Les Fleurs du mal : étude du recueil - Français - Première S

Les Fleurs du mal : étude du recueil - Français - Première S

Cette nouvelle leçon sur Baudelaire de 1ère S français va étudiée le receuil des Fleurs du mal.

Révisez à travers elle, la partie sur le recueil des fleurs du mal comme une descente aux enfers. Puis focalisez-vous sur l'explication du titre. Ensuite, découvrez la sélection "Spleen et Ideal" Centez-vous aussi sur les "tableaux parisiens". Mais égalemment retrouvez les particularités de l'écriture baudelairienne. Pour finir, visionnez l'acceuil du receuil.

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Les Fleurs du mal : étude du recueil - Français - Première S

Le contenu du document

 

 

Le recueil Les Fleurs du mal est divisé en 6 sections de longueurs très inégales puisque la première section « Spleen et Idéal » regroupe la majorité des poèmes.

 

Ces six sections sont :

 

  • Spleen et Idéal
  • Tableaux parisiens
  • Le Vin
  • Fleurs du Mal
  • Révolte
  • La mort

 

Le receuil est une véritable descente aux enfers 

 

Baudelaire n’a pas découpé son recueil en sections juste pour nous faciliter la lecture. Il n’y a pas non plus d’ordre chronologique. Le poète a véritablement réfléchi à la structure de son recueil afin que cette composition ait un sens.

 

Le recueil dessine l’itinéraire de Baudelaire, le cheminement de son âme qui vit une véritable descente aux enfers.

Dès le premier poème qui ouvre le livre, « Au lecteur », Baudelaire nous dit que le monde est un enfer.

 

Ensuite, la structure du recueil va explorer cet enfer :

 

  • Dans « Spleen et Idéal », il décrit son déchirement entre ces deux états philosophiques. Tous ses élans vers l’Idéal sont annihilés par le spleen, cette profonde angoisse existentielle.
  • Dans « Tableaux parisiens », il tente de se rapprocher de l’autre dans la ville, mais cette tentative de rapprochement aboutit à un échec. Baudelaire met en avant le sentiment moderne de solitude dans la grande ville.
  • Dans « Le Vin », il se tourne vers les « paradis artificiels » : l’alcool, la drogue.
  • Dans « Fleurs du mal », il décrit le vice et la débauche qui mènent au dégoût de soi-même.
  • La section « Révolte » exalte Satan, mais Baudelaire nous montre que pactiser avec le diable est inutile.
  • Dans « La Mort », Baudelaire dépeint son aspiration à mourir. La mort est présentée comme l’ultime remède, le secours suprême.

 

 

La composition des Fleurs du mal retrace ainsi la descente aux enfers de Baudelaire.

 

Explication du titre 

 

Le recueil Les Fleurs du mal eut trois titres successifs :

 

  •  « Les Lesbiennes » en 1845 ce qui faisait référence à Sapho, poétesse grecque qui enseignait les arts à des jeunes filles sur l'île de Lesbos, dans la mer Egée.
  •  « Les Limbes » en 1848, lieu où se retrouvent les âmes des innocents qui sont morts sans avoir reçu le sacrement du baptême.
  •  « Les Fleurs du mal » répond au projet poétique de Baudelaire : extraire la beauté du mal, transfigurer par le travail poétique l'expérience douloureuse de l'âme humaine en proie aux malheurs de l'existence (Baudelaire dit : « tu m'as donné ta boue, j'en fais de l'or ").

 

Le mal fait référence à quatre types de mal :

 

  • mal social (être déchu)
  • mal moral (goût pour le crime et le sadisme)
  • mal physique
  • mal métaphysique (âme angoissé car il ne croit pas en Dieu).

 

 

Le titre est une célèbre figure de style, un oxymore qui désigne la double postulation qui existe en tout homme, vers Dieu et vers Satan.  Cette incompatibilité entre les deux termes met en place la dynamique d’une poésie déchirée entre ses contradictions où l’être est à la fois fasciné par le bien et par le mal, où il n’y pas d’espace neutre entre les deux.

 

Ce titre, est presque un jeu de mots, qui annonce le rire grinçant du poète maudit.

 

La sélection « Spleen et Idéal »

 

La section « Spleen et Idéal » est la section la plus importante du recueil, du moins quantitativement puisqu’elle regroupe à elle seule davantage de poèmes que toutes les autres sections réunies.

