Le théâtre grec - Français - 1ère S

Le théâtre grec - Français - 1ère S

Consultez gratuitement ce cours de français, rédigé par notre professeur, consacré au théâtre grec.

Dans ce cours de français sur le théâtre grec, vous étudierez l'historique du théâtre grec, l'organisation et le sens d'une représentation, la composition d'une tragédie, ainsi que l'espace théâtral.

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Le théâtre grec - Français - 1ère S

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HISTORIQUE DU THEÂTRE GREC

Évidemment, les origines du théâtre grec ne sont pas exactement connues et nous ne pouvons qu'élaborer des conjectures pour en expliquer l'apparition :

  • le théâtre pourrait venir de rituels funéraires (un chant à propos des morts, des épisodes édifiants de leur vie, ou des épisodes symboliques devenant petit à petit des histoires, de plus en plus jouées et interprétées, etc)
     
  • où il pourrait s'être développé à partir des cultes dionysiaques : tragédie vient du mot grec tragos qui signifie « bouc », animal lié au dieu Dionysos. De plus, les tragédies étaient représentées durant les Dionysies, fêtes consacrées au dieu.

 

Il s'agirait donc, à l'origine, d'un seul groupe de personnes qui chantaient, dont le chœur serait un héritage.

On prête au dramaturge Thespis l'introduction d'un acteur qui rentrerait en dialogue avec le chœur : c'est cette étape qui marque théoriquement la création du théâtre.

De là, s'enchaînent les modifications qui ont mené au théâtre tel que nous le connaissons encore aujourd'hui.

Selon Aristote, dans la Poétique, Eschyle introduit un deuxième acteur, et diminue l'importance du chœur. Puis Sophocle rajoute encore un acteur (ce qui fait trois acteurs et un chœur) et fait peindre la scène : c'est le début de la scénographie et de la mise en scène.

C'est à Athènes que le théâtre atteignit son apogée dans l'Antiquité. Périclès est alors à la tête de la cité : nous sommes au Ve siècle avant Jésus-Christ.

 

ORGANISATION ET SYMBOLIQUE DU THEÂTRE GREC

UNE COMPETITION

Les représentations avaient lieu pendant les Grandes Dionysies. Plusieurs comédies et plusieurs tragédies.

Elles font l'objet d'une compétition : ce sont, la plupart du temps, les pièces qui ont remporté les premiers prix qui sont parvenues jusqu'à nous.

Le jury est composé de dix membres tirés au sort parmi les citoyens : c'est à bulletin secret qu'ils votent pour la meilleure des pièces.

Eschyle aurait gagné treize fois ; Sophocle, dix-huit ; Euripide, quatre.

 

UN SENS RELIGIEUX

Le contexte étant celui des fêtes civiques en l'honneur de Dionysos (le pouvoir politique et le pouvoir religieux sont intimement liés), les pièces ont un sens profondément religieux.

Il faut se rappeler que la religion grecque n'avait aucun rapport avec les religions monothéistes telles qu'on les connaît aujourd'hui : il ne s'agissait pas d'adorer et de célébrer un seul dieu, mais d'affirmer l'unité et la légitimité de la Cité. Or, pour qu'il y ait légitimité, il faut qu'il y ait une cause évidente et inattaquable : c'est ce rôle de garant qu'endosse la religion.

 

Mais cela va plus loin : ce sont des valeurs civiques et éthiques que mettent en scène les pièces de théâtre. Il y a une portée édifiante, c'est-à-dire pédagogique dans le théâtre grec. 

On montre la démesure pour appeler à la mesure (c'est Médée) ; on montre les dangers de vouloir affronter et changer son destin : c'est Œdipe...

La tragédie grecque appelle donc à l'ordre et à l'obéissance civile. Puisque nous sommes en démocratie, tous les citoyens sont les responsables politiques : il faut donc que chacun se conduise au mieux pour que le Cité prospère.

 

LA CATHARSIS

Le théâtre grec fonctionne sur ce que nous pouvons appeler aujourd'hui un procédé psychologique très connu : la catharsis.

Au sens propre, catharsis signifie « purification ». 

Le procédé est simple : en voyant une représentation (théâtrale, aujourd'hui cinématographique) des passions (violence extrême, etc), nous ne ressentons plus le besoin de les vivre nous-mêmes : nous nous sommes purifiés.

Le spectateur s'identifie, plus ou moins, avec le personnage représenté, il développe de l'empathie (capacité de se mettre à la place de quelqu'un, de ressentir ce qu'il ressent) qui lui permet de vivre, dans l'ordre symbolique, ce que le personnage vit, mais sans les dangers réels qu'il encourt (et sans commettre réellement les transgressions que ce personnage commet...).

