Le theatre de l'absurde - Français - Première S

Le theatre de l'absurde - Français - Première S

DigiSchool vous propose ce cours gratuit, écrit par un professeur de français, consacré au théâtre de l'absurde . Cette leçon est au programme de première S

Le theatre de l'absurde - Français - Première S

Quiz de Français :

Un évènement survient lors du rassemblement de la famille Strozzi dans la pièce Lorenzaccio. Lequel ?

  • A.Philippe Strozzi est arrêté par des officiers du duc
  • B.Un affrontement éclate entre plusieurs convives
  • C.Le futur mari de Louise est tué
  • D.Louise meurt empoisonnée
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Le contenu du document

Dans la première partie de ce cours, vous trouverez le contexte historique de la naissance de ce style littéraire. Ensuite, ce cours revient sur les caractéristiques qui définissent le théâtre de l'absurde. Enfin, dans la dernière partie de ce cours gratuit, vous trouverez les principaux dramaturges de l'absurde comme Eugène Ionesco ou Samuel Becket.

Accédez au contenu de ce cours en le téléchargeant gratuitement.

 

 

Introduction

 

Le théâtre de l'absurde est le nom que l'on donne à une forme théâtrale de la première moitié du Xxème siècle, qui met en scène l'absurdité de la condition humaine et de la vie. Le théâtre de l'absurde exprime le sentiment de confusion de l'homme, confronté au non-sens de son existence et du monde même.

 

Egalement appelé "théâtre d'avant-garde", ou encore "anti-théâtre", le théâtre de l'absurde s'illustre particulièrement dans les pièces d'auteurs comme Samuel Becket ou Eugène Ionesco. Le théâtre de l'absurde se construit en rupture totale avec les codes du théâtre de l'époque.

 

 

Contexte

 

Origines

 

De tout temps, la littérature a eu vocation à chercher un sens à la vie humaine. Par conséquent, certaines oeuvres littéraires abordent très tôt le thème de l'absurdité de l'existence, tel qu'il fut plus tard représenté par les dramaturges de l'absurde.

 

Ainsi, le mal de vivre romantique évoquait l'absurdité de la vie humaine : c'est le cas de la poésie de Gérard de Nerval, les Chimères en 1854, par exemple.

 

Mais le théâtre de l'absurde pourrait également trouver ses racines dans une certaine tradition du non-sens, qui s'illustrerait par exemple dans des pièces comme Ubu Roi d'Alfred Jarry (1896), les Mamelles de Tirésias d'Apollinaire ou Victor ou les Enfants au pouvoir de Vitrac (1928)

 

 

Contexte historique

 

Cependant, le début du Xxème siècle semble être particulièrement propice au développement d'une littérature de l'absurde en Europe.

 

En effet, les deux guerres mondiales, ainsi que le krash boursier de 1929, plongent l'homme dans le désarroi, la détresse, et face à un sentiment d'incompréhension du sens de la vie. Les écrivains de l'absurde n'ont plus qu'à trouver une forme de retranscrire sur le papier cette incompréhension générale.

 

 

Autres textes absurdes

 

Bien qu'il soit le genre qu'on ait le plus évoqué, le théâtre de l'absurde n'est pas le seul genre littéraire à évoquer l'absurdité. De nombreux romans ou essais abordent également cette thématique en Europe.

 

C'est le cas, notamment, des romans de Franz Kafka, écrivain de langue allemande : dans Le Procès (1925), il narre la détresse de Joseph K, confronté à un monde qui lui est incompréhensible.

 

Par ailleurs, l'apparente absurdité de la vie est un thème exploité par la philosophie existentialiste, et les auteurs qui en sont proches.

 

Ainsi, si Sartre n'est pas, en soi, un écrivain de l'absurde, les thématiques développées dans La Nausée en 1938 - thématiques du dégoût face à une vie hermétique - sont reprises dans le théâtre de l'absurde.

 

Albert Camus est un autre écrivain de l'absurdité, qu'il théorise notamment dans son essai Le Mythe de Sisyphe en 1942. Toujours en 1942, son roman L'Etranger exprime l'incompréhension et l'indifférence de l'individu face au monde, par l'utilisation d'une écriture neutre, ou blanche.

