l’amour spiritualisé qui répondrait à la quête ardente et nostalgique d’un au-delà sentimental, correspondant à une mystique de l’amour. Du physique de Mme Sabatier, nous ne savons à peu près rien : elle apparaît comme désincarnée. Pour le poète, en effet, l’amour n’est un remède aux maux de notre âme que s’il se maintient hors des contingences charnelles. La femme aimée devient « l’ange gardien, la muse et la madone », parée de vertus et de charmes supraterrestres. L’amour s’établit ainsi sur des hauteurs divines, inaccessibles au spleen.

 

Le charme de la femme baudelairienne réside dans ses zones d’ombre, ses aspects parfois inquiétants.

 

La femme, figure de l'ideéal 

 

 

  • La femme peut représenter un accès à l’idéal : le cycle de poèmes consacré à Jeanne Duval, la mulâtresse, renvoie l’image d’une femme sensuelle dont le corps éveille les sens du poète. Par exemple, dans « Parfum exotique » ou dans « La Chevelure », l’odeur de la femme aimée ouvre au poète l’accès à un ailleurs, à un monde exotique et surtout idéal.
  • La femme incarne le calme, la douceur, la tendresse : certains poèmes du deuxième cycle consacré à Madame Sabatier sont marqués par le calme et la douceur. C’est le cas de « L’invitation au voyage » très connu pour son refrain « Là, tout n’est qu’ordre et beauté/Luxe, calme et volupté ».
  • Mais la femme se situe aussi dans le rêve ou le souvenir car cet accès l’idéal a souvent lieu dans l’irréel du rêve ou du souvenir. Dans les poèmes « Le Balcon », « L’aube spirituelle » ou « Harmonie du soir », Baudelaire évoque le souvenir de la femme aimée. Ce souvenir est présenté comme au passé qu’il regrette et revit avec nostalgie.

 

 

La femme, figure du Spleen 

 

 

  • La femme représente le Mal qui détruit le poète : la femme devient une source de souffrance pour le poète. Dans « Destruction », le Démon qui tourmente le poète prend ainsi la « forme de la plus séduisante des femmes ».
  • La femme peut aussi prendre les traits d’un vampire : cette figure symbolise le côté ravageur de l’amour que le poète subit. Dans « Causerie », le cœur du poète est une dépouille dévorée par les bêtes après avoir été « saccagé par la griffe et la dent féroce de la femme ».
  • La femme se situe entre le bien et le mal : enfin Baudelaire situe la femme entre le ciel et l’enfer, c’est-à-dire entre le bien et le mal. Dans « Hymne à la beauté », le poète s’adresse directement à la Beauté représentée sous les traits d’une femme. Il s’interroge sur son origine, divine ou maléfique : « De Satan ou de Dieu, Qu’importe ? »

 

 

La ville 

 

La ville est un thème essentiel des Fleurs du mal. La ville désigne presque toujours chez Baudelaire Paris. Le poète y a d’ailleurs vécu la plus grande partie de son existence.

Pour le poète, la ville est le lieu de tous les possibles, lieu de rencontres infinies. Baudelaire est « un artiste voyeur » de la capitale. Rappelons qu’à cette époque la ville est en train de changer : c’est le Paris du second Empire, théâtre des grands travaux d’Haussmann.

 

Baudelaire, poète admirateur des peintres  ou dessinateur de son époque comme Delacroix ou Constantin Guys, célèbre la ville ce qui en fait le thème clé de son recueil. D’ailleurs, il dédie le poème « rêve parisien » à Constantin Guys.

 

Ce thème suit une lente maturation dans l’œuvre de Baudelaire. Illustré d’abord en 1857 dans quelques poèmes de « Spleen et idéal », ensuite dix poèmes seront rajoutés à la section «Tableaux parisiens » en 1861. Ce thème sera par la suite largement développé dans Le Spleen de Paris (1862).

 

Cette thématique peut avoir les fonctions suivantes :

 

  • La ville rêvée dans laquelle le paysage urbain idéal est froid : « paysages », « rêve parisien ».
  • La ville réelle ou l’histoire d’un chaos vivant : la ville est alors le lieu de tous les possibles, chaos, voisinages étranges, règne du caprice : « les petites vieilles », « le cygne ».
  • La ville est synonyme de solitude pour le poète. Un solitaire qui contemple la foule ; c’est le flâneur qui se sent seul dans la foule. Le poème « Le cygne » nous dit son sentiment d’exil dans la grande ville. Mais le spleen de Paris se double d’un aspect bienfaisant : l’anonymat qui permet au poète d’oublier son mal être.
  • La ville ou la rencontre de la solitude avec la multitude comme dans le poème « A une passante », le regard du poète n’est pas seulement extérieur, à travers la complexité des visages de la foule, il reconnaît sa propre complexité et surtout sa propre misère.

 

 

La ville est le lieu où s’appréhende la modernité, un lieu mystérieux qui meurt et renaît chaque jour, telle la création poétique.

Fin de l'extrait

Vous devez être connecté pour pouvoir lire la suite

Télécharger ce document gratuitement

Donne ton avis !

Rédige ton avis

Votre commentaire est en attente de validation. Il s'affichera dès qu'un membre de Bac S le validera.
Attention, les commentaires doivent avoir un minimum de 50 caractères !
Vous devez donner une note pour valider votre avis.

Nos infos récentes du Bac S

Communauté au top !

Vous devez être membre de digiSchool bac S

Pas encore inscrit ?

Ou identifiez-vous :

Mot de passe oublié ?