Le drame - Français - Première S

Le drame - Français - Première S

Nous mettons à votre disposition un cours de français de niveau première S sur le drame rédigé par notre professeur de Bac S.

Ce chapitre traite les différents genres du drame : le drame bourgeoisle drame romantique ; et leurs caractéristiques, le tout accompagné d'exemples.

Vous pouvez télécharger gratuitement notre cours de français sur le dramerédigé par notre professeur pour la 1ère S.

Le drame - Français - Première S

Le contenu du document

 

Présentation : Le baroque est un mouvement littéraire qui commence à la fin du 16ème siècle (vers 1580). Il sera supplanté par le classicisme en 1660. Comment est-il advenu ? Quelles sont ses caractéristiques ? En quoi peut-on dire qu’il est l’opposé du classicisme ? Voilà les grandes questions auxquelles nous allons répondre. Des réponses qui faciliteront vos analyses de textes lors des examens.

I. Le contexte qui a fait émerger le mouvement baroque

Pour bien comprendre comment le baroque s’est construit, il faut comprendre ce qui se passe en Europe au 16ème siècle. De ce constat, nous verrons émerger les caractéristiques de ce nouveau mouvement littéraire. Aussi, nous mettrons en exergue, deux révolutions : une religieuse et une autre scientifique.

1. Une révolution religieuse : la réforme protestante

Amorcée au 15ème siècle et culminante au 16ème, la réforme protestante bouleverse l’Eglise catholique. Les protestants prennent leur indépendance. Ce qui va engendrer de terribles conflits en Allemagne, en France, en Angleterre et en Ecosse. Pour les catholiques, cette séparation est un choc. Il faut comprendre que pour ces derniers l’idée de division est liée au diable. C’est Satan qui divise. Et il s’est immiscé au sein de l’Eglise. On vit donc un grand bouleversement spirituel mais également psychologique. Mais l’Eglise catholique ne reste pas les bras croisés et mène ce qu’on nommera une contre-réforme. Comment va-t-elle communiquer, comment va-t-elle réagir ? En mettant en scène ce qui caractérisera sous certains aspects l’art baroque.

Vous n’ignorez pas que la réforme protestante prétend vouloir revenir aux sources du christianisme et pour cela prône une certaine austérité. Ainsi, par exemple, dans les temples protestants, statues et couleurs sont bannies. Du coup l’Eglise, grande stratège, va cultiver le contraire. Elle décide d’impressionner le commun des mortels en pratiquant un culte splendide, flamboyant, par des formes exubérantes, par une profusion de détails. Elle fait appel à l’émotion du cœur pour susciter la dévotion. On va voir très rapidement que cette orientation de l’Eglise va constituer l’essence même du mouvement baroque qui nous intéresse ici. Mais avant il faut également percevoir ce qui se passe au niveau des sciences de l’époque.

2. Une révolution scientifique : Copernic

Le 16ème siècle est riche en découvertes. On se concentrera sur une d’entre elles : la découverte de Copernic. Quelle est cette découverte ? Et bien, le médecin et astronome polonais annonce que ce n’est pas le soleil qui tourne autour de la terre mais l’inverse. C’est la fameuse théorie de l’héliocentrisme. Contrairement à la croyance de l’époque, il affirme que le soleil est le centre de l’univers. Les conséquences de cette théorie au niveau scientifique mais également philosophique et religieux vont être très importantes. On parlera plus tard de « révolution copernicienne ».

Mettons-nous maintenant dans la tête des contemporains du 16ème siècle. Avec les deux révolutions que nous venons de décrire, tout leur paraît instable. Leurs croyances, bien installées, sont violemment malmenées. Les gens sont déstabilisés dans leur conscience. Ils ont l’impression que plus rien n’est sûr, que leurs sens sont trompeurs. Et c’est dans ce contexte si particulier qu’émerge le mouvement baroque.

II. Les caractéristiques du baroque

Les grands thèmes du mouvement sont l’instabilité, le changement, la métamorphose, le mouvement, la mort ou encore l’illusion. En fait, ils reflètent précisément ce qui se passe dans les consciences de l’époque. On ajoutera également un goût pour le grandiose, pour l’ostentation. Le baroque veut mettre en scène un monde changeant, chaotique, violent. Et bien sûr, les héros qui vont prendre vie vont être ceux qui apportent l’ordre, qui mettent fin au chaos. Nous avons donc là une belle illustration de la corrélation entre l’expression artistique et les mentalités d’une époque. Maintenant, regardons de plus près ce qui caractérise l’écriture baroque.