 

COMPOSITION D'UNE TRAGEDIE

Au fil du temps, des variantes sont apparues, mais on retrouvera toujours dans une tragédie les mêmes ingrédients :

  • un prologue qui expose la situation (l'intrigue), présente les personnages ;
     
  • l'entrée du chœur qui a un rôle complexe et riche : il est le représentant du spectateur lui-même dans la pièce. Il voit, il sait, il commente. Parfois, il jugera, prendra partie, renseignera les autres personnages (il peut fournir des informations dont ni les personnages ni les spectateurs ont connaissance), etc ;
     
  • une alternance entre dialogues et parties chantées. Dialogues entre les personnages, entrecoupés régulièrement par une intervention du chœur qui viendra, comme on l'a dit résumer et commenter : on appelle une intervention chantée une « stasima ». 
     
  • un exode (ou exodos) : c'est la fin de la pièce assurée par le chœur avant qu'il ne quitte le théâtre.

 

La tragédie grecque offre donc déjà un spectacle complet : poésie (les dialogues sont mesurés en vers), chant et danse (le chœur chante et danse dans l'espace qui lui est réservé), musique par la présence de musiciens (notamment durant les changements de costumes et de masques des acteurs, les déplacements du chœur) et même machinerie pour les « effets spéciaux », comme nous allons le voir.

 

L'ESPACE THEATRAL

Qui dit théâtre, dit évidemment représentation. Même si nous lisons plus de pièces que nous n'en voyons, il faut avoir conscience que leurs auteurs n'imaginaient pas qu'elles puissent être seulement lues. 

Et en effet ce n'est qu'à partir d'une loi de Lycurgue, soit aux environs de 330 avant J-C, que les pièces ont commencé à être retranscrites : la seule manière, jusque-là, pour un dramaturge de faire connaître ses pièces était donc de les faire jouer. L'aspect scénique est fondamental et le lecteur doit toujours s'imaginer l'espace théâtral.

 

À Athènes, il y a deux lieux distincts dans l'espace théâtral qui ont été longtemps séparés : celui du chœur et celui des personnages.

  • celui du chœur s'appelle orchestra (qui a donné « orchestre »). C'est un espace circulaire ou semi-circulaire réservé au lui seule (les personnages n'y pénètrent pas). Le chœur s'y tient, y chante, y danse. L'orchestre est légèrement plus bas que la scène elle-même.
     
  • celui des personnages s'appelle skéné (qui a donné « scène »). Cet espace est réservé aux acteurs. C'est une estrade surélevée, avec un fond qui sert de décor (à partir de Sophocle), mais aussi de « coulisses » pour les acteurs. En passant derrière, ils peuvent changer de costume, de masque, et donc de rôle...

 

Le décor représente la plupart du temps une façade de palais. Les portes du palais servent aux acteurs pour entrer et sortir de scène.

Le toit de ce palais est réservé aux divinités qui interviennent dans l'intrigue et l'action.

Une machinerie déjà assez complexe sert à rendre plus dynamiques et attrayantes ces intrigues : il y a des grues et des outils pour les déplacements de divinité et pour le bruitage (tonnerre, vent, etc).

Mais c'est surtout les répliques elles-mêmes, c'est-à-dire la parole, qui permet aux spectateurs de s'imaginer des scènes plus complexes (la mort de Hippolyte avalée par le monstre marin, la pendaison de Jocaste, Œdipe se crevant les yeux, etc).

Le théâtre grec est un théâtre du langage.

 

RESUME

Le théâtre grec est un spectacle complet qui a lieu durant des fêtes religieuses, les Dionysies, où toute la Cité (hommes et femmes libres... car – il ne faut l'oublier non plus – les esclaves et les étrangers sont exclus politiquement de la Cité grecque) doit participer : il s'agit en effet d'un devoir civique.

À l'issue des représentations (qui s'étalent sur plusieurs jours), dix citoyens tirés au sort votent pour la meilleure des pièces (il ne s'agit pas de celle qui est leur préférée, mais de celle qui servira le mieux la Cité).

Trois grands noms nous sont parvenus :

  • Eschyle : 526-456 av. J.C dont il faut retenir les pièces : Les Sept contre Thèbes, L'Orestie, ou encore Prométhée enchaîné ;
     
  • Sophocle : 495-406 av. J.C dont il nous reste par exemple Les Trachiniennes, Œdipe Roi, Œdipe à Colone, ou encore Électre ;
     
  • Euripide : 480-406 av. JC avec Andromaque, Médée, Les Troyennes, ou encore également une Électre.

 

Pour finir, il nous faut évoquer la postérité du théâtre grec qui a donné le théâtre romain, dont Plaute, pour les comédies, ou Sénèque sont d'illustres représentants.

Le théâtre grec a également inspiré de nombreux dramaturges et auteurs français, à travers les siècles et les styles. Parmi d'innombrables exemples, nous pouvons citer Médée de Corneille, Andromaque, Phèdre ou Bérénice de Racine, pour le XVIIe siècle, et encore au XXe siècle Antigone, Eurydice ou Médée de Jean Anouilh.

Fin de l'extrait

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