 

 

Caractéristiques du théâtre de l'absurde

 

Une philosophie de l'absurde

 

C'est premièrement la philosophie qui y est exprimée qui caractérise les théâtres de l'absurde. Ainsi, comme nous l'avons déjà mentionné, l'individu, et par conséquent les personnages dans les oeuvres du théâtre de l'absurde, ressentent un violent sentiment d'incompréhension et/ou d'indifférence face au monde qui les entoure.

 

Ce sentiment se traduit par une nausée, un dégoût de la vie. Les thèmes évoqués sont alors le temps qui passe, la solitude, la mort ; c'est par exemple le cas dans En attendant Godot de Samuel Beckett.

 

Mais l'incompréhension, la perte de raison, peut également donner vie à une forme de comique, qui se représente alors par l'illogisme total des actions des personnages : dans la Cantatrice chauve d'Eugène Ionesco, par exemple, les actions des personnages ne sont pas toujours justifiées.

 

En outre, pour exprimer ce détachement de la réalité, les dramaturges du théâtre de l'absurde ont en commun le refus du réalisme et des formes de théâtre traditionnelles.

 

 

Un registre novateur

 

Le théâtre de l'absurde est en rupture totale avec les genres théâtraux conventionnels, comme la comédie ou la tragédie : il crée un nouveau genre.

 

Certaines pièces vont jusqu'à un mélange des genres : c'est le cas par exemple des Chaises, d'Eugène Ionesco, dont le sous-titre est "farce tragique". Ici, le comique devient tragique, et le tragique devient comique, ce qui tranche avec l'aspect manichéen de la plupart des registres théâtraux.

 

Par ailleurs, le théâtre de l'absurde rompt avec les conventions du théâtre. Par exemple, il n'y a souvent qu'un seul acte : c'est le cas de la plupart des pièces de Beckett ou d'Ionesco.

 

 

Un langage de l'absurdité

 

Un autre thème très prégnant dans la littérature de l'absurde est celui de l'échec total de communication entre les êtres humains. Cet échec, qui participe du sentiment d'inutilité, d'incompréhension de la vie, est bien sûr utilisé par les dramaturges pour faire parler leurs personnages. Plusieurs langages sont alors possibles :

 

 

 

  • Le langage désarticulé, l'expression du non-sens...

 

 

... C'est le cas, par exemple, dans la Cantatrice chauve de Ionesco. Tout à leur mondanité, les personnages de la pièce parlent et parlent, sans s'écouter les uns les autres, se répondent sans se répondre, et cumulent les clichés. La parole est existante, mais elle est vide de sens.

 

 

  • Le langage-fleuve, qui perd son sens dans le trop plein de mots...

 

 

... Oh ! Les beaux jours (1963) de Samuel Beckett en est l'exemple type. Dans cette pièce, le personnage de Winnie, seule présente sur scène, monologue. Elle évoque sa vie et ses pensées, dans un trop-plein de paroles qui contribue à la perte de sens de son discours.

 

 

  • Le silence, l'absence...

 

 

... sont des thématiques très exploitées dans l'oeuvre théâtrale de Beckett.

 

Ainsi, dans En attendant Godot (1952), les deux personnages principaux en attendent un troisième... Qui ne viendra jamais. L'argument principal de la pièce est donc l'absence d'un personnage, que le spectateur même ne connaît pas.

 

La fin des Chaises (1952), d'Eugène Ionesco, combine ces deux thèmes, de l'absence et du silence. Les deux personnages des Vieux attendent, pendant toute la pièce, l'arrivée de l'Orateur, personnage sensé mettre en paroles les pensées du Vieux. Pourtant, quand l'Orateur arrive enfin, il ne peut d'abord pas parler, car les deux Vieux monopolisent la parole. Puis, après la mort des deux Vieux, l'Orateur tente de s'exprimer, mais ne peut pas, car il est sourd et muet. Ce sera par l'écrit qu'il arrivera enfin à s'exprimer,

 

Avec ses deux Acte sans paroles (1957 et 1961), Samuel Beckett aboutit la mise en scène du silence, en écrivant un texte uniquement composé de didascalies, d'indications de jeu pour le comédien, sans aucune parole à prononcer. Le sentiment d'incompréhension de la vie par le personnage est alors illustré par ses actions, ainsi que par son absence totale de parole, d'expression.

 

 

Une mise en scène de l'absurdité

 

 

  • L'importance du jeu de l'acteur

 

 

Evidemment, un théâtre silencieux ne peut se passer de mise en scène, ou du jeu de l'acteur. Dans les Actes sans paroles, aucun mot n'est prononcé : la compréhension entière de la pièce par le spectateur reposera donc sur le jeu du comédien.