III. Les caractéristiques de l’écriture baroque

En lisant un texte baroque, vous vous apercevrez qu’il y a :

Une abondance de métaphores, beaucoup d’hyperboles (c’est-à-dire des exagérations), tout comme des antithèses, des oxymores, des chiasmes en poésie (ABBA). Trois procédés qui lui permettent d’organiser les contraires. On remarque également des adjectifs et des adverbes à foison, permettant de susciter des émotions. Le baroque privilégie généralement le sensible à la raison. En effet les auteurs cherchent à sonder les hauteurs de l’âme humaine. On retrouve du lyrisme dans le baroque.

L’écriture baroque est donc celle de l’excès. Pour parler familièrement, on dira que le baroque s’exprime dans le too much. Mais cet excès ne s’arrête pas là.

IV. Le mélange des genres dans le baroque

Autre caractéristique importante de ce mouvement, les œuvres aiment mélanger des registres habituellement bien séparés. Ainsi la tragédie peut côtoyer la comédie. La rencontre des contraires dont on a parlé précédemment s’illustre également à l’échelle de l’œuvre.

On le voit, le baroque semble ne pas vouloir se donner de limite dans son expression. Ecriture surchargée, mélange des genres, on retiendra que le baroque est une littérature de l’excès.

Le saviez-vous ? le mot baroque vient du portugais « baroco ». Le mot désigne alors une perle de forme imparfaite. Au XVIIème siècle, le mot baroque a une connotation négative, il fait référence à ce qui est bizarre, anormal, excessif. Sachez que ce n’est qu’au 20ème siècle qu’on emploiera ce mot pour désigner les formes d’expression artistiques du 17ème siècle.

Prenons maintenant différents genres et différentes œuvres pour illustrer ce qu’est le baroque en littérature.

V. Les différents genres littéraires baroques

1. La poésie baroque

On retiendra quatre noms : Agrippa d’Aubigné (1552-1630), Théophile de Viau (1590-1626), Mathurin Régnier, poète satirique (1573-1613) et Malherbe (1555-1628).

Examinons de plus près quelques vers extraits des Tragiques d’Agrippa d’Aubigné, un poème épique qui relate la persécution des protestants :

Ô France désolée, Ô France sanguinaire !

Non pas terre, mais cendre : ô mère, si c’est mère

Que trahir ses enfants aux douceurs de son sein,

Et quand on les meurtrit, les serrer de sa main.

On a ici une illustration de l’hyperbole, de l’exagération si caractéristique du Baroque. C’est en décrivant les malheurs de la France de façon hyperbolique que le poète tente de susciter l’indignation.

Autre passage :

(…) mais les ondes si claires

Qui eurent les saphyrs et les perles contraires

Sont rouges de nos morts, ; le doux bruit de leurs flots,

Leurs murmures plaisants, heurtent contre les os

Si on observe ces vers, on repère des références au mouvement et aux mouvements circulaires en particulier : ondes, perles, flots. On voit aussi que le style est très riche avec une abondance d’adjectifs. C’est un style qui impressionne et qui vise à susciter une émotion forte.

Nouvel exercice avec un extrait de Stances, de Théophile de Viau :

Depuis, un insensible orgueil

De voir mes malheurs au cercueil

M’a donné tant de gratitude

Que je ne puis sans déplaisir

Permettre que la servitude

Prenne une heure de mon loisir

Ici on constate une antithèse entre « sans déplaisir » et « servitude ». Le poète veut exprimer le plaisir paradoxal de la servitude dans l’amour. Cette antithèse exprime la contradiction du sentiment amoureux et l’instabilité. Au niveau des rimes, notons 2 rimes suivies, du type AA et 4 rimes du type ABAB. Une autre façon d’exprimer les contraire et le mouvement.

Dans la poésie baroque, on peut dire que le style est hyperbolique mais aussi très réaliste. Il y a de nombreux détails pour refléter la violence et la cruauté des hommes.