 

La composition de la séction 

 

Nous pouvons distinguer plusieurs étapes dans « Spleen et Idéal » :

 

  • Dans les premiers poèmes, Baudelaire exprime ses aspirations en tant qu’artiste, son culte de la beauté et les difficultés de sa condition de poète. Un célèbre poème illustre bien ce propos : « L’albatros ».
  • L’Idéal vers lequel tend Baudelaire s’incarne également dans l’amour auquel une quarantaine de poèmes sont consacrés.
  • La rencontre amoureuse reste un échec. Elle promet un bonheur qui ne se réalise pas. La création artistique constitue également une souffrance pour Baudelaire qui ne parvient pas par l’écriture à immortaliser les moments d’Idéal. Ces nombreuses désillusions donnent naissance au spleen.
  • Les poèmes relatifs au spleen se situent à la fin de la section « Spleen et Idéal » : cette position traduit la victoire du spleen, des désillusions, de la souffrance sur l’idéal.

 

 

Spleen et idéal : définitions

 

Définir le spleen baudelairien peut s’avérer difficile. Il s’agit avant tout d’une souffrance liée à un sentiment existentiel d’inadaptation à l’homme dans ce monde : reportez-vous au poème qui clôt la section « Spleen et Idéal »: « L’horloge» et à sa fuite inexorable du temps.

 

L’Idéal

Dans le langage courant, est idéal ce qui atteint le plus haut degré de perfection. Pour Baudelaire, les apparences du monde sensible, autrement dit la réalité qui nous entoure, ne seraient que le reflet, la pâle copie d’un monde invisible qui nous est inaccessible, une sorte de l’au-delà idéal, où tout atteindrait sa perfection.

Le terme d’Idéal désigne donc ce monde invisible, inaccessible certes, mais que le poète est parfois capable d’entrevoir, dans les méandres de sa mémoire, dans son imagination, dans un ailleurs exotique, dans une femme, dans un parfum, une chevelure.

 

 

« Tableaux Parisiens »

 

Dans cette section, Baudelaire fait une nouvelle tentative pour se libérer du spleen. Cette tentative consiste à s’intéresser aux autres et surtout aux plus misérables aux plus déshérités.

Aujourd’hui, faire des poèmes sur la ville vous semble peut-être un sujet assez banal. Pourtant au XIXe siècle, c’était quelque chose de très nouveau et de très moderne.

Baudelaire, en puisant son inspiration dans la ville, s’inscrit à contre-courant du mouvement romantique qui puise son inspiration dans la nature.

Pour le poète, l’artificiel, dans le sens de ce qui n’est pas naturel, ce qui est produit par l’homme, est supérieur au naturel. C’est dans l’artificiel qu’il trouve sa source d’inspiration.

Ce thème de la ville est nouveau pour le poète puisque cette section n’existait pas lors de la première publication des Fleurs du mal en 1857, elle fut rajoutée en 1861.

 

Le rapprochement des plus démunis 

 

Dans l’ensemble de la section, le poète fait le portrait de vieillards, des vieilles femmes, d’aveugles, de prostituées, de mendiants. Il peint la détresse physique et morale des plus déshérités.

 

A travers ces portraits, il montre sa compassion, sa sollicitude à l’égard des plus démunis. Il met en avant une forme de solidarité invisible. Par exemple :

 

  • Dans « Les aveugles », Baudelaire ressent une forme de communion avec les aveugles qui ne s’aperçoivent pas de sa présence.
  • Dans « Les petites vieilles », il accomplit une ode aux vieilles femmes.

 

 

Surtout, Baudelaire révèle la beauté de ces personnages en mettant en évidence la différence entre l’être et le paraître.

 

  • Dans « A une mendiante rousse », il fait l’éloge de la beauté d’une mendiante.

 

 

Il met en contraste l’apparence de ces personnages et leur beauté cachée, invisible.

 

La solitude dans la multitude 

 

De cette tentative de se rapprocher des plus démunis ressort toutefois un sentiment de solitude.

 

Ce sentiment de solitude est double :

D’une part on ressent la solitude des plus démunis : les mendiants, les vieillards et les vieilles femmes que plus personne ne regarde hormis le poète.