 

 

  • L'importance de la mise en scène

 

 

Par ailleurs, l'absurdité repose entièrement sur la mise en scène, dans des pièces comme Les Chaises d'Eugène Ionesco.

 

Dans cette pièce, les deux protagonistes, les Vieux, reçoivent la visite d'invités invisibles, qu'ils font asseoir, à chaque fois, sur des chaises. Les chaises vides, qui s'accumulent au fur et à mesure de l'arrivée des invités, envahissent littéralement le plateau, séparant les deux personnages, ajoutant à leur angoisse.

 

Ici, l'élément de décor - les chaises - est si important qu'il donne son titre à la pièce. La chaise vide représente la vacuité de l'existence, et l'angoisse existentielle de l'homme.

 

Oh les beaux jours de Samuel Beckett est un autre exemple de pièce dans laquelle la mise en scène doit exprimer l'angoisse existentielle de l'homme : plus Winnie parle, plus le sable monte autour d'elle ; à la fin de la pièce, sa tête dépasse à peine du tas de sable.

 

 

Dramaturges de l'absurde

 

Il est intéressant de noter que la plupart des dramaturges traditionnellement considérés comme des représentants du "théâtre de l'absurde" rejetteront cette terminologie, acte symbolique, s'il en était besoin, de la controverse qui entoure cette notion de "théâtre de l'absurde".

 

 

Samuel Beckett

 

D'origine irlandaise, mais d'expression tant française qu'anglaise, Samuel Beckett est d'abord connu pour ses romans, comme Molloy ou Malone meurt. Cependant, c'est aujourd'hui comme l'un des tenants du théâtre de l'absurde que Samuel Beckett est le plus connu. Son théâtre est particulièrement marqué par le désespoir.

 

En attendant Godot (1952), Fin de partie (1957), Comment c'est (1961), ou Oh les beaux jours (1963), en sont les plus célèbres exemples.

 

Cependant, Samuel Beckett rejeta l'appellation, trop "cliché", de théâtre de l'Absurde, et préféra référer à son oeuvre comme d'un théâtre du "gâchis".

 

 

Eugène Ionesco

 

Le théâtre de Ionesco est très représentatif du théâtre de l'absurde, surtout avec des pièces comme la Cantatrice chauve (1950), Rhinocéros (1959), les Chaises (1952) ou la Leçon (1951).

 

Le dramaturge d'origine roumaine eut une position délicate concernant sa classification dans le "théâtre de l'absurde". D'un côté, il rejeta également l'appelation d'absurde : "Dire que le monde est absurde, c'est ridicule... nous ne sommes pas plus intelligents que la divinité. Il est absurde de dire que le monde est absurde" (Ionesco, Journal en miettes, 1967)

 

Eugène Ionesco préfère, à la notion d'absurde, celle d'insolite : "J'ai dit que [la Cantatrice chauve] était l'expression d'un sentiment de l'insolite dans le quotidien, un insolite qui se révèle à l'intérieur même de la banalité la plus usée", dit-il en 1955 dans un entretien à la revue Arts.

 

Pourtant, alors même qu'il semble rejeter ce genre du théâtre de l'absurde, Eugène Ionesco tient, paradoxalement, à se revendiquer comme l'inventeur du genre, remettant en question Samuel Beckett : "En disant que Beckett est le promoteur du théâtre de l'Absurde, en cachant que c'était moi, les journalistes et les historiens littéraires amateurs commettent une désinformation dont je suis victime et qui est calculée" (Ionesco, la Quête intermittente, 1987)

 

 

Arthur Adamov

 

Arthur Adamov est un écrivain d'expression française et d'origine arménienne.

 

Le dramaturge est souvent cité comme un représentant du théâtre de l'absurde, dans sa première période, avec des pièces comme la Parodie (1947), l'Invasion (1949), le Professeur Taranne (1951), et finalement Tous contre tous (1953).

 

 

Autres dramaturges

 

D'autres oeuvres sont associées au théâtre de l'absurde, à l'instar de Capitaine Bada de Jean Vauthier (1952), d' Un mot pour un autre de Jean Tardieu (1951), ou de Naïves hirondelles de Dubillard (1951).

 

 

Fin de l'extrait

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