Avant de passer aux autres genres littéraires, un petit mot sur François de Malherbe. L’évolution de la poésie de Malherbe est très intéressante car elle illustre le glissement du baroque au classicisme. L’auteur, habitué à la magnificence, va progressivement favoriser la sobriété. Ainsi Nicolas Boileau, théoricien classique, lui consacrera un éloge commençant par « Enfin Malherbe vint ».

2. Le théâtre

On retiendra une pièce de théâtre. La grande œuvre théâtrale du baroque : l’illusion comique de Corneille. Une pièce en 5 actes écrites en 1635.

Comme le réclame l’art baroque, l’intrigue est très complexe : un homme nommé Pridamant est désespéré par la disparition de son fils Clindor. Il va donc à la rencontre d’un magicien, Alcandre, qui lui propose de voir la vie de son fils grâce à un tour de magie, grâce à des illusions. Ainsi Pridamant devient le spectateur de l’existence de Clindor. On a donc un procédé de théâtre dans le théâtre, de mise en abime (LIEN Le vocabulaire du théâtre) très utilisée dans le baroque. Cette illusion, ce rêve correspond, là aussi, à ce qui caractérise ce mouvement artistique. Alors que l’intrigue est déjà complexe, on assiste à de nombreuses digressions qui donnent une impression de dispersion, d’instabilité. L’instabilité de l’intrigue traduisant l’instabilité du monde dont on a parlé précédemment. Très significatif aussi du baroque, l’illusion comique mélange les genres. Les actes II et III sont plutôt dans le registre de la comédie alors que les actes IV et V ont davantage des accents de tragédie. Enfin on trouve de nombreux thèmes chers au baroque dans la pièce : acte V, le personnage de Clindor fait l’éloge de l’infidélité ; or l’infidélité c’est l’instabilité par excellence, l’instabilité du cœur. On a aussi, toujours acte V, un éloge du théâtre qui est le lieu de l’illusion, du changement.

3. Le roman

Concernant le genre romanesque, on citera Scarron (1610-1660) et Le roman comique (1651-1657) ou encore Cyrano de Bergerac (1619-1655) (l’auteur qui inspirera le personnage éponyme à Edmond Rostand) avec Histoires comiques des Etats et Empires de la lune (1657)

Dans le texte de Cyrano de Bergerac, on retrouve les caractéristiques du mouvement baroque. On croise à travers l’histoire une discussion autour de l’heliocentrisme c’est-à-dire le fait que la terre tourne autour du soleil. Ensuite ce texte évoque l’univers et la supposition qu’il y aurait d’autres mondes. Cyrano projette le lecteur dans l’univers des empires de la lune. De plus, on trouve un mélange des genres : c’est à la fois, un récit exotique et une satire.

VI. Les oppositions entre le baroque et le classicisme

En 1660, la baroque laisse la place au classicisme. Ainsi le XVIIème siècle aura été traversé par deux courants artistiques, le classicisme se présentant comme diamétralement opposé à son prédécesseur, il convient de comprendre pourquoi un tel revirement. En fait, Louis XIV règne depuis 1643. En 1660, il a construit un état fort. Le monarque est souverain. Et à travers la monarchie, il y a l’image de Dieu. Ainsi on envisage le monde comme figé, soumis à la seule volonté divine. Le mouvement, le changement, l’instabilité qui caractérisaient l’art baroque et son époque ne sont plus. Apparaît « l’honnête homme » à la cour, dans les salons littéraires. Cultivé, raffiné, modéré, il illustre la raison et non plus les émotions, autres caractéristiques du baroque. A travers les formes littéraires et les sujets traités, le classicisme va chercher son inspiration dans l’Antiquité. Il se veut moral et didactique. Il veut instruire, inscrire l’homme dans un parcours où il ne peut que s’améliorer. Et quand le baroque mettait en scène couleurs et luxuriance, le classicisme, lui, prône la sobriété. Pour le mélange des genres, c’est également terminé. Maintenant il y a la tragédie d’un côté et la comédie de l’autre. On instaure les fameuses règles d’unités et celle de bienséance et de vraisemblance. Une autre époque commence et son art l’accompagne.

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