D’autre part, Baudelaire se dépeint comme un poète solitaire qui observe la foule mais qui en est exclu. Le poème « Le cygne » peut se lire comme une allégorie du poète qui éprouve un sentiment d’exil dans la grande ville.

 

La solitude et la misère que Baudelaire observe et dépeint le renvoient à sa propre misère, à sa propre solitude.

 

Pourquoi cette section s'appelle « Tableaux Parisiens » ?

 

Les personnages de « Tableaux parisiens » sont dépeints de façon très visuelle : il y a beaucoup de précisions concernant les formes, les couleurs, les attitudes des personnages, ce qui apparente chaque poème à un tableau.

 

Surtout, les personnages constituent des allégories de Paris. Les poèmes de « Tableaux parisiens » s’apparentent à une série de tableaux qui illustrent chacun un aspect de Paris.


Les particularités de l'écriture Badulairienne 

 

Le recours au contraste 

 

La poésie de Baudelaire s’exprime à travers de violents contrastes. Le poète allie des images habituellement contradictoires : le désir sensuel et la décomposition de la chair (charogne, remords posthume), la laideur et la beauté, le spleen et l’idéal.

 

Les synesthesies ou la théorie des correspondances Baudelairiennes

 

Afin de bien appréhender cette caractéristique du style baudelairien, il est recommandé de se reporter au poème « Correspondances ».

 

Baudelaire distingue deux types de correspondances :

 

  • Les correspondances verticales : la réalité qui l’entoure est composée de « symboles » que seul le poète peut déchiffrer et qui lui permettent d’entrevoir le monde invisible et immatériel de l’Idéal. Il existerait ainsi une communication secrète entre le monde matériel visible et le monde invisible de l’idéal, ce sont les correspondances verticales.
  • Les correspondances horizontales : c’est l’idée que le monde qui nous entoure, malgré son apparent désordre et son chaos, possèderait une profonde unité. Ces correspondances horizontales se traduisent concrètement chez Baudelaire par le mélange des sensations qui semblent se fondre, se fusionner entre elle, c’est ce que l’on appelle des synesthésies. Lisez le poème « Correspondances » et vous verrez que les parfums, les couleurs et les sons se répondent ».

 

 

L’accueil du receuil 

 

Desservi par sa mauvaise réputation (consommation de drogues, dettes, écarts amoureux), Baudelaire voit son recueil Les Fleurs du mal censuré lors de sa parution en juin 1857.

 

L’oeuvre a été plusieurs fois censurée 

 

Le 20 août 1857, Baudelaire et ses éditeurs sont jugés et condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ».

Le tribunal exige de l’auteur une amende de 300 francs et la suppression des six poèmes suivants : « Les bijoux », « Le Léthé », « A celle qui est trop gaie », « Femmes damnées », « Lesbos » et « Les Métamorphoses du Vampire ».

Ces poèmes sont accusés de contenir des passages ou des mots obscènes, portant atteinte à la morale.

La seconde édition des Fleurs du ma en 1861 est amputée des six pièces condamnés mais enrichie d’une trentaine de nouveaux poèmes.

Ce n’est qu’à la troisième édition en 1868 que Les Fleurs du mal rencontre un succès général.

Mais il faudra attendre près d’un siècle afin que la justice annule la condamnation du recueil en 1949.

 

Un contexte de parution diffcile 

 

Le recueil paraît sous le Second Empire, sous le régime autoritaire de Napoléon III, jusqu’en 1866, l’Empereur exerce un pouvoir absolu.

De nombreux auteurs sont alors victimes de la censure, parmi eux, Victor Hugo et Flaubert qui a lui aussi été attaqué en justice pour son roman Madame Bovary. A une différence, c’est que Flaubert fut relaxé.

Il apparaît que c’est la presse qui a joué le rôle principal dans cette histoire. Dans une série d’articles qui suivent la parution du recueil, les journalistes accusent Baudelaire d’immoralité. Certains directeurs de revue préviennent le Ministre. Ce déchaînement de la presse autour du recueil attire l’attention de la justice. En juillet 1857, tous les exemplaires des Fleurs du mal sont saisis.

Baudelaire est affecté par le procès, l’ampleur des accusations et l’incompréhension de son œuvre par le public. Il se défend en distinguant l’art de la morale publique.

Par ailleurs, selon le poète : « Le livre doit être jugé dans son ensemble et alors il en ressort une terrible moralité ».

Fin de l'extrait

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